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27/09/2008

Entre les murs de Lamartine…une petite révolution.

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Une fois n’est pas coutume, ce billet d’humeur ne sera pas de mauvaise humeur.

 

C’est que l’évènement est de taille.

 

Depuis longtemps déjà, le stylo quatre couleurs a mis au placard encriers et portes plumes. Cette semaine le collège Lamartine s’est attaqué à un monument : exit le tableau noir, bienvenu le Tableau Numérique Interactif. Grâce à une subvention du Conseil général des Yvelines ce ne sont pas moins de 7 tableaux numériques qui sont arrivés dans nos salles de cours.

 

A l’heure du retour de la dictée, des leçons de morale et des classes surchargées, voici donc les bonnes vieilles classes à papa Darcos équipées de numérique.

 

Alors, on ne va pas bouder notre plaisir.

 

Et voici ce que cela pourrait donner en cours de géographie (source Educnet):



 

 

Max.

 

22/09/2008

Y a bon la crise !

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Crise financière, crise du pouvoir d’achat, crise de l’école, crise des valeurs boursières et des valeurs morales.

Alors quand c’est la crise, on va consulter un bon psy, histoire de se faire remonter le moral qu’on a dans les chaussettes.

Car, quand c’est la crise partout, il est toujours une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c’est celle des psy de tous les acabits.

Alors, comme c’est la crise, on vous conseille vivement d’aller consulter Simone Schnall de l’Université de Plymouth en Virginie (Etats-Unis). Car Simone Schnall et sa petite entreprise de psychologie ont réalisé deux expériences dont 20 minutes nous narre les détails pour notre plus grand bonheur : " Les psychologues ont donc réalisé une (…) expérience avec des enfants (6-7 ans) dont ils ont «manipulé» l’humeur en leur présentant (…) des extraits de films tristes, joyeux ou neutres avant de leur faire passer les tests. Elles ont ainsi constaté que les enfants «joyeux» faisaient beaucoup plus d’erreurs que les enfants tristes et «neutres». «Ce résultat est crucial», selon Schnall et ses collègues «car il démontre que ce n’est pas la tristesse qui n’accroît pas les performances, c’est la joie qui les diminue »".

Mais attention, ne soyez pas trop joyeux à la lecture de ses lignes car cela pourrait signifier que vous n’avez rien compris.

Donc, arrêtez de rire et reconsidérer cette phrase : "ce n’est pas la tristesse qui n’accroît pas les performances, c’est la joie qui les diminue".

On comprend mieux maintenant pourquoi, Nicolas Sarkozy, que sa mère nous décrit comme un enfant très drôle, très gai, une fois élu Président, a décidé que tous " les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ". (1)

On comprend mieux pourquoi aussi cet ancien enfant drôle et gai nous demande cette année encore de lire la lettre de Guy Moquet à ses parents : "c'est parce que je crois qu’il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l'anonyme grandeur d'un homme qui se donne à cause plus grande que lui".

Bon. Et à part ça, you know what?

Max.

16/09/2008

Quand Xavier Darcos flirte avec Rachida Dati...

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Dans le cadre de sa réforme des lycées, Xavier Darcos a annoncé hier, 15 septembre, sur France info, la mise en place d’un “code de la paix scolaire”.

 

On crie au nouveau gadget.

 

De quoi s’agit-il ? Un règlement intérieur qui serait commun à tous les établissements en cas de dégradation, de violence ou de problème de comportement. Ce code devrait répondre à “trois principes” : la recherche systématique de la responsabilité civile, l’abandon de l’exclusion et l’accélération des mesures disciplinaires. Le projet est déjà en cours de rédaction et a été confié à Laurent Huet, substitut du procureur au Tribunal de grande instance de Paris. (Source France info)

 

Question : Que fait-on d’un élève qui pète les plombs ? On ne l’exclut plus c’est-à-dire qu’il reste dans l’établissement ?

 

Mais non ! Tout est prévu enfin.

 

Petite plongée dans les archives de notre hôte 20 minutes.

 

15 avril 2008 : Rachida Dati installe un groupe de travail chargé de réfléchir à la réforme de l’ordonnance de 1945, texte de référence en matière de justice des mineurs. Un texte que la ministre veut « remettre à plat » afin de le rendre « plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent » (1). Présidée par le juriste André Varinard, la commission devra plancher entre autres sur «la fixation d'un seuil de responsabilité pénale» c'est-à-dire, établir des âges minimaux à partir desquels un enfant relève de la sanction pénale selon les délits, ajoutait 20 minutes.

 

Et que veut cet André Varinard ?

 

Je vous le donne en mille.

