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29/02/2008

« Cette fois-ci, on s’attaque à l’os ! » *

46bf4584f408c01a3352f7cf638e76bd.jpgCe n’est pas toutes les années qu'on a un 29 février. Alors, lâchons nous un peu !

Car, ailleurs, sur d’autres blogs et forum, d’autres se lâchent le restant de l’année. Comme à l’habitude, quand un fonctionnaire ose bouger le moindre petit doigt, émettre ne serait-ce qu’un imperceptible soupir, les mêmes ritournelles reviennent fredonner à nos oreilles : nous serions sur la défensive, passéistes, pessimistes, cripto-trotskistes, que sais-je encore.

La lecture des commentaires du post de Guillaume (en date du 10 février) sur son blog S’il n’y avait que les élèves (à fréquenter assidûment) est à ce sujet édifiante. Certains, en effet, osent, à leur manière « resituer le contexte du métier de prof ». Ils parlent alors de « sécurité totale de l'emploi, d’absence de pression hiérarchique, d’impuissance du système d’évaluation des personnels enseignants titulaires, de la négation de la culture du résultat, du niveau des salaires corrects pour un métier recrutant à Bac+3 (pour la majorité des profs) », et bien sûr les sacro-saints « volumes horaires du service (+ de 15 semaines de congés par an pour 18H par semaine) ». Un autre commentaire fait même une proposition alternative : « Si vous ne supportez pas votre boulot, allez faire trader à la Société Générale ! »

On leur pardonne. Ils pensent sans doute que leur idole, Jean-Pierre Pernaud, ne travaille que de 13h00 à 13h35, 5 jours par semaine…

Mais, ils ont raison sur un point : il faut poser le contexte.

Et le contexte, quand on le regarde, est éloquent.

Nicolas Sarkozy, Discours au Palais du Latran, 20 décembre 2007 : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

Nicolas Sarkozy, Dîner annuel du Crif, 13 février 2008 : Chaque élève de CM2 se verra «confier la mémoire» d'un enfant victime de la Shoah

Nicolas Sarkozy, Périgueux, 15 février 2008 : « Les programmes scolaires sont un sujet de débat politique au sens des affaires de la nation, ce n'est pas un sujet technocratique. Certes les élus du peuple n’ont pas vocation à se substituer aux scientifiques, ce n’est pas à eux de produire le savoir, ce n’est pas à eux de l'écrire, ou de réécrire l’histoire. Il leur appartient en revanche de déterminer ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d’être étudié par les élèves de France. »

Lettre du recteur de l’Académie de Créteil au profs récemment partis à la retraite : « Je vous informe que vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de reprendre une activité enseignante au sein des collèges et des lycées de l’Académie. Cette activité, qui peut être exercée pour quelques heures hebdomadaires sur des suppléances de courte ou de moyenne durée, est rémunérée sous formes de vacations. Elle est désormais compatible avec la condition de retraité de la fonction publique ».

Les enseignants devenus éducateurs voient leur métier changer sans qu’ils puissent participer à cette évolution. Accusés de technocrates (discours de Périgueux, ci-dessus), incapables d’enseigner la shoah à près d’un enfant sur deux (merci M. Darcos), notés sur Internet, l’impression générale est celle d’une perte de contrôle sur notre propre métier. C’est au politique d’inspirer les programmes, nous dit-on ? Quand on sait qu’il a fallu attendre 1995 pour que l’Etat français reconnaisse qu’il a été un Etat collaborateur du régime nazi entre 1940 et 1944 : ça augure mal de la suite.

Les suppressions de postes prévues à la rentrée 2008, massives, s’opèrent dans ce contexte. En compensant les suppressions de postes par l’octroi d’heures supplémentaires aux établissements (car il faut bien, malgré tout, dispenser les heures de cours obligatoires), les rectorats modifient ainsi les conditions d’exercice du métier d’enseignant, en allongeant le temps de travail de ceux qui acceptent une partie de ces heures supplémentaires (souvent contraintes par la faible évolution salariale depuis plusieurs années) (1). Quand il n’y a pas assez de personnel titulaire pour dispenser ces heures, les rectorats ont alors recours à des vacataires (2), voire des retraités.

