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20/04/2009

Martin Hirsch, le RSA et la Pierre Philosophale.

On savait que Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, était un Sage. De ceux que l’on consulte à droite comme à gauche quand on a besoin de prendre du recul, de repenser une politique sociale. Une sorte de bonne conscience. La bonne conscience que l’on ne prêterait qu’au Hirsch ? Peut-être bien car, voyez vous, Monsieur Hirsch a trouvé sa Pierre Philosophale, l’aboutissement de son Grand œuvre. Une substance capable de réaliser la transmutation des politiques les plus viles en or. Le gouvernement, grâce à notre Sage, pourrait en extraire la Panacée, un Elixire pour sa Longue Vie, croit-il.

 

Cette substance s’appelle le RSA, le Revenu de Solidarité Active. Destiné à remplacer le RMI, le RSA sert, depuis, de potion magique pour résoudre tous les problèmes sociaux qui viennent frapper à la porte de l’Elysée-Matignon. Souvenez-vous du mouvement social dans les Antilles. Pour satisfaire la demande de hausse de salaire des travailleurs guadeloupéen, le gouvernement ne proposait rien moins que de se substituer aux employeurs en instaurant un RSA anticipé. Le RSA financé par l’Etat et les collectivités (autrement dit les contribuables) et prévu  (en principe) pour soutenir la reprise d’emploi des salariés au chômage, servirait donc à dispenser les employeurs de répartir plus décemment la création de richesses. Beau tour de passe-passe.

 

Pourquoi tant de détails me direz-vous ? Et bien parce que RSA va également servir à transformer le chômage des jeunes en travail précaire. Dans un billet que je vous recommande chaudement il apparaît que « des milliers de jeunes précaires vont être de plus en plus contraints, et cela très légalement, à enchaîner les stages sous-payés, au plus grand bénéfice des entreprises incitées à maintenir le gel de leurs embauches...Et ce grâce au RSA, qui va subventionner de façon déguisée un nouveau statut d'actif: le stagiaire précaire bénéficiaire du RSA. »

 

C’est la Caisse d’Allocation Familiale, elle-même qui le dit :

 

« L’ensemble des ressources du foyer est pris en compte dans la détermination du montant du Rsa. Les revenus d’activité du foyer comprennent les rémunérations au titre d’une activité professionnelle, que cette activité soit salariée, non-salariée, ou qu’il s’agisse de stages de formation rémunérés. »

 

Lisez la suite ICI, c’est édifiant.

 

Max.

 

 

Commentaires

Si vous aviez un petit reste d'honnêteté intellectuels vous auriez préciser que le RSA élaboré avant la crise ,n'est pour rien dans les dérives possibles
-La crise fera probablement que le RSA fera plus office de béquille que de réadaptation au travail ,crise oblige Je vous demande pardon au nom de Ségolene de vous demander d'être honnête Ceci dit aucune illusion,juste une galetude,comme on dit dans le midi

Écrit par : antimythe | 20/04/2009

cher antimythe (on peut s'envoyer du très cher monsieur depuis le temps que nous conversons ici)

Vous aimez rarement ce que j'écris mais vous revenez somme toute assez souvent, ce dont je me réjouis.
Concernant le sujet qui nous préoccupe, on peut avoir la meilleure idée du monde, si on s'en sert n'importe comment, ce sera la pire idée du monde. Le RSA était censé être une meilleure solution contre la supposée irresponsabilité des RMIstes qui soit disant se complaisaient dans l'assistanat. En pratique, il s'avère que le RSA devient une manière pour les employeurs de fuir leurs responsabilités. Belle réforme qui fait passer l'irresponsabilité d'un versant à l'autre.
M.

Écrit par : max | 20/04/2009

L'objectif du RSA était tout à fait louable, malheureusement c'est son financement qui pose problème et qui s'inscrit aujourd'hui dans une démarche tout à fait édifiante : lorsque de nombreuses personnes se rendont au centre des impôts dont elles dépendent pour percevoir la prime pour l'emploi et qu'on leur répondra que celle-ci est amputé du montant du RSA qu'ils ont perçu ... la situation deviendra explosive : un véritable scandale en perspective. Alors qu'on pouvait s'attendre à un financement émanant par exemple d'une taxation de revenus boursiers, et qu'au final, c'est les populations les plus défavorisées qui en supporteront la charge, c'est juste immoral et aux antipodes probablement de ce que Hirsh lui-même avait dû espérer.

Écrit par : Acours | 24/05/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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