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04/08/2009

Arevchatoutsioun et Khorovats *

Plus de notes depuis 3 mois. Repos. Digestion. Il fallait bien cela. Cet ete : direction le Mont Ararat, ou presque, histoire de prendre de la hauteur. Voici quelques cliches. Retour en septembre...

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Et ce soir, on va voir Malkhas.

 

* Khorovats : brochettes grillées au feu de bois sans lesquelles aucune réjouissance ne saurait être célébrée. A la belle saison, les barbecues en plein air constituent du reste l'un des passe-temps favoris des Arméniens.

* Arevchatoutioun : litteralement « plein de soleil »

22/04/2009

Effets secondaires du décret anti-cagoules.

Le décret anti-cagoule devrait avoir un effet positif  indéniable. Tout comme l'interdiction du port du voile islamique dans les écoles s’est transformé en interdiction de signes ostentatoires, la formulation du décret devrait être plus évasive. Le Monde nous en donne un possible extrait :

 

"Tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifié, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5e classe: 1 500 euros".

 

Inutile donc de monter tout de suite sur nos grands chevaux. Voilà le genre de personnes qui pourraient se voir interdire toute présence dans ou à proximité d’une manifestation :

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Max.

Et la bande violente de l’Elysée-Matignon, qui va la charger ?

Nicolas Sarkozy, 18 mars 2009 : "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale"  (le Canard enchaîné d'aujourd'hui).

Il y en a des dizaines comme cela, de la « racaille » au « pôve con ». En voici une autre, d’un autre mois d’avril, qui va bien avec le discours sécuritaire sur les bandes violentes et autres beautés de cet acabi, hier à Nice :

Nicolas Sarkozy, avril 2007 : "Qui ne voit qu'il y a un lien évident entre la politique d'immigration non maîtrisée depuis 30 ou 40 ans et l'explosion sociale dans nos quartiers ? Ca crève les yeux qu'il y a une liaison entre les deux. Si on ne peut même pas dire que dans nos quartiers il y a une population récemment française et que le nombre de cette population a créé des problèmes d'intégration qui font que le pacte républicain menace d'exploser, si on ne peut même pas dire cela, il y a aucune chance qu'on résolve le problème."

Depuis la bande violente s’est organisée comme on peut le voir sur la photo ci-dessous :

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Et son porte-flingues vaut le détour lui aussi :


Frédéric Lefèbvre porte parole de l'UMP

 

 

Max.

20/04/2009

Martin Hirsch, le RSA et la Pierre Philosophale.

On savait que Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, était un Sage. De ceux que l’on consulte à droite comme à gauche quand on a besoin de prendre du recul, de repenser une politique sociale. Une sorte de bonne conscience. La bonne conscience que l’on ne prêterait qu’au Hirsch ? Peut-être bien car, voyez vous, Monsieur Hirsch a trouvé sa Pierre Philosophale, l’aboutissement de son Grand œuvre. Une substance capable de réaliser la transmutation des politiques les plus viles en or. Le gouvernement, grâce à notre Sage, pourrait en extraire la Panacée, un Elixire pour sa Longue Vie, croit-il.

 

Cette substance s’appelle le RSA, le Revenu de Solidarité Active. Destiné à remplacer le RMI, le RSA sert, depuis, de potion magique pour résoudre tous les problèmes sociaux qui viennent frapper à la porte de l’Elysée-Matignon. Souvenez-vous du mouvement social dans les Antilles. Pour satisfaire la demande de hausse de salaire des travailleurs guadeloupéen, le gouvernement ne proposait rien moins que de se substituer aux employeurs en instaurant un RSA anticipé. Le RSA financé par l’Etat et les collectivités (autrement dit les contribuables) et prévu  (en principe) pour soutenir la reprise d’emploi des salariés au chômage, servirait donc à dispenser les employeurs de répartir plus décemment la création de richesses. Beau tour de passe-passe.

 

Pourquoi tant de détails me direz-vous ? Et bien parce que RSA va également servir à transformer le chômage des jeunes en travail précaire. Dans un billet que je vous recommande chaudement il apparaît que « des milliers de jeunes précaires vont être de plus en plus contraints, et cela très légalement, à enchaîner les stages sous-payés, au plus grand bénéfice des entreprises incitées à maintenir le gel de leurs embauches...Et ce grâce au RSA, qui va subventionner de façon déguisée un nouveau statut d'actif: le stagiaire précaire bénéficiaire du RSA. »

 

C’est la Caisse d’Allocation Familiale, elle-même qui le dit :

 

« L’ensemble des ressources du foyer est pris en compte dans la détermination du montant du Rsa. Les revenus d’activité du foyer comprennent les rémunérations au titre d’une activité professionnelle, que cette activité soit salariée, non-salariée, ou qu’il s’agisse de stages de formation rémunérés. »

 

Lisez la suite ICI, c’est édifiant.

 

Max.

 

 

17/04/2009

Extrême orient ?

L’homme politique français, doué pour se faire élire mais ne sachant que faire de son mandat une fois la victoire acquise, nous enjoint de copier regarder ce qui se fait dans les autres pays développés. Bien souvent en effet, la politique des autres fait politique chez nous. Il en va ainsi de notre politique économique et sociale : flexécurité danoise, contrôle des chômeurs britannique, maîtrise des médias berlusconienne, école finlandaise sont regardés avec envie. De la politique toute faite, en kit, prête à monter. De la politique Ikea, modèle suédois.

 

20 minutes, toujours à l’affût, nous invite à aller voir ce qui se fait au Japon.

 

« La petite ville de Niikappu, située sur l'île nippone septentrionale de Hokkaido, prévoit de proposer le mois prochain au plus offrant ses quatre écoles désertées, via le site d'enchères de Yahoo! Japan. (…) Trois des écoles à vendre se targuent d'enfermer des logements spacieux (utilisés alors par des enseignants) et une piscine. Mise à prix: de 21,8 millions à 67,4 millions de yens (de 165.000 à 520.000 euros). Hokkaido est une des zones les plus rurales et les moins peuplées du Japon, défavorisée par son climat très froid. »

 

D’emblée précisons que la raison de ces fermetures d’écoles n’est pas la rationalisation des équipements publics comme elle se pratique en France (fermetures de classes par augmentation des effectifs dans les classes restantes). Non, contrairement à la France qui se porte plutôt bien en terme de natalité, le Japon est sujet depuis plusieurs années à une chute du nombre de naissances. L’article de 20 minutes précise d’ailleurs que les personnes de plus de 65 ans sont déjà bien plus nombreuses que celles de moins de 13 ans.

 

Le Japon se sclérose. Aucun renouvellement de la population ne se produit, ni par le simple accroissement naturel, ni par l’immigration. Le Japon est un pays où les structures d’accueil des tout-petits sont très insuffisantes (ce qui engage guère à avoir des enfants) et où les frontières sont hermétiquement fermées aux étrangers (1,5% de la population seulement). Certains experts pronostiquent même que le Japon aura perdu la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle. La vente d’école risque donc de devenir une activité très lucrative.

