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11/02/2009

Tranches de vies … en tranches

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Comme presque chaque matin de la semaine, ce matin, 7h48. Gare Saint Lazare. Voie 8. Direction Cergy le haut. Comme la plupart des jours que l’année fait, le train est là. J’ouvre alors le 20 minutes papier. 

 

Ce matin une bonne surprise attendait les lecteurs en Une et pages 8-9. Un dossier « social ». Il faut reconnaître que 20 minutes (c’est tout à son honneur) fait régulièrement ce choix éditorial (devenu rare dans le reste de la presse) de donner la parole à tous ceux qui composent cette société qui prend le train chaque jour parfois très tôt. Depuis longtemps le blabla de Libération ou les sondages inutiles d’opinion du Parisien m’ont détourné des kiosques du petit matin.

 

Ce matin le dossier s’intéressait aux 5 millions de salariés qui subissent en France des horaires décalés. Un phénomène, nous dit le journal, « en hausse dans le tertiaire [et qui] touche surtout les emplois les moins qualifiés et les moins payés ».Le journal reprend une étude sur les conséquences sociales des horaires de travail fragmentés ou décalés. Un travailleur sur 3 serait concerné.

 

Notre métier de prof nous fait rencontrer régulièrement des élèves perdus, en décrochage. Leurs parents qui viennent rarement aux réunions, aux remises de bulletins, aux rendez-vous que l’on fixe pour demander des explications sur le comportement ou le travail défaillants de leur progéniture. On oublie parfois (souvent) les vies qu’il y a derrière.

 

Laure de Charrette dans son article de ce matin nous aide à remettre le curseur au bon endroit : « La fragmentation des journées de travail a souvent des conséquences dramatiques, sur la vie de famille notamment. Il suffit d'un conjoint ou parent en décalage pour que la désorganisation s'installe, mais elle est d'autant plus forte lorsque, dans un couple, les deux sont concernés. « Vous savez, on entend souvent les politiques culpabiliser les parents, en les accusant de laisser traîner leurs enfants dans la rue le soir après l'école. Mais ils n'ont pas le choix, ils travaillent pour nourrir la famille ! », souligne Etienne Deschamps, un syndicaliste ». Un sociologue à qui la journaliste donne la parole ajoute un peu plus loin : Ces horaires décalés « entraînent une forte désynchronisation dans le couple. Chez les cadres, on compte en moyenne une heure de décalage entre les deux conjoints. Chez les salariés peu qualifiés, peu rémunérés, c'est de l'ordre de cinq heures. Cela sape le lien familial ».

Suivent deux témoignages édifiants, l’un de Virginie, caissière au Monoprix de Nantes, l’autre de Ysa qui chaque matin, à 11h00 prend le train direction Cergy le Haut… après une journée de travail qui a commencé à 4h55 pour 400 euros mensuels de salaire.

 

On dit que Gare Saint-Lazare, chaque jour, un demi million de gens transitent. Combien d’Ysa et de Virginie ? Combien d’enfants seuls auront laissé leur bol de céréales plein sur la table pour courir vers le collège et un avenir plus qu’incertain.

 

Au final, le sentiment que le monde marche à l’envers.

 

Des tranches de vies mais surtout des vies en tranches.

 

Max.

 

 

 

PS: La photo du début a été prise quelque part sur la ligne 4 du métro parisien.

 



podcast
Alain Souchon, En collant l'oreille sur l'appareil

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