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12/01/2009

Voeux 2009: Sur l'Education, Nicolas Sarkozy fait diversion

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Nicolas Sarkozy a présenté, ce lundi 12 janvier, à 12h20, ses vœux aux personnels de l’Education nationale. Certes, certes, ce genre d’exercice ne se prête pas aux réflexions de fond. Mais tout de même, aide-t-il à deviner la philosophie et la nature des grands chantiers à venir.

 

Or, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est loin du compte.

 

Des questions, le monde enseignant, et le monde tout court d’ailleurs, en ont :

 

La marchandisation qui atteint toute les activités contournera-t-elle l’école ? Le sanctuaire scolaire peut-il espérer ignorer impunément la modification des comportements sociaux dans un monde que dominent les valeurs et les résultats de la société du « tout et libre marché » ?

Le vieillissement de la population ne promet-il qu’une agréable baisse des effectifs dans nos classes (Le ministère estime à 20 000 le nombre d’élèves en moins l’an prochain dans le secondaire) ?

La massification, tout compte fait, réussie de l’accès à l’école satisfait-elle la démocratisation que nous voulions ?

Quid du supplice du collège unique ? (Après l’école primaire, nous réformerons le lycée, dit Nicolas Sarkozy. Mais que fait-il de ce qui les relie, à savoir le collège ?) Quid des modèles pédagogiques uniques ? Quid du brise reins que constitue le premier cycle universitaire ? Quid de la misère sociale de tant de jeunes en formation ?

 

Il semble, hélas, que, pour nos gouvernants, tout cela ne soit qu’inconvénients mineurs. En témoignent les extraits de l'intervention du Président de la République repris par 20 minutes:

 

 

 

En témoignent aussi les deux nominations annoncées :

 

Richard Descoings, tout d’abord. Médiatique directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, il sera chargé de conduire la mission de concertation ("d'analyse, de compréhension, d'écoute et de proposition") sur la réforme du lycée, sous la direction de Xavier Darcos. Il est connu pour avoir créé en 2001, pour accéder à son établissement, une filière dérogatoire au concours à l'intention d'élèves des zones d'éducation prioritaire (ZEP).

 

Martin Hirsch, ensuite. Déjà commissaire aux Solidarités actives, il prendra la tête d’un nouveau haut commissariat à la Jeunesse. Bernard Laporte se verra ainsi privé d'une partie de son secrétariat d'Etat (aux Sports et à la Jeunesse). « Le Président entend ainsi montrer qu'il accorde une importance particulière au désarroi de la jeunesse, qui a conduit selon lui à la contestation lycéenne de la fin 2008 », résume 20 minutes.

 

A eux deux, ils résument la philosophie de Nicolas Sarkozy en matière d’éducation :

D’une part (et c’est peut-être bien le sens à donner à la nomination de Richard Descoings), faire en sorte que les restrictions budgétaires n’empêchent pas le système de produire la bonne proportion des jeunes parvenant aux mêmes grandes écoles que leurs parents. Mais est-ce la seule élite dont notre société a réellement besoin ?

D’autre part, calmer la jeunesse, qui pourrait bien venir en appui à la mobilisation, parfois un peu faiblarde, des personnels de l’Education face à la « réformite » aiguë  de Xavier Darcos.

 

Voilà de quoi transformer les meilleures idées en gadgets et donner le tournis aux acteurs de terrain.

 

Voilà à quoi se résume la volonté politique essoufflée de Nicolas Sarkozy : amuser le parterre… et faire diversion.

 

Max.

 

 

 

Du vent, des pets des poums, dirait Gainsbourg.

 

08/01/2009

Xavier Darcos veut faire parrainer les élèves par des entrepreneurs

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On le sait, le renard symbolise depuis longtemps la ruse et l'habileté : de fait il agit avec perspicacité, pouvant revenir par exemple sur ses propres traces s'il est chassé. Mais à l'inverse, il peut se montrer très imprudent en passant sans s'arrêter devant des cachettes sûres.

On le sait aussi, Xavier Darcos est un vieux renard. On se doute bien qu’ayant échoué, pour l’heure, sur sa réforme du lycée, il pourrait bien revenir sur ces propres traces.

Alors, on guette. On se dit que le vieux renard n’a pas dit son dernier mot. Question de fierté d’abord. Comment un as de la réussite selon son entourage politico médiatique, ce proche du Président qui se verrait bien Premier ministre, ce spécialiste de la démographie enseignante (il a bien compté, rendez-vous compte : 12 élèves par classe en moyenne), bref, comment ce beau résultat de la politique du résultat pourrait-il en rester sur un tel échec ?

Question d’idéologie ensuite. « Qui peut contester que l'ouverture à la concurrence a totalement changé le visage du service public des télécommunications, amélioré la qualité du service, enrichi l'offre, réduit les prix, développé l'innovation ? » (1) déclarait le maître lorsqu’il se préparait à devenir le grand chef. « Qui pourrait contesté que ce qui se fait dans certains services publics ne pourrait se faire dans d’autres services publics ? » pourrait bien se dire le disciple.

Question de politique politicienne enfin. En Sarkozie, si on ne bouge plus, si on se tait, c’est qu’on est mort.

Exemple, ces jours-ci.

Les Sciences économiques et sociales (SES) sont en sursis. La réforme reportée (avortée ?) du lycée prévoyait dans sa première ébauche leur éclatement. Depuis plusieurs années, certains lobbies, comme l’Institut de l’Entreprise, appuyés par le MEDEF et proches du ministre, poussent à la création d’une discipline qui se concentre quasi exclusivement sur l’entreprise, réduisant à la portion congrue les enseignements macroéconomiques jugés trop critiques vis-à-vis du capitalisme, producteur de richesses certes (et encore) mais d’inégalités et d’injustices aussi. Cachez donc ces défauts, ces défaillances que nous ne saurions voir. D’alternative il ne peut y avoir. Réguler, moraliser, humaniser, réformer seraient-ils des verbes à proscrire du bon discours du bon entrepreneur et surtout du bon futur salarié ?

Mais patatras. Mi décembre déjà, Xavier Darcos recule sur la réforme des SES. Il n’y touchera pas, foi de vieux renard qu’il est. Mieux encore, de Jérusalem où il est en visite, sentant une Intifada bien française monter tout doucement aux portes des lycées, Xavier Darcos, recule de nouveau. La réforme du lycée sera pour 2010.

Et puis, silence radio.

Jusqu’à aujourd’hui, 7 janvier. Communiqué de presse de Xavier Darcos 

« Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, et Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé des P.M.E., signent avec l’association 100 000 entrepreneurs une convention visant à organiser des parrainages de classes de collèges et lycées par des entrepreneurs.

Cette signature a lieu lors d’un événement organisé pour l’occasion en partenariat avec le Codice (2) (Conseil pour la diffusion de la culture économique) : une classe de la cité scolaire Voillaume d’Aulnay-sous-bois est accueillie chez Pixmania, pour une visite de l’entreprise et un échange avec les fondateurs de l’entreprise.

(…) 100 000 entrepreneurs est une association d’intérêt général fondée par Philippe Hayat en 2006, visant à transmettre aux jeunes la culture d’entreprendre. A ce jour, plus de 1500 entrepreneurs y sont inscrits ; 30 000 jeunes ont reçu leur témoignage. Une centaine de parrainages a déjà été organisée. »

Jusque là, cela semble plutôt anodin.

Mais qui est Philippe Hayat et quel est l’esprit de son association ?

Sur le blog de l’association, il se présente et nous dévoile ses intentions :

Plus loin encore, il est encore plus précis dans un billet du 15 décembre intitulé « De l'enseignement de l'économie à l'école »

 

« Quelle économie faut-il enseigner ? Cette question reste en suspend, parce qu’elle est sans doute la plus idéologique de toutes. Jusqu’à présent, les sciences économiques et les sciences sociales sont mêlées au sein d’un même programme. L’analyse des mécanismes économiques par le seul prisme social présente des risques de dérapage idéologique. Sans doute faudrait-il isoler, dans le nouveau programme de seconde,  un module spécifique de « sciences de l’économie » (et pas seulement « sciences de la société » tel qu’il est prévu), expliquant les mécanismes économiques fondamentaux et permettant aux élèves de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent. »

 

Comment conclure ?