 

On a toujours venté la culture d’entreprise des Japonais qui leur a permis de remonter la pente, économiquement  après 1945. Je me souviens de mon professeur de géographie ventant ses chefs d’entreprise japonais, dormant dans leurs bureaux, réinvestissant chaque sou dans l’entreprise, gagnant moins que leurs salariés. Je vois ce même professeur nous faire l’éloge du travail méticuleux de ce peuple formé par des millénaires de riziculture. Deux semaines de congés payés par an. Zéro faute, zéro défaut. Le chômage qui conduit au suicide tellement le travail est inscrit comme une priorité dans la vie de chaque japonais. Voilà les images qu’il me reste de ses cours. Sans doute il y a-t-il de la caricature. Sans doute le modèle social japonais prévoit des contrepoids à cette omniprésence de l’entreprise. Il n’en reste pas moins que pour eux Japonais, nous Français sommes de gros flemmards avec nos 5 semaines de congés payés, nos 35 heures, nos RMI.

 

Reste qu’à trop se consacrer à la valeur travail, les japonais ont oublié de faire des enfants. Et c’est tout le système social qui s’effondre : explosion des frais de santé, impossibilité de maintenir un bon niveau de retraite, chute démographique (le Japon perd un million d’habitants par an !). Avec le système social, c’est l’équilibre économique qui prend l’eau : pour continuer à produire, les japonais travailleront plus longtemps, jusqu’à 70 ans voire 75 ans.

 

Balivernes, exagérations ? Et bien non. Regardez ces deux extraits vidéo du magazine « un œil sur la planète », consacré l’an dernier précisément à ce sujet. Eloquent.


 

 

 

Et l’on se dit que le modèle français finalement n’est pas si mauvais et qu’il vaudrait mieux tout faire pour le préserver voire le renforcer.

 

Max.

 

PS : Enigmatique Japon…
podcast

Alphaville, Big in Japan, 1981 (sniff...)

15/04/2009

René Monory est mort. Vive René Monory !

Qui se souvient de René Monory ? Pas grand monde. Cet homme va pourtant être inhumé ce jeudi en présence de Nicolas Sarkozy.

 

C’est que, apparemment, il est des héritages dont certains aimeraient bien se passer. C’est un peut l’impression que donnent les sobres, très sobres messages de condoléance que Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont livré à l’occasion de la mort, le 11 avril, de René Monory, ancien ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac (1986-1988).

 

Xavier Darcos, dans un style empathique voire ampoulé, « tient à rendre hommage au parcours et à l’œuvre d’un inlassable visionnaire qui, du garage de Loudun à la Présidence du Sénat, avait fait de l’avenir sa plus belle circonscription. Ancien ministre de l’Éducation nationale, René Monory n’avait cessé d’œuvrer en faveur de l’introduction et du développement à l’école des technologies de l’information et de la communication, domaine dont il était l’incontestable précurseur en politique. Avec la disparition de René Monory, la France perd une figure politique unanimement respectée et appréciée, dont les combats ont largement contribué à sa modernisation au cours des dernières décennies. »

 

Valérie Pécresse à défaut de pouvoir présenter des condoléances joyeuses, « présente ses condoléances attristées » à la famille et aux proches de René Monory. Sans doute un peu stressée en ce moment, « elle tient à rendre hommage à la mémoire de l’ancien ministre de l’éducation nationale, très attaché tout au long de son parcours politique aux questions d’éducation et de formation des jeunes. Il  fut un des artisans de la première tentative de  réforme  des universités en 1986. ». Vient enfin un court hommage à l’initiateur du Futuroscope.

 

Certes, certes, René Monory n’est pas Maurice Druon, décédé le 14 avril et pour lequel Xavier Darcos s’est fendu d’un véritable éloge funèbre. Rien, en René Monory ne « laisse incrédule ». Difficile de croire « à l’éternité académique face à son énergie inlassable et à son destin altier, quasi tiré d’une chanson de geste. » Il a sans doute mis beaucoup de « grandeur et de passion » dans son grand œuvre, le Futuroscope, qui lui survivra. Mais nul souvenir de « son maintien superbe, sa voix d’orateur attique, sa stature de héros légendaire, son impatience face aux médiocrités, son courage physique et moral, sa culture éblouissante, sa fidélité en amitié. »

 

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A défaut de transformer le présent, René Monory aura essayé de dessiner le futur. Ici devant le chantier du Futuroscope en 1987.

 

Non vraiment Rien en René Monory ne semble immortel. A part, peut-être ses réformes avortées. Car, en effet, cet éminent mécanicien de la 5ème République, a été un remarqué (à défaut d’être remarquable) ministre de l’Education nationale. Avec son ministre délégué, tristement célèbre, Alain Devaquet, ils ont tenté une réforme du lycée et des universités.

 

Jacques Chirac, Premier ministre de l’époque avait fixé la ligne : « Dans l'enseignement supérieur, le principe d'autonomie doit être définitivement concrétisé tant à l'entrée - au moment de la sélection des étudiants - qu'à la sortie - au moment de la délivrance des diplômes. L'autonomie doit aller de pair avec un allègement des structures universitaires […] Cette rénovation de l'Université suppose l'engagement sans réticences de tous les enseignants et chercheurs de l'enseignement supérieur ; elle passe par une abrogation rapide de la loi sur l'enseignement supérieur de 1984 [dite loi Savary]. »

 

La réforme  prévoyait de donner une large autonomie aux universités du point de vue financier, du point de vue de la sélection des étudiants (afin de s’adapter au besoins du marché du travail) ainsi que du point de vue des diplômes qu’elles veulent délivrer. Grande différence toutefois avec la réforme Pécresse, la loi Devaquet prévoyait de renforcer le pouvoir des enseignants-chercheurs dans les organes dirigeant l’université. Devaquet était chercheur. Aujourd’hui, ils font les frais de la réforme. Pécresse est énarque.

 

La suite on s’en souvient mieux : immenses mobilisations étudiantes, mort de Malik Oussekine, démission de Devaquet, retrait de sa réforme des universités. Dans la foulée, René Monory retirait sa réforme des lycées.

 

Vingt plus tard, la droite au pouvoir, tente de faire passer les mêmes couleuvres. Quel bel hommage rendu à René Monory.

 

René Monory est mort. Vive René Monory !

 

 

Max.

01/04/2009

Message subliminal

Clin d’œil. La Ratp est une entreprise de service public. A l’heure des stocks option, des golden parachutes, des retraites dorées des PDG, le message qu’elle adresse à ses voyageurs tombe très à propos et sonne comme une vérité comme seul un service public peut en produire en ses temps de crise.

 

En tout cas espérons que sa prophétie se réalise…

 

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 Max.

25/03/2009

Xavier Darcos poussé dans un corner sur France Inter

Un Demorand offensif, un Darcos défensif. Pour constater que les différents reculs sont en train de se faire. Le flou domine encore. Pour reprendre la formule d’un auditeur : pourquoi attendre que des établissements soient bloqués, des enseignants en grève, que des parents occupent pour démarrer une négociation. Que de temps perdu pour constater finalement que l’essentiel (les missions de l’école) n’est pas réformé. Que de confiance perdue pour rendre toute réforme aléatoire ? Comment croire que toute cette agitation provoquée par le ministère n’a pas pour seul et unique but de faire des économies comme nous y invitent les traités et les directives européennes ? Du beau gâchis.


