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12/10/2008

C’est la crise à Wall Street ? Supprimons les S.E.S. au lycée !

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Sans doute Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé ou encore Rachida Dati n’auraient jamais viré vers le marxisme s’ils n’étaient pas passés, au lycée, par la filière économique et sociale.

Sans doute Arthur et Jean-Luc Delarue ne seraient pas devenus les défenseurs acharnés et exemplaires de l’audiovisuel public s’ils n’avaient pas décroché leur Bac Eco.

C’est certain, Jerôme Kerviel, ex-trader à la Société Générale venu, il y a quelques mois, en éclaireur de la crise qui nous agite, ne serait pas aujourd’hui l’archétype du gentil petit comptable que nous connaissons s’il n’avait pas été séduit par les théories gauchisantes de ses professeurs d’économie. (1)

 

Xavier Darcos le répète à l’envi : les Sciences Economiques et Sociales (SES) seraient un des derniers avatars des théories marxistes, une anomalie dans une Ecole que, il est vrai, le ministre s’attache à libéraliser.

 

Car, comme tout responsable (mais pas coupable) politique qui se respecte, Xavier Darcos a sa réponse à la crise sur laquelle nous spéculons aujourd’hui.

Accusé par de nombreux lobbies anti-SES, comme l’Institut de l’Entreprise, de dévaloriser l’entreprise, de consacrer l’essentiel de sa pédagogie à critiquer le capitalisme (les inégalités sont elles pure invention ?), de mettre à jour ses dérives (la spéculation financière est-elle pure spéculation de l’esprit humain ?), l’enseignement de l’économie dans nos lycée va faire les frais de la future réforme du lycée que Xavier Darcos devrait annoncer dans les prochains jours.

 

Libération, il y a quelques jours nous en annonçait les grandes lignes : abaissement du volume horaire consacré à l’option Eco en seconde, démantèlement des enseignements en Sciences Economiques et Sociales (SES). La réforme prévoit, en effet, que dans le «cycle terminal» regroupant la première et la terminale, il n’y aurait plus de filières mais quatre dominantes - Humanités et arts, Sciences, Technologie et Sciences de la société. A l’intérieur, chaque élève construirait son parcours, en prenant des modules en fonction de son projet professionnel. En Sciences de la société, il pourrait choisir gestion ou droit - deux nouveautés -, mais aussi «Economie de l’entreprise», «sociologie des organisations», etc. Les SES voleraient ainsi en éclats. (2)

 

Ainsi selon les pourfendeurs des SES, il faudrait se concentrer sur la micro économie, les fondements du fonctionnement d’une entreprise : qu’est-ce qu’un budget ? Un compte d’exploitation ? Un bénéfice ?

Loin de moi l’idée de nier l’entreprise mais doit-on pour ce faire oublier l’histoire économique, indispensable outil de compréhension du monde : d’où vient une entreprise comme la Société générale ? Quelles lois ont permis sa privatisation ? Comment vit-elle à la fois de la gestion pépère de comptes bancaires et de spéculation pointue sur les marchés dérivés ?

 

Il faut donc réhabiliter l’entreprise et avec elle l’esprit d’entreprise. Mais lequel ? Car le démantèlement des SES est un crime qui profite à ceux dont on ne va plus parler, ni évoquer les errances. Ceux qui passant d’une mondialisation économique à une mondialisation financière nous ont mené la où nous en sommes aujourd’hui. Dans une interview au Nouvel Observateur, il y a quelques mois, Bernard Maris avait cette réplique qui sonne aujourd’hui tellement juste : « En France, on ne voit pas les vrais entrepreneurs, ceux qui prennent des risques et innovent. Les patrons de PME sont les grands absents de la scène publique, occupée par les grands dirigeants, dont beaucoup se sont parachutés comme PDG avec leur diplôme de l’ENA, au lieu de grimper les échelons. Quand ils partent avec des dizaines de millions en golden parachutes, c’est exécrable ! L’esprit d’entreprise, ce ne sont pas ces ténors du CAC 40, ces apparatchiks qui jouent les donneurs de leçons. En fait, nous avons une manière russe d’avoir l’esprit d’entreprise ! Dassault prêchant les vertus de la concurrence et du marché alors qu’il tient sa fortune des commandes publiques, ça ne passe pas auprès des jeunes. » (3)

 

La mort des Sciences Economiques et Sociales est programmée donc. Mais à qui profite le crime ? En ces temps de crise, la question n’est sans doute pas inutile.

 


podcast
Alain Souchon, Parachute doré (4)

 

 

Max.

 

 

 

Nota Bene: L'illustration de début est librement inspirée de l'affiche du dernier film de Pascal Thomas, Le crime est notre affaire, en salle cette semaine avec Catherine Frot et André Dusselier.

 

(1) Toutes ces personnalités ont le point commun d'avoir réussi un bac B ou ES (Economique et Social). Voir sur le site de l'APSES.

(2) Pour en savoir plus, il existe le site de l'APSES (Association des Professeurs en Sciences Economiques et Sociales) sur lequel, on peut trouver entre autre cette interview du Président de l'APSES dans l'emission de France Culture "La suite dans les idées" du 30 septembre 2008.
podcast

(3) Bernard Maris à qui l'on doit un indispensable Antimanuel d'économie, aux Editions Bréal et qui officie, entre autres sur France Inter, chaque matin, vers 6h50.

(4) En téléchargement gratuit sur le site de l'artiste lui-même.

 

 

03/10/2008

A bon entendeur, salut !

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Illustration : ©Hokusai.

podcast
Hubert Félix Thiefaine, Tita Dong-Dong Song

Max.

27/09/2008

Entre les murs de Lamartine…une petite révolution.

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Une fois n’est pas coutume, ce billet d’humeur ne sera pas de mauvaise humeur.

 

C’est que l’évènement est de taille.

 

Depuis longtemps déjà, le stylo quatre couleurs a mis au placard encriers et portes plumes. Cette semaine le collège Lamartine s’est attaqué à un monument : exit le tableau noir, bienvenu le Tableau Numérique Interactif. Grâce à une subvention du Conseil général des Yvelines ce ne sont pas moins de 7 tableaux numériques qui sont arrivés dans nos salles de cours.

 

A l’heure du retour de la dictée, des leçons de morale et des classes surchargées, voici donc les bonnes vieilles classes à papa Darcos équipées de numérique.

 

Alors, on ne va pas bouder notre plaisir.

