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04/11/2008

De la confusion entre histoire et mémoire (1)

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En cette période de crise en thème, il est des sujets qui passeraient presque inaperçus.

 

Par exemple, Brice Hortefeux. Et bien, et si c’était ce type là qui, avec d’autres de ses copains, écrivait les programmes d’histoire ? La question pourrait paraître saugrenue, mais, hélas, elle ne l’est pas.

Mardi dernier, Xavier Darcos s’était demandé devant la mission d'information sur les questions mémorielles si le Parlement ne pourrait pas prescrire «ce qui doit être enseigné» aux élèves dans des matières sensibles comme l'Histoire.».

Interrogé par 20 minutes, un conseiller du ministre de l’Education nationale confirmait que même si le ministre « considère que c'est aux historiens et eux seuls d'écrire l'Histoire qui est ensuite déclinée, traduite, dans les programmes (…)  Nonobstant, Xavier Darcos, considère que le Parlement peut être consulté sur les programmes, comme ce fut le cas pour les programmes du primaire».

Face à ce nouvel écran de fumée d’un ministre coutumier du sort, on peut se demander si, cette fois-ci, on ne joue pas avec le feu. C’est le sens du propos de Jacques Portes, représentant de l'Association des professeurs d'histoire géographie (APHG), interviewé par le JDD.fr :

"Il y a une confusion totale entre histoire et mémoire", a-t-il attaqué. La mémoire est une question d'émotions, individuelles ou collectives, l'histoire a une vocation scientifique et neutre, démarquée des revendications mémorielles. Sur les questions d'histoire, le Parlement a toujours imposé des mesures sous la pression de lobbies mémoriels. Dire qu'il définirait les sujets à traiter est totalement aberrant. Sous prétexte d'éteindre les débats politiques, on va les exacerber”. Et il alerte en s’appuyant sur les exemples étrangers “ On risque la cacophonie ou une dérive vers des dangers extrêmes, parmi lesquels les revendications communautaristes ou politiciennes. Aux Etats-Unis, les autorités fédérales décident des programmes: certains y défendent que le créationnisme est une science. C'est gravissime."

Le Monde rappelle utilement comment les programmes sont construits aujourd’hui. Ce sont des experts, à la fois universitaires et enseignants du second degré qui les réalisent en s’appuyant sur l’état des savoirs. La proposition de X. Darcos remet en cause cet équilibre.

Bon voilà pour les faits et déclarations. Pour se faire peur et voir ce que cela pourrait donner. Il suffit d’aller voir parmi les brillants collègues de Xavier Darcos au sein du gouvernement.

Il s’appelle Brice Hortefeux, ci-devant Ministre des 3I (Immigration, Intégration et Identité nationale). Il organise hier et aujourd’hui, une conférence européenne sur l’intégration à Vichy. Face aux critiques (le fait que l’organisateur des rafles d’étrangers d’aujourd’hui organise une conférence là où ont été décidées les rafles de juifs hier n’est pas un symbole des plus adroits), le collègue de Xavier Darcos avait répliqué, en juin dernier :

« La conférence, on va la faire à Vichy. (…) Il y a un avantage : c’est qu’il y a l’infrastructure, mais aussi, il y a tout le passé et honnêtement, on en a raz le bol de cette histoire du passé [de Vichy]. On ne va pas condamner une ville sous prétexte qu’il y a 60 ans, il y a eu… »

 

Voilà. Les écrans de fumée de Darcos cachent de vrais incendiaires.

 

Et ça fait peur.

 

 

Max.

 

 

PS : La suite dans le prochain billet ou comment on nous prépare le terrain depuis quelques temps déjà…

16/09/2008

Quand Xavier Darcos flirte avec Rachida Dati...

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Dans le cadre de sa réforme des lycées, Xavier Darcos a annoncé hier, 15 septembre, sur France info, la mise en place d’un “code de la paix scolaire”.

 

On crie au nouveau gadget.

 

De quoi s’agit-il ? Un règlement intérieur qui serait commun à tous les établissements en cas de dégradation, de violence ou de problème de comportement. Ce code devrait répondre à “trois principes” : la recherche systématique de la responsabilité civile, l’abandon de l’exclusion et l’accélération des mesures disciplinaires. Le projet est déjà en cours de rédaction et a été confié à Laurent Huet, substitut du procureur au Tribunal de grande instance de Paris. (Source France info)

 

Question : Que fait-on d’un élève qui pète les plombs ? On ne l’exclut plus c’est-à-dire qu’il reste dans l’établissement ?

 

Mais non ! Tout est prévu enfin.

 

Petite plongée dans les archives de notre hôte 20 minutes.

 

15 avril 2008 : Rachida Dati installe un groupe de travail chargé de réfléchir à la réforme de l’ordonnance de 1945, texte de référence en matière de justice des mineurs. Un texte que la ministre veut « remettre à plat » afin de le rendre « plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent » (1). Présidée par le juriste André Varinard, la commission devra plancher entre autres sur «la fixation d'un seuil de responsabilité pénale» c'est-à-dire, établir des âges minimaux à partir desquels un enfant relève de la sanction pénale selon les délits, ajoutait 20 minutes.

 

Et que veut cet André Varinard ?

 

Je vous le donne en mille.

 

C’était dans le Figaro du 15 avril, là aussi. « La Chancellerie tient à ce que chaque acte soit sanctionné et veut mieux hiérarchiser la réponse pénale par rapport à la gravité des faits. Le rappel à la loi est, par exemple, utilisé dans des circonstances très différentes. Un jeune « qui tabasse son voisin de classe, c'est une admonestation du juge ; et s'il commet un vol en bande, le tribunal peut décider une fois de plus d'un avertissement solennel, explique un spécialiste. À chaque fois, on se contente de lui faire les gros yeux, ce n'est pas lisible pour lui.»

 

Parlant d’une « révolution culturelle », le Figaro précise alors : « La commission [qui doit rendre ses travaux en décembre] devra fixer un âge minimum de responsabilité pénale, ce qui promet des débats houleux car actuellement, c'est le magistrat qui évalue la capacité de «discernement» d'un enfant, pour savoir s'il relève de la justice. Cet exercice risque de bousculer toute la construction du droit des mineurs, fondé sur les seuils de 10-13 ans, 13-16 ans et 16-18 ans. Si la lettre de mission n'évoque pas l'abaissement de l'âge de la majorité pénale, le statut spéci­fique des 16-18 ans (déjà proche de celui des majeurs) pourra être encore retravaillé. »

 

Darcos qui prépare le terrain à Dati. C’est pas beau ça ?

 

Pas si gadget que ça, le code de la paix scolaire, finalement.

 

 

Max.

 


podcast

Little, N'importe quoi

 

 

 

(1) Le Point nous informe que Xavier Darcos lui aussi souhaite que, dans nos établissements scolaires, "les procédures disciplinaires soient beaucoup plus rapides et beaucoup plus souples, à travers la création d'une commission disciplinaire qui permette de réagir plus vite qu'un conseil de discipline formel."

07/09/2008

Que faire contre le vide ?

