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01/02/2009

DGH mon amour ! *

engrenages.jpgLes banderoles du 29 janvier sont à peine revenues dans les salles des professeurs que les collèges et lycées prennent connaissance des milliers de suppres-sions de postes de la rentrée 2009. 

 

Epreuve redoutée des chefs d’établissement, l’annonce des Dotations Globales Horaires (DGH) des collèges et lycées qui a lieu ces jours-ci ne l’est pas moins pour les personnels qui vont savoir sur qui le couperet des 13500 suppressions de postes va tomber à la rentrée prochaine. Depuis près de 20 ans déjà, les chefs d’établissement scolaire ont, en effet, une certaine autonomie dans la répartition des heures au sein de leur structure, dans l'organisation de l'établissement en classes et en groupes d'élèves ainsi que pour les modalités de répartition des élèves. Les arbitrages, délicats compte tenu du contexte, qui se font à ce moment là déterminent pour beaucoup les relations entre professeurs et équipe de direction.

 

DGH, mode d'emploi

 

Chaque année, les Inspections Académiques départementales (pour les collèges) ou les Rectorats (pour les lycées) dotent chaque établissement d’un contingent global d’heures d’enseignement : c’est la DGH (Dotation Globale Horaire). Cette DGH se compose d’heures postes (HP), correspondant aux postes fixes implantés dans les établissements (1), et d’heures supplémentaires années (HSA). Elle est, enfin, modulée en fonction des caractéristiques de l’établissement : le nombre d’heures par élève (H /E) est d’autant plus élevé que l’établissement scolarise un public plus socialement défavorisé.

 

La DGH n’est pas répartie par l’administration académique entre les disciplines ; cette répartition doit être faite par le chef d’établissement, éventuellement après avis de son conseil d’administration. Le chef d’établissement doit en prévoir la répartition. Il va alors élaborer la future « structure » de l’établissement. En fonction des options assurées ou en projet, il doit définir le nombre de divisions par niveau. Il calcule ensuite le nombre d’heures de chaque discipline qui lui est nécessaire et compare avec les heures dont il dispose. Il en déduit des demandes de création ou de fermeture de postes.

 

Cette « structure » est ensuite présentée à l’administration académique et des ajustements peuvent alors intervenir ; si le chef d’établissement estime que la DGH ne lui permet pas d’assurer les enseignements, il argumente pour avoir une « rallonge ». La DGH peut enfin être ajustée à la rentrée en fonction des effectifs réels d’élèves.

 

Ambiance

 

Hélas, hélas, ces dernières années ce système s’est grippé. Les administrations académiques sont chargées de mettre en œuvre la politique gouvernementale de suppression de postes. Au prix de fermeture d’options, d’augmentation des effectifs par classe, les DGH se réduisent et ne permettent plus d’ouvrir autant de classes que les années précédentes. Au collège Lamartine de Houilles (78), la rentrée 2009 verra ainsi la fermeture d’une nouvelle classe de 3ème (après avoir déjà vécu, à la rentrée 2008, la fermeture de trois classes). Economie pour l’année 2009 / 2010 : 3 demi postes de professeurs.

 

C’est là qu’intervient l’arbitrage du chef d’établissement. Qui devra partir ou se voir affecter deux établissements au lieu d’un ? C’est là aussi qu’interviennent les heures supplémentaires (HSA) attribuées à l’établissement. Affectées aux études dirigées ou à la remédiation (soutien en français ou en mathématiques par exemple), elles s’ajoutent aux services des professeurs titulaires qui arrondissent ainsi leurs fins de mois. Dilemme : ne serait-il pas plus juste d’affecter ces heures de soutien aux professeurs touchés par la suppression d’une partie de leur poste… Ils ne seraient plus obligés de se partager entre différents établissements.

 

Disons le : dans ce contexte de suppression massive de postes, les heures supplémentaires sont une plaie. Dans certains établissements, certains postes sont supprimés, une partie de leurs horaires transformés en heures supplémentaires octroyées aux professeurs qui restent. Les accepter revient à entériner le départ de son propre collègue. Les accepter revient aussi à entériner une logique qui vise à augmenter le temps de travail de l’ensemble des personnels : un jour, travailler trois ou quatre heures de plus deviendra la norme pour tous.

 

 

Max.