 

On le sait, le vieux renard Xavier Darcos symbolise depuis longtemps, en Sarkozie, la ruse et l'habileté : de fait il agit avec perspicacité, pouvant revenir par exemple sur ses propres traces si une réforme est rejetée.. Mais à l'inverse, il peut se montrer très imprudent en pensant qu’il pourrait nous faire des petites cachotteries.

 

Max.

 

 

(1) Les paroles s’en vont mais les écrits restent : discours de Nicolas Sarkozy à la convention UMP sur le service public, le 7 juillet 2005.

(2) Le Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice) a été créé il y a deux ans par le ministre chargé de l’Économie, puis renouvelé récemment par Christine Lagarde. Ce Conseil, composé de personnalités du monde de l’économie, de l’éducation et des médias, est chargé de proposer des actions concrètes de diffusion de la culture économique et du monde professionnel.

 

02/01/2009

Monoprix vs Robin des Bois

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Robin des bois - 3

Monoprix - 0

 

Trop fort et réjouissant...

 

Dernière minute sur 20 minutes:

 

"Une scène surréaliste. Mercredi après-midi, quelques heures avant les bombances du réveillon, au Monoprix de la rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris. Une cinquantaine de précaires, de chômeurs et d’intermittents du spectacle «réquisitionnent» une dizaine de chariots, après les avoir remplis de fois gras, de saumon, mais pas seulement: pâtes, patates, huile sont aussi raflés. Ils bloquent ensuite les caisses du supermarché et exigent que le directeur les laisse sortir sans appeler la police."

 

Lire la suite (fortement recommandé)

Mais où est donc passée la politique de civilisation ?

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Nicolas Sarkozy, égal à lui même pour les voeux 2009: quelques 20 fois « je », 1 fois « le gouvernement » et 3 petites fois « nous ». En effet, depuis qu’il est élu « sans lui rien n’est possible ». Voilà pour la forme de l’allocution 2009 des vœux de Nicolas Sarkozy. Mais aucune fois le mot « civilisation » fer de lance de la déclaration de vœux de 2008 n’est évoqué. Les discours de Nicolas Sarkozy seraient-ils des coquilles vides, les paroles sans effets. Dans le monde du président, les causes seraient-elles sans conséquences ?

Je n’ose y croire. Petite comparaison.

Vœu 2008 : « Avec 2008, une deuxième étape s'ouvre : celle d'une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde (…) Je souhaite du fond du coeur qu'elle soit pour la France, pour chacun d'entre vous, pour tous ceux qui vous sont chers une année de bonheur et de réussite ».

Variante 2009 : « L'année 2008 s'achève. Elle a été rude. (…) Pour tous les Français, cette année a été difficile. La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et de souffrances. »

Vœu 2008 : « Nous ne résoudrons rien (…) si nous n'entreprenons pas de moraliser le capitalisme financier. Il ne s'agit pas de faire des discours - on en a tant fait - il s'agit d'agir pour obtenir des résultats. »

Variante 2009 : « Pour tous les Français, cette année a été difficile. La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et de souffrances. Chacun d'entre vous en subit les conséquences. »

Vœu 2008 : « Nous ne résoudrons rien (…) si nous ne retrouvons pas le goût de l'aventure et du risque. (…)Il ne s'agit pas de faire des discours - on en a tant fait - il s'agit d'agir pour obtenir des résultats. »

Variante 2009 : « Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes. J'en suis pleinement conscient. Je suis plus décidé que jamais à y faire face, avec le souci de la justice, avec l'obsession d'obtenir des résultats. (…) Nous serons pragmatiques, attentifs, réactifs et s'il faut faire davantage, nous le ferons mais en gardant notre sang froid. »

Vœu 2008 : « Depuis trop longtemps la politique se réduit à la gestion restant à l'écart des causes réelles de nos maux qui sont souvent plus profondes. »

Variante 2009 : « Après avoir préservé les économies de chacun grâce au plan de sauvetage des banques, ce sont les emplois de tous qu'il faut désormais sauver. Le plan de relance massif de l'investissement de 26 milliards d'euros qui a été décidé y contribuera. C'est un effort considérable. Des mesures ont été arrêtées pour sauver notre industrie automobile, en contrepartie de l'engagement des constructeurs de ne plus délocaliser leur production. D'autres initiatives seront prises avec le fonds souverain dont nous nous sommes dotés pour préserver notre tissu industriel. »

Et un petit dernier pour la route et tout le monde sait, ô combien, comme le disait si bien Jean-Pierre (Raffarin), que « la pente est rude mais la route est droite » :

Vœu 2008 : « Notre vieux monde a besoin d'une nouvelle Renaissance. Eh bien, que la France soit l'âme de cette Renaissance ! Voici mon voeu le plus cher pour cette année qui vient. »

Réponse 2009 : euh….

 

Pour finir, en paraphrasant notre cher Président, mes chers compatriotes de la blogosphère :

« La crise nous oblige à changer plus vite et plus profondément. La crise est une épreuve. Elle est aussi un défi.

Ce défi là, je veux le relever avec vous. Vous pouvez compter sur moi.

Nous avons des atouts considérables. Il y a dans le peuple français quand il est rassemblé assez d'énergie, d'intelligence et de courage pour que nous ayons ensemble confiance dans l'avenir.

Nous allons sortir renforcés de cette crise.

Du fond du cœur je présente à chacun d'entre vous mes meilleurs vœux pour 2009.

Vive la République, Et vive la France. »

 

Max.

 

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Petite improvisation à partir de l'affiche
de la comédie musicale"Grease"
donnée actiuellement au Théatre Comédia

01/01/2009

Xavier Darcos vous souhaite une joyeuse année 2009

Un petit mot de notre cher ministre pour cette année deuxmilleNEUF qui commence :

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Pour voir l’animation cliquez sur PLAY

 

Je souhaite une bonne et heureuse année à tous les lecteurs de ce blog.

Max.

30/12/2008

Read before burning

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Face à la montée des tensions en France, nous poursuivons notre tour d’horizon de la presse étrangère. Après avoir ouvert nos colonnes à un quotidien de Bogota, nous accueillons aujourd’hui l’article poignant de vérité d’un journaliste irakien qui découvre à la lecture du magazine Valeurs actuelles une réalité proche de la sienne.

Voici son reportage :

"Attention ! Un groupe de lycéens, juste derrière vous. Quatre types. Ils approchent. - ­ OK, bien reçu. Pierre-Marie, tu ralentis, laisse passer."

Nous sommes en plein cœur de Paris, 9ème arrondissement. Le chauffeur de notre taxi obéit. Amis ou ennemis ? Bref silence tendu dans l’habitacle. La radio de bord a cessé de crachoter. Sur le siège passager avant, les puissantes mains  de Jean-Marie se crispent sur la batte de base-ball posée en travers des genoux.

A Paris, aujourd’hui, plus personne ne fait confiance à personne. La méfiance est à la mesure de l’insécurité : générale. Dans les embouteillages, vite titanesques lorsque des hordes d’enseignants décident soudainement de faire grève pour bloquer une avenue ou un pont, chacun observe attentivement chacun. Les quatre types devant sont-ils flics en civil, bandits, enseignants, ou membres de la guérilla lycéenne ? Le jeune tout seul sur son vieux scooter amoché, sur notre flanc gauche : innocent étudiant ou kamikaze fanatisé qui va, dans une seconde, actionner sa charge explosive et perpétrer un carnage ?

