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22/04/2009

Effets secondaires du décret anti-cagoules.

Le décret anti-cagoule devrait avoir un effet positif  indéniable. Tout comme l'interdiction du port du voile islamique dans les écoles s’est transformé en interdiction de signes ostentatoires, la formulation du décret devrait être plus évasive. Le Monde nous en donne un possible extrait :

 

"Tout participant à une manifestation publique, en dissimulant volontairement son visage dans le but de ne pas être identifié, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5e classe: 1 500 euros".

 

Inutile donc de monter tout de suite sur nos grands chevaux. Voilà le genre de personnes qui pourraient se voir interdire toute présence dans ou à proximité d’une manifestation :

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Max.

Et la bande violente de l’Elysée-Matignon, qui va la charger ?

Nicolas Sarkozy, 18 mars 2009 : "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale"  (le Canard enchaîné d'aujourd'hui).

Il y en a des dizaines comme cela, de la « racaille » au « pôve con ». En voici une autre, d’un autre mois d’avril, qui va bien avec le discours sécuritaire sur les bandes violentes et autres beautés de cet acabi, hier à Nice :

Nicolas Sarkozy, avril 2007 : "Qui ne voit qu'il y a un lien évident entre la politique d'immigration non maîtrisée depuis 30 ou 40 ans et l'explosion sociale dans nos quartiers ? Ca crève les yeux qu'il y a une liaison entre les deux. Si on ne peut même pas dire que dans nos quartiers il y a une population récemment française et que le nombre de cette population a créé des problèmes d'intégration qui font que le pacte républicain menace d'exploser, si on ne peut même pas dire cela, il y a aucune chance qu'on résolve le problème."

Depuis la bande violente s’est organisée comme on peut le voir sur la photo ci-dessous :

gouvernement.jpeg

Et son porte-flingues vaut le détour lui aussi :


Frédéric Lefèbvre porte parole de l'UMP

 

 

Max.

20/04/2009

Martin Hirsch, le RSA et la Pierre Philosophale.

On savait que Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, était un Sage. De ceux que l’on consulte à droite comme à gauche quand on a besoin de prendre du recul, de repenser une politique sociale. Une sorte de bonne conscience. La bonne conscience que l’on ne prêterait qu’au Hirsch ? Peut-être bien car, voyez vous, Monsieur Hirsch a trouvé sa Pierre Philosophale, l’aboutissement de son Grand œuvre. Une substance capable de réaliser la transmutation des politiques les plus viles en or. Le gouvernement, grâce à notre Sage, pourrait en extraire la Panacée, un Elixire pour sa Longue Vie, croit-il.

 

Cette substance s’appelle le RSA, le Revenu de Solidarité Active. Destiné à remplacer le RMI, le RSA sert, depuis, de potion magique pour résoudre tous les problèmes sociaux qui viennent frapper à la porte de l’Elysée-Matignon. Souvenez-vous du mouvement social dans les Antilles. Pour satisfaire la demande de hausse de salaire des travailleurs guadeloupéen, le gouvernement ne proposait rien moins que de se substituer aux employeurs en instaurant un RSA anticipé. Le RSA financé par l’Etat et les collectivités (autrement dit les contribuables) et prévu  (en principe) pour soutenir la reprise d’emploi des salariés au chômage, servirait donc à dispenser les employeurs de répartir plus décemment la création de richesses. Beau tour de passe-passe.

 

Pourquoi tant de détails me direz-vous ? Et bien parce que RSA va également servir à transformer le chômage des jeunes en travail précaire. Dans un billet que je vous recommande chaudement il apparaît que « des milliers de jeunes précaires vont être de plus en plus contraints, et cela très légalement, à enchaîner les stages sous-payés, au plus grand bénéfice des entreprises incitées à maintenir le gel de leurs embauches...Et ce grâce au RSA, qui va subventionner de façon déguisée un nouveau statut d'actif: le stagiaire précaire bénéficiaire du RSA. »

 

C’est la Caisse d’Allocation Familiale, elle-même qui le dit :

 

« L’ensemble des ressources du foyer est pris en compte dans la détermination du montant du Rsa. Les revenus d’activité du foyer comprennent les rémunérations au titre d’une activité professionnelle, que cette activité soit salariée, non-salariée, ou qu’il s’agisse de stages de formation rémunérés. »

 

Lisez la suite ICI, c’est édifiant.

 

Max.

 

 

17/04/2009

Extrême orient ?