 

Et voici ce que cela pourrait donner en cours de géographie (source Educnet):



 

 

Max.

 

22/09/2008

Y a bon la crise !

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Crise financière, crise du pouvoir d’achat, crise de l’école, crise des valeurs boursières et des valeurs morales.

Alors quand c’est la crise, on va consulter un bon psy, histoire de se faire remonter le moral qu’on a dans les chaussettes.

Car, quand c’est la crise partout, il est toujours une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c’est celle des psy de tous les acabits.

Alors, comme c’est la crise, on vous conseille vivement d’aller consulter Simone Schnall de l’Université de Plymouth en Virginie (Etats-Unis). Car Simone Schnall et sa petite entreprise de psychologie ont réalisé deux expériences dont 20 minutes nous narre les détails pour notre plus grand bonheur : " Les psychologues ont donc réalisé une (…) expérience avec des enfants (6-7 ans) dont ils ont «manipulé» l’humeur en leur présentant (…) des extraits de films tristes, joyeux ou neutres avant de leur faire passer les tests. Elles ont ainsi constaté que les enfants «joyeux» faisaient beaucoup plus d’erreurs que les enfants tristes et «neutres». «Ce résultat est crucial», selon Schnall et ses collègues «car il démontre que ce n’est pas la tristesse qui n’accroît pas les performances, c’est la joie qui les diminue »".

Mais attention, ne soyez pas trop joyeux à la lecture de ses lignes car cela pourrait signifier que vous n’avez rien compris.

Donc, arrêtez de rire et reconsidérer cette phrase : "ce n’est pas la tristesse qui n’accroît pas les performances, c’est la joie qui les diminue".

On comprend mieux maintenant pourquoi, Nicolas Sarkozy, que sa mère nous décrit comme un enfant très drôle, très gai, une fois élu Président, a décidé que tous " les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ". (1)

On comprend mieux pourquoi aussi cet ancien enfant drôle et gai nous demande cette année encore de lire la lettre de Guy Moquet à ses parents : "c'est parce que je crois qu’il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l'anonyme grandeur d'un homme qui se donne à cause plus grande que lui".

Bon. Et à part ça, you know what?

Max.

16/09/2008

Quand Xavier Darcos flirte avec Rachida Dati...

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Dans le cadre de sa réforme des lycées, Xavier Darcos a annoncé hier, 15 septembre, sur France info, la mise en place d’un “code de la paix scolaire”.

 

On crie au nouveau gadget.

 

De quoi s’agit-il ? Un règlement intérieur qui serait commun à tous les établissements en cas de dégradation, de violence ou de problème de comportement. Ce code devrait répondre à “trois principes” : la recherche systématique de la responsabilité civile, l’abandon de l’exclusion et l’accélération des mesures disciplinaires. Le projet est déjà en cours de rédaction et a été confié à Laurent Huet, substitut du procureur au Tribunal de grande instance de Paris. (Source France info)

 

Question : Que fait-on d’un élève qui pète les plombs ? On ne l’exclut plus c’est-à-dire qu’il reste dans l’établissement ?

 

Mais non ! Tout est prévu enfin.

 

Petite plongée dans les archives de notre hôte 20 minutes.

 

15 avril 2008 : Rachida Dati installe un groupe de travail chargé de réfléchir à la réforme de l’ordonnance de 1945, texte de référence en matière de justice des mineurs. Un texte que la ministre veut « remettre à plat » afin de le rendre « plus adapté, opérationnel, lisible et cohérent » (1). Présidée par le juriste André Varinard, la commission devra plancher entre autres sur «la fixation d'un seuil de responsabilité pénale» c'est-à-dire, établir des âges minimaux à partir desquels un enfant relève de la sanction pénale selon les délits, ajoutait 20 minutes.

 

Et que veut cet André Varinard ?

 

Je vous le donne en mille.

 

C’était dans le Figaro du 15 avril, là aussi. « La Chancellerie tient à ce que chaque acte soit sanctionné et veut mieux hiérarchiser la réponse pénale par rapport à la gravité des faits. Le rappel à la loi est, par exemple, utilisé dans des circonstances très différentes. Un jeune « qui tabasse son voisin de classe, c'est une admonestation du juge ; et s'il commet un vol en bande, le tribunal peut décider une fois de plus d'un avertissement solennel, explique un spécialiste. À chaque fois, on se contente de lui faire les gros yeux, ce n'est pas lisible pour lui.»

 

Parlant d’une « révolution culturelle », le Figaro précise alors : « La commission [qui doit rendre ses travaux en décembre] devra fixer un âge minimum de responsabilité pénale, ce qui promet des débats houleux car actuellement, c'est le magistrat qui évalue la capacité de «discernement» d'un enfant, pour savoir s'il relève de la justice. Cet exercice risque de bousculer toute la construction du droit des mineurs, fondé sur les seuils de 10-13 ans, 13-16 ans et 16-18 ans. Si la lettre de mission n'évoque pas l'abaissement de l'âge de la majorité pénale, le statut spéci­fique des 16-18 ans (déjà proche de celui des majeurs) pourra être encore retravaillé. »

 

Darcos qui prépare le terrain à Dati. C’est pas beau ça ?

 

Pas si gadget que ça, le code de la paix scolaire, finalement.

 

 

Max.

 


podcast

Little, N'importe quoi

 

 

 

(1) Le Point nous informe que Xavier Darcos lui aussi souhaite que, dans nos établissements scolaires, "les procédures disciplinaires soient beaucoup plus rapides et beaucoup plus souples, à travers la création d'une commission disciplinaire qui permette de réagir plus vite qu'un conseil de discipline formel."

14/09/2008

Brejnev est de retour

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Nous le savions, le régime, inaugurant son dernier plan quinquennal en 2007 avait promis pour 2012 la fin de la carte scolaire, l’abolition de l’échec scolaire ou encore l’éradication de dizaines de milliers de postes d’enseignants.

 

Nous le voyons chaque semaine dans nos kiosques, le régime, pratique le culte de la personnalité de son chef, guide politique et spirituel.

 

Nous l’avons vu ces derniers jours, le régime, lançant une nouvelle police politique du doux nom d’Edwige, entendait traquer en chacun de nous le dissident qui sommeille.

 

Nous l’entendons à Paris, Washington, Moscou ou Tbilissi, le régime est au cœur d’une nouvelle guerre froide. Sans oublier ce foutu Afghanistan qui continue à nous résister.