Pour François d’Orcival, journaliste courageux et téméraire à Valeurs Actuelles, dans le 9ème arrondissement, « il ne s’agit que de mouvements ultraminoritaires, la plupart des enseignants se défendent d’entrer dans leur jeu et font même de la résistance active contre cette dérive. Mais que peut faire un chef d’établissement, aidé par quatre surveillants, lorsqu’un groupe cagoulé surgit dans les classes pour y briser les ordinateurs à coups de battes de base-ball ? Il appelle au secours. Mais autour de lui, la société elle-même est gangrenée. Les ligues minoritaires ont pris le contrôle de certains syndicats, ainsi que de ces associations de parents d’élèves auxquelles on tend les micros – de sorte que du haut en bas de la hiérarchie, le langage obéit aux mêmes slogans, répandant, par le truchement de la classe et d’Internet, les rumeurs les plus mensongères sur l’avenir de l’école, celui du lycée et même de la maternelle… » Et de rajouter : « L’idée générale est d’affoler les vrais parents en jouant sur l’indignation des enfants si naturellement embrigadés. Une fois dans la rue, ceux-ci se laissent emporter par l’exaltation de la destruction.»

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La"zone verte", là où tente de travailler François.

Rester soi-même dans le chaos croissant qui s’installe à Paris est devenu l’obsession. Il n’y a pas de solution miracle. Pour passer au travers des barricades quotidiennes, de jour comme de nuit, éviter les injures, les détournements des associations de parents d’élèves, les enlèvements idéologiques, sans parler des coups de battes de base-ball et des incendies de poubelles qui se poursuivent au jour le jour, chacun espère avoir sa panacée. Deux millions d’habitants, presque autant d’idées. Aucune n’est absolument sûre.

Il y a bien eu quelques tentatives, nous dit François : «  les jours de grève ne sont plus payés ; l’instauration d’un service minimum à l’école qui, malgré tant d’obs­tacles, fait apparaître que le déclenchement d’une grève entraîne une contrepartie, un début de sanction. Il en faudra d’autres pour que certains professeurs comprennent que leur métier ne consiste pas à faire défiler leurs élèves dans la rue. »

Depuis qu’une batte de base-ball rebelle s’est abattue la semaine dernière sur l’école de son quartier, François n’envoie plus ses deux fils en classe. "Au début de l’occupation, je travaillais pour la Présidence de la République, comme journaliste au Figaro. Un polycopié signé d’une ’brigade de la résistance’ a été glissé sous ma porte en octobre 2004. Il comportait 39 noms, le mien était surligné de bleu. ’Dernière chance pour sauver votre vie’, disait le texte. ’Cessez immédiatement de collaborer avec les croisés.’ Depuis, je ne mets plus le nez au delà de la « zone verte » (centre de Paris)

François connaît sur le bout du doigt les quarante et quelque rues et avenues interdites à toute personne démunie de permis ad hoc. Il connaît les "zones sensibles". " Mais ça paye bien ici [à Valeurs Actuelles]. Et puis on a de l’électricité vingt-quatre heures sur vingt-quatre." Contre deux ou trois heures seulement en "zone rouge". Depuis mai 2007, François n’a pas mis un pied hors de la zone protégée. "Trop dangereux dehors, dit-il. Et puis, si l’on sort, il faut revenir. Et là, n’importe quel enseignant ou lycéen peut, sur un mouvement d’humeur, confisquer votre pass Navigo et vous interdire de rentrer. J’ai pas mal d’amis à qui c’est arrivé."

Dehors, sur l’avenue, un concert de sirènes caractéristique a figé la circulation. Un groupe d’individus (enseignants ou lycéens, qui sait ?), foncent vers leur base dans la "zone rouge". Le dernier porte la pancarte habituelle, en lettres rouge sang: "Non à Darcos ! Des postes pour nos lycées !" Où vont-ils ? Quelle barricade vont-ils encore monter? Mystère.

Rue de Grenelle, au Ministère de l’Education, Xavier Darcos, vient d’affirmer que la réforme du lycée était reportée, que tout allait être remis à plat. Dix huit mois après son arrivée à la tête du ministère, cet avis n’est partagé par personne en France.

François conclut notre entretien : « C’est l’hésitation nationale qui a conduit à Mai 68 ; elle qui a fait de l’École la base électorale de la gauche et créé ce “mammouth”, où rien ne devait bouger. Il est inutile et téméraire de l’attaquer de front, mais nécessaire de le circonscrire, patiemment, résolument, et sans hésitation. »

En attendant, pour survivre à Paris, mieux vaut compter sur sa bonne étoile.

De notre envoyé spécial dans le 9ème arrondissement de Paris.

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Le siège de Valeurs actuelles, rue Saint Georges à Paris

21/12/2008

changement d'épok ?!

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Ces vacances de fin d’année seront pour nous l’occasion de prendre un peu de recul par rapport aux emballements de ces deux dernières semaines. Dans la lutte, il faut savoir de temps en temps lever la tête pour, disons, garder la tête haute.

Jean-Michel Dumay dans sa chronique du Monde, aujourd’hui, nous y aide. Car, cette dernière semaine est très contradictoire. Le gouvernement montrait une évidente volonté d’apaisement. Xavier Darcos n’a t-il pas déclaré vouloir « reprendre le dossier à zéro », ou encore, sans rire, devenir le « ministre de l'Explication nationale» après avoir refusé d'être celui de «l'hésitation nationale »). Dans le même temps, les lycéens amplifiaient leurs manifestations.

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Changer d'époque. Est-ce forcément pour aller vers le pire?

Ce qui domine donc c’est une incompréhension des uns envers les autres. Incompréhension qui pourrait bien être due à une transformation profonde de la société devenue plus transversale, fonctionnant en réseaux alors que l’Etat, le gouvernement et même l’état d’esprit d’une majorité d’entre nous restent encore basés sur la hiérarchie, la verticalité des relations sociales.

Une incompréhension qui pourrait aussi tenir à notre système de transmission des savoirs : « Les jeunes adultes zappent d'un cours à l'autre, cherchant moins la magistralité que le partage d'expériences. On prend ou on ne prend pas ».

L’homme politique n’est plus le seul maître de son discours :

Car le discours politique enferme, cadenasse les mouvements de la société jusqu’à la caricature :

A méditer…

Max. 

18/12/2008

Xavier Darcos, pris en otage

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A Bogota (Colombie), la nouvelle a fait sensation. Dans un entretien donné au quotidien Le Parisien, le 16 décembre, Xavier Darcos délare que sa "réforme du lycée est devenue l'otage de rumeurs qui affolent l'opinion publique et créent l'inquiétude chez les parents à dessein". La France ne serait donc pas épargnée par ce fléau des prises d'otages. Un important quotidien colombien a dépêché sur place un de ses envoyés spéciaux.

 

Voici son reportage :

Pour Xavier Darcos, Ministre français de l’Education nationale, la journée du mercredi 17 décembre marquera le début de sa première année de détention. L'espoir d'un accord permettant la libération de l’otage enlevé cette semaine s'est amenuisé ces dernières heures.


Avec l’usager de la SNCF et celui de la RATP, le membre du gouvernement est l’otage régulier de guérillas dont « la fonction principale est la résistance au changement ».

 

Pour Rachida Dati, garde des sceaux, la guerre est bientôt terminée. La semaine dernière, sa famille politique a appris sa prochaine disparition du gouvernement, après des mois d’incertitude. Cette jeune avocate était depuis un an et huit mois détenue par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de la Magistrature. Elle faisait partie des nombreux otages qui, comme Xavier Darcos, attendent dans la jungle un accord d’échange humanitaire entre le gouvernement et les rebelles qui permettrait leur libération.

La disparition politique de la garde des sceaux, atteinte de la maladie du mépris a rappelé au pays l’urgence d’une négociation. « Si sa disparition peut inciter les deux camps à s’entendre, elle n’aura pas été vaine », affirmait, en substance, la semaine dernière son plus proche partisan, Jean-Pierre Raffarin.

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Sitôt la nouvelle connue, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait installer le portrait de l'otage sur le fronton de l'Hôtel de ville.

Malheureusement, alors que Xavier Darcos devait débuté, mercredi 17 décembre, sa première année de détention, rien n’est moins sûr. Ni le gouvernement, ni la guérilla des lycéens, qui exige toujours que soient relâchés les 13 500 postes d’enseignants prisonniers du budget 2009, ne paraissent prêts à céder sur ce dossier.