84716307.jpgMarcel Duchamp, autoportrait de profil, 1958

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr la République des Indignés s’est indignée. Ministre en tête, tous ont condamné. Même le Président du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon (1). Tous vos journaux ou presque s’en sont fait l’écho. L’Express par exemple. Un recteur d’Académie nous y explique que "cela n'a pas été fait à la sauvette, les gens ont pris soin du graphisme, on a vraisemblablement pris son temps ". Un procureur nous révèle la présence de "deux calligraphies différentes". Une ministre assure que la justice sera "des plus fermes".

 

Et puis, entre deux lignes, un aveu : "Jeudi matin, un accueil a été organisé dans le collège de manière à éviter que les enfants se trouvent dans les lieux tagués. Les cours ont été annulés mais devaient reprendre ce vendredi, après nettoyage des locaux en fin de journée et même dans la nuit s'il le faut". 

 

La honte. Ne pas voir. Cachez moi vite ça. La rentrée doit bien se passer. D’ailleurs, précise l’article de l’Express, "C'est un établissement sans problème. La rentrée a eu lieu mercredi matin et tout s'est très bien passé, sans tension particulière, rien ne permettait d'imaginer une chose pareille".

 

Alors, si rien ne permettait d’imaginer une chose pareille. N’imaginons surtout pas. N’imaginons rien. Ne réfléchissons surtout pas à la raison qui veut que ce soit un établissement scolaire qui soit touché. Pas moins de 40 graffitis, "croix gammées et injures telles que "Mort aux arabes", "Fuck islam", "W.P." pour "White power" et "White front" - ont été peints à la bombe dans la cour du collège René-Cassin d’Agde, dans les escaliers, sur des portes et sur des murs, certains font plus d’un mètre de hauteur", relate l’Humanité.

 

Et bien si. Réfléchissons.

 

L’enseignement de l’histoire de la Shoah, au collège, c’est 1 heure, en classe de troisième. 1 heure. A peine plus au lycée. 1 heure pour une question immense : pourquoi. Iannis Roder, professeur d’histoire, dans un livre qui vient de paraître (2), s’interroge : "Question légitime s’il en est. Question incontournable face à l’incompré-hensible. (…) Quel élève peut appréhender aujourd’hui une telle question alors que la Shoah lui apparaît comme un ovni parmi les autres ovnis et que les adultes, bien souvent, peinent à apporter des réponses satisfaisantes".

 

1 heure.

 

Il ne reste alors que le temps de simplifier.

 

Ou de faire le vide, comme en témoigne ce radiozapping du Monde.fr du 5 septembre.

 

Jean-Marie Le Pen nous explique, sur RTL, devant un Jean-Michel Apathie qui fait de l'humour, que cet « incident », selon ses termes, est un détail, comme les chambres à gaz. Mais aujourd'hui plus personne ne relève.

 

 

Max.

 

 

 

(1) Georges Frêche, PS, qui n'avait pas hésité, il y a quelques mois, à traiter les harkis de sous-hommes...

(2) Iannis Roder, Tableau noir: la défaite de l'école, Editions Denoël

 

Tableau noir : La défaite de l'école

09/06/2008

le 10 juin, le monde entier nous regarde (on y croit)

 

 

 

Bon. Le 10 juin approche et il faudrait commencer à s’organiser.

 

Une petite idée ?

 

Y en a bien une. Mais…

Si vous ne vous sentez pas encore tout à fait prêts pour bloquer 13 carrefours, si, comme Johnson, vous avez le trac, rendez-vous à 14h30, gare d’Austerlitz pour les Parisiens, à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires / Sud éducation.

 

Le mot d’ordre :

 

« Le gouvernement va présenter de nouvelles mesures issues de la Révision Générale des Politiques publiques (RGPP). L’objectif essentiel de la RGPP est de faciliter les suppressions massives de postes dans la Fonction publique (35000 à 40000 emplois par an), en articulation avec les mesures annoncées dans le cadre de la Révision Générale des Politiques publiques. Cette RGPP se met en œuvre sans débat public, sans que soit posée la question des missions de service public et celle des besoins des usagers et des citoyens sur l’ensemble du territoire. Par exemple, la politique éducative du gouvernement porte atteinte à la capacité du service public d’assurer la réussite de tous les jeunes. Elle traduit le profond désengagement de l’Etat. Elle induit l’affaiblissement voire la suppression ou la privatisation de missions et de services ainsi que la détérioration des conditions de travail, la mise en cause du statut et l’accroissement de la précarité. La RGPP est bien un outil de casse sans précédent pour l’ensemble de la Fonction Publique ».


podcast

Les Petites Bourettes, On rigolera

28/05/2008

Nettoyage de printemps


 

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 podcast

Ben Harper, Please Don't Talk About Murder while I'm eating

 

 

Alors voilà. 

 

Deux syndicats, le SGEN-CFDT et l’UNSA éducation quittent le navire. Arguant du fait que les examens approchent, ils donnent rendez-vous pour la rentrée de septembre.

On connaît la CFDT et notamment les renégats qui lui servent de direction. Depuis 2003, sur les retraites, nous leur devons déjà beaucoup de reniements. Pour eux, on s’en remettra à une citation de Jonathan Swift : « l’homme fait les mêmes gestes pour grimper et pour ramper ».

 

Que penser ?

Qu’à d’autres endroits, on tergiverse beaucoup moins. Dans le Tarn, par exemple (1),

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ENSEMBLE, AGISSONS SUR LES EXAMENS
POUR GAGNER SUR NOS REVENDICATIONS.

APPEL A UNE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DÉPARTEMENTALE (TARN) DE TOUS LES PERSONNELS DE L’EDUCATION ET DES PARENTS D’ÉLÈVES.

BREVET 2008 : OPERATION « BLOCAGE DES CENTRES DE CORRECTION »

Depuis des mois, lycéens, enseignants et parents se mobilisent pour faire entendre au gouvernement leur refus de sa politique éducative qui, sous couvert de “réforme”, entend démanteler méthodiquement le service public d’éducation dans notre pays. Les suppressions de postes massives en cours et à venir, la suppression de la carte scolaire, du bac pro en 4 ans, la fin programmée des concours de recrutement, la casse des statuts d’enseignants, le recours revendiqué à l’intérim, la mise en concurrence des établissements, tout concourt à créer, dans un futur proche, une école à plusieurs vitesses, soumises aux pressions locales et un abandon de l’ambition d’une réussite pour tous au détriment des publics les plus touchés socialement. Dans les écoles, dans les collèges et lycées, dans la rue, nous avons clairement marqué notre refus de cette démission politique, notre refus des classes surchargées, des quartiers délaissés, des conditions de travail sabotées.

Depuis des semaines, le gouvernement fait la sourde oreille et n’affiche que mépris pour les lycéens, enseignants et parents mobilisés. Les premiers sont des « bouffons », les seconds sont des « manipulateurs » et la FCPE une organisation « contre les parents ».

Depuis des semaines, le gouvernement joue la répression et le pourrissement du mouvement, en tablant d’abord sur les vacances scolaires et maintenant sur les examens de fin d’année.

