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16/09/2008

Quand Xavier Darcos flirte avec Rachida Dati...

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Dans le cadre de sa réforme des lycées, Xavier Darcos a annoncé hier, 15 septembre, sur France info, la mise en place d’un “code de la paix scolaire”.

 

On crie au nouveau gadget.

 

De quoi s’agit-il ? Un règlement intérieur qui serait commun à tous les établissements en cas de dégradation, de violence ou de problème de comportement. Ce code devrait répondre à “trois principes” : la recherche systématique de la responsabilité civile, l’abandon de l’exclusion et l’accélération des mesures disciplinaires. Le projet est déjà en cours de rédaction et a été confié à Laurent Huet, substitut du procureur au Tribunal de grande instance de Paris. (Source France info)

 

Question : Que fait-on d’un élève qui pète les plombs ? On ne l’exclut plus c’est-à-dire qu’il reste dans l’établissement ?

 

Mais non ! Tout est prévu enfin.

 

Petite plongée dans les archives de notre hôte 20 minutes.

 

15 avril 2008 : Rachida Dati installe un groupe de travail chargé de réfléchir à la réforme de l’ordonnance de 1945, texte de référence en matière de justice des mineurs. Un texte que la ministre veut « remettre à plat » afin de le rendre « plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent » (1). Présidée par le juriste André Varinard, la commission devra plancher entre autres sur «la fixation d'un seuil de responsabilité pénale» c'est-à-dire, établir des âges minimaux à partir desquels un enfant relève de la sanction pénale selon les délits, ajoutait 20 minutes.

 

Et que veut cet André Varinard ?

 

Je vous le donne en mille.

 

C’était dans le Figaro du 15 avril, là aussi. « La Chancellerie tient à ce que chaque acte soit sanctionné et veut mieux hiérarchiser la réponse pénale par rapport à la gravité des faits. Le rappel à la loi est, par exemple, utilisé dans des circonstances très différentes. Un jeune « qui tabasse son voisin de classe, c'est une admonestation du juge ; et s'il commet un vol en bande, le tribunal peut décider une fois de plus d'un avertissement solennel, explique un spécialiste. À chaque fois, on se contente de lui faire les gros yeux, ce n'est pas lisible pour lui.»

 

Parlant d’une « révolution culturelle », le Figaro précise alors : « La commission [qui doit rendre ses travaux en décembre] devra fixer un âge minimum de responsabilité pénale, ce qui promet des débats houleux car actuellement, c'est le magistrat qui évalue la capacité de «discernement» d'un enfant, pour savoir s'il relève de la justice. Cet exercice risque de bousculer toute la construction du droit des mineurs, fondé sur les seuils de 10-13 ans, 13-16 ans et 16-18 ans. Si la lettre de mission n'évoque pas l'abaissement de l'âge de la majorité pénale, le statut spéci­fique des 16-18 ans (déjà proche de celui des majeurs) pourra être encore retravaillé. »

 

Darcos qui prépare le terrain à Dati. C’est pas beau ça ?

 

Pas si gadget que ça, le code de la paix scolaire, finalement.

 

 

Max.

 


podcast

Little, N'importe quoi

 

 

 

(1) Le Point nous informe que Xavier Darcos lui aussi souhaite que, dans nos établissements scolaires, "les procédures disciplinaires soient beaucoup plus rapides et beaucoup plus souples, à travers la création d'une commission disciplinaire qui permette de réagir plus vite qu'un conseil de discipline formel."

03/09/2008

Les tendances d'une rentrée très tendance

Mauvais plans et fausses bonnes idées de la rentrée 2008… (1)

 

Primaire : Des programmes recentrés sur les mathématiques et le français au dépend du reste des matières. 

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« Même si tous les manuels ne sont pas encore à jour, les nouveaux programmes devront être appliqués dès la rentrée. Au menu : des maths et du français en priorité. Dans ces deux matières, le nombre d'heures hebdomadaires est imposé : huit à dix pour le français, et cinq pour les mathématiques. Pour les autres disciplines, seul un volume horaire annuel est fixé, laissant la liberté aux professeurs d'organiser comme ils l'entendent leur emploi du temps. »

 

Primaire : Semaine de quatre jours.