L’annonce, ces derniers jours, d’un recul sur le travail du dimanche, acceptée par l’Elysée, qui jusqu’ici rejetait tout aménagement à ses réformes, avait redonné espoir aux familles, avant que la réponse des rebelles ne tombe, tranchante. « Il est clair qu’avec Nicolas Sarkozy, il n’y aura pas d’échange humanitaire », faisait savoir le mouvement armé de sa détermination sur son site Internet à la veille du Nouvel An.

L’année 2009 est une année cruciale en France. En juin, le pays élira ses représentants au Parlement européen. Un scrutin au cours duquel l’actuel chef d’État, Nicolas Sarkozy, souhaite faire valider au près des électeurs son bilan en tant que Président de l’Union européenne, que la plupart des sondages jugent satisfaisant.

 

L’effort de guerre, appuyé par l’Elysée, coûte cher au pays

 

Dans ces conditions, la guérilla de ceux qui refusent de travailler plus dans des conditions de plus en plus dégradées refusera sans doute de donner le moindre avantage à celui qui avait juré de « l’anéantir », lors de son arrivée au pouvoir il y a bientôt deux ans. De son côté, le président veut, pour assurer sa réélection en 2012, des résultats tangibles : une réforme d’ampleur du système scolaire en serait un.

Conformément à ces consignes présidentielles, Xavier Darcos a mis les bouchées doubles : des milliers de suppressions de postes, le service minimum obligatoire en cas de grève, l’abandon progressif de la carte scolaire afin de garantir à chacun le droit à une inégalité choisie.


Une vaste opération d’éradication est en cours parmi les professeurs des écoles spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire (les RASED), au milieu de combats qui ont coûté leur poste à près de 3000 d’entre eux.

 

Autant d’éléments qui laissent penser que la confrontation est loin d’être finie, et que l’anéantissement promis par le président est une chimère. « Même si certaines réformes sont d’ores et déjà réalisées, les résultats ne sont pas proportionnels aux sacrifices fournis par le pays, explique en substance l’expert en éducation, Philippe Meirieu. Réformer l’école contre les personnels, les lycéens et leurs parents dans des proportions si vastes est quasi impossible. »

Autant dire que la libération de Xavier Darcos n’est pas pour tout de suite, coincé entre les besoins de résultats du Président Sarkozy et les revendications des guérilleros déterminés à imposer leur vision d’une réforme qu’ils voudraient source d’avenir pour les élèves et de progrès pour l’ensemble de la société plutôt que d’allègements budgétaires et de désengagements de l’Etat.

 

De notre envoyé spécial à Paris.

 

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15/12/2008

Xavier Darcos est en Israël mais le mur des Lamentations serait en France

darcos_murdeslamentations.JPGXavier Darcos est au pied du mur. Mais de quel mur s'agit-il ?

Hier, en visite à Jérusalem, Xavier Darcos s’interrogeait. Aujourd’hui à Ramallah, il a tranché : la réforme du lycée est reportée.

Sont-ce les souvenirs des intifada palestiniennes ou bien les déboires monumentaux des gouvernements qu’il visite qui l’ont inspirés ? Est-ce la crainte de voir ne rester du temple qu’est l’Education nationale en France qu’un mur des Lamentations où parents, élèves et enseignants viendraient rituellement pleurer leur école publique perdue ? On s’interroge. Mais de toute évidence un déclic s’est produit.

Le Parisien de ce matin, bien informé apparemment, semblait annoncer ce qui s’est finalement produit : « Dans l’entourage du ministre, on se demande même si cette réforme n’est pas allée trop vite et on s’interroge sur l’opportunité d’un report ». C’est donc fait depuis ce matin.

Tous nos médias se préoccupent des raisons de ce recul. Peur des lycéens dont les manifestations et blocus se sont multipliés cette dernière semaine laissant craindre des débordements à la grecque ?

Nous allons sans doute entendre et lire que la droite a toujours eu peur de l’Ecole depuis 68, Devaquet, le CPE.

Mais il existe peut-être une autre raison qui tient en Xavier Darcos lui-même : cet homme qui confiait pourtant au printemps dernier, dixit Le Parisien, « je vais tout faire pour concentrer le tir sur moi, je vais offrir mon corps à la science », ne peut plus être crucifié aujourd’hui.

Un trésor pareil, il faut le ménager.

Le Parisien fait un de ses titres là-dessus : « Xavier Darcos, le ministre sécurisant ». le portrait qui nous est dressé pourrait presque nous en convaincre. « Bon soldat » du gouvernement, « Premier ministrable », éteignant des incendies qui menaçaient de s’allumer, « jouant l’apaisement », « s’excusant » même. On lui promet un petit Matignon avec l’Education, la Culture, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle »

Michelle Alliot Marie usée, Dati bunkerisée, Rama Yade atomisée, Hortefeux ultra-droitisé, Bertrand remisé (à l’UMP pour préparer l’après Fillon et 2012), il ne reste bien que Xavier Darcos pour faire bonne figure dans ce gouvernement.

Il ne faut pas perdre de vue le contexte: la crise économique et sociale qui se profile et un Nicolas Sarkozy qui redevient simple petit président français le 1er janvier. Fini le grand leader européen au secours de la finance mondiale et des géorgiens opprimés. Retour à la case France. La leçon grecque est sans doute en train d’être tirée : à ne pas savoir arrêter les incendies quand ils démarrent, un gouvernement fini par se faire immoler.

Les coupes sombres dans le budget de l’Education nationale, le vent de colère qui monte depuis nos écoles primaires font craindre le pire. La grève massive (70% dans le primaire) du 20 novembre a non seulement rendue inapplicables la loi sur le service minimum mais reçu un écho très favorable au sein de la population et des parents d’élèves notamment. Rajoutez les lycéens à cette grogne qui monte et c’est une révolte qui pourrait poindre.

Xavier Darcos est la roue de secours du gouvernement. Son assurance-vie. En cas de malheur (une crise par exemple avec un fort taux de chômage à l’horizon 2010-1012), le travail de Xavier Darcos pourrait permettre, grâce à une bonne campagne de communication, de façonner l’image d’un président qui a su, malgré les circonstances, réformer la France.

Nous avons raison de ne pas baisser la garde : l’école est un enjeu énorme.

 

Max.

13/12/2008

Mais qu'a donc (dé)fait Xavier Darcos ?

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Il y a quelques jours, notre hôte, 20 minutes s’essayait courageusement à l’exercice complexe de décryptage des griefs qui s’accumulent en direction de Xavier Darcos, encore ministre de l’Education nationale. « Mais qu’a donc fait Xavier Darcos ? » s’interrogeait Catherine Fournier dans son article. C’est qu’effectivement, il y a péril en la demeure. Chez les profs et leurs élèves, bien sûr (nous y reviendrons) mais aussi dans les médias (les hordes grecques vont-elles déteindre sur nos jeunes têtes blondes hexagonales ?) et chez nos gouvernants qui font preuve d’une certaine nervosité ces temps-ci (l’ultra gauche française n’est-elle pas devenue notre Hezbollah ?)

 

Bref, ça bougeotte un peu partout et quand on sait que l’année 2009 sera pire que le dernier trimestre 2008 (C’est Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, qui le disait jeudi soir à Arlette Chabot), tout-ce-qui pense-et-ce-qui-décrète dans le pays à de quoi se faire quelques soucis.

 

Alors, bien sûr, en ce moment, être ministre ce n’est pas simple. Bilan en perspective car remaniement en vue. Et s’il y en a bien un qui joue gros, c’est Xavier Darcos. Le ministre « une idée par jour », parfait sarkoziste dans le fond comme dans la forme se verrait bien Premier ministre. Mais pour y parvenir, il lui faut gagner ses galons de maréchal : ressembler au Maître. De ce point de vue, Xavier Darcos fait presque un sans faute. Reste l’opinion : tolérera-t-elle d’avoir deux Sarkozy en même temps ? Rien n’est moins sûr.