 

C’était dans le Figaro du 15 avril, là aussi. « La Chancellerie tient à ce que chaque acte soit sanctionné et veut mieux hiérarchiser la réponse pénale par rapport à la gravité des faits. Le rappel à la loi est, par exemple, utilisé dans des circonstances très différentes. Un jeune « qui tabasse son voisin de classe, c'est une admonestation du juge ; et s'il commet un vol en bande, le tribunal peut décider une fois de plus d'un avertissement solennel, explique un spécialiste. À chaque fois, on se contente de lui faire les gros yeux, ce n'est pas lisible pour lui.»

 

Parlant d’une « révolution culturelle », le Figaro précise alors : « La commission [qui doit rendre ses travaux en décembre] devra fixer un âge minimum de responsabilité pénale, ce qui promet des débats houleux car actuellement, c'est le magistrat qui évalue la capacité de «discernement» d'un enfant, pour savoir s'il relève de la justice. Cet exercice risque de bousculer toute la construction du droit des mineurs, fondé sur les seuils de 10-13 ans, 13-16 ans et 16-18 ans. Si la lettre de mission n'évoque pas l'abaissement de l'âge de la majorité pénale, le statut spéci­fique des 16-18 ans (déjà proche de celui des majeurs) pourra être encore retravaillé. »

 

Darcos qui prépare le terrain à Dati. C’est pas beau ça ?

 

Pas si gadget que ça, le code de la paix scolaire, finalement.

 

 

Max.

 


podcast

Little, N'importe quoi

 

 

 

(1) Le Point nous informe que Xavier Darcos lui aussi souhaite que, dans nos établissements scolaires, "les procédures disciplinaires soient beaucoup plus rapides et beaucoup plus souples, à travers la création d'une commission disciplinaire qui permette de réagir plus vite qu'un conseil de discipline formel."

14/09/2008

Brejnev est de retour

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Nous le savions, le régime, inaugurant son dernier plan quinquennal en 2007 avait promis pour 2012 la fin de la carte scolaire, l’abolition de l’échec scolaire ou encore l’éradication de dizaines de milliers de postes d’enseignants.

 

Nous le voyons chaque semaine dans nos kiosques, le régime, pratique le culte de la personnalité de son chef, guide politique et spirituel.

 

Nous l’avons vu ces derniers jours, le régime, lançant une nouvelle police politique du doux nom d’Edwige, entendait traquer en chacun de nous le dissident qui sommeille.

 

Nous l’entendons à Paris, Washington, Moscou ou Tbilissi, le régime est au cœur d’une nouvelle guerre froide. Sans oublier ce foutu Afghanistan qui continue à nous résister.

 

Et depuis aujourd’hui, nous avons même notre Brejnev. Un vrai. Vous savez, celui qui adorait les médailles et voulait en agrafer à toutes les poitrines au temps de la belle Union (2):

 

« Il me semble important que l’obtention du bac puisse être valorisée. Nous envisageons même que les bacheliers puissent recevoir une médaille ! Elle serait de couleur différente, peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze… selon la mention obtenue. Nous réfléchissons encore aux modalités, mais l’idée est validée. Pour symbolique qu’elle soit, la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier ». (1)

 

Il s’appelle Xavier Darcos. Et c’est du pur Léonid.

 

 

 

(1) Le Parisien du 14 septembre 2008

(2) Petite leçon d'Histoire: Brejnev adorait les médailles au point de se faire décorer pour tous les héroïsmes dont il était possible de se faire décorer en URSS. Il a ainsi joué un rôle marginal pendant la Seconde Guerre Mondiale mais a été davantage décoré que les plus grands "héros" soviétiques. Parmi eux, Joukov, qui avait organisé la défense de Leningrad et de Moscou, commandé avec d'autres généraux, la bataille de Stalingrad, dirigé l'assaut de Berlin. A sa mort, Joukov possédait 27 médailles et déorations; Brejnev, au moment de son décès, en avait... 270!

 

 

 

07/09/2008

Que faire contre le vide ?

84716307.jpgMarcel Duchamp, autoportrait de profil, 1958

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr la République des Indignés s’est indignée. Ministre en tête, tous ont condamné. Même le Président du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon (1). Tous vos journaux ou presque s’en sont fait l’écho. L’Express par exemple. Un recteur d’Académie nous y explique que "cela n'a pas été fait à la sauvette, les gens ont pris soin du graphisme, on a vraisemblablement pris son temps ". Un procureur nous révèle la présence de "deux calligraphies différentes". Une ministre assure que la justice sera "des plus fermes".

 

Et puis, entre deux lignes, un aveu : "Jeudi matin, un accueil a été organisé dans le collège de manière à éviter que les enfants se trouvent dans les lieux tagués. Les cours ont été annulés mais devaient reprendre ce vendredi, après nettoyage des locaux en fin de journée et même dans la nuit s'il le faut". 