L’homme politique français, doué pour se faire élire mais ne sachant que faire de son mandat une fois la victoire acquise, nous enjoint de copier regarder ce qui se fait dans les autres pays développés. Bien souvent en effet, la politique des autres fait politique chez nous. Il en va ainsi de notre politique économique et sociale : flexécurité danoise, contrôle des chômeurs britannique, maîtrise des médias berlusconienne, école finlandaise sont regardés avec envie. De la politique toute faite, en kit, prête à monter. De la politique Ikea, modèle suédois.

 

20 minutes, toujours à l’affût, nous invite à aller voir ce qui se fait au Japon.

 

« La petite ville de Niikappu, située sur l'île nippone septentrionale de Hokkaido, prévoit de proposer le mois prochain au plus offrant ses quatre écoles désertées, via le site d'enchères de Yahoo! Japan. (…) Trois des écoles à vendre se targuent d'enfermer des logements spacieux (utilisés alors par des enseignants) et une piscine. Mise à prix: de 21,8 millions à 67,4 millions de yens (de 165.000 à 520.000 euros). Hokkaido est une des zones les plus rurales et les moins peuplées du Japon, défavorisée par son climat très froid. »

 

D’emblée précisons que la raison de ces fermetures d’écoles n’est pas la rationalisation des équipements publics comme elle se pratique en France (fermetures de classes par augmentation des effectifs dans les classes restantes). Non, contrairement à la France qui se porte plutôt bien en terme de natalité, le Japon est sujet depuis plusieurs années à une chute du nombre de naissances. L’article de 20 minutes précise d’ailleurs que les personnes de plus de 65 ans sont déjà bien plus nombreuses que celles de moins de 13 ans.

 

Le Japon se sclérose. Aucun renouvellement de la population ne se produit, ni par le simple accroissement naturel, ni par l’immigration. Le Japon est un pays où les structures d’accueil des tout-petits sont très insuffisantes (ce qui engage guère à avoir des enfants) et où les frontières sont hermétiquement fermées aux étrangers (1,5% de la population seulement). Certains experts pronostiquent même que le Japon aura perdu la moitié de sa population d’ici à la fin du siècle. La vente d’école risque donc de devenir une activité très lucrative.

 

On a toujours venté la culture d’entreprise des Japonais qui leur a permis de remonter la pente, économiquement  après 1945. Je me souviens de mon professeur de géographie ventant ses chefs d’entreprise japonais, dormant dans leurs bureaux, réinvestissant chaque sou dans l’entreprise, gagnant moins que leurs salariés. Je vois ce même professeur nous faire l’éloge du travail méticuleux de ce peuple formé par des millénaires de riziculture. Deux semaines de congés payés par an. Zéro faute, zéro défaut. Le chômage qui conduit au suicide tellement le travail est inscrit comme une priorité dans la vie de chaque japonais. Voilà les images qu’il me reste de ses cours. Sans doute il y a-t-il de la caricature. Sans doute le modèle social japonais prévoit des contrepoids à cette omniprésence de l’entreprise. Il n’en reste pas moins que pour eux Japonais, nous Français sommes de gros flemmards avec nos 5 semaines de congés payés, nos 35 heures, nos RMI.

 

Reste qu’à trop se consacrer à la valeur travail, les japonais ont oublié de faire des enfants. Et c’est tout le système social qui s’effondre : explosion des frais de santé, impossibilité de maintenir un bon niveau de retraite, chute démographique (le Japon perd un million d’habitants par an !). Avec le système social, c’est l’équilibre économique qui prend l’eau : pour continuer à produire, les japonais travailleront plus longtemps, jusqu’à 70 ans voire 75 ans.

 

Balivernes, exagérations ? Et bien non. Regardez ces deux extraits vidéo du magazine « un œil sur la planète », consacré l’an dernier précisément à ce sujet. Eloquent.


 

 

 

Et l’on se dit que le modèle français finalement n’est pas si mauvais et qu’il vaudrait mieux tout faire pour le préserver voire le renforcer.

 

Max.

 

PS : Enigmatique Japon…
podcast

Alphaville, Big in Japan, 1981 (sniff...)

15/04/2009

René Monory est mort. Vive René Monory !

Qui se souvient de René Monory ? Pas grand monde. Cet homme va pourtant être inhumé ce jeudi en présence de Nicolas Sarkozy.

 

C’est que, apparemment, il est des héritages dont certains aimeraient bien se passer. C’est un peut l’impression que donnent les sobres, très sobres messages de condoléance que Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont livré à l’occasion de la mort, le 11 avril, de René Monory, ancien ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac (1986-1988).