 

Et depuis aujourd’hui, nous avons même notre Brejnev. Un vrai. Vous savez, celui qui adorait les médailles et voulait en agrafer à toutes les poitrines au temps de la belle Union (2):

 

« Il me semble important que l’obtention du bac puisse être valorisée. Nous envisageons même que les bacheliers puissent recevoir une médaille ! Elle serait de couleur différente, peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze… selon la mention obtenue. Nous réfléchissons encore aux modalités, mais l’idée est validée. Pour symbolique qu’elle soit, la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier ». (1)

 

Il s’appelle Xavier Darcos. Et c’est du pur Léonid.

 

 

 

(1) Le Parisien du 14 septembre 2008

(2) Petite leçon d'Histoire: Brejnev adorait les médailles au point de se faire décorer pour tous les héroïsmes dont il était possible de se faire décorer en URSS. Il a ainsi joué un rôle marginal pendant la Seconde Guerre Mondiale mais a été davantage décoré que les plus grands "héros" soviétiques. Parmi eux, Joukov, qui avait organisé la défense de Leningrad et de Moscou, commandé avec d'autres généraux, la bataille de Stalingrad, dirigé l'assaut de Berlin. A sa mort, Joukov possédait 27 médailles et déorations; Brejnev, au moment de son décès, en avait... 270!

 

 

 

07/09/2008

Que faire contre le vide ?

84716307.jpgMarcel Duchamp, autoportrait de profil, 1958

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr la République des Indignés s’est indignée. Ministre en tête, tous ont condamné. Même le Président du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon (1). Tous vos journaux ou presque s’en sont fait l’écho. L’Express par exemple. Un recteur d’Académie nous y explique que "cela n'a pas été fait à la sauvette, les gens ont pris soin du graphisme, on a vraisemblablement pris son temps ". Un procureur nous révèle la présence de "deux calligraphies différentes". Une ministre assure que la justice sera "des plus fermes".

 

Et puis, entre deux lignes, un aveu : "Jeudi matin, un accueil a été organisé dans le collège de manière à éviter que les enfants se trouvent dans les lieux tagués. Les cours ont été annulés mais devaient reprendre ce vendredi, après nettoyage des locaux en fin de journée et même dans la nuit s'il le faut". 

 

La honte. Ne pas voir. Cachez moi vite ça. La rentrée doit bien se passer. D’ailleurs, précise l’article de l’Express, "C'est un établissement sans problème. La rentrée a eu lieu mercredi matin et tout s'est très bien passé, sans tension particulière, rien ne permettait d'imaginer une chose pareille".

 

Alors, si rien ne permettait d’imaginer une chose pareille. N’imaginons surtout pas. N’imaginons rien. Ne réfléchissons surtout pas à la raison qui veut que ce soit un établissement scolaire qui soit touché. Pas moins de 40 graffitis, "croix gammées et injures telles que "Mort aux arabes", "Fuck islam", "W.P." pour "White power" et "White front" - ont été peints à la bombe dans la cour du collège René-Cassin d’Agde, dans les escaliers, sur des portes et sur des murs, certains font plus d’un mètre de hauteur", relate l’Humanité.

 

Et bien si. Réfléchissons.

 

L’enseignement de l’histoire de la Shoah, au collège, c’est 1 heure, en classe de troisième. 1 heure. A peine plus au lycée. 1 heure pour une question immense : pourquoi. Iannis Roder, professeur d’histoire, dans un livre qui vient de paraître (2), s’interroge : "Question légitime s’il en est. Question incontournable face à l’incompré-hensible. (…) Quel élève peut appréhender aujourd’hui une telle question alors que la Shoah lui apparaît comme un ovni parmi les autres ovnis et que les adultes, bien souvent, peinent à apporter des réponses satisfaisantes".

 

1 heure.

 

Il ne reste alors que le temps de simplifier.

 

Ou de faire le vide, comme en témoigne ce radiozapping du Monde.fr du 5 septembre.

 

Jean-Marie Le Pen nous explique, sur RTL, devant un Jean-Michel Apathie qui fait de l'humour, que cet « incident », selon ses termes, est un détail, comme les chambres à gaz. Mais aujourd'hui plus personne ne relève.

 

 

Max.

 

 

 

(1) Georges Frêche, PS, qui n'avait pas hésité, il y a quelques mois, à traiter les harkis de sous-hommes...

(2) Iannis Roder, Tableau noir: la défaite de l'école, Editions Denoël

 

Tableau noir : La défaite de l'école

03/09/2008

Les tendances d'une rentrée très tendance

Mauvais plans et fausses bonnes idées de la rentrée 2008… (1)

 

Primaire : Des programmes recentrés sur les mathématiques et le français au dépend du reste des matières. 

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« Même si tous les manuels ne sont pas encore à jour, les nouveaux programmes devront être appliqués dès la rentrée. Au menu : des maths et du français en priorité. Dans ces deux matières, le nombre d'heures hebdomadaires est imposé : huit à dix pour le français, et cinq pour les mathématiques. Pour les autres disciplines, seul un volume horaire annuel est fixé, laissant la liberté aux professeurs d'organiser comme ils l'entendent leur emploi du temps. »

 

Primaire : Semaine de quatre jours.

216497589.JPG    « Le nombre d'heures de cours passe de vingt-six à vingt-quatre par semaine. Deux heures hebdomadaires sont ainsi dégagées pour les élèves en difficulté, qui suivront une aide personnalisée. Les écoles peuvent choisir d'organiser ces heures le matin avant la classe, à la pause du midi, après la classe ou encore le mercredi matin. »

 

Suppressions de postes.

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« Onze mille deux cents suppressions d'emploi, dont huit mille huit cent trente postes d'enseignants des collèges et lycées, vont marquer cette rentrée. Et Xavier Darcos en a déjà annoncé treize mille cinq cents autres pour 2009. Des suppressions que le ministère compte compenser grâce aux heures supplémentaires : il assure ainsi que cinq mille postes seront transformés en heures supplémentaires. Une prime annuelle de 500 euros défiscalisée sera remise aux professeurs qui effectueront trois heures supplémentaires par semaine. »

 

Prime d'entrée dans le métier: Un peu de fond de teint qui cache mal la décrépitude du métier.

