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10/02/2009

Vers une jonction des mouvements sociaux?

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Le gouvernement ne semblait pas s’attendre à de telles turbulences. A voir les têtes de six pieds de long qu’ils nous font, on sent la fatigue venir chez nos ministres. Valérie Pécresse (enseignement supérieur) a l’air bien pâle, Yves Jégo (outre-mer) bien frêle.

Contrairement aux mouvements contre les régimes spéciaux de 2007, L'Elysée, Matignon, la majorité parlementaire n’ont plus cette fois-ci l’argument des pseudo privilégiés contre les forçats du quotidien que seraient tous les autres. Le gouvernement n'a, de toute évidence, pas prévu les autres conflits : les grèves dans la fonction publique pour contester la baisse des effectifs. Et la révolte des universités menées par des professeurs émérites opposés à la réforme du statut des enseignants chercheurs. On est bien loin des étudiants soi-disant irresponsables mobilisés contre le CPE, soi-disant manipulés par les partis d’extrème-gauche. Et la grève générale en Guadeloupe et bientôt en Martinique contre la hausse des prix pratiqués par des milieux économiques tenus par 1% de riches blancs, héritiers d’un monde né au 17ème siècle (voir l’excellent dossier du journal de 20 heures de France 2 ce soir). Et on ne compte plus, les professionnels de la justice qui défilent de temps à autres pour contester la réforme de la carte judiciaire, les mouvements de sans papiers dont on oublie qu’ils vont sans doute payer au prix fort la crise et la montée du chômage.

Non pas de « privilégiés », pas « d’irresponsables » dans les mouvements sociaux. Juste des gens assommés par des factures à rallonge, qui n’arrivent pas à comprendre pourquoi on réduit les impôts de 1% de la population sans trouver de quoi relever le pouvoir d’achat des 99% restant. Ils avaient pourtant, pour une large majorité d’entre eux cru élire le président du pouvoir d’achat. Mais le bougre n’avait pas dit de qui il serait le président du pouvoir d’achat.

Depuis, on sait.

La liste des mécontentements est impressionnante. Pour l'instant, les mouvements ont l’air disparates. Mais le gouvernement peut redouter une jonction. Si officiellement, le pouvoir exécutif affiche sa fermeté, en coulisses, il se pourrait bien qu’on redoute le scénario catastrophe d'un blocage total de tout le pays, de l’outre-mer à la métropole.

Ecoutons la Guadeloupe d’où montent, en refrain, de nouvelles carmagnoles.

 

Max.


podcast
Dominique A, Le courage des oiseaux

09/02/2009

Education, Hôpital, Université: A saisir ! #1

commissaire priseur.jpg« Adjugé. Vendu. » C’est peut-être bien par ces mots que se clôtureront bientôt rituellement les con-seils des ministres.

Education, hôpital, université. Le gouvernement est à la manœuvre depuis plusieurs mois pour changer radicalement le visage des services publics qui sont l’une des grandes spécificités de notre modèle républicain. Conformément aux règles européennes imposées par la Commission européenne et le traité de Lisbonne, les missions de services publics remplacent les services publics. La différence ? Une mission peut être réalisée par une entreprise privée. Problème ? Au lieu de répondre de principes comme ceux de l’égalité, de la continuité et de l’adaptabilité, une entreprise privée dans son sacro-saint monde de la concurrence libre et non faussée impose ceux de rentabilité, de performance, de compétitivité.

Partout, le saucissonnage des services publics est à l’œuvre. Partout la loi sépare ce qui est rentable de ce qui ne l’est pas. A l’Etat la charge des urgences, de l’échec scolaire, des filières universitaires non industrielles. Au privé le bénéfice de la chirurgie, de la formation des élites, de la recherche expériementale. Pourtant l’un ne peut pas vivre sans l’autre. Car le service public est avant tout un équilibre.

Je démarre ici une série de billets sur cette transformation qui est à l’œuvre, aujourd’hui à l’université et à l’hôpital et demain dans l’éducation. Mais, pour commencer étudions, selon quelle logique et quel processus la progressive privatisation de l’énergie s’est faite en France et dans le monde, au cours de la décennie qui s’achève. Un modèle du genre dont nous tenterons de démontrer qu’il est, aujourd’hui, à l’oeuvre pour le démantèlement de nos autres services publics.

EDF, LES APPRENTIS SORCIERS
Un film de Gilles BALBASTRE, 2006, 52 min

 
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