On le voit, le métier d’enseignant se précarise de deux manières. D’une part en perdant, progressivement, la maîtrise des contenus des enseignements dispensés et d’autre part en assistant au développement rapide de formes flexibles d’emplois (changement chaque année d’établissement, travail sur 2 ou 3 établissements à la fois pour les remplaçants à l’année, vacataires payés pour 200 heures chaque contrat, non rémunérés pendant les vacances et donc contraints de faire des petits boulots d’appoint de ci de là).

Les fables qu’on nous raconte sont donc bel et bien des historiettes pour enfants sages.

On a passé l’âge.

Merci.

 

Max.

* Citation extraite d’un article de Libération qui donnait la parole à une enseignante du collège Henri Wallon d’Aubervilliers.

(1) Rappelons que pour un service de 18 heures de cours un professeur travaille entre 35 et 40 heures. Rappelons également que les deux mois d’été de vacances ne sont pas rémunérés. Un professeur est payé 10 mois répartis sur 12.

(2) Rappelons qu’un vacataire est payé à l’heure. Il enchaîne souvent des vacations de 200 heures maximum avec des contrats dans lesquels les droits à la protection sociale, aux indemnités chômage sont réduits. A cela s’ajoute l’absence de prise en compte des vacations pour la retraite. Jetables et corvéables. Le recours aux vacataires devient du reste une norme d’embauche pour les rectorats.

28/02/2008

Espérons qu'on n'en arrive pas là !

Quand on sait que nos gouvernants aiment à s’inspirer des autres pays pour réformer le notre, espérons qu’ils n’iront pas voir de l’autre côté de la Méditerranée… En revanche, nous, on devrait s’en inspirer : 85,21 % de grévistes, ce n’est pas aussi bien qu’au collège Lamartine de Houilles le 15 février mais c’est quand même impressionnant.

Le quotidien algérien El Watan, édition du 28 février 2008:

 

Le gouvernement réprime la grève de la fonction publique

Les premières sanctions tombent

Les enseignants contractuels ayant pris part au débrayage ont été licenciés et des ponctions, de six jours, sur les salaires des protestataires ont été appliquées par le ministère de l’Education. Vu le comportement du gouvernement, la coordination opte pour la radicalisation du mouvement.

Le gouvernement algérien a opté, contre toute attente, pour le pourrissement de la situation. Ce constat est établi par les membres de la coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique. Révolté, scandalisé, indigné, M. Mériane, porte-parole de la coordination, a exprimé hier sa rage contre un gouvernement qui ne cesse de mépriser ses fonctionnaires. Après le communiqué incendiaire rendu public à la veille du déclenchement du mouvement de protestation de trois jours, qualifiant les représentants des fonctionnaires d’« agitateurs », le chef de l’Exécutif passe une vitesse supérieure en ordonnant des sanctions sévères contre certains grévistes. Emboîtant le pas au ministre de la Santé, M. Benbouzid, ministre de l’Education, a décidé par l’intermédiaire des représentants de l’académie d’Alger de licencier les enseignants contractuels et d’opérer des ponctions de six jours sur les salaires des protestataires.

Lire la suite

 

27/02/2008

La fable de l’Inspecteur d’académie à l’enseignant

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« Arrêtons cette blague », dit le Ministre. "Les établissements fonctionneront normalement l'année prochaine, je ne dis pas que (la baisse des moyens alloués) ne créent pas de contraintes mais nous faisons des réformes et nous définissons nos priorités".

Cela fait des années que l’on nous en parle. Souvenez-vous. C’était à 7 sur 7. L’émission d’Anne Sinclair. Il s’appelait Claude Allègre. Il était Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. La phrase qui tue : « Il faut dégraisser le mammouth ». Et d’annoncer, en guise d’argumentation, des chiffres sur l’absentéisme des enseignants. Des chiffres bien supérieurs à la réalité et en contradiction avec ceux de ses propres services.

C’était le 24 juin 1997.