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« Les quelque vingt-cinq mille enseignants qui font leur première rentrée en 2008 recevront une "prime d'entrée dans le métier". Cette prime, de 1 500 euros, leur sera remise en novembre. »

 

 

Essayons nous à un résumé : consommez l’école, mangez du prof et vous boirez le calice jusqu’à la lie.

 

 

 

 

(1) Réalisé à partir d'affiches publicitaires du métro parisien de cette semaine savamment détournées et des extraits d'un article du Monde d'hier.

28/08/2008

Y a-t-il une vie sur la Terre ?!...

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Mais qu’est-il donc arrivé à ce blog ?

 

Deviendrait-il mystique ? Néo-environnementaliste ?

 

Non, non. Rien de tout cela.

 

Le blog change de titre et de forme. Sauvons nos DGH ! disparaît. Besoin de se renouveler, constat que notre combat ne peut pas se limiter à la défense de notre seule Dotation Horaire qui quoique dite Globale n’en est pas moins Particulière. Il y a bien de tout cela, en effet.

 

Mais pas que.

 

Sauvons nos DGH sonnait trop « communautarisme » d’enseignants, «  repli identitaire » lamartinien (1) et prenait le risque de virer au « groupisme » et autre « associationnisme », contraint de débattre en vase clos avec d’autres « nous » du même groupe. Et Xavier Darcos d’en rire ostensiblement dans les colonnes du Monde, pas plus tard que cet été :

 

« De pétition en cortège, de défilé rituel en occupation d'école, les détracteurs de la politique gouvernementale ont désespérément tenté d'apporter une réponse négative à cette question, avec des arguments qui m'ont souvent laissé perplexe. Veut-on apprendre aux élèves du primaire à lire, à écrire et à compter ? C'est pour les empêcher de penser, entonnent en choeur les pédagogistes, qui réclament d'urgence le statu quo. Propose-t-on, pour lutter contre les déterminismes sociaux, d'offrir aux élèves en difficulté des stages gratuits de remise à niveau pendant les vacances scolaires, autrefois réservés aux enfants des milieux les plus aisés ? C'est pour mieux les stigmatiser, affirment sans rire les élus socialistes, certains n'hésitant même pas à s'y opposer. Recueille-t-on l'adhésion massive des familles sur les réformes engagées ? Une infamie ! lit-on, dans ces pages mêmes, sous la plume de ceux qui invoquent sans modération l'esprit de Munich ou la Saint-Barthélémy. Et pourquoi pas Gilles de Rais ?
Une fois passées la protestation systématique, l'indignation de circonstance et l'outrance rituelle, quel bilan peut-on faire de cette année scolaire ? Celui d'un système éducatif bien moins monolithique et rétif au changement que ne voudraient nous le faire croire les sempiternels pétitionnaires qui prétendent l'incarner. » (2)

 

Le chemin dans lequel nous entraîne le ministre est celui de la lutte de la minorité pour la minorité, de la concurrence entre la minorité et la minorité. L’accompagnement éducatif concurrence le soutien scolaire, la méthode globale concurrence la méthode syllabique, le professeur titulaire sur poste fixe concurrence le professeur titulaire sur zone de remplacement, la filière S concurrence la filière ES, le cours préparatoire de l’école primaire concurrence la grande section de l’école maternelle.

 

Bientôt les éducateurs seront en concurrence avec les professeurs, les apprenants avec les élèves, les ballons avec les référentiels bondissants.

 

Et tout cela à des années lumières de la vie de notre société bientôt éclatée en une multitude de nous, de communautés sans lien les unes aux autres, d’infimes particules mêmes plus élémentaires, habituées à leur propre mort. (3)

 

A ce moment là, les Martiens tiendront enfin la réponse à la question qui les tourmente depuis des milliers d’années : oui, ils sont seuls dans l’univers.

 
podcast
Dying is fine, Ra Ra Riot

 

 

 

(1) Référence faite au collège et non à Alphonse.

(2) « Le sarkosysme est l’allié de l’école », tribune de Xavier Darcos , Ministre de l’Education nationale, publiée dans Le Monde du 18 juillet 2008

(3) Ainsi une nouvelle journée « d’action » est-elle envisagée pour le 11 septembre à l’appel de la FSU, du SGEN-CFDT et de l’UNSA éducation pour protester contre la suppression de 13500 postes programmée pour la rentrée 2009. Comme chaque année, on nous promet une « rentrée houleuse », un « automne chaud » alors que deux des organisations signataires de l’appel ont abandonné en rase campagne en juin dernier un même mouvement visant à combattre la suppression de 11200 postes pour la rentrée 2008. Chaque année, on se réveille avec la même sensation de déjà vu. On s'est adapté à notre propre mort. Cela rappelle un film…

22:30 Publié dans tribune libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog

27/08/2008

Rien n'arrive par hasard.

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On les avait perdus.

On les a retrouvés.

Les profs de Lamartine font leur rentrée le 1er septembre…


podcast
Eric Satie: Six Gnossiennes. N°1. Lent

03/07/2008

Pouce !

Une pour tous ...

 

... et tous pour une.


podcast
Georges Moustaki et Cali, Sans la nommer

 

 

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

{Refrain:}
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui traîne en liberté
Ou bon lui semble.

{Refrain}

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
Révolution Permanente !

{Refrain}

30/06/2008

Tous numériques !

 

503148538.jpg« Oh la la, Calmez-vous. C’est pas ma faute à moi. »

Ce petit refrain, c’est un peu le petit air sur lequel le député Pierre Lequiller (photo) nous a reçu aujour-d’hui dans son bureau de l’Assemblée. Nous étions quatre parmi lesquels les représentants des trois fédérations de parents d’élèves.

Oubliant trop vite qu’il a voté les lois qui nous compliquent considérablement la tâche, l’élu de la nation a très vite reporté la responsabilité des suppressions de postes sur l’Etat promettant d’appeler l’Inspection académique pour vérifier si nos allégations n'étaient pas celles de quatre olibrius.

Se coiffant trop opportunément de sa seconde casquette de conseiller général, il nous a clairement laissé entendre que nous n’avions pas à nous plaindre, pourvus que nous étions d’une vingtaine d’ordinateurs et bientôt d’un et pourquoi pas de deux tableaux numériques interactifs (TNI).

Voilà. On perd des profs mais on gagne des TNI.

Mais jamais la question de savoir vers quoi on va, quelle école on construit n’a pu être abordée.

Hélas.