 

A notre tour, essayons nous au décryptage de la feuille de route de Xavier Darcos.

 

Postulat n°1 : en tout bon sarkoziste sommeille un réducteur de tête

 

Catherine Fournier nous le dit dans son article de 20 minutes : en deux ans, 25000 postes supprimés (11200 à la rentrée 2008, 13500 prévus à la rentrée 2009). Mais ceci n’est que la face émergée de l’iceberg. En effet, un certain nombre d’autres mesures mise en œuvre dès cette année conduiront à réduire considérablement le budget du Ministère de l’Education nationale : la fin de l’aide spécialisée dans le primaire, l’étranglement des associations d’aides aux devoirs, la fin de l’école le samedi matin, une année en moins pour le bac pro (il fallait 4 ans pour le décrocher, 3 suffiront), le relookage de la seconde qui conduira à la suppression de 2 à 3 heures de cours hebdomadaire, l’allègement de la formation des futurs professeurs des écoles (la formation en alternance est remplacée par un simple stage). A cela s’ajoute, l’idée, pour l’heure retoquée, de remplacer la petite section de maternelle par de simples jardins d’éveil.

On le voit, en 2008/2009, c’est l’école primaire qui a été l’objet de toutes les attentions du ministre. De nouveaux programmes, plus lourds, recentrés sur le français et les mathématiques sont venus parfaire ce tableau… noir. En 2009/2010, ce sera au tour du lycée. Dans quelques jours le projet définitif de réforme sera dévoilé.

 

Postulat n°2 : en tout bon sarkozyste sommeille un juge anti-terroriste.

 

C’est bien connu : le ministère de l’Education nationale est un repère de vieux crypto-trostko-marxistes. Xavier Darcos a ainsi développé une allergie aux syndicats. Pour éradiquer ces germes d’ultra-gauchistes, il est des mesures très simples que notre ministre s’est empressé de mettre en œuvre : la surveillance de l’opinion pour identifier les dangereux opposants, les projets (qui devraient finalement avorter) de faire éclater les Sciences Economiques et Sociales au lycée dont les professeurs sont suspecter d’être les propagandistes de l’antilibéralisme et de mettre sous contrôle politique les programmes d’histoire.

 

Postulat n°3 : en tout bon sarkoziste sommeille un Homme nouveau

 

Car combattre n’est pas suffisant, il faut inventer un Nouveau Professeur bien sous tout rapport. Certains l’appellent le flexiprof. Peu à peu, il nous apparaît plus nettement. En cours d’élaboration, un nouveau système de mutation des enseignants. Mais déjà il semble que quelques expérimentations aient lieu : le rectorat de Bretagne affecte des professeurs à des postes de conseillers d'orientation-psychologues. Ou dans l’académie de Lille, des profs de génie électrique en lycée professionnel qui se retrouvent à enseigner la technologie en sixième et ceux de lettres modernes contraints de « garder » les enfants dans les centres de documentation et d'information (CDI). A Marseille, on recrute les profs par… petites annonces.

 

Le flexiprof fonctionne aussi au mérite. Là aussi un avant goût avec cet accord rendu public mi octobre et prévoyant des hausses de primes pour les personnels du ministère de l'Education nationale en contrepartie de 1.700 suppressions d'emplois en trois ans.

 

Postulat n°4 : en tout bon sarkoziste sommeille un ministre … de l’Intérieur

 

L’expérimental (et pour cause) département des Hauts de Seine expérimente depuis quelques années les policiers dans les établissements scolaires. Xavier Darcos prend soin tout doucement de généraliser cette brillante invention britannique. Extérioriser la gestion de la vie scolaire. Mais pour cela, il faut changer les règles : voilà le code de la vie scolaire qui prépare si bien le travail de Rachida Dati au ministère de la Justice.

 

Voilà. Les raisons de la colère existent. Elles ne sont pas mineures. Nous sommes loin des revendications classiques sur les salaires ou sur les retraites. Difficile de dire si nous allons vers une marchandisation de l’Education comme certains l’avancent déjà. L’interrogation est en tout cas légitime : la suppression progressive de la carte scolaire semble creuser davantage les inégalités entre établissements et le projet d’évaluation des élèves de CE1 et CM2 laisse craindre une mise en concurrence des écoles, ce qui serait un facteur aggravant.

Ce qui est sûr, c’est que l’école des années 2010, si rien ne change, sera une école à bas coûts, sur contrôlée, aux personnels flexibles et à multiples vitesses.

 

Il y a de quoi manifester non ?

 

Sinon que faire ? Il y a bien une solution mais…

 

« Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à eux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu’il s’appelle monsieur xavier c’est-à-dire monsieur ou plutôt mr x donc vous allez trouver mr x là de deux choses l’une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n’est pas dans son bureau si mr x était dans son bureau il n’y aurait apparemment pas de problème mais évidemment mr x n’est pas dans son bureau vous n’avez donc guère qu’une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu’il n’arrive pas en ce cas il finirait par n’y avoir plus qu’une seule solution retourner dans votre bureau et attendre l’après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu’il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c’est d’aller voir votre collègue mlle y que pour donner plus d’humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mlle yolande mais de deux choses l’une ou bien mlle yolande est de bonne humeur ou bien mlle yolande n’est pas de bonne humeur supposons pour commencer que mlle yolande… » (Georges Perec, l’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation,

 

Combien de temps allons nous reculer pour ne jamais sauter ?

 

 

Max.

 

 

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P.S.:C'est essentiellement grâce aux formidables revues de presse quotidiennes de Philippe Watrelot, sur son site Chronique Education, que j'ai pu rassembler les nombreux articles de presse en lien dans ce billet.

11/12/2008

Petits conseils à un ami...

Hier, c’était jour de mobilisation.

Et vous savez quoi ?

Il est passé nous voir…


Découvrez Bourvil!

10/12/2008

Deux Point, deux mesures

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« A New York on se trouve atrocement dépourvu de piment vital, bien mesquin et vivant, irréfutable, sans lequel l’esprit étouffe et se condamne à ne plus médire que vaguement, et bafouiller de pâles calomnies. Rien qui morde, vulnère, incise, tracasse, obsède, sans concierge, et vienne ajouter certainement à la haine universelle, l’allume de ses milles détails. » (1)

 

Le Point (le hors-série) tente de dénicher, ce mois-ci, l’esprit français. Voltaire, Céline, Montaigne et bien d’autres sont ainsi convoqués pour notre plus grand plaisir.

 

Mais, hélas…

 

Le Point (l’hebdo) fait, cette semaine, sa Une (ou sa haine, c’est selon) sur « les profs, tout ce que l’on n’ose pas dire ». Deux pâles concierges, Emilie Lanez et Marie-Sandrine Sghierri, nous promettent chiffres qui dérangent et autre scandale de l’inégalité scolaire. L’article est une accumulation de mesquineries, de médisances et de calomnie. Mais d’enquête journalistique, rien.

 

Elles nous font traîner trois pages tout de même pour nous avouer que leur papier n’apportera rien: « la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le service statistique du ministère, dénonce dans une lettre ouverte le sort réservé à une quinzaine de notes d’information. Destinées à la publication, elles s’entassent depuis des mois sur le bureau de Xavier Darcos, en attente de son approbation. Ces chiffres dérangeraient-ils ? Une autre publication, « L’état de l’école » qui sort traditionnellement en octobre, est elle aussi coincée dans un tiroir. »

 

Que font alors nos deux Pointures ? Rien. Il semble plus facile de trahir le secret de l’instruction quand on veut percer un dossier judiciaire que de trouver un chemin d’accès vers les rapports de la direction de la statistique du Ministère de l’Education. Nous n’aurons rien.

 

C’est alors qu’un esprit français surgit : Xavier Darcos.

 

Elles nous dressent alors la chronique du combat chevaleresque que celui-ci mène contre des syndicats « arc-boutés sur leurs maigres avantages et ressemblant (du moins dans leur version militante et défilante) davantage à des cheminots ou à des postiers qu’à des intellectuels ». Un combat qui vise à « sortir les professeurs de la plainte pour leur donner goût à la productivité ».