Enseignants en charge de la préparation et de la correction du brevet, nous sommes particulièrement attachés à cet examen qui garantit une évaluation impartiale et nationale des efforts accomplis pendant le premier cycle par les élèves. Aussi, nous refusons catégoriquement qu’il soit, comme pour le bac, instrumentalisé par le ministère pour faire passer en force ses mesures impopulaires et largement rejetées par l’opinion. En ayant sciemment refusé d’ouvrir toute négociation jusqu’à présent, en ne répondant pas aux demandes réitérées de report des examens, Xavier Darcos joue la montre et veut utiliser les examens pour mettre la pression sur les enseignants en cette fin d’année, espérant ainsi gagner du temps et désamorcer la mobilisation.
Nous refusons ce chantage et exigeons solennellement du ministre qu’il revienne sur ses mesures (et en particulier : retour des 11000 postes supprimés, maintien des options et des BEP, abandon du rapport Pochard) avant le début des examens. Faute de quoi, nous nous engageons :

- à bloquer les centres de correction du brevet et à ne laisser accéder les correcteurs à ces centres de correction qu’à partir du moment où le ministre aura daigné écouter la colère qui s’exprime légitimement contre sa politique de casse du service public d’éducation.

Ce texte a été adopté à l’AG de Gaillac du 27 mai 2008, c’est sur cette base et en élargissant l’action au baccalauréat et au premier degré, que nous vous appelons à venir tous et toutes pour s’organiser afin de passer à l’action ! Nous envoyons parallèlement une demande aux directions syndicales pour qu’elles se décident à lancer un mot d’ordre national pour agir sur les examens.

Les enseignants syndiqués (SE-UNSA, SNES et SUD) et non-syndiqués des établissements du Tarn (collège Bruant, collège Balzac, collège Albert Camus, lycée Rascol) et des représentants FCPE d’Albi et de Gaillac réunis à Gaillac le 27 mai 2008.

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Nous avons besoin de syndicats maintenant !

Dans trois mois, il sera trop tard !

 

 

(1) Repéré sur le site toujours actif de nos collègues toujours bien informés du lycée Louise Weiss à Achères.

15/05/2008

Service maximum entre Place d’Italie et République

 

Grève et manifestation pour Lamartine aujourd’hui.

Face aux petites phrases et aux petites provocations de ministres mal dans leurs mocassins, le but de la grève était de mettre en avant la force du nombre.

Voilà qui est fait.

Face aux réducteurs de têtes qui veulent nous imposer des programmes abêtissants et à bas coûts, il faut mesurer notre responsabilité, réfléchir à ce que nous faisons, à ce que nous laissons faire, au plan social, humain, culturel, au plan de la démocratie, au niveau de l’éducation. Il faut cesser de se contenter des pensées grossières destinées à nos pâles éditorialistes (la loi sur le service minimum, c’est tout ce qu’à compris de cette journée cette pauvre Arlette Chabot, ce soir sur France 2). Il faut cesser de céder aux sirènes du populisme, du tout répressif et de la crétinisation générale.

Voilà qui est dit.

Il faudrait aujourd’hui être aveugle et sourd (et gravement amnésique) pour s’obstiner à refuser de comprendre que la question fondamentale est celle de l’éducation.

Quelques photos pour s’en convaincre.

07/05/2008

Le collectif du 18 mai est né !

 

257060920.jpgHier, à Houilles, le collectif parents-enseignants du 18 mai s’est constitué et réuni pour la 1ère fois.

 

Parents des trois fédérations (Fcpe, Peep et Unaape) ou / et enseignants des collèges Lamartine, Maupassant, des écoles primaires Guesdes, Toussaint, Buisson, Destraves et Réveil Matin, des écoles maternelles Allende, Kergomard, Julliand, Schoelcher et Piagé étaient là.

 

 

L’occasion de préparer ensemble la manifestation nationale du dimanche 18 mai à Houilles et à Paris. L’occasion aussi d’échanger sur l’ensemble des changements en cours à tous les niveaux. Remise en cause de l’école maternelle, refonte inquiétante des programmes de l’école primaire, suppressions de postes dans les collèges. L’occasion, enfin de constater l’énorme besoin d’information, de compréhension sur la situation de nos écoles et leur avenir.

 

Au total, le constat qui se dégage est que l’ensemble des mesures éparses prises par le gouvernement ses derniers mois a bien une cohérence : celle de réaliser coûte que coûte des économies budgétaires drastiques (moins d’exigences en maternelle, moins d’heures en primaire, moins de postes dans le secondaire) au prix de la remise en cause de notre enseignement public.

 

Voici plus en détail le compte rendu de cette réunion qui en appelle d’autres…

 

Informations sur les points de « réforme » abordés le 6 mai 2008

Réseaux d’aide maternelle & primaire

  • Sur Houilles suppression d’un poste

Décision « incohérente », au vu de la désignation cette année d’un intervenant supplémentaire

Objectif : le soutien doit être fait par les instituteurs non spécialisés.

  • Mise en place de stages de soutien par des enseignants volontaires pendant les vacances scolaires  (des stages de ce type ont été proposés sur les vacances d’avril )

Décision « incohérente » : aucune organisation pédagogique effectuée

Objectif : s'inscrire dans le très tendance "travailler plus pour gagner plus".

Conclusion : Le soutien devient l’affaire d’instituteurs non spécialisés en dehors des temps scolaires

 Primaire

  • Pour tous les enfants, suppression de 2H d’enseignements : l’horaire hebdomadaire du temps scolaire passe de 26H à 24H
  • Répartition modifiée des différentes matières: les heures de maths et français sont exclusivement réservé à l’enseignement des mathématiques et français (l’histoire ne peut pas être assimilés à de l’enseignement de français). Le nombre d’heures pour les matières d’enseignements généraux devient « peau de chagrin »
  • Enseigner exclusivement des automatismes: cela signifie en maths par exemple,  enseigner uniquement les techniques opératoires (ne plus enseigner par l’expérimentation, la réflexion…)

Incohérence : le nouveau programme ne mentionne plus le socle commun des compétences

  • Pour les élèves en difficultés, mise en place de 2H de soutien hebdomadaire en dehors donc du temps dit scolaire. Contenu de ces 2 heures : Il s’agit donc de 72H annuelles qui se décomposent en 12H de concertation, 15 à 20H de préparation et donc 40à 45H de soutien « direct » à l’élève par an...

Conditions : ces heures de soutien peuvent être données par un enseignant extérieur à l’école de l’élève et dans une école différente de celle de l’élève ; ce qui pose de nombreux problèmes de sécurité/responsabilité qui rende cette disposition inapplicable

Incohérence : volonté d’externaliser ces élèves en difficultés alors que toute la « politique » du soutien actuelle est celle du soutien dans l’école.

Conclusion : La diminution du temps scolaire, l’uniformisation des enseignements (matières & méthodologies) ne peut que conduire à une augmentation du nombre des élèves en difficultés.  Pour le soutien de ces élèves en difficultés, l’externalisation conduira naturellement à une privatisation du soutien.

 Maternelle

  • Diminution des exigences de programmes

Objectifs : disparition progressive des petites et moyennes sections.

Conclusion : La disparition des maternelles conduira naturellement à une privatisation des structures de gardes de la petite enfance.