Dès la rentrée, il va falloir être vigilant et relever tous les dysfonctionnements de ces nouvelles DGH anorexiques pour montrer et démontrer que le chemin dans lequel on nous emmène à force de réduire la présence adulte dans les établissements, c'est le chemin du mur.

 

Et que ce mur soit tapissé d'un beau tableau numérique interractif n'y changera pas grand chose sur le fond.

C’était un lundi à l'Assemblée :

24/06/2008

Dédicace

 

Les résultats de mutations sont tombés ces jours-ci. Et ce sont une quinzaine de professeurs qui s’en iront cette année. Pour certains, ce ne fut qu’un trop court passage, restés une année ou quelques mois. Pour d’autres, la retraite, bien méritée comme on dit. Pour d’autres encore le départ forcé car dans les salons dorés d’un ministère, on en a décidé ainsi. Car Lamartine on s’y attache.

 

Alors. En guise de petit hommage, convoquons Etienne Daho (cela fera plaisir à quelqu’une…)

 

Tout dépend comment on prend le texte mais cela peut coller à un certain quotidien dans notre cher collège…

 

 

If excessif, accro, compulsif
If adhésif, over réactif
If exclusif et trop émotif
If impulsif qui est le fautif ?
If intrusif, plus combatif, sous sédatif en soins intensifs, cherche le motif
If négatif, maladif, inexpressif et plus vraiment vif, cherche le motif
If trop captif et décoratif
If défensif, à cran, offensif
If incisifs, mes coups de canifs
If agressif, qui est le fautif ?
If intrusif, plus combatif, sous sédatif en soins intensifs, cherche le motif
If négatif, maladif, inexpressif et plus vraiment vif, cherche le motif
If évasif, approximatif
If c'est plus l'kif, de jouer au calife
If trop nocif et trop addictif
If fugitif, maniaco dépressif
If trop massifs, abusifs, à ton actif, les coups successifs, trop lourd le passif
If décisif, je m'rebiffe, mon départ est impératif et définitif, définitif.

 


podcast

Etienne Daho, If (en duo avec Charlotte Gainsbourg)

 

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2012: Xavier Darcos exécutant
le dernier enseignant en poste fixe.
Inscrit sur le monument derrière lui:
"Cy Gyt toute la France".

 

21/06/2008

La surprise du chef

podcast
 La Grande Sophie

 

 

Hier soir. Un peu avant 19h00. Nous débarquons à quelques-uns à la mairie de Houilles. Un énième rassemblement pour sauver notre DGH en péril (et du reste intenable puisque les répartitions de classes entre profs s’avèrent de la haute voltige vu qu’il n’y a plus assez de monde pour effectuer toutes les heures réglementaires…) ?

 

Et bien non. Même pas.

 

Monsieur le Maire recevait, pour féliciter les enseignants de la commune qui prenaient leur retraite. Pour Lamartine, deux professeurs étaient concernés. L’une aura un successeur, l’autre non. Lamartine respectera donc à la lettre les injonctions présidentielles du remplacement d’un  retraité sur deux.

 

Mais la surprise n’est pas là. Derrière le maire, un homme plastronne : l’inspecteur d’Académie des Yvelines.

 

La bonne blague. 4 mois que nous essayons de lui parler. 4 mois qu’il nous répond des fins de non recevoir, des retours de mail automatiques, 4 mois d’autisme.

 

Et le voilà, le dernier jour, paradant, s’inspirant de Goethe pour remercier les uns et les autres.

 Alors, bien sûr, on est allés le voir. Et que trouve-t-il à nous dire ?

 « Alors, ça va bien à Lamartine ? »

 Un homme affable ?

Non. Un homme à fables.

Une note écrite au mois de février avait déjà repéré le bonhomme en parfait réducteur de têtes. Petit souvenir.

1007396102.JPG« Arrêtons cette blague », dit le Ministre. "Les établissements fonctionneront normalement l'année prochaine, je ne dis pas que (la baisse des moyens alloués) ne créent pas de contraintes mais nous faisons des réformes et nous définissons nos priorités".

Cela fait des années que l’on nous en parle. Souvenez-vous. C’était à 7 sur 7. L’émission d’Anne Sinclair. Il s’appelait Claude Allègre. Il était Ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. La phrase qui tue : « Il faut dégraisser le mammouth ». C’était le 24 juin 1997.

Dix ans plus tard, le dégraissage est à l’œuvre. Et cela ne date pas de cette année.  Entre les rentrées 2003 et 2006, les collèges et lycées ont perdu quelques 13000 postes d’enseignants (source : Ministère de l’Education nationale). Cette année, sur les 11200 prévus, 8000 devraient l’être dans l’enseignement secondaire.

Pourquoi, comment ? C’est là que la fable commence…

Vent debout, l’enseignant manifeste :

 « Dîtes moi d'où vient ce phénomène qui mène tout droit à l'impasse
Qu'est-ce qui se passe, je vois plus les traces, je reconnais plus mon espace
Espacez-vous, écartez-vous, dîtes moi où est la lumière
J'ai besoin d'aide encore une fois et ce sera pas la dernière
Je ne vois plus où je mets les pieds, ne me dîtes pas que c'est normal
Tout ce que je respire est inquiet, je sais plus ce qu'est bien et ce qu'est mal
C'est la pénombre qui règne comme si le soleil était mort-né
Messieurs Dames aujourd'hui, il a fait nuit toute la journée. » (1)

Alors, l’Inspecteur-d’académie-qui-a-réponse-à-tout sort son bel argumentaire en trois parties:

 1.

« Il y a moins d’élèves. Il y a un creux démographique », dit il. L’enseignant (qui a l’habitude de préparer ses séquences) lui rétorque que dans le même temps les effectifs augmentent en primaire et que dans 4 ou 5 ans, ils intégreront le collège. Il interroge : « Y aura-t-il assez de professeurs pour les accueillir ? Quand on sait que d’autres charrettes sont prévues, que d’ici à 2010, ce sont 40 000 postes qui doivent être supprimés. Et puis, s’il manque tant d’élèves pourquoi nous retrouverons nous, au collège Lamartine de Houilles, à 30 élèves par classe au lieu de 26 actuellement ? ».« On a le droit de s’inquiéter », conclut-il. 

2.