 

Elles nous écrivent l’hagiographie d’un saint homme dont les miracles soigneront, à l’image de cet ancien instituteur reconverti en manager, des enseignants « malades de solitude, souffrant de cette indifférence terrible de leur administration ». Une situation qui « amène une réaction épidermique face à tout changement. Ils sont frappés d’immobilité. Ils ont peur », nous avertit-il.

 

Elles nous narrent l’histoire d’une « révolution culturelle » dont le nouveau Mao, promet de « tout changer : la formation [des professeurs], leur recrutement, leur rémunération, leurs affectations, leur temps de travail… Finies les gentillesses, place à la révolution culturelle », s’emportent-elle.

 

L’article est méprisant. Les arguments sont des poncifs déjà bien éculés. On se demande pourquoi faut-il que ces belles personnes qui se prennent sans doute pour des journalistes se sentent obliger de mépriser autant toute une profession. Elisabeth Lévy et Philippe Cohen dans un ouvrage récent (2) expliquent comment le journalisme est devenu, avec la complicité souvent involontaire de ceux qui l’exercent, une idéologie diffuse qui prend la forme « d’un conformisme pâteux constitué d’idées trop simples et d’icônes vénérées ». On est en plein dedans.

 

Mais cela ne suffit pas. Au-delà de la détestation de notre école, de ses enseignants, des syndicats, des grèves et des manifestations, on s’interroge. N’est-ce pas finalement la France que ces deux concierges détestent sans se l’avouer ?

 

Le Point (le hors-série) cherche toujours l’esprit français. Tout à la fin, Michel Serres nous éclaire : « C’est l’aspect négatif de l’esprit français, une certaine dimension que j’appellerai « collabo ». Tout se passe comme si les Français ne supportaient pas leur culture. Cela fait de la France un pays très ouvert, mais qui le paie par la détestation de ses propres productions. C’est un phénomène très ancien ! C’est une forme de soupçon, de « haine-propre » très particulière à l’esprit français. »

 

Points de suspension.

 

 

Max.

 

(1) Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Gallimard, 1932

(2) Elisabeth Lévy, Philippe Cohen, Notre métier a mal tourné, Mille et une nuits, 2008

 

08/12/2008

L'art d'apprendre à ignorer

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L’art d’apprendre à ignorer. C’est le titre d’un ouvrage, paru en 2000, de notre ministre du mépris.

 

Bien sûr le sujet portait sur cette « fabrique de crétins » que serait devenue l’école pour tous les milieux conservateurs.

 

Toutefois, on ne peut s’empêcher de sourire à l’idée qu’en matière d’ignorance, Xavier Darcos est lui aussi un bel artiste.

 

Que disait ce temple du savoir qu’est Xavier Darcos au moment où les syndicats mobilisaient contre sa politique, le 20 novembre dernier ?

Qu’ils n’étaient plus en phase avec les enseignants. Que la France et le monde avancent plus vite que les cortèges.

Ce genre de sornettes.

 

Et bien, la semaine qui vient de s’achever témoigne du contraire. Un exemple : les résultats des élections professionnelles qui se sont déroulées la semaine dernière :

 

Certes, certes. Les élections professionnelles dans le secteur privé ont nettement moins mobilisées : 25,5 % de participation, une bonne partie des abstentionnistes estimant sans doute que  Nicolas Sarkozy ou Xavier Bertrand sont de meilleurs représentants syndicaux…

 

Mais à y regarder de près, ce chiffre global n’a pas beaucoup de sens et relève donc de l’art d’apprendre à ignorer la réalité.

 

Prenons le milieu enseignant du secondaire, puisqu’il nous concerne :

 

64,4 % de participation aux élections professionnelles du 5 décembre. En hausse de plus de 3 % par rapport à 2005 (source Ministère de l’Education nationale). Autant que l’élection américaine jugée historique du point de vue de la participation précisément, émerveillant comme jamais tous nos beaux journalistes de salon.

 

Quelles leçons tirer de ces élections ?

 

  1. Même si le taux de syndicalisation est en baisse, il ne signifie pas une remise en cause de leur représentativité. Le problème qui est posé est donc davantage leur financement dont dépendent leurs moyens d’action.
  2. La volonté de tous les syndicats de s’opposer aux mesures du ministre est validée par une grande majorité des personnels. N’en déplaise à Xavier Darcos, les grèves et manifestations de ces derniers temps sont bien le signe du ras le bol enseignant face à sa politique de démontage en règle de l’Education nationale.
  3. Là où les personnels sont organisés, représentés, la mobilisation est forte.

Et pourtant il reste du travail pour faire entendre ces vérités-là.

 

Comme l’ont repéré certains observateurs aguerris (1) : « La presse de service public radio et télévision s’est comportée de façon à banaliser le vote et à encourager l’abstention. Un vrai tam-tam pro abstention ! Ce fut le cas pour France inter, qui le matin même n’informe pas sur le vote mais sur le “probable taux d’abstention”. Toute la communication des plus grands médias était orientée sur l’abstention y compris les rares spots télévisés. Sans omettre Le Figaro qui, la veille, explique que le scrutin coûte 90 millions et qu’il vaut mieux le supprimer vu qu’il n’y a pas de participants ce qui est le point de vue explicite du Medef et de la droite. »

 

La première leçon de ces élections est peut-être bien que nous apprenons peu à peu à ignorer... Xavier Darcos et ses acolytes.

 

Max.

 

(1)   Gérard Filoche, « Nette progression des syndicats combatifs en dépit de l’abstention organisée par le pouvoir », in Démocratie et socialisme, décembre 2008

 

 

 

 

Ajout du 8 janvier: Vu sur Rue89

Photo: dans la manifestation parisienne des lycéens (Jacky Naegelen/Reuters)

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26/11/2008

Big Brother ou Big Bluffer ?

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Xavier Darcos veut-il "fliquer" les blogs de profs ? C'est ce que pensent certains enseignants, après la publication d'un appel d'offres du ministère de l'Education nationale, portant sur un service de veille de l'opinion sur Internet. Le ministère récuse les accusations et assure qu'il s'agit simplement de mieux écouter les profs…

... ou peut-être s'agit-il d'un bon coup de bluff histoire qu'on se méfie, qu'on ne bouge pas trop avant les annonces des nouvelles dotations horaires des établissements qui officialiseront très prochainement les "heureux" nominés dans la catégorie "suppressions de postes".

 Le site Arrêt sur images consacre une émission à ce thème. En voici un extrait. Si vous en voulez davantage pour vous en convaincre, allez voir par ici.

19/11/2008

Le 20 novembre: Yes we can !

Comme dirait ce cher Barack Obama : « Yes we can ! »

 

Ce 20 novembre, retour aux fondamentaux donc: la grève et la manifestation.

 

Certes, il m’est arrivé souvent, ici même, de brocarder les journées d’action et nous savons qu’en soi elles sont insuffisantes pour faire plier un gouvernement qui n’infléchit pas sa politique.

 

Mais quand même. Il y a des limites.

 

Pouvons nous rester les bras croisés face à la suppression de 13500 nouveaux postes l’an prochain (dont 6000 dans le second degré). Cela fera 33000 en 3 ans. Pouvons nous accepter sans rien dire la suppression des réseaux d’aide (les rased) dans le primaire pour les élèves en difficulté (qui s’occupe de ces élèves en difficulté une fois l’école primaire terminée ?)

 

Quelles sont les conséquences du gonflement des effectifs dans nos classes ? Pensez vous que le niveau va s’améliorer grâce à l’accompagnement éducatif ? Il est étonnant de voir aujourd’hui certains chefs d’établissement et inspecteurs pédagogiques s’émerveiller devant les groupes de niveau. La belle solution miracle que voilà. Y adhérez-vous ? Accepterez vous les heures et les heures de concertation, d’harmonisation ou que sais-je encore, non rémunérées bien sûr, qui iront avec ?