 

Petite précision (02/02 à 17h45) : Au collège Lamartine de Houilles (78), la rentrée 2008 a vu la suppression de 3 classes et de l’équivalent de 5 postes d’enseignants. La nouvelle DGH promise amènerait le total de classes supprimées à 4 et le nombre de postes à 6,5. En 2 ans, la saignée est donc particulièrement rude. Parallèlement, le nombre d’élèves par classe a fortement augmenté…

 

 

 

 

(1) Parmi les heures postes il existe aussi des heures affectées à des postes à durée déterminée (l'année scolaire en principe). Ce sont des heures non pourvues par des titulaires mais par des remplaçants à l'année.

 

* Pour sa 100ème note, ce blog revient à ses origines.

Commentaires

l'effet le plus pervers et le plus absurde, est qu'il n'est plus possible et ce en aucun moment de réunir la totalité d'une équipe pédagogique (pour des réformes ou organisations, rencontres parents / professeurs, etc...) puisque les enseignants sont partagés sur plusieurs établissements.
Dans mon collège nous sommes 20 enseignants (avec seulement 10 postes fixes et entiers dans ce seul établissemnt), et 10 partagés sur 5/6 établissements différents....je pense qu'ils appellent cela un progrés ou une réforme au ministère....

Écrit par : mome | 02/02/2009

"un jour, travailler trois ou quatre heures de plus deviendra la norme pour tous."

Lol un agrégé qui fait 17heure pas semaine doit drôlement le sentir si il fait 3 ou 4 heures de plus.... Oulala le pauvre!!!

Quand a la fermeture des classe, la baisse du nombre d'élèves entre aussi en ligne de compte non? certes les réductions du nombre d'enseignants ont aussi un impacte, mais l'exemple cité ici est absurde.
4 classes fermées en 2ans...pour l'économie de 3 demis postes de prof on ferme 4 classe (certainement de 35élèves vu qu'il parait que les classes sont toutes surchargées soit 140 élèves...) Cet établissement était donc hyper bien fourni en prof, parce que 1,5 poste pour 140 élèves.... ça laisse a pense qu'un paquet de prof dorment dans les placards d'un autre établissement. Pour rappel la moyenne national est de 18 élèves par enseignant...

Écrit par : shadow | 02/02/2009

Shadaow,

J'ai du mal m'expliquer ce qui donne tout le loisir à votre mauvaise fois de s'exprimer...
Reprenons l'exemple du collège Lamartine de Houilles dans les Yvelines:
La suppression d'une classe pour la rentrée 2009, conduit à la suppression de 3 demi postes fixes.
Pour la rentrée 2008 3 classes avaient été supprimées conduisant à la suppression de 3 postes fixes à temps plein ainsi que 4 autres postes à mi-temps, partagés avec d'autres établissements.

Le résultat n'est donc pas de 3 demi postes en 2 ans mais 6 postes et demi en 2 ans. Vous en conviendrez que la saignée est particulièrement rude.

Evidemment, les classes restantes se sont bien alourdies en nombre d'élèves.

Enfin, Shadow même le travail d'un prof agrégé ne se limite pas à son temps de présence devant élève. Selon votre logique le présentateur du JT ne travaillerait qu'une demi heure par jour.
3 ou 4 heures supplémentaires c'est une classe en plus...

En tout cas, merci Shadow de m'avoir permis de faire ces clarifications.

Écrit par : max | 02/02/2009

Une moyenne nationale de prof par élèves n'a aucun sens. Il faut prendre en compte la diversité d'implentation des établissements.
Par ailleurs, la suppression de classes ne fait que renforcer les inégalités entre les élèves, il ne suffit pas d'ouvrir quelques écoles supérieures aux élèves "défavorisés" encore faut-il qu'ils puissent atteindre une terminale!!! A plus de trente élèves par classes au collège et à 38 par classe au lycée, la sélection est insidieuse mais très efficace ........

Écrit par : anne | 03/02/2009

A deux ans de la retraite je suis désespérée et déconcertée de voir où en est arrivée la situation des enseignants. Tout au long de ma carrière j'ai entendu les mêmes revendications, j'ai eu quelquefois de petits bonheurs avec des dédoublements de classes (années 90) mais en math cela n'a pas duré et nous travaillons avec des effectifs entre 25 et 30 élèves. Elèves de plus en plus faibles à cause de beaucoup de choses et élèves de plus en plus agités; apprenez à une classe de 28 élèves de 6ème à se servir d'un rapporteur, ou d'un compas!... Il y a de quoi devenir fou. Oui la situation est grave et peut-être désespérée!

Écrit par : MaÏ | 10/02/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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