« Certes, certes, dit l’Inspecteur d’académie, mais vous comprenez, l’Etat n’en peut plus, les caisses sont vides, c’est la faillite, 2000 milliards de dettes. On ne peut pas vivre au dessus de nos moyens. Il nous faut être raisonnable ». L’enseignant (qui avec son salaire non revalorisé depuis 6 bonnes années sait ce que c’est que de se serrer la ceinture) n’a cure de cet argument. « Ce n’est pas sur nos enfants que nous devons faire peser le poids de la dette. L’éducation, n’est-ce pas elle qui formera le citoyen responsable, qualifié, novateur qui comblera un jour la dette ? L’élève n’est pas un coût pour la société, un élément comptable, c’est un investissement ».

3.

L’Inspecteur d’académie, piqué au vif, fier de son BTS comptabilité, lui rétorque : «  Monsieur, vous vous méprenez. Ce qui gouverne nos dotations horaires, c’est, avant tout, un esprit d’équité. S’il y a bien un point sur lequel nous serons d’accord, c’est notre souci de vouloir garantir des dotations équitables entre tous les établissements. C’est la raison pour laquelle le Ministre a créé le dispositif Ambition réussite ». L’enseignant (qui déjà aime à faire vivre le commerce équitable et pratique le tourisme équitable pendant ses loooongues vacances) ne peut s’empêcher de faire son spécialiste : « Monsieur l’Inspecteur, à Aubervilliers, à la cité scolaire Henri Wallon, que Notre Ministre a «élevé au titre de « site d’excellence », comment expliquez-vous que 7 classes ferment et que 15 postes d’enseignants soit supprimés à la rentrée 2008 ? »

Il y a bien une morale à cette fable.

Trois arbres, aussi soigneusement entretenus soient-ils par nos plus brillants jardiniers ne sauraient cacher une forêt, surtout quand elle est immense.

 

(1) Grand Corps Malade, Il fait nuit toute la journée, 2005

Nota bene: l'illustration du début de la note est librement inspirée d'une des affiches de la dernière campagne de publicité d'une célèbre compagnie ferroviaire.

10/06/2008

Du dialogue social

 

 

153596520.jpgCes jours-ci, le gouvernement fait signé quelques syndicats sur d’hypothétiques points de convergences qui servent davantage à créer l’illusion d’un dialogue social.

 

Car, la méthode, hélas, nous la connaissons bien.

 

Un exemple tout frais : Il y a quelques temps, la CGT, la CFDT et le Medef signaient une position commune sur la représentativité des syndicats présentée par le gouvernement. Fort de cette rare unanimité, le gouvernement prépare donc un projet de loi sur la dite représentativité, rebaptisée modernisation sociale et incluant, comme c’est étrange, une modification, excusez du peu, de 60 articles du code du travail. Ce texte prévoit notamment de renvoyer au niveau de l’entreprise la réglementation du temps de travail.

 

De la belle arnaque.

 

Alors pour marquer ce 10 juin, décrété journée d'action, nous avons soumis une adresse au Recteur de Versailles, lui rappelant nos dernières initiatives et nos points … de divergences.

 

 

Les professeurs du collège Lamartine

23 rue Thiers,

78800 Houilles

M. Alain BOISSINOT

Recteur de l’Académie de Versailles

Rectorat de Versailles

3 boulevard Ferdinand de Lesseps

78017 Versailles cedex

 

Houilles, le 9 juin 2008

 

 

 

Monsieur le Recteur

 

 

A l’occasion de la journée d’action du 10 juin, nous revenons vers vous dans le cadre de notre mobilisation pour une autre Dotation Globale Horaire pour notre établissement, le collège Lamartine de Houilles. Depuis le 12 février, nous avons rassemblé parents et professeurs pour vous faire entendre notre détermination à ne pas se laisser dégrader les conditions d’enseignement dans notre établissement et ce dès la rentrée 2008.

 

Nous avons porté jusque là à la connaissance de l’Inspection académique des Yvelines un certain nombre d’initiatives, relayées par les élus locaux ainsi que par les médias. Hélas, nos revendications n’ont pas été écoutées. A aucun moment, elle n’a voulu reconsidérer la suppression de 4 classes et de 3 postes prévue pour la rentrée 2008. A aucun moment, elle n’a voulu prendre conscience que l’augmentation du nombre d’élèves par classe allait déséquilibrer les conditions de travail d’un établissement classé APV. A chaque fois, il nous a été renvoyé des arguments généraux et purement comptables.

 

Lors de notre dernière assemblée générale du 3 juin, un texte appelant à la création d’une coordination des personnels de l’Education et des parents d’élèves et au blocage des centres de correction du brevet a été voté par 26 des 28 professeurs présents. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement national qui prend forme ces jours-ci, à Lille, Marseille, Strasbourg, Toulouse et Albi notamment. Vous trouverez ce texte en pièce jointe.

 

Nous déplorons fortement que les conditions sereines d’un dialogue social constructif n’aient pu être établies au cours des quatre derniers mois pendant lesquels nous n’avons cessé de vous alerter. Nous espérons que cette dernière initiative saura vous convaincre de notre détermination.

 

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Recteur, l’expression de notre plus haute considération.

                                                                                 

 

Les professeurs du collège Lamartine

 

                                                                                             

Affiche du haut de page: Les Insoumis, sortie le 11 juin. Résumé: Un fonctionnaire (de police) se retrouve muté dans un petit établissement (commissariat) de province bien plan plan. Dans ce lieu sinistré promis à la démolition, l'équipe démotivée ne s'intéresse pas à la pègre locale très active. Des anti-héros redécouvrent leur mission.

22:50 Publié dans actions | Lien permanent | Commentaires (1)

09/06/2008

le 10 juin, le monde entier nous regarde (on y croit)

 

 

 

Bon. Le 10 juin approche et il faudrait commencer à s’organiser.

 

Une petite idée ?

 

Y en a bien une. Mais…

Si vous ne vous sentez pas encore tout à fait prêts pour bloquer 13 carrefours, si, comme Johnson, vous avez le trac, rendez-vous à 14h30, gare d’Austerlitz pour les Parisiens, à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires / Sud éducation.