216497589.JPG    « Le nombre d'heures de cours passe de vingt-six à vingt-quatre par semaine. Deux heures hebdomadaires sont ainsi dégagées pour les élèves en difficulté, qui suivront une aide personnalisée. Les écoles peuvent choisir d'organiser ces heures le matin avant la classe, à la pause du midi, après la classe ou encore le mercredi matin. »

 

Suppressions de postes.

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« Onze mille deux cents suppressions d'emploi, dont huit mille huit cent trente postes d'enseignants des collèges et lycées, vont marquer cette rentrée. Et Xavier Darcos en a déjà annoncé treize mille cinq cents autres pour 2009. Des suppressions que le ministère compte compenser grâce aux heures supplémentaires : il assure ainsi que cinq mille postes seront transformés en heures supplémentaires. Une prime annuelle de 500 euros défiscalisée sera remise aux professeurs qui effectueront trois heures supplémentaires par semaine. »

 

Prime d'entrée dans le métier: Un peu de fond de teint qui cache mal la décrépitude du métier.

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« Les quelque vingt-cinq mille enseignants qui font leur première rentrée en 2008 recevront une "prime d'entrée dans le métier". Cette prime, de 1 500 euros, leur sera remise en novembre. »

 

 

Essayons nous à un résumé : consommez l’école, mangez du prof et vous boirez le calice jusqu’à la lie.

 

 

 

 

(1) Réalisé à partir d'affiches publicitaires du métro parisien de cette semaine savamment détournées et des extraits d'un article du Monde d'hier.

30/04/2008

Primaire: le grand bond en arrière

 

 

Difficile de savoir comment, mais, il paraît aujourd’hui évident que Xavier Darcos a rajeuni.

Ah ? Répondez vous, interloqués.

De huit ans.

Ah ? Vous interloquez vous, de nouveau.

Et bien oui.

C'est ce jouvenceau lui-même qui nous le laisse dire:

Mai 2002 : « Une lutte absolue contre l'illettrisme à l'école primaire, une action forte contre la violence (il faut sortir les caïds), une réflexion sur la formation des maîtres ». Ce sont les trois pistes de travail que Xavier Darcos, alors sous-ministre à l’enseignement scolaire, livrait au Figaro magazine.

Une cause : l’illettrisme, une conséquence : la violence barbare, entre les deux : des idéologues incompétents : les maîtres. Petit rappel : on est en 2002.

Hier, 29 avril 2008 : « On me dit que les programmes rédigés entre 1998 et 2002 n'avaient pas encore fait leur preuve. Comme s'il fallait encore sacrifier quelques générations scolaires de plus pour avoir l'assurance définitive de l'échec d'une certaine pensée scolaire ! Cette pensée, celle du pédagogisme, nous la connaissons bien et nous en connaissons surtout les effets. Car l'école primaire ne parvient plus à faire diminuer l'échec scolaire qui touche les 15% des élèves qui entrent chaque année au collège avec de graves lacunes en lecture, en écriture ou en calcul. » (2) Ce sont les propos de M. Xavier Darcos devenu Ministre de l’Education nationale lors de sa conférence de presse de présentation des nouveaux programmes des écoles maternelle et primaire.

Donc rien n’a changé. 6 ans de gouvernement des mêmes (3) pour en arriver aux mêmes bonnes recettes masquant les mêmes coupes budgétaires (4). C’est même pire d’ailleurs puisque désormais non seulement les élèves en échec sont illettrés mais, en plus, ne savent plus compter. Que de violences supplémentaires devront nous en attendre et que vont donc faire les mêmes incompétents chargés de les sortir de ces marécages.

Mais Monsieur l’expert ministre comme vous aimez à vous définir vous-même. Quel était donc le taux d’illettrés chez les enfants de 11 ans en 1960 ? 1970 ? 1980 ? On ne nous donne jamais ces chiffres qui permettraient de réaliser une vraie comparaison. A la place on nous parle de dictée (5).