Xavier Darcos - France Inter - Interview de Nicolas Demorand
envoyé par franceinter

Xavier Darcos - France Inter - Réponses aux auditeurs
envoyé par franceinter

22/03/2009

Nicolas Sarkozy remercie grévistes et manifestants du 19 mars (réalisé avec trucage, hélas)

sarko_ecransTV2.JPGLe 20 mars, à la TV, c'était le prince qui ne manque pas d'air. 

 

 

 

 

Séquence séduction: "Et je veux remercier les fonctionnaires qui ont fait fonctionner l’accueil mini-mum dans les écoles."

 

Séquence fiction : "Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. "

 

Séquence dérision : " Nombreux sont les salariés qui pensent que face à une crise internationale, une grève nationale ne peut pas fournir une réponse. "

 

 

Lors de sa conférence de presse, le 20 mars, à Bruxelles pour le Conseil européen, Nicolas Sarkozy a évoqué longuement la journée de mobilisation de la veille, en France. Grèves et manifestations de quelques 3 millions de personnes. Piégé, il y a quelques mois lorsqu’il avait déclaré que la grève ne se voyait plus en France, le voilà qui en remet une couche, remerciant les fonctionnaires qui ont travaillé ce jour là et suggérant que si on voit bien les manifestations on ne voit toujours pas les grèves…

 

Pourtant, nous savons bien que tout ceci n’est que provocation, effet de communication ou effet de manche pour ne pas perdre la face. Car sinon, pourquoi Xavier Darcos est-il revenu sur sa réforme de la formation des enseignants. Rappelons que dans cette réforme la plus bête depuis longtemps, le ministre proposait de supprimer purement et simplement l’année de stage pour tout nouvel enseignant. Plonger directement le novice dans le grand bain, voilà à quoi menait cette brillante idée dont nous avions évoqué ICI les tenants et les aboutissants. Le report (et donc, on peut y croire, l'abandon) de cette réforme est un immense soulagement.

Si on ne prend que cet exemple la mobilisation du 19 mars est un franc succès qui laisse espérer que le vent est en train de tourner à notre avantage.

 

Alors voilà, puisque Nicolas Sarkozy se pose en honnête homme, je propose une légère réécriture de son allocution du 20 mars dont vous trouverez l'original ICI. Histoire de remercier qui de droit, tout de même.

 

Voici donc les remerciements présidentiels aux grévistes et manifestants du 19 mars. En rouge mes propositions de modifications que tout honnête homme ne saurait refuser, cela va de soi.

 

« Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. Et si je les vois telles qu’elles sont, je veux remercier les fonctionnaires et les salariés qui ont eu à cœur de faire la grève. C’était une de vos grandes questions : est-ce qu’elle fonctionnera ? Maintenant vous avez la réponse : ça a fonctionné. Et je veux tout particulièrement remercier les fonctionnaires qui ont fait grève malgré l’accueil minimum dans les écoles. Dans 214 villes il y a eu une manifestation pour dire au gouvernement qu’il y avait d’autres réponses à la crise que les baisses d’impôts des catégories les plus aisées et le démantèlement des services publics. Voilà, preuve est faite que quand on fait grève en France, ça se voit. La grève, c’est un droit constitutionnel. Quand j’avais dit que la grève ne se voit plus en France, on m’avait dit que je remettais en cause le droit de grève. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas réussi à le remettre en cause. Et pendant la grève (la grève, chacun a pu la voir, les manifestations chacun a pu les constater, elles sont importantes, il faut en tenir compte) mais le pays n’a pas été paralysé par le discours sur la crise. Ca n’a pas nuit à l’économie mais ça a protégé notre société qui n’a pas, en plus besoin d’être paralysée par les discours sur la crise. La France est regardée de tous les pays du monde. Et c’est pas si souvent qu’on voyait la France en faveur des mouvements sociaux et avec des salariés qui défilent, des fonctionnaires qui défilent, des lycéens qui défilent, des retraités qui défilent, des chômeurs qui défilent. Que les manifestants en soient remerciés. Je pense que nous arrivons à un niveau de maturité de la démocratie sociale. Personne ne peut s’en plaindre. Et puis je veux noter également (mais vous vous en êtes faits l’écho, mesdames et messieurs de la presse) que le nombre de manifestants a sensiblement augmenté. Une entreprise comme Continental : 100% de grévistes car 100% de licenciés. Dans la fonction publique de l’Etat, ce sont des moyens en moins. Et même dans l’Education nationale, 13500 postes en moins. Cela prouve que nombreux sont les salariés qui pensent que face à la crise internationale, ce gouvernement ne peut fournir aucune réponse. ll peut manifester de l’incompréhension, il peut manifester du mépris, il peut manifester de la nervosité mais il porte surtout sur de fausses réponses à la crise comme un bouclier fiscal dont on veut le retrait, une mesure particulière de justice sociale dont on veut l’adoption.»

 

Max.

 


podcast

Arthur H, le chercheur d'or

 

L’illustration de début est librement inspirée d’une affiche publicitaire d’une châine de télévision dont la série star est « le prince de bel air ».

 

 

 

19/03/2009

François Fillon ne sert à rien.

C’est un peu l’impression que donne son intervention au 20 heures de TF1. Il comprend « l’inquiétude des Français qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité ». Il comprend  les restructurations dans les entreprises. Il suivra attentivement les conflits médiatisés tel que celui de Continental. Les autres … sait-il qu’ils existent ?

 

Comme toujours la droite agit à la marge incapable de réformer un système dont elle souhaite la pérennité. En période de crise, la droite ne sert à rien. Demander à une dinde la recette de la farce : Croyez vous qu’elle vous la donnera ?

 

Quand changera-t-on de Premier ministre ? Celui-ci est nul.

 

Max.

3 millions

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3 millions

 

 

Ce 19 mars, le petit Nicolas en a pris pour son grade. Selon les sources, près de 3 millions de personnes ont manifesté aujourd’hui en France (nous étions autour de 2 millions le 29 janvier). Et des slogans qui valent mieux que les discours...

 

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Cliquez sur les photos pour les agrandir

 

18/03/2009

Xavier Darcos a perdu l’esprit … français.

Je l’avoue, je l’avoue, le titre est racoleur. Pourtant, comment résister à cette boutade quand on lit avec tout l’intérêt que nous lui devons la prose de Xavier Darcos dans Le Monde de jeudi 19 mars. « Esprit français, es-tu là ? » s’interroge-t-il en page 20. Qu’est-il arrivé à celui qui se présente à nous d’abord comme Membre de l’Institut et ensuite comme Ministre de l’éducation nationale ? C’est que, dans ce qui ressemble à une séance de spiritisme, Xavier Darcos est venu retrouver une élite perdue, celle des intellectuels et avec eux l’esprit français qui les définissaient tant par le passé. Il a beau convoquer Voltaire et Montaigne, leur attacher la compagnie tutélaire de Nicolas Sarkozy (si, si), rien n’y fait.