 

Le mot d’ordre :

 

« Le gouvernement va présenter de nouvelles mesures issues de la Révision Générale des Politiques publiques (RGPP). L’objectif essentiel de la RGPP est de faciliter les suppressions massives de postes dans la Fonction publique (35000 à 40000 emplois par an), en articulation avec les mesures annoncées dans le cadre de la Révision Générale des Politiques publiques. Cette RGPP se met en œuvre sans débat public, sans que soit posée la question des missions de service public et celle des besoins des usagers et des citoyens sur l’ensemble du territoire. Par exemple, la politique éducative du gouvernement porte atteinte à la capacité du service public d’assurer la réussite de tous les jeunes. Elle traduit le profond désengagement de l’Etat. Elle induit l’affaiblissement voire la suppression ou la privatisation de missions et de services ainsi que la détérioration des conditions de travail, la mise en cause du statut et l’accroissement de la précarité. La RGPP est bien un outil de casse sans précédent pour l’ensemble de la Fonction Publique ».


podcast

Les Petites Bourettes, On rigolera

08/06/2008

Petit manuel de mobilisation

 

 

... à usage de tous ceux qui veulent dire NON aux mesures Darcos


podcast
Noir désir, Le vent nous portera

 

Depuis quelques jours la mobilisation reprend fortement notamment dans le primaire. En témoignent plusieurs articles de presse qui nous permettent de recenser comme nous l’avions fait au début du mouvement (ici) les différentes initiatives qui bourgeonnent avec le printemps.

 

2072533878.JPGLa nuit des écoles organisée le 13 juin dans toute la France. L’objectif : avoir une retombée médiatique nationale pour informer le maximum de personnes des DANGERS (et vices cachés!) des mesures Darcos. Cette soirée, les organisateurs la souhaitent conviviale et citoyenne, entre enseignants, élus, parents d'élèves du public et du privé. Parti, à la base, sans mot d'ordre syndical, un mouvement d'occupation d'écoles s'est installé dans la capitale. Les protestataires dénoncent, pêle-mêle, le "démantèlement de l'école", la "casse du service public", les suppressions de postes, les nouveaux programmes, les stages de remise à niveau pour les élèves en difficulté, ou le nouveau fichier central "Base élèves". Depuis plusieurs semaines, des occupations d’écoles par les parents d’élèves germent un peu partout à l’image de l’école Marcadet dans le XVIIIe arrondissement à Paris. Depuis une semaine, des parents se relaient dans le bureau du directeur. L’occupation ne perturbe pas la classe : les parents se contentent d’être là, de filtrer les communications et de bombarder de fax le rectorat. La méthode vise à lutter contre les réformes Darcos sans en passer par une grève enseignante «trop pénalisante pour les familles et les instits», relaie Libération.

1270726246.JPGLa grève tournante, en appui aux occupations d’écoles. Depuis la mi mai, dans le dans le XVIIIe arrondissement à Paris encore. A l’image de l’école Pajol, des enseignants observent une grève tournante reconductible, suivie chaque jour par un quart à un tiers d'entre eux. La situation est similaire dans la plupart des écoles voisines, relate Le Monde.

Appel à la création de coordinations départementales des enseignants et des parents d’élèves avec en point de mire d’éventuels blocages de centres de correction des examens. Il s’agit là de protester contre les suppressions de postes massives dans le secondaire et des dotation horaires qui pour la rentrée prochaine auront pour conséquence d’alourdir le nombre d’élèves dans les classes (jusqu’à 30 en collège, 40 en lycée). D’ores et déjà, le syndicat SUD Education de l’Académie de Créteil appelle dans le 2nd degré, à la grève dès le 16 juin, date de début du Bac, ainsi que le blocage d’un centre de retrait des copies, rappelant par ailleurs qu’il est indispensable, « à l'occasion des dernières AG et des conseils d'enseignement de fin d'année, amplifier le refus collectif des heures supplémentaires dans les collèges et les lycées pour ne pas entériner les suppressions de postes ». Le forum unitaire recense les initiatives appelant à une grève des examens.

Estimant que l’heure n’en était plus aux tergiversations et aux seules promenades entre Nation et République, au collège Lamartine nous avons pris l’initiative cette semaine de voter massivement un texte allant dans ce sens.

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cliquez pour agrandir le texte

03/06/2008

Ensemble agissons sur les examens

 

 

… pour gagner sur nos revendications

 

 

257060920.jpgpodcast

Miossec, Le stade de la résistance

 

Il est 11h30, aujourd’hui au collège Lamartine de Houilles.

 

Une trentaine de professeurs (sur les 37 que compte l’établissement) se réunissent en Assemblée Générale.

 

A l’ordre du jour, une nouvelle initiative est discutée : un appel à la création d’une coordination départementale des personnels de l’éducation et des parents d’élèves.

 

Son objet : Agir sur les examens du brevet pour gagner sur nos revendications.

La discussion s’engage. Les dernières annonces rectorales sur les affectations des TZR (1) et gouvernementales sur de futurs lycées à la carte ont échaudé les esprits. L’éducation devient la nouvelle pâte à modeler de nos gouvernants en mal de mouvement, de pseudo modernisation et de vraie libéralisation. Le pouvoir d’achat des ménages français s’effondre, renvoyons les à leurs enfants, terreau éternel de leurs inquiétudes légitimes.

Le chantage aux examens, ça suffit ! entend-on.

La démolition pierre après pierre de notre système éducatif et de nos statuts, cela ne peut plus durer. Trop c’est trop ! Nous nous devons de réagir.

L’appel lancé par nos collègues et désormais compagnons de lutte du Tarn vient à point nommé. Nous nous proposons alors de lancer une initiative similaire dans les Yvelines :

Nous nous tenons prêts à bloquer les centres de correction du brevet et à ne laisser accéder les correcteurs à ces centres de correction qu’à partir du moment où le ministre aura daigné écouter la colère qui s’exprime légitimement contre sa politique de casse du service public d’éducation.

26 des 28 professeurs présents ont approuvé le texte que nous reproduisons ci-après. Ce texte sera transmis à l’Inspection académique et au Rectorat de Versailles. Ce texte est aussi un appel à la mobilisation.

Que tous ceux et toutes celles, enseignants, parents ou simples citoyens, dans les Yvelines et au-delà, qui souhaitent s’engager dans cette action se fasse connaître en nous communiquant leurs coordonnées à notre adresse mél : sauvonsnosdgh@yahoo.fr

 

  ENSEMBLE, AGISSONS SUR LES EXAMENS
POUR GAGNER SUR NOS REVENDICATIONS.

APPEL A LA CREATION D’UNE COORDINATION DEPARTEMENTALE (YVELINES) DE TOUS LES PERSONNELS DE L’EDUCATION ET DES PARENTS D’ÉLÈVES.

