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29/10/2008

Magie noire et tableaux noirs

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Une petite brève de vacances un peu légère pour se détendre, évacuer le stress, piqués au vif que nous étions depuis les dernières annonces gouvernementales (dernière en date d'hier: ce serait au Parlement de fixer les programmes d'histoire).

La fameuse affaire de la poupée vaudou de Nicolas Sarkozy que l’intéressé ne veut pas voir en vente dans tous les bons magasins de farces et attrapes. 20 minutes nous explique que le tribunal des référés de Paris à estimé, aujourd’hui, qu'il n'y avait «ni atteinte à la dignité humaine, ni attaque personnelle», et que sa mise en vente ne «caractérise pas une atteinte fautive au droit à l'image». Le «Manuel vaudou de Nicolas Sarkozy» s'inscrit donc «dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour» et restera en vente.

Au passage nous découvrons qu’il existe juridiquement parlant un « droit à l’humour ». Donc, nous n’allons pas nous gêner. Il y en a un qui va sans doute faire les frais, dans les prochaines manifestations de notre droit légitime et juridiquement défendu à l’humour.

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Amis professeurs, parents d'élèves, élèves, amis compatriotes compatissants, vous êtes déçus, sceptiques, dubitatifs, incrédules, indécis… ou vous souhaitez tout simplement vous libérer de Xavier Darcos. Décompressez ! Et jouer pour donner enfin libre cours à vos fantasmes et à vos envies jusque là refoulées…

Surtout, vous gênez pas !

Humour, quand tu nous tiens ...

Max.

 

PS: Et puis, hop, allez, un petit supplément ... d'âme.

21/10/2008

Philippe, Armelle, Pascal et les autres

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Dimanche, c’était randonnée pédestre dans les rues de Paris pour montrer une fois encore notre volonté de sauvegarder une école publique digne de ce nom. Pour dire haut et fort, une fois encore que ce qu’on habille dans le beau costume de la réforme n’est en réalité qu’un plan de rigueur budgétaire qui n’aura pour conséquence que de mettre l’école en haillon.

 

Alors, pour éviter les trop grands discours, 20 minutes, notre hôte, a donné la parole à ceux qui sont concernés : parents d’élèves et enseignants, et leurs mots suffisent à tout dire. Nous les reproduisons ici.

 

Philippe

 

Père divorcé de quatre garçons dont un en CM2 à Bel-Air de Combrée (49).

 

« Mon fils a des difficultés scolaires, notamment en français. Je suis surtout inquiet de cette réforme qui lui supprime deux heures de cours. Normalement il peut bénéficier des cours de soutien le soir, mais il est dépendant du car scolaire. La municipalité n'a rien prévu. Il faudrait un autre professeur pour prendre en charge les plus faibles. Résultat, mon fils est rejeté. J'ai moi-même été un enfant en difficulté, aujourd'hui je suis cadre : grâce à l'école, je m'en suis sorti. L'école publique, laïque, gratuite d'aujourd'hui ne propose plus ce que j'attends. Il y a une déchirure entre les parents et l'école. Je suis obligé de payer des cours particuliers à mon fils. Si je n'avais pas les moyens, il resterait sur le carreau. J'aimerais qu'il aille en classe avec plaisir, ce n'est pas le cas. Les enseignants font ce qu'ils peuvent, mais je sens leur pessimisme. Leur mal-être est terrible. »

 

Armelle

 

Prof de maths au collège à Saint-Renan (29), 2 500 euros brut par mois, en fin de carrière.

 

« L'école est à bout, il faut absolument retrouver des moyens. Le suivi éducatif par exemple, je trouve ça très bien. Mais je n'ai pas le temps de faire des heures sup, je travaille déjà 45 heures par semaine. On croule sous la pression. Les injonctions qu'on reçoit changent tout le temps, dans l'urgence. On aimerait se concentrer sur ce qui se passe dans nos classes, c'est ça qui compte. Or nous avons de plus en plus de tâches administratives, comme mettre en ligne les notes des élèves. Les familles deviennent consuméristes. Si je mets une mauvaise note, elles vont demander à me voir pour comprendre pourquoi. Elles choisissent désormais l'école de leur enfant en fonction de la classe de mer, des activités organisées. C'est nouveau ! Certains parents disent qu'ils nous admirent, mais d'autres répètent qu'on ne fout rien et qu'en plus on râle tout le temps. Oui, ça pèse. »

 

Pascal,

 

Instituteur en CM2 à Montmoreau (16) et directeur d'école, 2 300 euros brut par mois.