 

La honte. Ne pas voir. Cachez moi vite ça. La rentrée doit bien se passer. D’ailleurs, précise l’article de l’Express, "C'est un établissement sans problème. La rentrée a eu lieu mercredi matin et tout s'est très bien passé, sans tension particulière, rien ne permettait d'imaginer une chose pareille".

 

Alors, si rien ne permettait d’imaginer une chose pareille. N’imaginons surtout pas. N’imaginons rien. Ne réfléchissons surtout pas à la raison qui veut que ce soit un établissement scolaire qui soit touché. Pas moins de 40 graffitis, "croix gammées et injures telles que "Mort aux arabes", "Fuck islam", "W.P." pour "White power" et "White front" - ont été peints à la bombe dans la cour du collège René-Cassin d’Agde, dans les escaliers, sur des portes et sur des murs, certains font plus d’un mètre de hauteur", relate l’Humanité.

 

Et bien si. Réfléchissons.

 

L’enseignement de l’histoire de la Shoah, au collège, c’est 1 heure, en classe de troisième. 1 heure. A peine plus au lycée. 1 heure pour une question immense : pourquoi. Iannis Roder, professeur d’histoire, dans un livre qui vient de paraître (2), s’interroge : "Question légitime s’il en est. Question incontournable face à l’incompré-hensible. (…) Quel élève peut appréhender aujourd’hui une telle question alors que la Shoah lui apparaît comme un ovni parmi les autres ovnis et que les adultes, bien souvent, peinent à apporter des réponses satisfaisantes".

 

1 heure.

 

Il ne reste alors que le temps de simplifier.

 

Ou de faire le vide, comme en témoigne ce radiozapping du Monde.fr du 5 septembre.

 

Jean-Marie Le Pen nous explique, sur RTL, devant un Jean-Michel Apathie qui fait de l'humour, que cet « incident », selon ses termes, est un détail, comme les chambres à gaz. Mais aujourd'hui plus personne ne relève.

 

 

Max.

 

 

 

(1) Georges Frêche, PS, qui n'avait pas hésité, il y a quelques mois, à traiter les harkis de sous-hommes...

(2) Iannis Roder, Tableau noir: la défaite de l'école, Editions Denoël

 

Tableau noir : La défaite de l'école

03/09/2008

Les tendances d'une rentrée très tendance

Mauvais plans et fausses bonnes idées de la rentrée 2008… (1)

 

Primaire : Des programmes recentrés sur les mathématiques et le français au dépend du reste des matières. 

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« Même si tous les manuels ne sont pas encore à jour, les nouveaux programmes devront être appliqués dès la rentrée. Au menu : des maths et du français en priorité. Dans ces deux matières, le nombre d'heures hebdomadaires est imposé : huit à dix pour le français, et cinq pour les mathématiques. Pour les autres disciplines, seul un volume horaire annuel est fixé, laissant la liberté aux professeurs d'organiser comme ils l'entendent leur emploi du temps. »

 

Primaire : Semaine de quatre jours.

216497589.JPG    « Le nombre d'heures de cours passe de vingt-six à vingt-quatre par semaine. Deux heures hebdomadaires sont ainsi dégagées pour les élèves en difficulté, qui suivront une aide personnalisée. Les écoles peuvent choisir d'organiser ces heures le matin avant la classe, à la pause du midi, après la classe ou encore le mercredi matin. »

 

Suppressions de postes.

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« Onze mille deux cents suppressions d'emploi, dont huit mille huit cent trente postes d'enseignants des collèges et lycées, vont marquer cette rentrée. Et Xavier Darcos en a déjà annoncé treize mille cinq cents autres pour 2009. Des suppressions que le ministère compte compenser grâce aux heures supplémentaires : il assure ainsi que cinq mille postes seront transformés en heures supplémentaires. Une prime annuelle de 500 euros défiscalisée sera remise aux professeurs qui effectueront trois heures supplémentaires par semaine. »

 

Prime d'entrée dans le métier: Un peu de fond de teint qui cache mal la décrépitude du métier.

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« Les quelque vingt-cinq mille enseignants qui font leur première rentrée en 2008 recevront une "prime d'entrée dans le métier". Cette prime, de 1 500 euros, leur sera remise en novembre. »

 

 

Essayons nous à un résumé : consommez l’école, mangez du prof et vous boirez le calice jusqu’à la lie.

 

 

 

 

(1) Réalisé à partir d'affiches publicitaires du métro parisien de cette semaine savamment détournées et des extraits d'un article du Monde d'hier.

 
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