 

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Je n'y peux rien, moi, si Xavier Darcos en

philosophe des Lumières ressemble davantage

à du Warhol...

 

 

Selon lui, l’indépendance de pensée, la hauteur de vue, l’enthousiasme mêlé à la courtoisie dans le débat d’idées, qui caractérisaient tant cet esprit français, semblent autant de qualités perdues aujourd’hui. La République, née de l’alliance entre intellectuels et politiques, réussissant ainsi à canaliser le désir parfois violent de démocratie, serait aujourd’hui à la dérive.

 

Jugez en vous-même :

 

« Le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l’outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s’instille jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

« Cette tendance imprécatrice blesse l’intelligence. Elle me choque (…) Elle encourage le monde du savoir dans une défiance explicite, voire obligée, à l’égard du politique »

« Personne n’a intérêt à encourager cette dérive. Personne ne peut en justifier les vrais ressorts, qui sont le dévoiement de la fonction critique de l’intellectuel au profit d’intérêts partisans ou caricaturaux. »

« L’affaire ne se clive pas entre les bons (la gauche) et les méchants (la droite). Cette supputation est inféconde. Elle donne un exemple désastreux de notre jeunesse en privilégiant la querelle ou le préjugé plutôt que la controverse argumentée. »

 

Et puis il y a ce passage amusant : «  Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem. »

 

L’intellectuel a démissionné, quitté la cité. Ou alors il s’est laissé corrompre. Ne résonnent (raisonnent ?) plus aujourd’hui que les mégaphones syndicaux dans des cortèges agressifs. Le politique est bien seul. Sans l’arbitrage certes critique, sans la hauteur de vue, sans la courtoisie de l’intellectuel, que peut l’homme politique livré à la vindicte populaire ?

 

Et cette vindicte, Xavier Darcos va encore la voir défiler depuis ses fenêtres, ce 19 mars au départ, à Paris, d’une place qui s’appelle précisément République.

 

L’intellectuel a quitté la cité, le politique est seul dans l’hémicycle et le jeune forcément ultra gauchiste a envahi la rue. Esprit français éclairé de toute sa hauteur de vue, courtois, Xavier Darcos n’a eu de cesse au cours de son ministère de dénoncer des syndicats "dont la fonction principale est la résistance au changement", répétant à l’envi « à ceux qui font grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges".

 

Plus qu’un héritier de l’esprit français, Xavier Darcos se pose en héritier de cette République des propriétaires que Boissy d’Anglas défendait à la tribune de l’Assemblée nationale en 1795 : « Nous devons être gouvernés par les meilleurs : les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois ; or, à bien peu d’exception près, vous ne trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui, possédant une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve (…). Si vous donnez à des hommes sans propriété les droits politiques sans réserve (…) ils nous précipiteront enfin sans ces convulsions violentes dont nous sortons à peine. »

 

Classes laborieuses, classes dangereuses. Certes, avec plus de courtoisie et sans doute beaucoup d’esprit, la prose de Xavier Darcos, dans Le Monde du 19 mars, ne dit pas autre chose…

 

 

Max.

16/03/2009

Le 19 mars, le sommet social sera dans la rue

20 novembre

 

29 janvier

 

19 mars

 

 

 

Que s’est-il passé depuis le 29 janvier qui justifie une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 19 mars ? Celui et celle qui suivent en pointillé l’actualité éducative peuvent légitimement s’interroger. Elie Domota, le leader du mouvement social guadeloupéen avait raison de railler cette méthode très métropolitaine de faire grève une fois tous les deux mois quand ce n’est pas trois. Ce qui devrait nous en convaincre, c’est l’extraordinaire n'importe quoi dans lequel le gouvernement nous a plongé depuis la magnifique mobilisation du 29 janvier.

 

Episode n°1 – le méga sommet du 18 février où le chef de l’Etat recevait en grande pompe les partenaires sociaux pour leur annoncer qu’il n’avait que des miettes à leur offrir.

 

Episode n°2 – le recul sur le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs.

 

Episode n°3 – l’étonnant pas de deux sur ce grand n’importe quoi que constitue la réforme de la formation des enseignants.

 

Depuis le 29 janvier nous avons pris conscience que nous avions deux ministres au lieu d’un (quelle chance !). Xavier Darcos et Valérie Pécresse travaillent main dans la main pour modifier de fond en comble les conditions de formation des maîtres. Pour autant, on ne peut pas dire que la gestion de nos politiques éducatives ait gagné en clarté. Que comprenez vous de la réforme du lycée : ajournée ou annulée ? Que comprenez-vous du nouveau statut des enseignants-chercheurs : évalués ou non ? Que comprenez vous de la réforme de la formation des maîtres : stage d’observation ou en responsabilité ? Plus rien n’est clair. A force de reculs, il n’existe plus de sens aux réformes engagées. Et c’est bien le pire. De quoi débattre ? Sur quelle base négocier ? On nous parle de tout remettre à plat, de réécriture des décrets, d’aménagement de dispositifs.

 

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Par exemple que comprenez vous à la logorrhée ci-dessous, extraite du dernier communiqué de presse du Ministre de l’Education nationale du 12 mars sur le recrutement et la formation des enseignants.

 

« A l’issue des consultations et rencontres des dernières semaines, Xavier DARCOS et Valérie PECRESSE ont apporté les précisions suivantes sur cette réforme, dont le processus sera lancé dès la session 2010 des concours, conformément aux principes énoncés dans la Charte signée par les deux ministres le 30 septembre dernier.

Cette réforme verra son aboutissement à l’occasion de la session des concours 2011. Les conditions définitives de la mastérisation des enseignants feront l’objet d’une discussion avec les organisations représentatives et les acteurs concernés.

Elles seront examinées par une Commission de concertation et de suivi, coprésidée par un président d’université et un recteur. Cette commission associera les associations syndicales représentatives.

Cette commission, qui réunira en nombre égal des membres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale, aura pour objectif de faire aux ministres concernés des recommandations notamment sur l’articulation entre les masters et les concours, sur la question de l’adossement à la recherche des masters, sur les éventuelles adaptations que pourront connaître les épreuves et l’organisation des concours et sur les ajustements pour certaines disciplines professionnelles de l’enseignement professionnel. » (Les passages en gras le sont sur le communiqué)  

 

Tout cela ressemble étrangement à une opération bien connue : noyez le poisson. Au cours de ces derniers mois nous en avons eu plusieurs exemples : un jour, on annonce qu’on ne touchera pas aux Sciences économiques et sociales, un autre, on ouvre les lycées à des entrepreneurs peu scrupuleux. Un jour on dit vouloir faire de l’école maternelle une école à part entière, un autre on en vide le sens même. Un jour, on dit vouloir revaloriser la fonction enseignante, un autre on lui supprime toute formation en responsabilité sur toute l’année de stage. Plus de ligne conductrice, une gestion au jour le jour, faite de déclarations péremptoires sur la soi-disant irresponsabilité des syndicats, sur le passéisme des manifestations. Les 5 bonnes raisons de faire grève que nous énoncions en janvier sont encore plus valables aujourd’hui.