 

Xavier Darcos, dans un style empathique voire ampoulé, « tient à rendre hommage au parcours et à l’œuvre d’un inlassable visionnaire qui, du garage de Loudun à la Présidence du Sénat, avait fait de l’avenir sa plus belle circonscription. Ancien ministre de l’Éducation nationale, René Monory n’avait cessé d’œuvrer en faveur de l’introduction et du développement à l’école des technologies de l’information et de la communication, domaine dont il était l’incontestable précurseur en politique. Avec la disparition de René Monory, la France perd une figure politique unanimement respectée et appréciée, dont les combats ont largement contribué à sa modernisation au cours des dernières décennies. »

 

Valérie Pécresse à défaut de pouvoir présenter des condoléances joyeuses, « présente ses condoléances attristées » à la famille et aux proches de René Monory. Sans doute un peu stressée en ce moment, « elle tient à rendre hommage à la mémoire de l’ancien ministre de l’éducation nationale, très attaché tout au long de son parcours politique aux questions d’éducation et de formation des jeunes. Il  fut un des artisans de la première tentative de  réforme  des universités en 1986. ». Vient enfin un court hommage à l’initiateur du Futuroscope.

 

Certes, certes, René Monory n’est pas Maurice Druon, décédé le 14 avril et pour lequel Xavier Darcos s’est fendu d’un véritable éloge funèbre. Rien, en René Monory ne « laisse incrédule ». Difficile de croire « à l’éternité académique face à son énergie inlassable et à son destin altier, quasi tiré d’une chanson de geste. » Il a sans doute mis beaucoup de « grandeur et de passion » dans son grand œuvre, le Futuroscope, qui lui survivra. Mais nul souvenir de « son maintien superbe, sa voix d’orateur attique, sa stature de héros légendaire, son impatience face aux médiocrités, son courage physique et moral, sa culture éblouissante, sa fidélité en amitié. »

 

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A défaut de transformer le présent, René Monory aura essayé de dessiner le futur. Ici devant le chantier du Futuroscope en 1987.

 

Non vraiment Rien en René Monory ne semble immortel. A part, peut-être ses réformes avortées. Car, en effet, cet éminent mécanicien de la 5ème République, a été un remarqué (à défaut d’être remarquable) ministre de l’Education nationale. Avec son ministre délégué, tristement célèbre, Alain Devaquet, ils ont tenté une réforme du lycée et des universités.

 

Jacques Chirac, Premier ministre de l’époque avait fixé la ligne : « Dans l'enseignement supérieur, le principe d'autonomie doit être définitivement concrétisé tant à l'entrée - au moment de la sélection des étudiants - qu'à la sortie - au moment de la délivrance des diplômes. L'autonomie doit aller de pair avec un allègement des structures universitaires […] Cette rénovation de l'Université suppose l'engagement sans réticences de tous les enseignants et chercheurs de l'enseignement supérieur ; elle passe par une abrogation rapide de la loi sur l'enseignement supérieur de 1984 [dite loi Savary]. »

 

La réforme  prévoyait de donner une large autonomie aux universités du point de vue financier, du point de vue de la sélection des étudiants (afin de s’adapter au besoins du marché du travail) ainsi que du point de vue des diplômes qu’elles veulent délivrer. Grande différence toutefois avec la réforme Pécresse, la loi Devaquet prévoyait de renforcer le pouvoir des enseignants-chercheurs dans les organes dirigeant l’université. Devaquet était chercheur. Aujourd’hui, ils font les frais de la réforme. Pécresse est énarque.

 

La suite on s’en souvient mieux : immenses mobilisations étudiantes, mort de Malik Oussekine, démission de Devaquet, retrait de sa réforme des universités. Dans la foulée, René Monory retirait sa réforme des lycées.

 

Vingt plus tard, la droite au pouvoir, tente de faire passer les mêmes couleuvres. Quel bel hommage rendu à René Monory.

 

René Monory est mort. Vive René Monory !

 

 

Max.

01/04/2009

Message subliminal

Clin d’œil. La Ratp est une entreprise de service public. A l’heure des stocks option, des golden parachutes, des retraites dorées des PDG, le message qu’elle adresse à ses voyageurs tombe très à propos et sonne comme une vérité comme seul un service public peut en produire en ses temps de crise.

 

En tout cas espérons que sa prophétie se réalise…

 

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 Max.
 
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