 

J’en ai assez dit. On ne doit pas se cacher derrière de fausses illusions (cette année ce seront d’autres, j’attend d’avoir 30 élèves et je me bouge). Les restrictions budgétaires qui président aux suppressions de postes conduisent à des restrictions pédagogiques beaucoup plus graves pour nos élèves et à des réorganisations de nos emplois du temps inacceptables. Que voyez vous de mieux dans ces pseudo réformes depuis la rentrée à Lamartine ? Existe-t-il des projets dans vos établissements pour prévenir la baisse de niveau ? RIEN

 

La grève est importante. Il ne nous reste pas grand-chose pour nous faire entendre aujourd’hui. Nous devons montrer que nous sommes encore là, vigilants et actifs.

 

Vivants quoi.

 

 

Lamartine sera du cortège :

 

Rendez-vous à la sortie de la gare RER – Luxembourg

à 14h30

jeudi 20 novembre.

 

Pour terminer, je reprend une affiche des syndicats Sud Education et Solidaires qui me paraît bien résumer la situation.

 

A jeudi.

 

Max.

 

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podcast
Bertrand Betsch, Les vents contraires

11/11/2008

Sarkozy dans la tranchée de Verdun: "Allez-y les gars, continuez à vous battre !"

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90 ans que la Première Guerre mondiale est finie.

Tout a été vu, dit, minutieusement analysé, étudié. Le dernier poilu nous a quitté au mois de mars. Nous sommes donc désormais seuls face à cette histoire sans personne pour nous y raccrocher directement. On pourrait croire que la leçon a pu en être tirée.

Hélas non. Le discours de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui, à Douaumont, là même où des centaines de milliers de soldats sont morts dans une bataille, celle de Verdun, effroyable, est un chef d’œuvre de non sens, de négation de ce que pourrait être la leçon de l’Histoire.

Et c’est grave.

Pourtant, comme pour lui indiquer le chemin à suivre, en éclaireurs, deux lettres de soldats ont été lues juste avant son discours. La première de René Pigeard à son père parle de l’abrutissement auquel conduit la guerre, « les obus, les tranchées, les lambeaux de chair et le sang qui éclabousse ». La seconde, de Georges Duhamel à son épouse évoque la paix retrouvée, « le 11 novembre 1918, journée de gaîté grave. Les cloches sonnent dans les villages. Le champagne est offert aux blessés ».

90 ans que la Première Guerre mondiale est finie et son message est pourtant clair, net et précis : la guerre est absurde car elle renvoie l’homme à la barbarie, au fond des âges dont nous avons mis des millénaires à nous extirper. L’homme civilisé ne peut être un guerrier.

Le message est clair et Nicolas Sarkozy a choisi de l’ignorer. Tout son discours évoque l’honneur du combattant. L'honneur vaut bien l'horreur. La guerre peut donc être honorable. On devine bien sûr qu’un président qui met ses pas dans celui des faucons de Washington, qui décide au nom des descendants de poilus d’envoyer davantage de troupes dans la guerre sans fin d’Afghanistan, de bombarder le Tchad ou la Côte d'Ivoire pour mieux assurer son pouvoir à quelques dictateurs sanguinaires, ne peut admettre que la guerre est inutile. Ce serait se renier.

Au-delà du fait qu’à force de renier les leçons de nos erreurs passées on s’accommodera de l’oubli davantage que de la mémoire, l’épisode doit nous mettre en éveil pour autre chose. Dans la précédente note, j’évoquais la confusion entre histoire et mémoire et l’idée de Xavier Darcos de confier l’éléboration des grandes lignes de nos programmes d’histoire aux parlementaires. Nous avons là la preuve de la dangerosité d’un tel projet qui consiste à trafiquer la mémoire collective à coup d’émotions pompeuses au dépend d’une histoire dont le but est avant tout de porter un regard critique (et la critique n’est pas forcément négative) sur notre passé et de prendre du recul par rapport aux émotions passées et présentes.

Le poète Charles Péguy partant à la guerre en 1914, la fleur au fusil, comme beaucoup d’autres ne le faisait pas dans le seul but de laver un honneur. « Je pars soldat de la République, nous dit-il, pour la dernière des dernières, la paix universelle et le désarmement général ». Hélas pour lui et pour nous, la République n’a été ensuite capable que d’élire des Nicolas Sarkozy.

Alors pour nous convaincre de la bêtise de ce dernier, écoutons les derniers témoins de cette guerre aujourd’hui tous disparus. Tous sont une leçon pour l’avenir. Attardez vous sur le second de cette vidéo. Celui de Ferdinand Gilson, 106 ans lors de l’entretien. Il nous donne la clé : « En toute chose, il faut considérer la fin : l’union franco-allemande ». Mais où était donc Angela Merkel ?

04/11/2008

De la confusion entre histoire et mémoire (1)

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En cette période de crise en thème, il est des sujets qui passeraient presque inaperçus.

 

Par exemple, Brice Hortefeux. Et bien, et si c’était ce type là qui, avec d’autres de ses copains, écrivait les programmes d’histoire ? La question pourrait paraître saugrenue, mais, hélas, elle ne l’est pas.

Mardi dernier, Xavier Darcos s’était demandé devant la mission d'information sur les questions mémorielles si le Parlement ne pourrait pas prescrire «ce qui doit être enseigné» aux élèves dans des matières sensibles comme l'Histoire.».

Interrogé par 20 minutes, un conseiller du ministre de l’Education nationale confirmait que même si le ministre « considère que c'est aux historiens et eux seuls d'écrire l'Histoire qui est ensuite déclinée, traduite, dans les programmes (…)  Nonobstant, Xavier Darcos, considère que le Parlement peut être consulté sur les programmes, comme ce fut le cas pour les programmes du primaire».

Face à ce nouvel écran de fumée d’un ministre coutumier du sort, on peut se demander si, cette fois-ci, on ne joue pas avec le feu. C’est le sens du propos de Jacques Portes, représentant de l'Association des professeurs d'histoire géographie (APHG), interviewé par le JDD.fr :

"Il y a une confusion totale entre histoire et mémoire", a-t-il attaqué. La mémoire est une question d'émotions, individuelles ou collectives, l'histoire a une vocation scientifique et neutre, démarquée des revendications mémorielles. Sur les questions d'histoire, le Parlement a toujours imposé des mesures sous la pression de lobbies mémoriels. Dire qu'il définirait les sujets à traiter est totalement aberrant. Sous prétexte d'éteindre les débats politiques, on va les exacerber”. Et il alerte en s’appuyant sur les exemples étrangers “ On risque la cacophonie ou une dérive vers des dangers extrêmes, parmi lesquels les revendications communautaristes ou politiciennes. Aux Etats-Unis, les autorités fédérales décident des programmes: certains y défendent que le créationnisme est une science. C'est gravissime."

Le Monde rappelle utilement comment les programmes sont construits aujourd’hui. Ce sont des experts, à la fois universitaires et enseignants du second degré qui les réalisent en s’appuyant sur l’état des savoirs. La proposition de X. Darcos remet en cause cet équilibre.

Bon voilà pour les faits et déclarations. Pour se faire peur et voir ce que cela pourrait donner. Il suffit d’aller voir parmi les brillants collègues de Xavier Darcos au sein du gouvernement.

Il s’appelle Brice Hortefeux, ci-devant Ministre des 3I (Immigration, Intégration et Identité nationale). Il organise hier et aujourd’hui, une conférence européenne sur l’intégration à Vichy. Face aux critiques (le fait que l’organisateur des rafles d’étrangers d’aujourd’hui organise une conférence là où ont été décidées les rafles de juifs hier n’est pas un symbole des plus adroits), le collègue de Xavier Darcos avait répliqué, en juin dernier :

« La conférence, on va la faire à Vichy. (…) Il y a un avantage : c’est qu’il y a l’infrastructure, mais aussi, il y a tout le passé et honnêtement, on en a raz le bol de cette histoire du passé [de Vichy]. On ne va pas condamner une ville sous prétexte qu’il y a 60 ans, il y a eu… »

 

Voilà. Les écrans de fumée de Darcos cachent de vrais incendiaires.

 

Et ça fait peur.