 

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Depuis le 29 janvier, d'étranges docteurs sont venus se porter au chevet de notre école. Nadine Morano et son projet d'adjoindre le Ministère de l'Education à celui de la Famille (et non l'inverse!), le FMI qui invite les Etats à réduire les salaires de leurs fonctionnaires. Mais où va-t-on?

 

Une chose est certaine : le flamboyant Darcos qui promettait il y a quelques mois encore médailles, uniformes, code de la vie scolaire et quelques autres de ces beautés là a disparu corps et âme lorsqu’il s’est agi de présenter des réformes plus sérieuses. A moins que tout ceci ne soit que des contre feux servant à cacher la seule et unique politique éducative que ce gouvernement sait mener à bien : la réduction du budget des services publics. Mais qui parle encore des 13500 postes que le Ministère de l’Education s’apprête à supprimer après les 33000 des rentrées 2007 et 2008 ? 

 

Non, vraiment. Le 19 mars, il sera temps de montrer la sortie à nos chers ministres. Ils trouveront bien une ambassade ou une multinationale pour terminer gentiment leurs carrières.

 

 

Max.

 

 


podcast
Alain Bashung, Dehors.

15/03/2009

Mourir ? Mais quelle mauvaise idée, M. Bashung

Il y a des jours comme ça, on ne devrait pas se lever et encore moins allumer une radio.

« Malgré les lois formelles du jour, [il] décida de plier boutique. Il pris son bâton et se coiffa d’un chapeau de paille qui avait appartenu à son grand-père. Le temps s’annonçait couvert, mais avec des rayons de soleil pour qu’il y ait un contraste poétique. D’ailleurs le temps n’avait rien à voir dans cette aventure soudaine du cœur qui le poussait à suivre un nouveau chemin, à partager sa vie avec de nouveaux animaux, à écouter la sève dans de nouveaux végétaux. Il s’était pris tout à coup pour un pèlerin, délivré des attachements mystérieux des choses qui viennent de loin, encore chargées de parfums, comme cette boîte à biscuits ou cette bouteille d’encre, qui l’avaient longtemps laissé heureux au bord d’une rivière qu’il n’aurait pu nommer et qui s’appelle dans les livres savants le passé ou l’atavisme voire l’hérédité. Maintenant qu’il était parti, il ne regrettait rien, même pas les choses qu’on ne peut pas oublier parce que la vie les a lestées de tout le plomb du souvenir. Il ne regrettait rien. A moins peut-être les images du rêve qui l’avaient poussé sur la route incertaine ». (1)

Alain Bashung, La nuit je mens.

 (1) Extrait de Trom de Claude Haumont, Daily-Bul

09/03/2009

Fonction publique: les bonnes vieilles recettes anticrise du FMI (du bon docteur DSK)

mammouth.JPGVoilà un billet qui devrait mettre dans un état de surexcitation nos chasseurs de mammouths nationaux dont les dernières défenses seront bientôt offertes à ces braconniers du libéralisme. Le bureau européen du journal Le Monde nous gratifie, en effet, d’un article des plus inquiétants pour ce qu’il nous reste de modèle social. « Face à la crise, plusieurs pays réduisent les salaires de leurs fonctionnaires », titre le journal en page 7. Et de préciser : « C'est une mesure qui semble s'imposer dans les pays frappés de plein fouet par la crise : plusieurs gouvernements européens ont entrepris de réduire les salaires de leurs fonctionnaires, afin d'assainir leurs finances publiques, voire d'éviter un défaut de paiement. » Et de citer les exemples de l’Irlande, de la Lettonie, de la Bulgarie et bientôt de la Roumanie. Moins 7% sur les traitements des fonctionnaires irlandais, moins 15% sur ceux de leurs homologues lettons.

 

On apprend même que le français (on est jamais aussi mal servi que par soi-même) Jean-Claude Trichet appelle les gouvernements "à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public". Vous avez bien lu : « des politiques de dépenses courageuses ».

 

tyranosaure1.JPGOn apprend même que le FMI présidé par le français (on est vraiment aussi mal servi que par soi-même) Domi-nique Strauss-Kahn impose, en accord avec les autorités euro-péennes, la réduction des dépenses de la fonction publique en échanges de ses prêts aux pays en difficultés.

 

Il y a quelques années, en 2002, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en 1999, a démissionné de son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale, a publié un ouvrage qui décortiquait les politiques affligeantes de ces grandes structures que sont FMI et Banque mondiale (1).

 

Son constat était clair et net : «  Il est important de voir non seulement ce que le FMI met au programme, mais aussi ce qu’il n’y met pas. La stabilisation y est, la création d’emplois non. (…) Il y a de l’argent pour renflouer les banques, pas pour financer l’amélioration des services d’enseignement et de santé, et encore moins pour secourir les travailleurs éjectés de leur emploi en raison de la mauvaise gestion macroéconomique du FMI. »

 

On l’a vu lorsqu’il a poussé à la libéralisation des pays de l’Est ou au « sauvetage » des économies des pays en développement, le FMI conditionnaient ses prêts à ce qu’il appelait par euphémisme, ‘la flexibilité du marché du travail » : formule qui paraît signifier « amélioration du marché du travail » mais qui, nous dit encore Stiglitz, n’a été qu’un terme codé pour dire baisse des salaires et démantèlement de la protection de l’emploi. Il ajoute : « Le FMI a sous estimé les risques de ses stratégies de développement pour les pauvres. Mais il a aussi sous-estimé le coût politique et social à long terme des mesures qui ont ravagé la classe moyenne pour enrichir une toute petite élite, et surestimé les bénéfices de ses mesures néolibérales. Historiquement, la classe moyenne a été celle qui a revendiqué l’état de droit, l’enseignement public pour tous, la création d’un système de sécurité sociale – autant de facteurs essentiels pour une économie saine. Son érosion s’est traduite par une érosion parallèle du soutien à ces réformes cruciales ».

 

Relisant ses lignes, on ne peut que faire un parallèle saisissant avec ce que nous révèle le journal Le Monde. Le FMI semble reconduire ses stratégies inefficaces des décennies précédentes. Mêmes logiques, mêmes aveuglements. A y regarder de près nous constatons même que les politiques de notre gouvernement s’adaptent parfaitement aux injonctions du FMI : renflouement des banques et démontages des services publics, paquet fiscal pour une petite élite et étouffement des classes moyennes, asphyxiées par un pouvoir d’achat en berne et la dégradation de ses acquis sociaux.

 

C’est pourquoi, le journaliste du Monde se trompe lorsqu’il essaie en vain de nous remonter le moral : « Dans plusieurs pays dont la situation est meilleure, comme la France et l'Allemagne, de telles mesures sont difficiles à imaginer à l'heure où les autorités engagent des dizaines de milliards d'euros pour assurer la survie du secteur bancaire », nous dit-il. Et bien non, l’expérience nous montre que tout cela est du même ordre et procède de la même logique. On renfloue les banques (les copains) d’abord et on se refait une santé sur le dos des contribuables ensuite.