Dix ans plus tard, le dégraissage est à l’œuvre. Et cela ne date pas de cette année.  Entre les rentrées 2003 et 2006, les collèges et lycées ont perdu quelques 13000 postes d’enseignants (source : Ministère de l’Education nationale). Cette année, sur les 11200 prévus, 8000 devraient l’être dans l’enseignement secondaire.

Pourquoi, comment ? C’est là que la fable commence…

Vent debout, l’enseignant manifeste :

 « Dîtes moi d'où vient ce phénomène qui mène tout droit à l'impasse
Qu'est-ce qui se passe, je vois plus les traces, je reconnais plus mon espace
Espacez-vous, écartez-vous, dîtes moi où est la lumière
J'ai besoin d'aide encore une fois et ce sera pas la dernière
Je ne vois plus où je mets les pieds, ne me dîtes pas que c'est normal
Tout ce que je respire est inquiet, je sais plus ce qu'est bien et ce qu'est mal
C'est la pénombre qui règne comme si le soleil était mort-né
Messieurs Dames aujourd'hui, il a fait nuit toute la journée. » (1)

Alors, l’Inspecteur-d’académie-qui-a-réponse-à-tout sort son bel argumentaire en trois parties:

 1.

« Il y a moins d’élèves. Il y a un creux démographique », dit il. L’enseignant (qui a l’habitude de préparer ses séquences) lui rétorque que dans le même temps les effectifs augmentent en primaire et que dans 4 ou 5 ans, ils intégreront le collège. Il interroge : « Y aura-t-il assez de professeurs pour les accueillir ? Quand on sait que d’autres charrettes sont prévues, que d’ici à 2010, ce sont 40 000 postes qui doivent être supprimés. Et puis, s’il manque tant d’élèves pourquoi nous retrouverons nous, au collège Lamartine de Houilles, à 30 élèves par classe au lieu de 26 actuellement ? ».« On a le droit de s’inquiéter », conclut-il. 

2.

« Certes, certes, dit l’Inspecteur d’académie, mais vous comprenez, l’Etat n’en peut plus, les caisses sont vides, c’est la faillite, 2000 milliards de dettes. On ne peut pas vivre au dessus de nos moyens. Il nous faut être raisonnable ». L’enseignant (qui avec son salaire non revalorisé depuis 6 bonnes années sait ce que c’est que de se serrer la ceinture) n’a cure de cet argument. « Ce n’est pas sur nos enfants que nous devons faire peser le poids de la dette. L’éducation, n’est-ce pas elle qui formera le citoyen responsable, qualifié, novateur qui comblera un jour la dette ? L’élève n’est pas un coût pour la société, un élément comptable, c’est un investissement ».

3.

L’Inspecteur d’académie, piqué au vif, fier de son BTS comptabilité, lui rétorque : «  Monsieur, vous vous méprenez. Ce qui gouverne nos dotations horaires, c’est, avant tout, un esprit d’équité. S’il y a bien un point sur lequel nous serons d’accord, c’est notre souci de vouloir garantir des dotations équitables entre tous les établissements. C’est la raison pour laquelle le Ministre a créé le dispositif Ambition réussite ». L’enseignant (qui déjà aime à faire vivre le commerce équitable et pratique le tourisme équitable pendant ses loooongues vacances) ne peut s’empêcher de faire son spécialiste : « Monsieur l’Inspecteur, à Aubervilliers, à la cité scolaire Henri Wallon, que Notre Ministre a «élevé au titre de « site d’excellence », comment expliquez-vous que 7 classes ferment et que 15 postes d’enseignants soit supprimés à la rentrée 2008 ? »

Il y a bien une morale à cette fable.

Trois arbres, aussi soigneusement entretenus soient-ils par nos plus brillants jardiniers ne sauraient cacher une forêt, surtout quand elle est immense.

La suite vendredi.

Max.

 

(1) Grand Corps Malade, Il fait nuit toute la journée, 2005

Nota bene: l'illustration du début de la note est librement inspirée d'une des affiches de la dernière campagne de publicité d'une célèbre compagnie ferroviaire.

24/02/2008

Petit manuel de mobilisation à usage de tout ceux qui veulent une autre DHG

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Une autre Dotation Horaire Globale est possible !