 

 

Max.

 

 

PS : La suite dans le prochain billet ou comment on nous prépare le terrain depuis quelques temps déjà…

29/10/2008

Magie noire et tableaux noirs

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Une petite brève de vacances un peu légère pour se détendre, évacuer le stress, piqués au vif que nous étions depuis les dernières annonces gouvernementales (dernière en date d'hier: ce serait au Parlement de fixer les programmes d'histoire).

La fameuse affaire de la poupée vaudou de Nicolas Sarkozy que l’intéressé ne veut pas voir en vente dans tous les bons magasins de farces et attrapes. 20 minutes nous explique que le tribunal des référés de Paris à estimé, aujourd’hui, qu'il n'y avait «ni atteinte à la dignité humaine, ni attaque personnelle», et que sa mise en vente ne «caractérise pas une atteinte fautive au droit à l'image». Le «Manuel vaudou de Nicolas Sarkozy» s'inscrit donc «dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour» et restera en vente.

Au passage nous découvrons qu’il existe juridiquement parlant un « droit à l’humour ». Donc, nous n’allons pas nous gêner. Il y en a un qui va sans doute faire les frais, dans les prochaines manifestations de notre droit légitime et juridiquement défendu à l’humour.

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Amis professeurs, parents d'élèves, élèves, amis compatriotes compatissants, vous êtes déçus, sceptiques, dubitatifs, incrédules, indécis… ou vous souhaitez tout simplement vous libérer de Xavier Darcos. Décompressez ! Et jouer pour donner enfin libre cours à vos fantasmes et à vos envies jusque là refoulées…

Surtout, vous gênez pas !

Humour, quand tu nous tiens ...

Max.

 

PS: Et puis, hop, allez, un petit supplément ... d'âme.

21/10/2008

Philippe, Armelle, Pascal et les autres

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Dimanche, c’était randonnée pédestre dans les rues de Paris pour montrer une fois encore notre volonté de sauvegarder une école publique digne de ce nom. Pour dire haut et fort, une fois encore que ce qu’on habille dans le beau costume de la réforme n’est en réalité qu’un plan de rigueur budgétaire qui n’aura pour conséquence que de mettre l’école en haillon.

 

Alors, pour éviter les trop grands discours, 20 minutes, notre hôte, a donné la parole à ceux qui sont concernés : parents d’élèves et enseignants, et leurs mots suffisent à tout dire. Nous les reproduisons ici.

 

Philippe

 

Père divorcé de quatre garçons dont un en CM2 à Bel-Air de Combrée (49).

 

« Mon fils a des difficultés scolaires, notamment en français. Je suis surtout inquiet de cette réforme qui lui supprime deux heures de cours. Normalement il peut bénéficier des cours de soutien le soir, mais il est dépendant du car scolaire. La municipalité n'a rien prévu. Il faudrait un autre professeur pour prendre en charge les plus faibles. Résultat, mon fils est rejeté. J'ai moi-même été un enfant en difficulté, aujourd'hui je suis cadre : grâce à l'école, je m'en suis sorti. L'école publique, laïque, gratuite d'aujourd'hui ne propose plus ce que j'attends. Il y a une déchirure entre les parents et l'école. Je suis obligé de payer des cours particuliers à mon fils. Si je n'avais pas les moyens, il resterait sur le carreau. J'aimerais qu'il aille en classe avec plaisir, ce n'est pas le cas. Les enseignants font ce qu'ils peuvent, mais je sens leur pessimisme. Leur mal-être est terrible. »

 

Armelle

 

Prof de maths au collège à Saint-Renan (29), 2 500 euros brut par mois, en fin de carrière.

 

« L'école est à bout, il faut absolument retrouver des moyens. Le suivi éducatif par exemple, je trouve ça très bien. Mais je n'ai pas le temps de faire des heures sup, je travaille déjà 45 heures par semaine. On croule sous la pression. Les injonctions qu'on reçoit changent tout le temps, dans l'urgence. On aimerait se concentrer sur ce qui se passe dans nos classes, c'est ça qui compte. Or nous avons de plus en plus de tâches administratives, comme mettre en ligne les notes des élèves. Les familles deviennent consuméristes. Si je mets une mauvaise note, elles vont demander à me voir pour comprendre pourquoi. Elles choisissent désormais l'école de leur enfant en fonction de la classe de mer, des activités organisées. C'est nouveau ! Certains parents disent qu'ils nous admirent, mais d'autres répètent qu'on ne fout rien et qu'en plus on râle tout le temps. Oui, ça pèse. »

 

Pascal,

 

Instituteur en CM2 à Montmoreau (16) et directeur d'école, 2 300 euros brut par mois.

 

« Je suis inquiet de voir que le système évolue vers une mise en concurrence des écoles entre elles. Les évaluations des enfants se multiplient, les résultats sont mis en ligne, bientôt les parents étudieront le taux de réussite des écoles avant de faire leur choix. Pour nous, enseignants, cette obligation de résultat est nouvelle, et malsaine à mon avis. On est là pour inculquer des savoirs, pas pour mettre des bonnes notes. Les parents font peser une forte pression sociale sur nos épaules. Je comprends qu'ils soient inquiets vu les tensions sur le marché du travail. Mais parfois, ça confine au pistage : certains scrutent à la loupe les programmes qui sont désormais édités. C'est dur de rester calme. Je travaille 40 heures par semaine au total. J'aimerais sentir une revalorisation de notre métier. Au lieu de cela, on multiplie les suppressions de postes. Peut-être en faut-il, mais là, ça fait beaucoup ».

 

 

 

Max.

15/10/2008

Euro groupies, à vos magnetos !

Des économies, des économies. Faut faire des économies de profs, de samedis matin, de soutien scolaire, de programmes et j’en passe, on commençait à se demander où partait tout cet argent économisé.

Un début de réponse (très opportunément trouvé chez les collègues) avec la campagne sur l’Europe lancée par le Ministère de l’Education nationale ces jours-ci. Regardez cela vaut son pesant de clics. 2 min 12.


Pour rigoler encore une fois ou pour ceux qui veulent passer plus vite, voici le message délivré : « Tu es lycéen? Tu aimes l'Europe? Alors participe au grand concours "3 mots pour l'Europe" et relève le défi de Pierre Mathieu en réalisant ta propre vidéo! Celle-ci devra contenir les 3 mots "France, Europe, Union" et faire 3 minutes maximum. Laisse libre cours à ta créativité, fais preuve d'originalité dans l'écriture du scénario, la mise en scène et la réalisation! Poste ta vidéo avant le 6 novembre, tu pourras peut-être gagner un ordinateur portable, un appareil photo numérique ou un caméscope Sony. Et en plus, si tu es désigné le grand gagnant du prix du public ou du prix du jury, tu seras invité à passer une journée dans les coulisses du "Hit Machine" avec Pierre Mathieu ! »

N’y tenant plus, pressé par le temps. je suis allé sur le oueb et je suis tombé sur un scénario écrit il y a quelques mois de cela.


Tout y est, les 3 mots bien sûr et puis d’autres prémonitoires quand on sait ce qui se passe dans le monde occidental ou occidentalisé depuis quelques jours, des mots égrainés comme dans une chanson des faubourgs des années 20-30 :

« Y a beaucoup d’gens qui m’disent
Oh la la t’as pas d’chance
Ben chui quand même Président de la République
Qu’est-ce que ça s’rait
Si j’avais pas d’chance

Y a beaucoup d’gens qui m’disent
Oh la la t’as pas d’chance
C’est catastrophique c’t’année
Ben chui quand même président d’l’Union européenne
Qu’est-ce que ça s’rait
Si j’avais pas d’chance

Si la chance revient l’année prochaine
Mon Dieu, qu’est-ce qui va m’arriver ».

Comme ils disent sur S’il n’y avait que les élèves, il y a bien que le ridicule (institutionnel) qui ne tue pas.

Et pis bon. C’est p’tet ben vrai qu’ça s’voit plus trop. Mais y a grève d’main dans les écoles parisiennes.

Max.

 

 
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