 

« Je suis inquiet de voir que le système évolue vers une mise en concurrence des écoles entre elles. Les évaluations des enfants se multiplient, les résultats sont mis en ligne, bientôt les parents étudieront le taux de réussite des écoles avant de faire leur choix. Pour nous, enseignants, cette obligation de résultat est nouvelle, et malsaine à mon avis. On est là pour inculquer des savoirs, pas pour mettre des bonnes notes. Les parents font peser une forte pression sociale sur nos épaules. Je comprends qu'ils soient inquiets vu les tensions sur le marché du travail. Mais parfois, ça confine au pistage : certains scrutent à la loupe les programmes qui sont désormais édités. C'est dur de rester calme. Je travaille 40 heures par semaine au total. J'aimerais sentir une revalorisation de notre métier. Au lieu de cela, on multiplie les suppressions de postes. Peut-être en faut-il, mais là, ça fait beaucoup ».

 

 

 

Max.

15/10/2008

Euro groupies, à vos magnetos !

Des économies, des économies. Faut faire des économies de profs, de samedis matin, de soutien scolaire, de programmes et j’en passe, on commençait à se demander où partait tout cet argent économisé.

Un début de réponse (très opportunément trouvé chez les collègues) avec la campagne sur l’Europe lancée par le Ministère de l’Education nationale ces jours-ci. Regardez cela vaut son pesant de clics. 2 min 12.


Pour rigoler encore une fois ou pour ceux qui veulent passer plus vite, voici le message délivré : « Tu es lycéen? Tu aimes l'Europe? Alors participe au grand concours "3 mots pour l'Europe" et relève le défi de Pierre Mathieu en réalisant ta propre vidéo! Celle-ci devra contenir les 3 mots "France, Europe, Union" et faire 3 minutes maximum. Laisse libre cours à ta créativité, fais preuve d'originalité dans l'écriture du scénario, la mise en scène et la réalisation! Poste ta vidéo avant le 6 novembre, tu pourras peut-être gagner un ordinateur portable, un appareil photo numérique ou un caméscope Sony. Et en plus, si tu es désigné le grand gagnant du prix du public ou du prix du jury, tu seras invité à passer une journée dans les coulisses du "Hit Machine" avec Pierre Mathieu ! »

N’y tenant plus, pressé par le temps. je suis allé sur le oueb et je suis tombé sur un scénario écrit il y a quelques mois de cela.


Tout y est, les 3 mots bien sûr et puis d’autres prémonitoires quand on sait ce qui se passe dans le monde occidental ou occidentalisé depuis quelques jours, des mots égrainés comme dans une chanson des faubourgs des années 20-30 :

« Y a beaucoup d’gens qui m’disent
Oh la la t’as pas d’chance
Ben chui quand même Président de la République
Qu’est-ce que ça s’rait
Si j’avais pas d’chance

Y a beaucoup d’gens qui m’disent
Oh la la t’as pas d’chance
C’est catastrophique c’t’année
Ben chui quand même président d’l’Union européenne
Qu’est-ce que ça s’rait
Si j’avais pas d’chance

Si la chance revient l’année prochaine
Mon Dieu, qu’est-ce qui va m’arriver ».

Comme ils disent sur S’il n’y avait que les élèves, il y a bien que le ridicule (institutionnel) qui ne tue pas.

Et pis bon. C’est p’tet ben vrai qu’ça s’voit plus trop. Mais y a grève d’main dans les écoles parisiennes.

Max.

 

12/10/2008

C’est la crise à Wall Street ? Supprimons les S.E.S. au lycée !

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Sans doute Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé ou encore Rachida Dati n’auraient jamais viré vers le marxisme s’ils n’étaient pas passés, au lycée, par la filière économique et sociale.

Sans doute Arthur et Jean-Luc Delarue ne seraient pas devenus les défenseurs acharnés et exemplaires de l’audiovisuel public s’ils n’avaient pas décroché leur Bac Eco.

C’est certain, Jerôme Kerviel, ex-trader à la Société Générale venu, il y a quelques mois, en éclaireur de la crise qui nous agite, ne serait pas aujourd’hui l’archétype du gentil petit comptable que nous connaissons s’il n’avait pas été séduit par les théories gauchisantes de ses professeurs d’économie. (1)

 

Xavier Darcos le répète à l’envi : les Sciences Economiques et Sociales (SES) seraient un des derniers avatars des théories marxistes, une anomalie dans une Ecole que, il est vrai, le ministre s’attache à libéraliser.