Jamais, Monsieur l’expert, vous ne parler des 85 % d’élèves que notre système d’éducation depuis l’école maternelle parvient à rendre lettrés et capables de compter. Jamais vous n’évoquez l’extraordinaire ouverture qu’ont connu les programmes d’enseignement depuis 2 ou 3 décennies : introduction des sciences, de l’expérimentation, des langues étrangères et j’en passe. Jamais.

Mais le pire est que vous employez des mots et des chiffres sans les définir et sans les expliciter clairement de sorte qu’on a l’impression qu’un élève en échec scolaire est un élève illettré.

Ce qui est faux dans la plupart des cas.

Alors plutôt que de cracher sur nous-mêmes comme vous nous y invitez si souvent, regardons les choses de près. Allons voir les études déjà réalisées sur l’illettrisme en France. Et pas n’importe où : l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (A.N.C.I.). Une agence gouvernementale.

Extrait tirés du rapport « Illettrisme, les chiffres » de l’A.N.C.I., 2005 (6):

Question n°1 : 3 100 000 personnes en situation d’illettrisme : quel est leur âge ?

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Parmi les 3 100 000 personnes concernées :
9% sont âgées de 18 à 25 ans, 15% sont âgées de 26 à 35 ans, 23% sont âgées de 36 à 45 ans, 30% sont âgées de 46 à 55 ans, 23% sont âgées de 56 à 65 ans.

Conclusion n°1 : Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme, soit plus d’1,5 million, est âgée de plus de 45 ans.

Question n°2 : Quelle proportion de personnes en situation d’illettrisme dans les différents groupes d’âge ?
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Si l’on considère les groupes d’âge: 4,5% des 18-25 ans,, 6% des 26-35 ans, 9% des 36-45 ans,, 13% des 46-55 ans,, 14% des 56-65 ans sont en situation d’illettrisme

Conclusion n°2 : La proportion de personnes en situation d’illettrisme est plus forte pour les groupes d’âge les plus élevés.

Et le rapport de conclure :

« Très souvent on pense que l’illettrisme frappe surtout les jeunes générations. Certes 4,5% des jeunes de 18 à 25 ans sont confrontés à l’illettrisme alors que pour eux la fin de la scolarité obligatoire est encore très proche. (…) Mais la majorité des personnes en situation d’illettrisme a plus de 45 ans. à cette population confrontée à des difficultés quotidiennes, il faut apporter des solutions et informer largement sur cette réalité. Le pourcentage de personnes qui sont confrontées à l’illettrisme croît au fur et à mesure que l’âge augmente, ce qui invite à prévenir l’effritement des connaissances tout au long de la vie et à faire de la consolidation des compétences de base une donnée intégrée de manière permanente dans la formation tout au long de la vie. »

4,5 %.

4, 5 %, Monsieur le Ministre. Bien sûr qu’il faut tout mettre en œuvre pour résorber ce taux qui est créateur bien souvent d’exclusion sociale à venir. Mais pour cela faut il dans le même temps saborder des programmes qui permettent, semble-t-il, bon an mal an à 95,5 % d’apprendre à lire, écrire, compter et bien plus encore…

Et pour conclure, puisque vous proposer, entre autres beautés de ce genre là, de réduire l’enseignement de l’histoire à de l’apprentissage de chronologie (1515 *, reviens par là), revenons à ce regretté Pierre Desproges pour mesurer ce que la compréhension historique pourrait donner. Quoique pour l’exemple choisi cela ne serait pas si mal…

Et parce qu'il faut bien en rire.

La minute nécessaire du professeur cyclopède

 Notez dans votre agenda

Avec la rentrée, les professeurs et parents d’élèves du collège Lamartine bourgeonnent d’initiatives. Effet boule de neige. Chaque semaine, notre mouvement prend de l’ampleur, dépassant très largement aujourd’hui les seuls acteurs de notre petite communauté scolaire.

La rentrée est tournée en direction de la manifestation nationale à Paris du dimanche 18 mai.

 

Pour mieux nous préparer, nous lançons un appel:

- aux parents des élèves des collèges de Houilles et du lycée de Carrière-sur-Seine qui se mobilisent depuis plusieurs semaines,

- à tous les directeurs, enseignants et parents des élèves des écoles engagés également dans la sauvegarde de nos écoles en danger.