 

Conclusion générale: SAUVONS L’ENSEIGNEMENT PUBLIC

 

Et" les mots ont leur importance":


podcast
 
Bertrand Betsch, Les mots ont leur importance.

04/05/2008

Marcel, mais qu'ont-ils fait de toi ?

 

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Imaginez. 

Un éminent monsieur, énarque, conseiller d’Etat, ancien conseiller de plusieurs ministres. Un Saugeais, né aux Maitrets en 1946, dans le canton de Montbenoit (Doubs). Un pur produit de l'école laïque de la république rurale, monté dans un ascenseur social qui fonctionnait encore correctement au milieu du 20e siècle. Un passé paysan, une expérience de la préfectorale, un passage à la direction de la fonction publique. Un gars solide, bien dans ses bottes. Un homme de confiance et de ressources se dit le ministre.

Le ministre charge donc Son Eminence de produire un rapport. Un rapport sur l’évolution du métier d’enseignant.

Imaginons.

Prémonitions. Auditions (quand même). Cogitations. Préconisations. 271 pages (1).

Et, qu’en ressort-il ?

3 axes.

1.

Constatation n°1 : p. 73. « Les enseignants sont au total plus attachés à leur classe et à leur discipline qu’à leur établissement. Cette tendance ne facilite pas la coordination pédagogique ni le travail d’équipe. Elle induit des formes d’isolement et de solitude face au traitement de la difficulté scolaire et, plus généralement, explique une insuffisante mise en commun des pratiques d’enseignement et des expériences ».

Préconisation n°1 : p. 239. Réaliser de toute urgence l’autonomie des établissements : « La commission propose d’élargir les marges d’autonomie et de responsabilité : dans l’organisation des enseignements, dans l’organisation de l’activité enseignante, dans les pouvoirs confiés aux équipes de direction des établissements ».

Petit oubli n°1 : Les suppressions de postes (ah non, pas ça, s’il vous plait, pas ça, encore ! non). Bah oui ! Les suppressions de postes vont avoir pour conséquences l’alourdissement des effectifs des classes, le non dédoublement de ces mêmes effectifs dans les cours de certaines matières où c’est pourtant indispensable. Est-ce cela traiter de la difficulté scolaire ? Est-ce pour rompre l’isolement et la solitude de l’enseignant que vous lui rajoutez 4 ou 5 élèves dans chacune de ses classes ?

2.

Constatation n°2 : p. 95. « Il manque à la gestion [des enseignants] une dimension qualitative. (…) Cette insuffisance se vérifie dans quatre domaines : l’affectation des enseignants se fait année après année (…) par le jeu des barèmes qui conduit à faire occuper les postes vacants les plus difficiles (…) par les enseignants les plus inexpérimentés ; la notation des enseignants (…) est réalisée selon des règles si complexes que personne ne peut les expliquer simplement ; la formation continue déjà très insuffisante quantitativement (2,7% de la masse salariale), (…) est  souvent pratiquée comme une récompense ; le suivi et la gestion personnalisée des carrières sont très peu pratiqués. Les enseignants se sentent souvent abandonnés à eux-mêmes. »

Préconisation n°2 : Rénover la gestion des ressources humaines : p. 240. « Il s’agirait de distinguer l’Etat formateur qui préparerait les enseignants à leur métier et leur délivrerait un master d’enseignement, et l’Etat employeur, qui recruterait, de façon simplifiée, qui recruterait de façon simplifiée, voire déconcentrée, les enseignants, dont il a besoin. » Concernant l’évaluation des enseignants, la commission « préconise que soient explorées des pratiques d’évaluation qui reposent sur les regards croisés des inspecteurs et des chefs d’établissements ». Pour le reste : la gestion des affectations doit être considérée (interdit de rire) comme une « cause nationale », la formation continue deviendrait une obligation.

Petit oubli n°2 : La gestion (très rénovée actuellement) des ressources humaines conduit également les rectorats à remplacer les postes supprimés par des heures supplémentaires. Autrement dit, le nombre d’enseignants changeant d’affectation chaque année va augmenter de manière exponentielle car ceux-ci ne seront plus nommés sur des postes mais sur des heures… Par ailleurs, le recrutement en forte augmentation depuis quelques années de vacataires  (2) et de contractuels (3), est-ce cela un recrutement simplifié, voire déconcentré des enseignants ?

3.

Constatation n°3 : p.239. « Les obligations de service sont aujourd’hui exclusivement définies en temps d’heures hebdomadaires devant les élèves. Ceci paraît regrettable à la commission : enseigner constitue certes le noyau du métier, mais ce n’en est pas la seule composante. Or, les autres dimensions du métier dont aujourd’hui fort peu explicitées et fort peu reconnues, notamment le travail collectif et les activités autres que d’enseignement et qui le confortent. »

Préconisation n°3 : L’élargissement des missions des enseignants, p. 239. « La commission présente différentes hypothèses de prise en charge explicite de ces missions : statu qui aménagé ; une obligation de service d’enseignement définie annuellement ; ou encore l’instauration, en substitution ou en complément du temps d’enseignement, d’un temps de présence obligatoire dans l’établissement, comme dans certains pays étrangers ».

Petit oubli n°3 : La réforme actuelle des missions de l’enseignant (suppression d’options, non dédoublement des effectifs en langues, allègement des programmes de l’école primaire, suppression d’une année d’étude en lycée professionnel, abaissement des exigences pour l’obtention du baccalauréat, entre autres beautés) conduit à un recentrage des missions de l’enseignant sur un contenu disciplinaire appauvri et un temps accru consacré à la gestion (elle aussi mais dans un autre sens) disciplinaire des élèves. En échange, il est vrai, a été crée de l’accompagnement pédagogique pour ceux qu’un président a nommé les « orphelins de 16 heures ». C’est tout. Le but d’une réforme n’est-elle pas d’améliorer la qualité des services proposés ?

Voilà. Alors, bien sûr, on va dire : caricature !

Pourtant, ce qui est préconisé ici est déjà en route.

Ah bon ?

Bah oui :

LibéOrléans, le 29 avril 2008 : « Le premier collège « public-privé » retoqué par la Justice ». « Le tribunal administratif d’Orléans saisi par un groupement local d’artisans du BTP vient d’annuler la délibération qui permettait la construction et la gestion privées de cet établissement sous un mode unique en France. En échange de la prise en charge de la construction du collège (13,5 millions d’euros), une filiale du groupe Vinci recevait la concession de l’établissement (fonctionnement, entretien…) pendant une durée de dix ans. (…) Le conseil général du Loiret, à l’origine de ce montage partenarial sensé répondre à une notion « d’urgence », regrette amèrement la décision du tribunal administratif ».

Encore ?

Pas de problème :

AFP, 29 avril 2008 : « Le Sénat a adopté en première lecture mardi le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires, qui vise à faciliter le passage d’une fonction publique à une autre, voire du public au privé. » Outre un « droit au départ » pour les 5,2 millions de fonctionnaires ainsi que de nouveaux dispositifs d’accompagnement pour les emplois « supprimés » ou « modifiés », le projet de loi « autorise aussi le remplacement d’un fonctionnaire par un « agent contractuel » ou par un « recours à l’intérim et élargit les possibilités de cumul d’emplois à temps partiel ».