 

Car, comme tout responsable (mais pas coupable) politique qui se respecte, Xavier Darcos a sa réponse à la crise sur laquelle nous spéculons aujourd’hui.

Accusé par de nombreux lobbies anti-SES, comme l’Institut de l’Entreprise, de dévaloriser l’entreprise, de consacrer l’essentiel de sa pédagogie à critiquer le capitalisme (les inégalités sont elles pure invention ?), de mettre à jour ses dérives (la spéculation financière est-elle pure spéculation de l’esprit humain ?), l’enseignement de l’économie dans nos lycée va faire les frais de la future réforme du lycée que Xavier Darcos devrait annoncer dans les prochains jours.

 

Libération, il y a quelques jours nous en annonçait les grandes lignes : abaissement du volume horaire consacré à l’option Eco en seconde, démantèlement des enseignements en Sciences Economiques et Sociales (SES). La réforme prévoit, en effet, que dans le «cycle terminal» regroupant la première et la terminale, il n’y aurait plus de filières mais quatre dominantes - Humanités et arts, Sciences, Technologie et Sciences de la société. A l’intérieur, chaque élève construirait son parcours, en prenant des modules en fonction de son projet professionnel. En Sciences de la société, il pourrait choisir gestion ou droit - deux nouveautés -, mais aussi «Economie de l’entreprise», «sociologie des organisations», etc. Les SES voleraient ainsi en éclats. (2)

 

Ainsi selon les pourfendeurs des SES, il faudrait se concentrer sur la micro économie, les fondements du fonctionnement d’une entreprise : qu’est-ce qu’un budget ? Un compte d’exploitation ? Un bénéfice ?

Loin de moi l’idée de nier l’entreprise mais doit-on pour ce faire oublier l’histoire économique, indispensable outil de compréhension du monde : d’où vient une entreprise comme la Société générale ? Quelles lois ont permis sa privatisation ? Comment vit-elle à la fois de la gestion pépère de comptes bancaires et de spéculation pointue sur les marchés dérivés ?

 

Il faut donc réhabiliter l’entreprise et avec elle l’esprit d’entreprise. Mais lequel ? Car le démantèlement des SES est un crime qui profite à ceux dont on ne va plus parler, ni évoquer les errances. Ceux qui passant d’une mondialisation économique à une mondialisation financière nous ont mené la où nous en sommes aujourd’hui. Dans une interview au Nouvel Observateur, il y a quelques mois, Bernard Maris avait cette réplique qui sonne aujourd’hui tellement juste : « En France, on ne voit pas les vrais entrepreneurs, ceux qui prennent des risques et innovent. Les patrons de PME sont les grands absents de la scène publique, occupée par les grands dirigeants, dont beaucoup se sont parachutés comme PDG avec leur diplôme de l’ENA, au lieu de grimper les échelons. Quand ils partent avec des dizaines de millions en golden parachutes, c’est exécrable ! L’esprit d’entreprise, ce ne sont pas ces ténors du CAC 40, ces apparatchiks qui jouent les donneurs de leçons. En fait, nous avons une manière russe d’avoir l’esprit d’entreprise ! Dassault prêchant les vertus de la concurrence et du marché alors qu’il tient sa fortune des commandes publiques, ça ne passe pas auprès des jeunes. » (3)

 

La mort des Sciences Economiques et Sociales est programmée donc. Mais à qui profite le crime ? En ces temps de crise, la question n’est sans doute pas inutile.

 


podcast
Alain Souchon, Parachute doré (4)

 

 

Max.

 

 

 

Nota Bene: L'illustration de début est librement inspirée de l'affiche du dernier film de Pascal Thomas, Le crime est notre affaire, en salle cette semaine avec Catherine Frot et André Dusselier.

 

(1) Toutes ces personnalités ont le point commun d'avoir réussi un bac B ou ES (Economique et Social). Voir sur le site de l'APSES.

(2) Pour en savoir plus, il existe le site de l'APSES (Association des Professeurs en Sciences Economiques et Sociales) sur lequel, on peut trouver entre autre cette interview du Président de l'APSES dans l'emission de France Culture "La suite dans les idées" du 30 septembre 2008.
podcast

(3) Bernard Maris à qui l'on doit un indispensable Antimanuel d'économie, aux Editions Bréal et qui officie, entre autres sur France Inter, chaque matin, vers 6h50.

(4) En téléchargement gratuit sur le site de l'artiste lui-même.

 

 

03/10/2008

A bon entendeur, salut !

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Illustration : ©Hokusai.

podcast
Hubert Félix Thiefaine, Tita Dong-Dong Song

Max.

 
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