 

Venez participer à une réunion,

le mardi 6 mai 2008, à partir de 19h à la cantine du Réveil Matin, afin de préparer ensemble la manifestation nationale du 18 mai

qui portera, à Houilles et à Paris, les revendications de tous les niveaux d'enseignement.

(1) Le Monde du 19 mai 2002, « Le ministre de l'éducation nationale place la lutte contre l'illettrisme parmi ses priorités ».

(3) Ou presque puisque X. Darcos est devenu entre temps ambassadeur auprès de l'OCDE.
(5) « Prenons (...) une enquête française, qui établit que les écoliers de 2007 font deux fois plus de fautes que ceux de 1987 sur le même texte de dictée », X. Darcos, Discours de présentation des nouveaux programmes de l'école primaire, 29 avril 2008.
(6) Rapport « Illettrisme, les chiffres » de l’A.N.C.I., 2005.
* Marignan pour ceux qui n'ont pas suivi les programmes de 1923.

15/04/2008

Revue de stress

 

3a7447611ef2c115fb6994d1769bde99.jpgMobilisation, grève et manifestations aujourd’hui en France. Quelques articles glanés de ci de là pour se faire une petite idée.

Un reportage de Libération sur la manifestation parisienne qui a réuni entre 20000 et 40000 personnes  (disons 40000 pour faire simple) entre République et Nation.

Pendant ce temps, Le Monde interrogeait un enseignant de collège sur les raisons de la colère dans le second degré…

... et une institutrice de maternelle sur les nouveaux programmes. Où l’on constate que la suppression du samedi matin en primaire (et des heures de cours qui vont avec bien sûr, économies obligent) contraint nos chers penseurs du ministère à saborder l’école maternelle.

De bons coups de stress qui avaient bien besoin d’une bonne manifestation pour être évacués.

Pendant qu’on y est, en voici un autre. C’est dans le Figaro. Il  a pour sujet la délinquance des mineurs. On sait que le gouvernement veut réformer la fameuse ordonnance de 1945 et pourrait ainsi abaisser l’âge de la majorité pénale ou, au moins, revoir le statut spécifique des 16-18 ans.

Et par quoi, il se conclut l’article ? Je vous le donne en mille : « Le tournant générationnel est toutefois amorcé. Dès la rentrée, les programmes de l'école vont être remaniés. Les activités spor­tives, longtemps regardées comme suspectes elles rappelaient le patronage vont notamment être revalorisées pour leurs vertus éducatives. La pyramide des âges vient également au secours du gouvernement : d'ici à 2012, 50 % des effectifs seront renouvelés. »

Notre prof d’EPS de Lamartine qui pourrait faire les frais à la rentrée des suppressions de postes peut se rassurer : il a de l’avenir devant lui.

Et puis, cette déclaration de Xavier Darcos qui nous concerne directement. A la question « Y aura-t-il des ajustements dans les suppressions de postes ? »,

il répond : « Il y aura, comme chaque année, des ajustements dans la répartition des postes, notamment dans les académies de Créteil et de Versailles, qui sont particulièrement concernées par les suppressions de postes ».

Pour terminer, la petite provocation du jour, signée Xavier Darcos: « Depuis cinq semaines, on ne cesse de dire: "vous allez dans le grand soir, la manifestation s'annonce, ça monte, ça monte". Aujourd'hui, 82% des professeurs ne sont pas en grève. Je veux rendre hommage aux professeurs qui ne sont pas en grève: ils ont compris que les enjeux étaient ailleurs.»

Mais qu'est-ce qu'on va faire de lui ?

Allez. On se détend. On se fait un spa. Et on continue.

07/04/2008

Le cauchemar de Darcos

 

 

Qu’est-ce qui peut bien faire se tourner et se retourner un ministre chaque nuit dans son lit au point de lui ôter le sommeil et le rendre si mécontent les matins? Le collège Lamartine ? On aimerait bien.