Et de rajouter : « Pour Eric Woerth, ministre du Budget, ce texte constitue « la première étape de la modernisation de la fonction publique » et vise à fournir « un service public de qualité au meilleur coût possible ».

Nous rions 1 fois.

Nous rions 2 fois.

Nous rions 3 fois.

Voilà. Alors, bien sûr, on va dire : « Vous les fonctionnaires, c’est toujours pareil, vous êtes contre toute idée de réforme, vous êtes accrochés à vos acquis comme une moule à son rocher ».

Et bien non. Nous sommes favorables aux réformes. Et pour tout dire, nous en voulons. Mais des vraies. Pas de celles qui nous promettent un enseignement de qualité en commençant par l’alourdissement des effectifs de classes et l’allègement des programmes. Pas de celles qui prennent comme modèle les établissements privés sous contrat et bientôt les boîtes à fric du genre Acadomia ou qui nous invitent à n’apprendre que le Wall Street english. Pas de celles qui consistent à remplacer un enseignant formé, stable sur son poste par un intérimaire à temps partiel imposé et corvéable à merci.

On voudrait bien prendre un train de réformes qui puissent nous permettre d’aller vers une nouvelle étape dans la démocratisation de l’éducation engagée depuis les années 60.

Mais là, très franchement, on ne sait plus quel train prendre et pour aller où.

Bientôt, en gare de Houilles-Carrières :


The train, de Takahiro Hirata
Enervant au bout d'un moment, non ?

 

(1) Le livre vert de la Commission Pochard.
(2) Bac + 3, payés sur des vacations de 200 heures, sans avoir les mêmes droits à la retraite ou aux congés ou à la protection sociale que les professeurs titulaires.
(3) Professeurs en CDI recrutés par les rectorats, donc par l’administration déconcentrée.

30/04/2008

Primaire: le grand bond en arrière

 

 

Difficile de savoir comment, mais, il paraît aujourd’hui évident que Xavier Darcos a rajeuni.

Ah ? Répondez vous, interloqués.

De huit ans.

Ah ? Vous interloquez vous, de nouveau.

Et bien oui.

C'est ce jouvenceau lui-même qui nous le laisse dire:

Mai 2002 : « Une lutte absolue contre l'illettrisme à l'école primaire, une action forte contre la violence (il faut sortir les caïds), une réflexion sur la formation des maîtres ». Ce sont les trois pistes de travail que Xavier Darcos, alors sous-ministre à l’enseignement scolaire, livrait au Figaro magazine.

Une cause : l’illettrisme, une conséquence : la violence barbare, entre les deux : des idéologues incompétents : les maîtres. Petit rappel : on est en 2002.

Hier, 29 avril 2008 : « On me dit que les programmes rédigés entre 1998 et 2002 n'avaient pas encore fait leur preuve. Comme s'il fallait encore sacrifier quelques générations scolaires de plus pour avoir l'assurance définitive de l'échec d'une certaine pensée scolaire ! Cette pensée, celle du pédagogisme, nous la connaissons bien et nous en connaissons surtout les effets. Car l'école primaire ne parvient plus à faire diminuer l'échec scolaire qui touche les 15% des élèves qui entrent chaque année au collège avec de graves lacunes en lecture, en écriture ou en calcul. » (2) Ce sont les propos de M. Xavier Darcos devenu Ministre de l’Education nationale lors de sa conférence de presse de présentation des nouveaux programmes des écoles maternelle et primaire.

Donc rien n’a changé. 6 ans de gouvernement des mêmes (3) pour en arriver aux mêmes bonnes recettes masquant les mêmes coupes budgétaires (4). C’est même pire d’ailleurs puisque désormais non seulement les élèves en échec sont illettrés mais, en plus, ne savent plus compter. Que de violences supplémentaires devront nous en attendre et que vont donc faire les mêmes incompétents chargés de les sortir de ces marécages.

Mais Monsieur l’expert ministre comme vous aimez à vous définir vous-même. Quel était donc le taux d’illettrés chez les enfants de 11 ans en 1960 ? 1970 ? 1980 ? On ne nous donne jamais ces chiffres qui permettraient de réaliser une vraie comparaison. A la place on nous parle de dictée (5).

Jamais, Monsieur l’expert, vous ne parler des 85 % d’élèves que notre système d’éducation depuis l’école maternelle parvient à rendre lettrés et capables de compter. Jamais vous n’évoquez l’extraordinaire ouverture qu’ont connu les programmes d’enseignement depuis 2 ou 3 décennies : introduction des sciences, de l’expérimentation, des langues étrangères et j’en passe. Jamais.

Mais le pire est que vous employez des mots et des chiffres sans les définir et sans les expliciter clairement de sorte qu’on a l’impression qu’un élève en échec scolaire est un élève illettré.

Ce qui est faux dans la plupart des cas.

Alors plutôt que de cracher sur nous-mêmes comme vous nous y invitez si souvent, regardons les choses de près. Allons voir les études déjà réalisées sur l’illettrisme en France. Et pas n’importe où : l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (A.N.C.I.). Une agence gouvernementale.

Extrait tirés du rapport « Illettrisme, les chiffres » de l’A.N.C.I., 2005 (6):

Question n°1 : 3 100 000 personnes en situation d’illettrisme : quel est leur âge ?

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Parmi les 3 100 000 personnes concernées :
9% sont âgées de 18 à 25 ans, 15% sont âgées de 26 à 35 ans, 23% sont âgées de 36 à 45 ans, 30% sont âgées de 46 à 55 ans, 23% sont âgées de 56 à 65 ans.

Conclusion n°1 : Plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme, soit plus d’1,5 million, est âgée de plus de 45 ans.

Question n°2 : Quelle proportion de personnes en situation d’illettrisme dans les différents groupes d’âge ?
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Si l’on considère les groupes d’âge: 4,5% des 18-25 ans,, 6% des 26-35 ans, 9% des 36-45 ans,, 13% des 46-55 ans,, 14% des 56-65 ans sont en situation d’illettrisme

Conclusion n°2 : La proportion de personnes en situation d’illettrisme est plus forte pour les groupes d’âge les plus élevés.

Et le rapport de conclure :

« Très souvent on pense que l’illettrisme frappe surtout les jeunes générations. Certes 4,5% des jeunes de 18 à 25 ans sont confrontés à l’illettrisme alors que pour eux la fin de la scolarité obligatoire est encore très proche. (…) Mais la majorité des personnes en situation d’illettrisme a plus de 45 ans. à cette population confrontée à des difficultés quotidiennes, il faut apporter des solutions et informer largement sur cette réalité. Le pourcentage de personnes qui sont confrontées à l’illettrisme croît au fur et à mesure que l’âge augmente, ce qui invite à prévenir l’effritement des connaissances tout au long de la vie et à faire de la consolidation des compétences de base une donnée intégrée de manière permanente dans la formation tout au long de la vie. »

4,5 %.