Petit manuel de mobilisation.

La démission collective du CA et de toutes les commissions adjacentes (dont conseil de discipline) avec lettre d'explication et réunion avec parents et élèves en lieu et place du CA. (Lycée Brassens à Courcouronnes) ou report du CA faute de quorum (Lycée de Montgeron, collège Lamartine de Houilles).

La rétention des notes du bac blanc (Lycée Brassens à Courcouronnes, Lycée Fustel de Coulanges à Massy notamment) ou des notes pour les conseils de classe (collège Lamartine de Houilles)

L'annulation des bacs blancs prévus en avril (Lycée Fustel de Coulanges à Massy, Lycée d’Enghien, Lycée Marie Curie à Sceaux)

Des actions à l’occasion des conseils de classe du 2ème trimestre qui doivent se réunir à la rentrée des vacances de février : absence ou présence muette aux conseils (lycée d’Enghien, Lycée Brassens à Courcouronnes), remplissage des bulletins a minima : 4 mentions reportées par copié collé : très bien,bien,  correct, insuffisant (Lycée Brassens à Courcouronnes). Autre solution envisagée : les professeurs tiendront les conseils de professeurs mais ne viendront pas aux conseils de classe (Lycée Fustel de Coulanges à Massy)

L'occupation symbolique de l’établissement décidée par les enseignants (Lycée Brassens à Courcouronnes), rencontre débat avec les parents et les élèves en soirée (lycée Alexandre Dumas à Saint Cloud)

La «journée morte» : une action qui se développe de plus en plus (collège d’Achères, lycée Alexandre Dumas à Saint Cloud). Les enseignants viennent travailler mais ne trouvent aucun élève, les parents ayant accepté de ne pas envoyer leurs enfants en cours.

Partout, les mobilisations d’enseignants prennent soin de débattre, d’agir avec les parents d’élèves. Partout, un souci principal consiste à informer par le biais de réunions publiques, de courriers, de tracts ou, comme le demandent les parents du lycée Alexandre Dumas à Saint Cloud, d'un outil d’information « en temps réel », type blog, sur lequel sont mises à jour les actions et les demandes d’aide. Ce blog, par exemple, est à l'initiative de professeurs du collège Lamartine de Houilles.


1026938d04433b09d3d8189938879a47.jpgBlogs, blocus, manifestations. Les lycéens, eux aussi se mobilisent. Ainsi, le lycée Sonia Delaunay de Villepreux (Yvelines) ou le lycée Emilie de Breteuil de Montigny le Bretonneux sont très actifs. Une cinquantaine d’élèves du lycée Sonia Delaunay de Villepreux se sont rendus à la manifestation à Versailles ce vendredi 22 Février. Sur place il y avait environ 800 élèves. L’inspecteur général a reçu une délégation avec un membre de chaque lycée présent et un parent d’élève.  Une quinzaine de lycées étaient présents (dont un dans le 91 et un dans le 93).

Voilà donc quelques pistes à méditer pendant les vacances. Nos mobilisations ont besoin d’être inventives, multiples et coordonnées entre parents et professeurs.

Amis lecteurs, n'hésitez pas à nous faire part ici de vos actions , même si elles ont lieu à l'autre de bout de la France.

23/02/2008

Des centaines d'élèves manifestent devant le rectorat de Versailles

Hier, vendredi 22 février, des actions ont eu lieu à l’initiative d’établissements de l’Essonne, des Yvelines et du Val de Marne. Deux dépêches AFP s’en font l’écho :

 

Des centaines d'élèves manifestent devant le rectorat de Versailles

Dépêche AFP du vendredi 22 février 2008 (source : VousNousIls.fr)

600 élèves venus d'établissements de l'Essonne et des Yvelines selon les organisateurs, 500 selon la police, 300 selon le rectorat, se sont rassemblés devant le rectorat de Versailles vendredi pour protester contre la réduction des moyens prévus pour la rentrée.

Lire la suite.