 

Et un jour, on ressemblera à la Russie … sans le pétrole mais avec les restes de mammouths piégés dans les sols gelés.

 

 

Max.

 

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Rira bien qui rira le dernier...

 

 

 

(1) Joseph E. Stiglitz, La grande désillusion, Fayard, 2002. Plus que jamais d’actualité !

 

Illustrations: Merci au Museum national d'histoire naturelle pour son aimable contribution.

 

07/03/2009

Le diplôme d'Albert Einstein vendu aux enchères

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« Cette époque est désaxée ». (William Shakespeare, Hamlet)

 

Le diplôme d’Einstein vendu aux enchères. Tout un symbole. Car c’est un peu le sort qui attend tous les diplômes universitaires si les réformes en cours du couple Darcos-Pécresse parviennent à se frayer un passage à travers les barricades que tentent de monter nos valeureux enseignants-chercheurs. Des universités et donc des diplômes vendus aux enchères pour le plus grand bonheur des sponsors les plus offrants.

 

D’un autre côté, on n’est pas sûr qu’un jour le diplôme de Nicolas Sarkozy puisse être vendu aux enchères…

 

 « Sache que les hommes sont ce qu'est leur époque ». (William Shakespeare, Le roi Lear)

 

Max.


podcast
Tarmac, Notre époque

 

Illustration: Le magasin Merode, Prévert photographié par Doisneau en 1953. A voir dans le cadre de l’exposition Paris La Belle consacrée à Jacques Prévert.

04/03/2009

Maternelle : le double jeu de Xavier Darcos

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Double jeu ou … double « je ». Xavier Darcos serait-il atteint de schizophrénie ? Il existe bien semble-t-il une dissociation entre ce qu’écrit le Docteur Xavier et ce que dit Mister (mystère ?) Darcos sur l’école maternelle. On s’en souvient encore. La phrase avait fait grand bruit. Auditionné en juillet 2008 par le Sénat sur le budget, Xavier Darcos s’était demandé si, dans le soucis d’une « bonne utilisation des crédits de l’Etat », il était logique de faire « passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants et de leur changer les couches » ? Certes, la question, sortie de son contexte, ne concernait que les enfants de moins de trois ans. Pourtant l’intention du ministre était de relancer le débat autour du rôle de l’école maternelle française.

 

Or, cette semaine, le Ministère de l’Education nationale édite, à 2,8 millions d’exemplaire, un guide destiné aux parents des enfants scolarisés à l’école maternelle. Et le docteur Xavier semble y exprimer une toute autre vision. Je vous livre là l’intégralité de sa courte introduction. Jugez-en par vous-même :

 

« Votre enfant est scolarisé à l’école maternelle ou s’apprête à l’être. C’est une chance que lui envient beaucoup d’enfants qui, en Europe et dans le monde, ne connaissent pas cette école si particulière qui prépare la quasi-totalité des enfants, dès l’âge de trois ans, à entrer dans la scolarité obligatoire.

Car l’école maternelle n’est pas une simple structure d’accueil : elle est une école à part entière, qui comporte des objectifs pédagogiques précis et mobilise des compétences très spécifiques de la part des professeurs qui y enseignent. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que sa place soit confortée au sein de l’école primaire, en rédigeant pour elle de véritables programmes. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai constamment réaffirmé que les enseignants de maternelle étaient des professeurs des écoles à part entière, avec les mêmes niveaux et modalités de recrutement que leurs collègues des écoles élémentaires : c’est précisément ce qui distingue l’école maternelle des structures d’accueil.

Les Français sont très attachés à l’école maternelle mais ils n’en connaissent pas toujours toute la richesse. C’est pourquoi j’ai voulu que dans la continuité du guide des parents remis à la rentrée 2008 à l’ensemble des parents d’élèves scolarisés dans les écoles élémentaires, ce guide conçu par l’Association Générale des Enseignants des Ecoles et classes Maternelles publiques (AGEEM), vous soit remis dans le cadre du partenariat avec le Ministère de l’Education nationale. Vous y trouverez notamment une explication du fonctionnement et des activités des écoles maternelles ainsi qu’une présentation des programmes de 2008 qui comportent l’ensemble des connaissances et des compétences dont votre enfant aura besoin pour entrer dans de bonnes conditions au cours préparatoire.

Je vous souhaite une bonne lecture ! 

Xavier Darcos »

 

Alors, s’agit-il de schizophrénie ? Non, bien sûr. Juste de communication politique.

 

Le texte reproduit ci-dessus est à y regarder de plus près un exposé où Xavier Darcos affirme tout et son contraire. Il commence par réaffirmer la spécificité de l’école maternelle française : une « école à part entière, qui comporte des objectifs pédagogiques précis et mobilise des compétences très spécifiques », des enseignants qui sont « des professeurs des écoles à part entière, avec les mêmes niveaux et modalités de recrutement que leurs collègues des écoles élémentaires ». Mais dans le même temps, il se contredit. Ainsi,  cette « école à part entière » voit « sa place confortée au sein … de l’école primaire » ! Cette école dont les « objectifs pédagogiques qui mobilisent des compétences spécifiques » et à laquelle « les Français sont très attachés » sans en connaître toujours « toute la richesse » se voit dotée … « de véritables programmes » !

 

On le voit Xavier Darcos nage en pleine contradiction. Docteur Xavier y côtoie donc bien dans les mêmes phrases mister Darcos. Une école dont on vente la richesse, les compétences spécifiques, les objectifs précis ne disposait-elle pas déjà de programmes « véritables » ?

 

L’objectif, bien sûr est ailleurs. La réforme de l’école maternelle telle que l’organise depuis un an le Ministère de l’Education nationale est toute autre : il s’agit de transformer l’école maternelle en école préélémentaire. Interrogeons nous donc à présent sur ce que recouvre ce glissement sémantique.

 

La spécificité de l’école maternelle française repose sur certaines caractéristiques : la gratuité, une présence sur tout le territoire de façon équitable, des maîtres ayant reçu le même niveau de formation que tout maître d’élémentaire ou professeur de collège certifié, des programmes spécifiques d’apprentissage en langage, prélecture, mathématiques, EPS (éducation physique et sportive), etc., 97% des enfants scolarisés dès l’âge de trois ans, un fonctionnement qui prévoit la présence, à côté du maître, de personnels ATSEM recrutés par les mairies (1).

 

L’école maternelle a une fonction fondamentale : enraciner l’enfant dans la société et le préparer à son émancipation. Philippe Mérieux nous rappelle d’ailleurs que l’enjeu est considérable : « Des êtres sans racines cherchent désespérément leur origine et basculent souvent dans la violence et les transgressions, des êtres sans émancipation deviennent facilement la proie de toutes les pressions et de tous les fanatismes. » Dans une de ses conférences, le pédagogue rappelait que l’école maternelle remplit ainsi plusieurs tâches essentielles : permettre à un sujet d’émerger parce qu’on aide un enfant à occuper une place sans prendre toute la place, aider chacun  à surseoir à ses impulsions, accompagner chaque élève vers la maîtrise de soi, amener chaque enfant à intérioriser l'exigence de justesse, de précision et de vérité.