 

Cherchons un peu et trouvons pour lui la voie de la guérison :

 

En quelques clics, grâce à Internet, on retrouve notre ministre un matin (Aïe !) sur LCI. C’était à l’occasion de la rentrée 2007 :

 


 

La cause du cauchemar de Darcos donc : le sacro-saint collège unique et son « formatage absurde et universel », nous dit-il. Le bon vieux dilemne : la culture pour tous (qu’il assimile à un formatage) ou la méritocratie (gravée dans nos têtes cette phrase de l'Inspecteur adjoint d'Académie des Yvelines: "on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif !"). Un débat épineux où nous ne rentrerons pas ici. Courageux mais pas téméraires… (1)

 

Alors, commençons par rassurer notre ministre, une fois de plus:

 

Depuis de nombreuses années, le « collège unique » a su accueillir tous ses élèves, leur offrir un socle commun de connaissances mais aussi s’adapter à eux. Projets d’établissements, zones d’éducation prioritaire, développement des options, dédoublements de classes, création de dispositifs d’accompagnement vers le lycée professionnel (3ème d’insertion, 3ème découverte professionnelle) et j’en passe.

 

Oh ! Certes. Tout n’est pas parfait et beaucoup de choses sont à revoir. L’échec scolaire est encore trop lourd (15% d’une classe d’âge n’arrive pas au baccalauréat) et il faut le combattre et imaginer sans cesse pour le réduire.

 

Mais, nous sommes loin de ce collège qui assassine comme les temps difficiles que nous traversons nous le décrivent.

 

 

M. le Ministre,

 

Vous souhaitez mettre un terme au "formatage absurde et universel" dont le collège serait le terrain.

 

Alors, expliquez nous.

 

Pourquoi supprimez vous les options au lycée ? Pourquoi rendez-vous impossible (faute de dotations horaires suffisantes) les dédoublements en langues, en sciences ? Pourquoi augmentez vous le nombre d’élèves par classe au point que, parfois, seul le cours magistral permettra de boucler les programmes ? Pourquoi fermez-vous les 3ème d’insertion ?

 

Pourquoi faites-vous en sorte que le collège ne devienne plus qu’une boîte à formater de manière absurde et universelle ?

 

On ne comprend plus rien. M. Darcos : que voulez-vous ?

 

Car,

 

446f55fb3d43e1625c243bc45604ed3e.jpgAvec des classes surchargées à 30 élèves en collège et 40 en lycée...
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De quels stratagèmes devront user les équipes enseignantes pour remplir leurs missions?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notez dans votre agenda

Avec le printemps, les professeurs et parents d’élèves du collège Lamartine bourgeonnent d’initiatives. Effet boule de neige. Chaque semaine, notre mouvement prend de l’ampleur, dépassant très largement aujourd’hui les seuls acteurs de notre petite communauté scolaire.

Toute cette semaine est tournée vers le grand rassemblement prévu devant la mairie de Houilles, ce samedi, 12 avril. Une occasion pour nous d’échanger avec les citoyens, de faire connaître notre combat pour un enseignement public de qualité. Mais, vous en saurez plus mercredi…

 

Demain, une belle surprise...

 

(1) Si vous souhaitez approfondir vous pouvez commencer par .

13:10 Publié dans argumentaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : darcos, education, dgh

02/04/2008

"Daaarcos, si tu savais..."

 

 

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On commence à le savoir. 

Xavier Darcos en a ras la casquette, plein les bottes. Il voit rouge, gesticule, fulmine. Bref, il est très, très, très mécontent.

Tel Saint Siméon le stylite, sur sa colonne, il prêche dans le désert. Mais contrairement au stylite cela ne marche pas: « Combien de fois faudra-t-il répéter les choses pour être entendu… Ca devient désespérant », dit-il. (1) 

Alors, 

Il karcherise : « Ces défilés sont inutiles, infondés et menés par des mineurs de surcroît ignorants ».

Il minimise : « Retirez 0,7 % des effectifs ne changera rien, à part dans quelques classes ici ou là. »8efee30f17e4724134165b92ea405493.jpg

Il méprise : « Ces défilés [de manifestants] reviennent tous les ans ! Il ne faut pas être dupe du discours alarmiste et mensonger de certains syndicats ».