 

Suppression de postes : 2e jour de blocage au lycée Jean-Macé de Vitry

Dépêche AFP du vendredi 22 février 2008 (source : VousNousIls.fr)

Une centaine d'élèves, selon la police, du lycée Jean-Macé de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont bloqué vendredi matin, pour la seconde journée consécutive, les accès à l'établissement pour protester contre les suppressions prévues de postes d'enseignants.

Lire la suite.

20/02/2008

La mobilisation des enseignants contre les suppressions de postes prend de l'ampleur

Plusieurs dépêches AFP se font l'echo d'une amplification du mouvement contre les suppressions de postes programmées. 

Dépêche AFP du mardi 19 février (source: NousVousIls.fr)

Yvelines : plusieurs établissements mobilisés contre la réduction des moyens

Occupations nocturnes de collèges, manifestations et pétition: professeurs et parents d'élèves de plusieurs établissements des Yvelines s'organisent depuis lundi pour protester contre la réduction des moyens pour la rentrée, selon des sources policière et syndicale.

Lire la suite.

Dépêche AFP du mercredi 20 février (source : France 3)

Lycées: mobilisation dans l'académie de Créteil contre les suppressions de postes

Grèves, envois de délégation au rectorat, blocus des établissements: plus d'une dizaine de lycées de l'académie de Créteil ont engagé des actions depuis le début de la semaine pour protester contre les suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2008. Mercredi après-midi, huit délégations de lycées de Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne devaient se présenter au rectorat de Créteil (Val-de-Marne), pour demander à y être reçues, selon Dominique Chauvin, responsable du secteur lycée au syndicat SNES Créteil. Plusieurs établissements étaient en grève mercredi, notamment, en Seine-et-Marne : les lycées Descartes à Champs-sur-Marne (en grève depuis vendredi) et François-Couperin à Fontainebleau. Des lycées ont été bloqués par leurs élèves, solidaires des professeurs: lycées Descartes à Champs-sur-Marne et George-Sand au Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne). Dans cet établissement, le proviseur a été bloqué dans son bureau par les professeurs mardi, les lycéens manifestant pour leur part devant l'inspection académique de Melun. Au lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les cours n'ont pas été assurés mardi, quelques dizaines de professeurs et d'élèves se sont rendus au rectorat mercredi matin. Les lycées, à qui le rectorat a précisé récemment leur "dotation horaire globale", c'est-à-dire le nombre de postes qui leur est affecté pour 2008-2009, tentent de négocier à la hausse ce chiffre. "A Henri-Wallon, nous avons 16 ou 17 postes qui doivent être supprimés, alors que l'Education nationale vient de nous accorder le label lycée d'excellence. Il y a une contradiction", a protesté Jean-Pierre Hennuyer, documentaliste dans ce lycée. Selon le SNES Créteil, 637 emplois d'enseignants dans le second degré doivent être supprimés à la rentrée 2008 dans les trois départements de l'académie.

16/02/2008

Tout le monde en parle !

Revue de presse du 16 février 2008

Vendredi 15 février, journée d'action en Ile de France. La presse s'est fait l'écho de la mobilisation des collèges et lycées de la région. Petite revue de détail.

Le Parisien fait un rapide état des lieux de la situation et évoque plus en détail le Xème arrondissement parisien.

Libération se penche sur la rationalisation des effectifs à l’œuvre dans la politique de suppression des postes dans le secondaire.

Le Monde évoque le cas de la cité scolaire Henri Wallon qui risque de perdre, à la rentrée 2008, 14 postes d’enseignants et 7 classes.

21:15 Publié dans presse | Lien permanent | Commentaires (0)

Communiqué des professeurs du collège Lamartine de Houilles (Yvelines)

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Nous, professeurs du collège Lamartine de Houilles (Yvelines), réunis en Assemblée générale le mardi 12 février, refusons le projet de Dotation Horaire Globale (DHG) que nous impose l’Inspection académique des Yvelines pour la rentrée 2008.

En effet, s’il est appliqué, ce projet se traduirait par la perte de 101 heures hebdomadaires soit une classe pour chaque niveau de la 6ème à la 4ème. En conséquence, 3 postes d’enseignants seraient supprimés, en mathématiques, français et Education Physique et Sportive.