 

Le projet du gouvernement est tout autre. Il consiste, tout d’abord, à faire de l’école maternelle une école préélémentaire. Les nouveaux programmes de grande section intègrent déjà ce glissement : ils se concentrent sur un apprentissage mécanique de la lecture, de l’écriture et des mathématiques (et là je pense à ma fille qui me répète qu’elle en a marre d’apprendre toujours les mêmes lettres qu’on sait déjà…). Les programmes des petite et moyenne section s’est trouvé, en revanche, très allégé. Le risque est de les voir transformées en jardin d’éveil ce qui est le schéma qu’offre l’éducation de la petite enfance dans la plupart des pays européens. Une forme moins coûteuse. Le choix politique actuel est de réduire l’offre de l’Education Nationale, le ministre concerné s’interroge sur la nécessité d’une formation d’instituteur pour encadrer des jeunes enfants (même s’il a admis que les enseignants de maternelle ne changeaient pas les couches, et ne surveillaient pas les siestes, et s’est excusé de ses propos). Certains observateurs nous font remarquer que’on peut craindre que les propositions du rapport Tabarot (juillet 2008) sur le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance, ne trouve un écho favorable auprès des instances décisionnelles, pour accueillir les 2 ans, puis les 3 ans, les 4 ans. "L’application des objectifs de régulation budgétaire au Ministère de l’Education nationale pourrait le conduire à poursuivre sur la voie de la diminution, voire de la suppression de l’accueil d’enfants de 2 à 3 ans à l’école maternelle, dans la mesure où cette mission n’est pas au nombre de ses compétences obligatoires. " (paragraphe 3-1-4 du rapport Tabarot) (2)

 

Le projet s’inscrit, ensuite, dans une culture du résultat, propre à notre époque, dont l’objectif est de participer à la réduction de l’échec scolaire à la sortie de l’école primaire. Le risque ici est de confondre l’évaluation pédagogique qui vise à vérifier ce qui est su ou non et les batteries de tests et mesures qui ne servent qu’à classer, sélectionner les élèves et justifier ainsi des politiques scolaires gouvernementales ou des « stratégies scolaires » de parents, « consommateurs d’école ».

 

La communication politique orchestrée par Xavier Darcos en 2,8 millions d’exemplaires vise à faire croire aux parents d’élèves que sa réforme n’apporte qu’un changement dans la continuité alors qu’il s’agit bel et bien d’une rupture profonde.

 

 

Max.

 

(1) L’effectif moyen en maternelle est de 30 enfants par classe. Le nombre de postes d’ATSEM financés par les mairies est variable... Au mieux, une par classe, sinon, une pour une classe de petits ou tout-petits, une pour deux classes de moyens ou de grands.

 

(2) On trouve dans le rapport Tabarot des propositions qui peuvent paraître favorables : horaires plus larges, meilleure continuité sur la journée. D’autres sont des menaces réelles sur l’offre proposée : les jardins d’éveil seront financés par les mairies, le personnel sera municipal => amplification de l’inégalité sur le territoire : toutes les mairies ne disposant pas du même budget. L’accueil y sera payant (crédit d’impôt... pour ceux qui en payent) => les familles dont les enfants en tiraient les plus grand bénéfice en seront exclues. L’exigence de formation pour les personnels employés sera plus faible qu’en crèche. Offre forcément plus limitée =>l’accueil n’est plus un droit pour tous.

Et Une proposition particulièrement surprenante : Paragraphe 4-3-4 Valoriser le métier d’assistant maternel auprès des seniors à la retraite qui souhaitent cumuler emploi et retraite est une des pistes qui pourrait contribuer à réduire les tensions en effectif prévisibles pour ce secteur.

Source : Site Quel avenir pour l’école ?

 

Illustration: Mascarade de Shota Voskanian, 2000

 

 

27/02/2009

Effet de (Guade)loupe

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Une grève

Deux îles

Trois semaines

Quatre semaines

Cinq semaines

 

Un pays

Deux îles

Un océan

Des requins

Le mépris

 

Un système: la pwofitasyon

Système salaire

Manger à la béké

Taxes du mal

Jeux de Jégo

 

Un pays

Deux îles

Un océan

Des requins

Le mépris

 

Rêve général

Deux cents bons euros

Quatre cent mille malheureux

Prendre le pouvoir d’achat

Maîtres aux pôles

 

MARTINique ?

GUY AN(N)E ?

MétroPAUL ?

Réunion ensemble

Effet de Guadeloupe.

 

 

Max.

 

Illustration: Jacques Prévert, Paris, 1955 par Robert Doisneau. A voir dans le cadre de l’exposition Paris La Belle consacrée à Jacques Prévert.

24/02/2009

Noyé? Perdu? Ce n'est pas grave!

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Noyé ? Perdu ?

Ce n’est pas grave ! Il existe des esprits solides qui savent remettre le curseur là où il faut. On va donc se faire une petite pause de quelques jours, les lire ou les relire. Juste quelques liens. Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à enrichir cette balbutiante webothèque :

« Ce n’est pas en prenant les gens pour des imbéciles que l’on développe une culture de l’autonomie et de la responsabilité », Thomas Piketty, « Autonomie des universités, l’imposture », Libération du 17 février.

« Nous sommes là dans une logique d'enseignement qui omet la logique de l'apprentissage, celle des élèves et celle des enseignants », Jean Houssaye, « La formation des professeurs, une révolution conservatrice », Le Monde du 18 février.

« Trente ans de fréquentation des courbes me disent le caractère massif, universel, de la marche en avant de l’alphabétisation, celle-ci entraînant la révolution démographique, puis, ultimement, le développement économique. En 2030, la planète entière sera alphabétisée. Bref, je vis avec le progrès. C’est ce qui me rend optimiste », Emmanuel Todd, « Après le sarkozysme, quoi ? », entretien avec l'éternelle pessimiste Elisabeth Lévy, sur le site Causeur.fr.

 

Max.

PS : les images du haut sont extraites de la campagne de publicité dans le métro parisien et ailleurs d’un célèbre marchand de tapis et autres beautés de ce genre.

 

Ajoût du 25 février dans cette petite webothèque:

Dans son éditorial du 5 février, Franz-Olivier Giesbert a pris la plume pour dénoncer le "consternant mouvement" des chercheurs, qui "derrière leur logomachie pseudo-révolutionnaire ont souvent, chevillée au corps, l'idéologie du père Peinard". LeJDD.fr s'est procuré la lettre par laquelle les enseignants en Droit de l'Université d'Assas répondent au directeur du Point. Elle est ICI.