Il hypnotise : « Les enseignants volontaires (déjà nombreux) peuvent augmenter leur pouvoir d’achat grâce au milliard d’euros distribué pour les heures supplémentaires ».

Il vaporise : « On me demande des postes : je réponds études surveillées, nouveaux programmes, stages, revalorisation du lycée professionnel ».

Bref, il refuse d’admettre...
Qu’il déscolarise.

Alors, à Lamartine, on s’est dit : il faut rassurer le Ministre, lui dire que pour nous la réussite n’est pas seulement une ambition mais une réalité.

Lamartine c’est :

-         Un taux de REUSSITE AU BREVET : 84.45 % en progrès constant depuis plus de cinq ans

-         Une orientation au LYCEE en seconde générale et technologique (65%) et en seconde professionnelle (29%) que l’on sait majoritairement réussie grâce au suivi de nos anciens élèves.

-         Une classe P.A.C. « cinéma et audiovisuel »

-         Un « atelier artistique » consacré aux arts premiers

-         Du soutien et un accompagnement éducatif de qualité (aide méthodologique, aide au devoirs et aux leçons, aide à la compréhension et à la mémorisation, mise à niveau orthographique, Soutien-aide-matière en Français et Mathématiques, activité cinéma/vidéo, rédaction d’un journal, création de chansons, écriture poétique, initiation aux premiers secours, tennis de table.

-         Des CLUBS (Basket, club Anglais, club Allemand, club Ecologie, club Techtonik, club Chorale, club Manga)

-         Une Vie Scolaire avec deux C.P.E.

 

Alors, nous nous battons pour conserver

-         des classes à effectif raisonnable  -24 élèves par classe

-         le nombre d’heures de cours nécessaires pour assurer un enseignement de qualité, et les professeurs pour assurer ces heures

-         les dédoublements indispensables dans certaines matières

-         la possibilité de continuer à assurer des activités de soutien et de perfectionnement

Nous nous battons parce que c’est en partie grâce à ces moyens que LAMARTINE peut être UN COLLEGE DE REUSSITE

 

NOUS NE VOULONS PAS QUE CETTE DYNAMIQUE CESSE !

 

Qu’on se le dise…

 

Et pour terminer, puisqu’on nous sert et ressert en permanence la baisse démographique pour justifier les économies sur les fonctionnaires et qu’on en profite pour faire des économies sur les élèves en augmentant leur nombre dans les classes.

 

Une petite enquête dans les rues de Houilles a révélé :

 

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Que s’il y a crise, cela ne devrait pas durer…

 

(1) Toutes les citations sont extraites de l'interview donnée par Xavier Darcos au journal gratuit 20 minutes, le 1er avril 2008.

29/02/2008

« Cette fois-ci, on s’attaque à l’os ! » *

46bf4584f408c01a3352f7cf638e76bd.jpgCe n’est pas toutes les années qu'on a un 29 février. Alors, lâchons nous un peu !

Car, ailleurs, sur d’autres blogs et forum, d’autres se lâchent le restant de l’année. Comme à l’habitude, quand un fonctionnaire ose bouger le moindre petit doigt, émettre ne serait-ce qu’un imperceptible soupir, les mêmes ritournelles reviennent fredonner à nos oreilles : nous serions sur la défensive, passéistes, pessimistes, cripto-trotskistes, que sais-je encore.

La lecture des commentaires du post de Guillaume (en date du 10 février) sur son blog S’il n’y avait que les élèves (à fréquenter assidûment) est à ce sujet édifiante. Certains, en effet, osent, à leur manière « resituer le contexte du métier de prof ». Ils parlent alors de « sécurité totale de l'emploi, d’absence de pression hiérarchique, d’impuissance du système d’évaluation des personnels enseignants titulaires, de la négation de la culture du résultat, du niveau des salaires corrects pour un métier recrutant à Bac+3 (pour la majorité des profs) », et bien sûr les sacro-saints « volumes horaires du service (+ de 15 semaines de congés par an pour 18H par semaine) ». Un autre commentaire fait même une proposition alternative : « Si vous ne supportez pas votre boulot, allez faire trader à la Société Générale ! »

On leur pardonne. Ils pensent sans doute que leur idole, Jean-Pierre Pernaud, ne travaille que de 13h00 à 13h35, 5 jours par semaine…

Mais, ils ont raison sur un point : il faut poser le contexte.