Ce projet est présenté par l’Inspection académique comme une réponse à un creux démographique, qui se traduit par des baisses du nombre d’élèves. En réalité, il est une conséquence de la volonté de réduction budgétaire engagée par le gouvernement (11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008). Comment expliquer, en effet, que cette perte de 101 heures hebdomadaires s’accompagne de l’augmentation du nombre d’élèves par classe ? Le projet de l’Inspection académique nous impose de constituer des classes de 28 à 30 élèves chacune alors qu’elles sont actuellement dans une moyenne de 25 élèves. Ces nouveaux effectifs imposés  ne peuvent qu’entraîner une nette détérioration des conditions de travail pour tous les élèves comme pour l’ensemble des équipes enseignantes et vie scolaire du collège.

A l’heure où le Président de la République présente son « Plan Banlieue » consistant notamment à injecter des moyens nouveaux dans des établissements qui en ont le plus grand besoin, de nombreux autres collèges et lycées dont le collège Lamartine voient leurs moyens se réduire considérablement. Déshabiller Pierre pour habiller Paul n’est pas une politique !

A l’heure où le Président de la République fait le constat dans son discours du 7 février à l’Elysée que « le premier échec c’est le décrochage scolaire, c’est la sortie de l’école, chaque année, de 150 000 jeunes sans aucune qualification », qu’il ne faut plus laisser ceux qu’il nomme les « intermittents des collèges, ces jeunes si souvent absents, disparaître à 16 ans » du système scolaire, l’augmentation du nombre d’élèves par classe au collège Lamartine se fera au dépens des élèves les plus fragiles. Le nivellement par le bas n’est pas une politique !

Nous refusons que la rentrée 2008 et celles qui suivront se fassent dans des conditions aussi précaires et anti-pédagogiques. Nous refusons de croire que ces mesures sont les seules réalisables. Nous exigeons au moins le maintien du nombre de classes existant, pour que notre enseignement puisse tendre, toujours, vers de réelles exigences et non qu’il soit bradé sur l’autel des économies budgétaires.

Ce communiqué a été signé par 37 des 40 professeurs du collège Lamartine. Le taux de partcipation à la grève du 15 février était de 88%

Se mobiliser, c'est d'abord s'informer

"Arrêtons cette blague !" a déclaré Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, le 15 février 2008, journée d'action des enseignants des collèges et lycées d'Ile-de-France. Depuis le début du mois de février, les collèges et lycées reçoivent leur Dotation Horaire Globale (DHG) c'est-à-dire le nombre d'heures par matière dont ils disposeront à la rentrée 2008.

Pour des raisons budgétaires, le gouvernement a décidé de supprimer 11 200 postes d'enseignants cette année. Les conséquences sont lourdes: augmentation du nombre d'élèves par classe, fermetures d'options, suppressions de dispositifs de tutorat pour prévenir l'échec scolaire, de soutien pour y remédier, non dédoublement de classes en sciences expérimentales, en langues.

La situation est grave. Des luttes s'engagent partout en France, au niveau local car chaque établissement est touché à un degré différent. A Houilles dans les Yvelines, par exemple, le collège Maupassant perd 6 heures hebdomadaires mais le collège Lamartine perd 101 heures hebdomadaires (soit 14 % de sa DGH actuelle). Le collège Henri Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) perd 7 classes. Le collège Bernard Palissy de Paris Xème perd 70 heures hebdomadaires (et un quart de ses moyens en personnel).

A son modeste niveau, ce blog se propose de rassembler des informations éparses sur les luttes pour que le ministre ne puisse plus dire que "les établissements fonctionneront normalement l'année prochaine" ou que son objectif est de rendre équitable l'offre scolaire faite à nos adolescents.

Se mobiliser, c'est d'abord s'informer !

Enseignants, Parents, Elèves, Citoyens, on compte sur tout ceux qui pourront ici transmettre les coordonnées des nombreux établissements touchés, le nombre de classes supprimées, le nombre de postes concernés. N'hésitez pas à nous décrire vos luttes, nous faire parvenir vos communiqués et diffuser les informations de ce blog.

Comme dirait l'autre, ensemble, tout devient possible ...

 
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