Ou encore, la « masterisation » des enseignants expliquée à ma fille sur le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération

22/02/2009

Nadine Morano tente un hold up sur l'Education nationale

Nadine Morano à l’Education nationale : un mammouth à la place du Mammouth ? Non, pire que ça. 20 minutes relaie une information péchée par le Point.fr : « Nadine Morano lorgne sur le Ministère de l’Education ».

 

On connaît trop le côté tapageur de celle qui ambitionnerait de prendre le délicat portefeuille de Xavier Darcos. On ne peut pas dire qu’elle soit l’emblème de la finesse. Pour s’en souvenir, regardons cette vidéo bien connue trouvée sur le site du Nouvel Obs :

 

Mais nous aurions tort de croire que cette nomination ne serait qu’une simple erreur de casting.

 

Adjoindre l'Education à la Famille

 

En effet, au-delà de la personnalité de Nadine Morano qui ne colle pas avec le ministère  qu’elle convoite, c’est le projet qu’elle porte qui dérange : adjoindre au ministère de la famille, celui de l’éducation. C’est bien dans ce sens là que le Point.fr, qui a eu vent de cette trouvaille, nous la présente. Dans ce sens et non l’inverse.

L’inverse d’ailleurs n’aurait guère de sens : qu’est-ce que le ministère de l’éducation aurait à faire d’une délégation à la famille. En quoi la réforme du lycée pourrait-elle trouver des ressources dans les caisses d’allocations familiales ? En quoi la revalorisation des carrières enseignantes trouveraient-elles refuge dans celle du mariage ?

Non. Il n’y a sans doute pas d’erreur dans la formulation : le projet de Nadine Morano serait bien d’adjoindre l’Education à la Famille et non le contraire. Mais alors qu’est-ce que la signifie et pourquoi, pour le coup, il existe bien une logique et qu’est ce qu’elle recèle ?

 

Tout d’abord, la déclaration de Nadine Morano n’est pas une déclaration tapageuse de plus. Cette « évolution » est inscrite dans le discours de Nicolas Sarkozy depuis sa campagne de 2007 (et probablement avant). C’était il y a presque 2 ans jour pour jour (bel anniversaire !), le 23 février 2007 :

 

« C’est l’autorité des parents qu’il faut réhabiliter.

Je souhaite une véritable révolution des mentalités par laquelle les parents soient reconnus comme des éducateurs à part entière.

(…) Si pour les familles qui ne s’occupent pas de leurs enfants mineurs, qui les laissent traîner dans la rue, qui les laissent commettre des délits, qui ne respectent pas l’obligation de les scolariser, je souhaite que des sanctions soient prises, que la responsabilité des parents puisse être mise en cause, que les allocations familiales soient mises sous tutelle, je m’engage aussi si je suis élu à aider les familles de bonne foi qui en ont besoin à élever leurs enfants.

Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. »

 

Ensuite, transférer le ministère de l’Education nationale à celui de la famille, c’est comme transférer l’Education nationale aux familles autrement dit faire perdre à l’Education nationale son caractère national. Alors évidemment, quand je dis cela, on se dit que j’exagère, que j’en fait des tonnes, que j’ai trouvé là un nouveau moyen de taper sur les seuls-qui-proposent-dans-ce-pays-gangréné-par-l’immobilisme-etc. La dernière phrase de la citation ci-dessus ne dit rien d’autre : « Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. » L’Etat n’est plus celui qui impulse, qui oriente, qui définit des politiques éducatives pour la nation entière, sans exclusive. Or, ramener l’école à un devoir familial, c’est lui ôter ce que près de deux siècles ont lentement forgé à savoir que l’école est avant tout un moyen de répondre à l’environnement social dans lequel elle est impliquée. Son objectif n’est-il pas d’abord globalisant : faire d’un jeune individu, accueilli dès son plus jeune âge, une personne intégrée. Passer de l’individu à la personne, en somme. Intégrée dans le lien social, à la fois pour le construire comme citoyen et pour y participer par sa profession. Le projet de Nicolas Sarkozy et de Nadine Morano, qui se vante souvent d’avoir l’oreille du Président, est tout autre : faire de l’école une simple béquille, un hôpital de campagne d’une éducation délocalisée au sein des seules familles. Bien sûr que le rôle d’une famille est d’éduquer au sens strict du terme. Mais peut on compter sur elle seule pour former un citoyen, pour émanciper. Sans doute parfois. Mais pas toujours et loin s’en faut. Se faisant, Nicolas Sarkozy et Nadine Morano sont bien dans un projet de droite dont l’objectif libéral ne consite qu’à intervenir dans la société qu’à la marge.

 

Enfin, le déclassement de l’Education nationale au rang de simple auxiliaire des familles serait une manière de définitivement décrédibiliser l’instituteur et le professeur. Nicolas Sarkozy avait déjà lancé la pierre à cette profession : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance”. (Discours au Vatican, 20 décembre 2007). Il pourrait rajouter que dans la transmission des valeurs et dans la l’apprentissage de la différence entre le savoir et le savoir-faire, le professeur ne pourra jamais remplacer le père ou la mère de famille, parce qu’il lui manquera toujours l’autorité ou je ne sais quelle autre sornette. Depuis déjà plusieurs années, l’idéologie dominante consiste à dire que l’école à échouer à se démocratiser. Les partis de droite estiment d’ailleurs que la tâche est impossible autant qu’inutile. C’est la raison pour laquelle, on peut dégraisser sans vergogne. Certes, certes, la démocratisation de l’école n’est pas réussie pourtant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?

 

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Nadine Morano, une femme d'envergure, prompte à occuper les places laissées vacantes.

 

On le voit, l’arrivée de Nadine Morano à l’Education ou plus exactement (car tel est son souhait), l’arrivée du ministère de l’Education dans le ministère de Nadine Morano ne serait pas sans conséquences. Xavier Darcos en bon latiniste, voulait une école machine à dupliquer des savoirs, confite d’académisme. Nadine Morano nous vendra une école « d’éveil » dont le but est surtout d’occuper, à charge aux familles de faire l’essentiel (1).

 

Il ne nous reste plus qu’à croire que cette déclaration de Nadine Morano ne soit qu’une manière de faire parler de soi pour que le Président ne l’oublie pas le moment du remaniement venu. Juste marquer une ambition, en somme.

 

Perso, je veux encore croire que tout cela n’est qu’un mauvais rêve.

 

Et pour terminer, référence à la vidéo du début...


podcast
 Anaïs, Elle sort qu'avec des blacks

 

 

Max.

 

 

 

(1) Au Grand jury RTL, Le Figaro, LCI, le 21 décembre 2008, Nadine Morano, encore secrétaire d’Etat chargée de la Famille, avait déclaré que « l’école maternelle c’est trois ans », et indiqué avoir à « à l’étude » un dispositif de « financement croisé » pour des jardins d’éveil destinés aux enfants âgés de deux à trois ans. « Nous sommes en train de travailler sur un dispositif de financement croisé par la CAF (caisse d’allocations familiales), les communes, les communautés de communes, mais aussi les parents en fonction de leurs revenus » avait-elle précisé.

 

 

 

 

 
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