4, 5 %, Monsieur le Ministre. Bien sûr qu’il faut tout mettre en œuvre pour résorber ce taux qui est créateur bien souvent d’exclusion sociale à venir. Mais pour cela faut il dans le même temps saborder des programmes qui permettent, semble-t-il, bon an mal an à 95,5 % d’apprendre à lire, écrire, compter et bien plus encore…

Et pour conclure, puisque vous proposer, entre autres beautés de ce genre là, de réduire l’enseignement de l’histoire à de l’apprentissage de chronologie (1515 *, reviens par là), revenons à ce regretté Pierre Desproges pour mesurer ce que la compréhension historique pourrait donner. Quoique pour l’exemple choisi cela ne serait pas si mal…

Et parce qu'il faut bien en rire.

La minute nécessaire du professeur cyclopède

 Notez dans votre agenda

Avec la rentrée, les professeurs et parents d’élèves du collège Lamartine bourgeonnent d’initiatives. Effet boule de neige. Chaque semaine, notre mouvement prend de l’ampleur, dépassant très largement aujourd’hui les seuls acteurs de notre petite communauté scolaire.

La rentrée est tournée en direction de la manifestation nationale à Paris du dimanche 18 mai.

 

Pour mieux nous préparer, nous lançons un appel:

- aux parents des élèves des collèges de Houilles et du lycée de Carrière-sur-Seine qui se mobilisent depuis plusieurs semaines,

- à tous les directeurs, enseignants et parents des élèves des écoles engagés également dans la sauvegarde de nos écoles en danger.

 

Venez participer à une réunion,

le mardi 6 mai 2008, à partir de 19h à la cantine du Réveil Matin, afin de préparer ensemble la manifestation nationale du 18 mai

qui portera, à Houilles et à Paris, les revendications de tous les niveaux d'enseignement.

(1) Le Monde du 19 mai 2002, « Le ministre de l'éducation nationale place la lutte contre l'illettrisme parmi ses priorités ».

(3) Ou presque puisque X. Darcos est devenu entre temps ambassadeur auprès de l'OCDE.
(5) « Prenons (...) une enquête française, qui établit que les écoliers de 2007 font deux fois plus de fautes que ceux de 1987 sur le même texte de dictée », X. Darcos, Discours de présentation des nouveaux programmes de l'école primaire, 29 avril 2008.
(6) Rapport « Illettrisme, les chiffres » de l’A.N.C.I., 2005.
* Marignan pour ceux qui n'ont pas suivi les programmes de 1923.

25/04/2008

" Je pompe donc je suis " (Nicolas Sarkozy... ou presque, hier à la télévision)

 

 

 

Le professeur Shadoko a parlé hier à la télévision.

Le Professeur Shadoko, rappelons le, est l'inventeur de l'ouvre boite en conserve, du comptage par poubelles et de la passoire à dépasser. Récemment on a pu le découvrir en Président de la République. Il dit des choses tellement astucieuses et futées, que lui-même bien souvent ne comprend pas ce qu'il dit, c'est vous dire !

Extrait :

M'SIEUR CALVI

 

D’où la question que je réitère pour la troisième fois : est-ce qu’on maintient les suppressions de postes ?

 

PROFESSEUR SHADOKO

 

Non m’sieur Calvi, on maintient les réformes qui permettront les suppressions de postes. Mais c’est dans cet ordre, m’sieur Calvi, c’est les réformes qui permettront les suppressions de postes. Et des réformes, y en a eu. On a supprimé la carte scolaire. Maintenant, les gens peuvent choisir l’école de leurs enfants. M’sieur Darcos a demandé la suppression du samedi matin. J’ai demandé une réforme du bac. Ecoutez. Tous les parents qui ont un enfant en Terminale savent qu’à partir du mois de mai, on ne peut plus aller en classe parce que l’organisation du bac fait … alors c’est pas la peine de faire travailler nos enfants pendant 36 heures dans la semaine si c’est pour que l’année s’arrête au début du mois de mai, entre les ponts et l’organisation du bac au mois de juin. Donc il y a des marges de productivité. Je suis parfaitement conscient du malaise enseignant. C’est d’ailleurs un très grand problème pour la société française parce que les élèves doivent apprendre à respecter leurs maîtres, à les admirer, à les considérer et la revalorisation de la fonction enseignante est pour moi une priorité mais elle ne pourra pas être menée de paire : embaucher plus, payer plus. Il faudra choisir.

 

 

 

Voilà ce qu’ont entendu quelques millions de téléspectateurs hier soir, 24 avril. De la logique Shadok !

 

Elément logique n°1 : ce seraient les réformes qui expliqueraient les suppressions de postes. Et de quelles réformes nous parle-t-on ?

 

La carte scolaire ? Si, disons, 25 élèves, soudain libérés de la carte scolaire, décident de quitter un établissement, et permettent ainsi la suppression de plusieurs postes de professeurs, ne vont-ils pas aller grossir les effectifs d’autres établissements qui alors auront besoin de plus d’enseignants ? Ou alors, vont-ils accepter de quitter leur classe à 25 élèves pour aller s’entasser dans des classes à 32 élèves si aucun poste supplémentaire n'est crée ?

 

La suppression du samedi matin ? Comment est-ce que la suppression de quelques heures de cours en primaire pourrait-elle déboucher sur la suppression de l’instituteur qui effectue les heures les autres jours ? En lycée, comment la suppression des heures le samedi pourrait elle conduire à la suppression de postes dans la mesure où les cours dispensés sont obligatoires ? Allons- nous supprimer des matières ?

 

Il y a bien une autre réforme que le professeur Shadoko a omise : les heures d’accompagnement scolaire créées en collège entre 16h00 et 18h00 pour les élèves volontaires. Mais là aussi, étonnement. Cet accompagnement est de l’aide aux devoirs. En quoi l’aide au devoir destinée à certains pourrait-elle justifier la suppression de postes d’enseignants destinés à tous ?

 

Donc. Même en se creusant la tête, non, vraiment, il ne semble y avoir aucune réforme précédant les suppression de postes. C’est donc bien les suppressions de postes qui précèderont des réformes forcément hypothétiques faute de personnels pour les mettre en œuvre.

Elément logique n°2 : Les professeurs vivent une dévalorisation de leur métier. « C’est d’ailleurs un très grand problème pour la société française, m’sieur Calvi ». Mais vous comprenez, il faut choisir, on ne peut pas embaucher plus et payez plus.

Là on dit « tope là, professeur Shadoko » Car, figurez vous, ce que nous demandons, ce n’est pas d’embaucher plus, mais de garder nos effectifs, de ne pas les diminuer. Rien de plus. Et à Lamartine, à Houilles, professeur Shadoko, ce que nous vous demandons, ce ne sont pas des moyens en plus, c’est de garder ceux que nous avons pour pouvoir continuer à fonctionner comme nous le faisons aujourd’hui. Rien de plus.

Et, figurez vous, professeur Shadoko, que, à Lamartine, des heures supplémentaires, nous n’en voulons pas. La charge de travail est déjà bien suffisante.

Et même si on en voulait, nous n’en aurions pas, car, vos services, non seulement suppriment  4 classes mais répartissent les élèves des classes supprimées dans les 20 classes restantes.

Ce qui fait, professeur Shadoko, que les enseignants du collège Lamartine, non seulement ne peuvent pas espérer voir leurs 1600 euros de salaire mensuel augmenter, mais auront des classes surchargées à gérer.