Et le contexte, quand on le regarde, est éloquent.

Nicolas Sarkozy, Discours au Palais du Latran, 20 décembre 2007 : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

Nicolas Sarkozy, Dîner annuel du Crif, 13 février 2008 : Chaque élève de CM2 se verra «confier la mémoire» d'un enfant victime de la Shoah

Nicolas Sarkozy, Périgueux, 15 février 2008 : « Les programmes scolaires sont un sujet de débat politique au sens des affaires de la nation, ce n'est pas un sujet technocratique. Certes les élus du peuple n’ont pas vocation à se substituer aux scientifiques, ce n’est pas à eux de produire le savoir, ce n’est pas à eux de l'écrire, ou de réécrire l’histoire. Il leur appartient en revanche de déterminer ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d’être étudié par les élèves de France. »

Lettre du recteur de l’Académie de Créteil au profs récemment partis à la retraite : « Je vous informe que vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de reprendre une activité enseignante au sein des collèges et des lycées de l’Académie. Cette activité, qui peut être exercée pour quelques heures hebdomadaires sur des suppléances de courte ou de moyenne durée, est rémunérée sous formes de vacations. Elle est désormais compatible avec la condition de retraité de la fonction publique ».

Les enseignants devenus éducateurs voient leur métier changer sans qu’ils puissent participer à cette évolution. Accusés de technocrates (discours de Périgueux, ci-dessus), incapables d’enseigner la shoah à près d’un enfant sur deux (merci M. Darcos), notés sur Internet, l’impression générale est celle d’une perte de contrôle sur notre propre métier. C’est au politique d’inspirer les programmes, nous dit-on ? Quand on sait qu’il a fallu attendre 1995 pour que l’Etat français reconnaisse qu’il a été un Etat collaborateur du régime nazi entre 1940 et 1944 : ça augure mal de la suite.

Les suppressions de postes prévues à la rentrée 2008, massives, s’opèrent dans ce contexte. En compensant les suppressions de postes par l’octroi d’heures supplémentaires aux établissements (car il faut bien, malgré tout, dispenser les heures de cours obligatoires), les rectorats modifient ainsi les conditions d’exercice du métier d’enseignant, en allongeant le temps de travail de ceux qui acceptent une partie de ces heures supplémentaires (souvent contraintes par la faible évolution salariale depuis plusieurs années) (1). Quand il n’y a pas assez de personnel titulaire pour dispenser ces heures, les rectorats ont alors recours à des vacataires (2), voire des retraités.

On le voit, le métier d’enseignant se précarise de deux manières. D’une part en perdant, progressivement, la maîtrise des contenus des enseignements dispensés et d’autre part en assistant au développement rapide de formes flexibles d’emplois (changement chaque année d’établissement, travail sur 2 ou 3 établissements à la fois pour les remplaçants à l’année, vacataires payés pour 200 heures chaque contrat, non rémunérés pendant les vacances et donc contraints de faire des petits boulots d’appoint de ci de là).

Les fables qu’on nous raconte sont donc bel et bien des historiettes pour enfants sages.

On a passé l’âge.

Merci.

 

Max.

* Citation extraite d’un article de Libération qui donnait la parole à une enseignante du collège Henri Wallon d’Aubervilliers.

(1) Rappelons que pour un service de 18 heures de cours un professeur travaille entre 35 et 40 heures. Rappelons également que les deux mois d’été de vacances ne sont pas rémunérés. Un professeur est payé 10 mois répartis sur 12.

(2) Rappelons qu’un vacataire est payé à l’heure. Il enchaîne souvent des vacations de 200 heures maximum avec des contrats dans lesquels les droits à la protection sociale, aux indemnités chômage sont réduits. A cela s’ajoute l’absence de prise en compte des vacations pour la retraite. Jetables et corvéables. Le recours aux vacataires devient du reste une norme d’embauche pour les rectorats.

 
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