BREVET 2008 : OPERATION « BLOCAGE DES CENTRES DE CORRECTION »

 

Depuis des mois, lycéens, enseignants et parents se mobilisent pour faire entendre au gouvernement leur refus de sa politique éducative qui, sous couvert de “réforme”, entend démanteler méthodiquement le service public d’éducation dans notre pays. Les suppressions de postes massives en cours et à venir, la suppression de la carte scolaire, du bac pro en 4 ans, la fin programmée des concours de recrutement, la casse des statuts d’enseignants, le recours revendiqué à l’intérim, la mise en concurrence des établissements, tout concourt à créer, dans un futur proche, une école à plusieurs vitesses, soumises aux pressions locales et un abandon de l’ambition d’une réussite pour tous au détriment des publics les plus touchés socialement. Dans les écoles, dans les collèges et lycées, dans la rue, nous avons clairement marqué notre refus de cette démission politique, notre refus des classes surchargées, des quartiers délaissés, des conditions de travail sabotées.

Depuis des semaines, le gouvernement fait la sourde oreille et n’affiche que mépris pour les lycéens, enseignants et parents mobilisés.

Enseignants en charge de la préparation et de la correction du brevet, nous sommes particulièrement attachés à cet examen qui garantit une évaluation impartiale et nationale des efforts accomplis pendant le premier cycle par les élèves. Aussi, nous refusons catégoriquement qu’il soit, comme pour le bac, instrumentalisé par le ministère pour faire passer en force ses mesures impopulaires et largement rejetées par l’opinion. En ayant sciemment refusé d’ouvrir toute négociation jusqu’à présent, en ne répondant pas aux demandes réitérées de report des examens, Xavier Darcos joue la montre et veut utiliser les examens pour mettre la pression sur les enseignants en cette fin d’année, espérant ainsi gagner du temps et désamorcer la mobilisation.
Nous refusons ce chantage et exigeons solennellement du ministre qu’il revienne sur ses mesures (et en particulier : retour des 11000 postes supprimés, maintien des options et des BEP, abandon du rapport Pochard) avant le début des examens.

Faute de quoi, nous nous tenons prêts :

- à bloquer les centres de correction du brevet et à ne laisser accéder les correcteurs à ces centres de correction qu’à partir du moment où le ministre aura daigné écouter la colère qui s’exprime légitimement contre sa politique de casse du service public d’éducation.

Ce texte a été adopté à l’AG du collège Lamartine de Houilles (Yvelines) du 3 juin 2008, par 26 des 28 professeurs réunis. C’est sur cette base et en élargissant l’action à tous les établissements du second degré et  au premier degré, que nous vous appelons à nous contacter tous et toutes pour s’organiser afin de passer à l’action ! Nous envoyons parallèlement une demande aux directions syndicales pour qu’elles se décident à lancer un mot d’ordre national pour agir sur les examens.

Contact : sauvonsnosdgh@yahoo.fr

 

(1) A compter de cette année, les Titulaires sur Zone de Remplacement (TZR) néo-titulaires seront affectés en priorité sur les Bloc de Moyens Provisoires de 18 h  (BMP : heures données à l’année à un établissement c’est-à-dire non fixes d’une année sur l’autre); les TZR déjà en poste seront, eux, nommés sur le reste des BMP disponibles après cette première phase en fonction de leur barème et de leurs vœux.

01/06/2008

conformismes

 

181740778.3.JPGMascarade

Shota Voskanian,

2000 

 

 

Rendez-vous compte. 

 

Toute une semaine à tenter de revaloriser la valeur travail en augmentant le temps qui lui est consacré.

 

 

A démontrer comme Dominique Paillé, Secrétaire général de l’UMP, sur les ondes de RMC qu’il faut passer d'une "inégalité subie" sur le temps de travail à une inégalité "choisie".

 

A nous convaincre, comme Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, qu’il «ne faut pas le vivre mal, qu’il faut le vivre comme quelque chose de positif. Qu’il y a une tendance parfois, en France dans le débat politique, à hyperdramatiser, au sens grec du terme, tout ce qui se passe (…) dès lors que cela va dans le mouvement, dans la réforme et non dans le conservatisme ».

 

Vous n'en croyez pas vos yeux? Convoquez donc vos oreilles (1) :


podcast

 

 

Et puis vient le dimanche. Levé tard, désoeuvrement. L’occasion de lever la tête, de la sortir de cet océan de conformisme qui s’étend même parfois juste à côté de nous.

 

Imaginez. Du temps libre. Un petit libraire et un livre parfait pour ce dimanche : « Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary » de Guy Hocquenghem.

 

Page 48.

 

« Assommés, assourdis, par les injonctions contemporaines, nouvelles, actuelles, d’être efficaces, performants, positifs, mis à jour, techniques, informatiques, pratiques, abrutis par le communicationnels, le « look », les « tendances », la modernisation (…) ; cernés par le réalisme, le BCBG, le clean, le rétro, le tiède, le commode, le gominé, le retour à soi, le raisonnable ; engoncés de BD, de figuratif, de claviers et de statistiques ; pris dans la glu de l’adaptation, de la réadaptation, le ras-des-pâquerettes comme principe de pensée, les nécessités objectives, la fin des idéaux de révolte comme tout viatique philosophique ; gavés des redécouvertes des bonnes vieilles médiocrités d’autrefois ; martelés de petites certitudes, d’égoïsmes retrouvés, de limitations acceptées, revendiquées ; malaxés par la peur d’être largués, de ne pas être assez informatifs, assez plats, assez désabusés, de ne pas coller d’assez près aux besoins, au social, de méconnaître l’éternel stéréotypie d’un nouveau rétrograde et répétitif ; paralysés par le totalitarisme des idées courtes qui se proclament telles ; notre destin scellé par le fini, l’achevé, l’adéquat, le déjà vu, le déjà fait dont le règne s’accomplit en ce temps de glaciation des idées médiatiques (si les deux mots côte-à-côte ne jurent pas trop ensemble), qui d’entre nous n’a éprouvé les effets de ce culte du conformisme. »

 

Ecrit en 1986. Plus de 20 ans et pas une ride.

 

Dans nos écoles maternelles et primaires comme dans nos collèges et nos lycées, c'est ce chemin vers le conformisme que nous rejetons.

 


podcast
Philippe Katerine, numéros

 

 

(1) Radiozapping, Lemonde.fr, 30 mai 2008. Sources : France Inter, RTL, France Bleu, RMC, Europe1, France Info, Nova.

 
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