Oh ! La belle revalorisation de la fonction enseignante que voilà !

Professeur Shadoko, vous semblez avoir fait vôtre une de ces devises chère à vos amis les Shadoks : « Avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu'on serait descendu avec un escalier prévu pour la descente. »

Petit moment d'antologie donc, hier à la télévision, et qui vaut bien celui-ci:

Les Shadoks, saison 2, épisode n°6

" Une expérience simple permet de se rendre compte qu'on ne change pas notablement la qualité de l'instrument (une passoire) en réduisant de moitié le nombre de trous, puis en réduisant cette moitié de moitié, etc., etc. Et, à la limite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trous. D'où, théorême: la notion de passoire est indépendante de la notion de trou".

A méditer.


podcast

Mademoiselle K, A l'ombre

15/04/2008

Revue de stress

 

3a7447611ef2c115fb6994d1769bde99.jpgMobilisation, grève et manifestations aujourd’hui en France. Quelques articles glanés de ci de là pour se faire une petite idée.

Un reportage de Libération sur la manifestation parisienne qui a réuni entre 20000 et 40000 personnes  (disons 40000 pour faire simple) entre République et Nation.

Pendant ce temps, Le Monde interrogeait un enseignant de collège sur les raisons de la colère dans le second degré…

... et une institutrice de maternelle sur les nouveaux programmes. Où l’on constate que la suppression du samedi matin en primaire (et des heures de cours qui vont avec bien sûr, économies obligent) contraint nos chers penseurs du ministère à saborder l’école maternelle.

De bons coups de stress qui avaient bien besoin d’une bonne manifestation pour être évacués.

Pendant qu’on y est, en voici un autre. C’est dans le Figaro. Il  a pour sujet la délinquance des mineurs. On sait que le gouvernement veut réformer la fameuse ordonnance de 1945 et pourrait ainsi abaisser l’âge de la majorité pénale ou, au moins, revoir le statut spécifique des 16-18 ans.

Et par quoi, il se conclut l’article ? Je vous le donne en mille : « Le tournant générationnel est toutefois amorcé. Dès la rentrée, les programmes de l'école vont être remaniés. Les activités spor­tives, longtemps regardées comme suspectes elles rappelaient le patronage vont notamment être revalorisées pour leurs vertus éducatives. La pyramide des âges vient également au secours du gouvernement : d'ici à 2012, 50 % des effectifs seront renouvelés. »

Notre prof d’EPS de Lamartine qui pourrait faire les frais à la rentrée des suppressions de postes peut se rassurer : il a de l’avenir devant lui.

Et puis, cette déclaration de Xavier Darcos qui nous concerne directement. A la question « Y aura-t-il des ajustements dans les suppressions de postes ? »,

il répond : « Il y aura, comme chaque année, des ajustements dans la répartition des postes, notamment dans les académies de Créteil et de Versailles, qui sont particulièrement concernées par les suppressions de postes ».

Pour terminer, la petite provocation du jour, signée Xavier Darcos: « Depuis cinq semaines, on ne cesse de dire: "vous allez dans le grand soir, la manifestation s'annonce, ça monte, ça monte". Aujourd'hui, 82% des professeurs ne sont pas en grève. Je veux rendre hommage aux professeurs qui ne sont pas en grève: ils ont compris que les enjeux étaient ailleurs.»

Mais qu'est-ce qu'on va faire de lui ?

Allez. On se détend. On se fait un spa. Et on continue.

07/04/2008

Le cauchemar de Darcos

 

 

Qu’est-ce qui peut bien faire se tourner et se retourner un ministre chaque nuit dans son lit au point de lui ôter le sommeil et le rendre si mécontent les matins? Le collège Lamartine ? On aimerait bien.

 

Cherchons un peu et trouvons pour lui la voie de la guérison :

 

En quelques clics, grâce à Internet, on retrouve notre ministre un matin (Aïe !) sur LCI. C’était à l’occasion de la rentrée 2007 :

 


 

La cause du cauchemar de Darcos donc : le sacro-saint collège unique et son « formatage absurde et universel », nous dit-il. Le bon vieux dilemne : la culture pour tous (qu’il assimile à un formatage) ou la méritocratie (gravée dans nos têtes cette phrase de l'Inspecteur adjoint d'Académie des Yvelines: "on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif !"). Un débat épineux où nous ne rentrerons pas ici. Courageux mais pas téméraires… (1)

 

Alors, commençons par rassurer notre ministre, une fois de plus:

 

Depuis de nombreuses années, le « collège unique » a su accueillir tous ses élèves, leur offrir un socle commun de connaissances mais aussi s’adapter à eux. Projets d’établissements, zones d’éducation prioritaire, développement des options, dédoublements de classes, création de dispositifs d’accompagnement vers le lycée professionnel (3ème d’insertion, 3ème découverte professionnelle) et j’en passe.

 

Oh ! Certes. Tout n’est pas parfait et beaucoup de choses sont à revoir. L’échec scolaire est encore trop lourd (15% d’une classe d’âge n’arrive pas au baccalauréat) et il faut le combattre et imaginer sans cesse pour le réduire.

 

Mais, nous sommes loin de ce collège qui assassine comme les temps difficiles que nous traversons nous le décrivent.

 

 

M. le Ministre,

 

Vous souhaitez mettre un terme au "formatage absurde et universel" dont le collège serait le terrain.

 

Alors, expliquez nous.

 

Pourquoi supprimez vous les options au lycée ? Pourquoi rendez-vous impossible (faute de dotations horaires suffisantes) les dédoublements en langues, en sciences ? Pourquoi augmentez vous le nombre d’élèves par classe au point que, parfois, seul le cours magistral permettra de boucler les programmes ? Pourquoi fermez-vous les 3ème d’insertion ?

 

Pourquoi faites-vous en sorte que le collège ne devienne plus qu’une boîte à formater de manière absurde et universelle ?

 

On ne comprend plus rien. M. Darcos : que voulez-vous ?

 

Car,

 

446f55fb3d43e1625c243bc45604ed3e.jpgAvec des classes surchargées à 30 élèves en collège et 40 en lycée...
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De quels stratagèmes devront user les équipes enseignantes pour remplir leurs missions?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Notez dans votre agenda

Avec le printemps, les professeurs et parents d’élèves du collège Lamartine bourgeonnent d’initiatives. Effet boule de neige. Chaque semaine, notre mouvement prend de l’ampleur, dépassant très largement aujourd’hui les seuls acteurs de notre petite communauté scolaire.

Toute cette semaine est tournée vers le grand rassemblement prévu devant la mairie de Houilles, ce samedi, 12 avril. Une occasion pour nous d’échanger avec les citoyens, de faire connaître notre combat pour un enseignement public de qualité. Mais, vous en saurez plus mercredi…

 

Demain, une belle surprise...

 

(1) Si vous souhaitez approfondir vous pouvez commencer par .

13:10 Publié dans argumentaires | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : darcos, education, dgh

02/04/2008

"Daaarcos, si tu savais..."

 

 

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On commence à le savoir. 

Xavier Darcos en a ras la casquette, plein les bottes. Il voit rouge, gesticule, fulmine. Bref, il est très, très, très mécontent.

Tel Saint Siméon le stylite, sur sa colonne, il prêche dans le désert. Mais contrairement au stylite cela ne marche pas: « Combien de fois faudra-t-il répéter les choses pour être entendu… Ca devient désespérant », dit-il. (1) 

Alors, 

Il karcherise : « Ces défilés sont inutiles, infondés et menés par des mineurs de surcroît ignorants ».

Il minimise : « Retirez 0,7 % des effectifs ne changera rien, à part dans quelques classes ici ou là. »8efee30f17e4724134165b92ea405493.jpg

Il méprise : « Ces défilés [de manifestants] reviennent tous les ans ! Il ne faut pas être dupe du discours alarmiste et mensonger de certains syndicats ».

Il hypnotise : « Les enseignants volontaires (déjà nombreux) peuvent augmenter leur pouvoir d’achat grâce au milliard d’euros distribué pour les heures supplémentaires ».

Il vaporise : « On me demande des postes : je réponds études surveillées, nouveaux programmes, stages, revalorisation du lycée professionnel ».

Bref, il refuse d’admettre...
Qu’il déscolarise.

Alors, à Lamartine, on s’est dit : il faut rassurer le Ministre, lui dire que pour nous la réussite n’est pas seulement une ambition mais une réalité.

Lamartine c’est :

-         Un taux de REUSSITE AU BREVET : 84.45 % en progrès constant depuis plus de cinq ans

-         Une orientation au LYCEE en seconde générale et technologique (65%) et en seconde professionnelle (29%) que l’on sait majoritairement réussie grâce au suivi de nos anciens élèves.

-         Une classe P.A.C. « cinéma et audiovisuel »

-         Un « atelier artistique » consacré aux arts premiers

-         Du soutien et un accompagnement éducatif de qualité (aide méthodologique, aide au devoirs et aux leçons, aide à la compréhension et à la mémorisation, mise à niveau orthographique, Soutien-aide-matière en Français et Mathématiques, activité cinéma/vidéo, rédaction d’un journal, création de chansons, écriture poétique, initiation aux premiers secours, tennis de table.

-         Des CLUBS (Basket, club Anglais, club Allemand, club Ecologie, club Techtonik, club Chorale, club Manga)

-         Une Vie Scolaire avec deux C.P.E.

 

Alors, nous nous battons pour conserver

-         des classes à effectif raisonnable  -24 élèves par classe

-         le nombre d’heures de cours nécessaires pour assurer un enseignement de qualité, et les professeurs pour assurer ces heures

-         les dédoublements indispensables dans certaines matières

-         la possibilité de continuer à assurer des activités de soutien et de perfectionnement

Nous nous battons parce que c’est en partie grâce à ces moyens que LAMARTINE peut être UN COLLEGE DE REUSSITE

 

NOUS NE VOULONS PAS QUE CETTE DYNAMIQUE CESSE !

 

Qu’on se le dise…

 

Et pour terminer, puisqu’on nous sert et ressert en permanence la baisse démographique pour justifier les économies sur les fonctionnaires et qu’on en profite pour faire des économies sur les élèves en augmentant leur nombre dans les classes.

 

Une petite enquête dans les rues de Houilles a révélé :

 

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Que s’il y a crise, cela ne devrait pas durer…

 

(1) Toutes les citations sont extraites de l'interview donnée par Xavier Darcos au journal gratuit 20 minutes, le 1er avril 2008.

28/02/2008

Espérons qu'on n'en arrive pas là !

Quand on sait que nos gouvernants aiment à s’inspirer des autres pays pour réformer le notre, espérons qu’ils n’iront pas voir de l’autre côté de la Méditerranée… En revanche, nous, on devrait s’en inspirer : 85,21 % de grévistes, ce n’est pas aussi bien qu’au collège Lamartine de Houilles le 15 février mais c’est quand même impressionnant.

Le quotidien algérien El Watan, édition du 28 février 2008:

 

Le gouvernement réprime la grève de la fonction publique

Les premières sanctions tombent

Les enseignants contractuels ayant pris part au débrayage ont été licenciés et des ponctions, de six jours, sur les salaires des protestataires ont été appliquées par le ministère de l’Education. Vu le comportement du gouvernement, la coordination opte pour la radicalisation du mouvement.

Le gouvernement algérien a opté, contre toute attente, pour le pourrissement de la situation. Ce constat est établi par les membres de la coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique. Révolté, scandalisé, indigné, M. Mériane, porte-parole de la coordination, a exprimé hier sa rage contre un gouvernement qui ne cesse de mépriser ses fonctionnaires. Après le communiqué incendiaire rendu public à la veille du déclenchement du mouvement de protestation de trois jours, qualifiant les représentants des fonctionnaires d’« agitateurs », le chef de l’Exécutif passe une vitesse supérieure en ordonnant des sanctions sévères contre certains grévistes. Emboîtant le pas au ministre de la Santé, M. Benbouzid, ministre de l’Education, a décidé par l’intermédiaire des représentants de l’académie d’Alger de licencier les enseignants contractuels et d’opérer des ponctions de six jours sur les salaires des protestataires.

Lire la suite

 

16/02/2008

Se mobiliser, c'est d'abord s'informer

"Arrêtons cette blague !" a déclaré Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, le 15 février 2008, journée d'action des enseignants des collèges et lycées d'Ile-de-France. Depuis le début du mois de février, les collèges et lycées reçoivent leur Dotation Horaire Globale (DHG) c'est-à-dire le nombre d'heures par matière dont ils disposeront à la rentrée 2008.

Pour des raisons budgétaires, le gouvernement a décidé de supprimer 11 200 postes d'enseignants cette année. Les conséquences sont lourdes: augmentation du nombre d'élèves par classe, fermetures d'options, suppressions de dispositifs de tutorat pour prévenir l'échec scolaire, de soutien pour y remédier, non dédoublement de classes en sciences expérimentales, en langues.

La situation est grave. Des luttes s'engagent partout en France, au niveau local car chaque établissement est touché à un degré différent. A Houilles dans les Yvelines, par exemple, le collège Maupassant perd 6 heures hebdomadaires mais le collège Lamartine perd 101 heures hebdomadaires (soit 14 % de sa DGH actuelle). Le collège Henri Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) perd 7 classes. Le collège Bernard Palissy de Paris Xème perd 70 heures hebdomadaires (et un quart de ses moyens en personnel).

A son modeste niveau, ce blog se propose de rassembler des informations éparses sur les luttes pour que le ministre ne puisse plus dire que "les établissements fonctionneront normalement l'année prochaine" ou que son objectif est de rendre équitable l'offre scolaire faite à nos adolescents.

Se mobiliser, c'est d'abord s'informer !

Enseignants, Parents, Elèves, Citoyens, on compte sur tout ceux qui pourront ici transmettre les coordonnées des nombreux établissements touchés, le nombre de classes supprimées, le nombre de postes concernés. N'hésitez pas à nous décrire vos luttes, nous faire parvenir vos communiqués et diffuser les informations de ce blog.

Comme dirait l'autre, ensemble, tout devient possible ...

 
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