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22/04/2009

Et la bande violente de l’Elysée-Matignon, qui va la charger ?

Nicolas Sarkozy, 18 mars 2009 : "Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale"  (le Canard enchaîné d'aujourd'hui).

Il y en a des dizaines comme cela, de la « racaille » au « pôve con ». En voici une autre, d’un autre mois d’avril, qui va bien avec le discours sécuritaire sur les bandes violentes et autres beautés de cet acabi, hier à Nice :

Nicolas Sarkozy, avril 2007 : "Qui ne voit qu'il y a un lien évident entre la politique d'immigration non maîtrisée depuis 30 ou 40 ans et l'explosion sociale dans nos quartiers ? Ca crève les yeux qu'il y a une liaison entre les deux. Si on ne peut même pas dire que dans nos quartiers il y a une population récemment française et que le nombre de cette population a créé des problèmes d'intégration qui font que le pacte républicain menace d'exploser, si on ne peut même pas dire cela, il y a aucune chance qu'on résolve le problème."

Depuis la bande violente s’est organisée comme on peut le voir sur la photo ci-dessous :

gouvernement.jpeg

Et son porte-flingues vaut le détour lui aussi :


Frédéric Lefèbvre porte parole de l'UMP

 

 

Max.

22/03/2009

Nicolas Sarkozy remercie grévistes et manifestants du 19 mars (réalisé avec trucage, hélas)

sarko_ecransTV2.JPGLe 20 mars, à la TV, c'était le prince qui ne manque pas d'air. 

 

 

 

 

Séquence séduction: "Et je veux remercier les fonctionnaires qui ont fait fonctionner l’accueil mini-mum dans les écoles."

 

Séquence fiction : "Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. "

 

Séquence dérision : " Nombreux sont les salariés qui pensent que face à une crise internationale, une grève nationale ne peut pas fournir une réponse. "

 

 

Lors de sa conférence de presse, le 20 mars, à Bruxelles pour le Conseil européen, Nicolas Sarkozy a évoqué longuement la journée de mobilisation de la veille, en France. Grèves et manifestations de quelques 3 millions de personnes. Piégé, il y a quelques mois lorsqu’il avait déclaré que la grève ne se voyait plus en France, le voilà qui en remet une couche, remerciant les fonctionnaires qui ont travaillé ce jour là et suggérant que si on voit bien les manifestations on ne voit toujours pas les grèves…

 

Pourtant, nous savons bien que tout ceci n’est que provocation, effet de communication ou effet de manche pour ne pas perdre la face. Car sinon, pourquoi Xavier Darcos est-il revenu sur sa réforme de la formation des enseignants. Rappelons que dans cette réforme la plus bête depuis longtemps, le ministre proposait de supprimer purement et simplement l’année de stage pour tout nouvel enseignant. Plonger directement le novice dans le grand bain, voilà à quoi menait cette brillante idée dont nous avions évoqué ICI les tenants et les aboutissants. Le report (et donc, on peut y croire, l'abandon) de cette réforme est un immense soulagement.

Si on ne prend que cet exemple la mobilisation du 19 mars est un franc succès qui laisse espérer que le vent est en train de tourner à notre avantage.

 

Alors voilà, puisque Nicolas Sarkozy se pose en honnête homme, je propose une légère réécriture de son allocution du 20 mars dont vous trouverez l'original ICI. Histoire de remercier qui de droit, tout de même.

 

Voici donc les remerciements présidentiels aux grévistes et manifestants du 19 mars. En rouge mes propositions de modifications que tout honnête homme ne saurait refuser, cela va de soi.

 

« Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. Et si je les vois telles qu’elles sont, je veux remercier les fonctionnaires et les salariés qui ont eu à cœur de faire la grève. C’était une de vos grandes questions : est-ce qu’elle fonctionnera ? Maintenant vous avez la réponse : ça a fonctionné. Et je veux tout particulièrement remercier les fonctionnaires qui ont fait grève malgré l’accueil minimum dans les écoles. Dans 214 villes il y a eu une manifestation pour dire au gouvernement qu’il y avait d’autres réponses à la crise que les baisses d’impôts des catégories les plus aisées et le démantèlement des services publics. Voilà, preuve est faite que quand on fait grève en France, ça se voit. La grève, c’est un droit constitutionnel. Quand j’avais dit que la grève ne se voit plus en France, on m’avait dit que je remettais en cause le droit de grève. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas réussi à le remettre en cause. Et pendant la grève (la grève, chacun a pu la voir, les manifestations chacun a pu les constater, elles sont importantes, il faut en tenir compte) mais le pays n’a pas été paralysé par le discours sur la crise. Ca n’a pas nuit à l’économie mais ça a protégé notre société qui n’a pas, en plus besoin d’être paralysée par les discours sur la crise. La France est regardée de tous les pays du monde. Et c’est pas si souvent qu’on voyait la France en faveur des mouvements sociaux et avec des salariés qui défilent, des fonctionnaires qui défilent, des lycéens qui défilent, des retraités qui défilent, des chômeurs qui défilent. Que les manifestants en soient remerciés. Je pense que nous arrivons à un niveau de maturité de la démocratie sociale. Personne ne peut s’en plaindre. Et puis je veux noter également (mais vous vous en êtes faits l’écho, mesdames et messieurs de la presse) que le nombre de manifestants a sensiblement augmenté. Une entreprise comme Continental : 100% de grévistes car 100% de licenciés. Dans la fonction publique de l’Etat, ce sont des moyens en moins. Et même dans l’Education nationale, 13500 postes en moins. Cela prouve que nombreux sont les salariés qui pensent que face à la crise internationale, ce gouvernement ne peut fournir aucune réponse. ll peut manifester de l’incompréhension, il peut manifester du mépris, il peut manifester de la nervosité mais il porte surtout sur de fausses réponses à la crise comme un bouclier fiscal dont on veut le retrait, une mesure particulière de justice sociale dont on veut l’adoption.»

 

Max.

 


podcast

Arthur H, le chercheur d'or

 

L’illustration de début est librement inspirée d’une affiche publicitaire d’une châine de télévision dont la série star est « le prince de bel air ».

 

 

 

22/02/2009

Nadine Morano tente un hold up sur l'Education nationale

Nadine Morano à l’Education nationale : un mammouth à la place du Mammouth ? Non, pire que ça. 20 minutes relaie une information péchée par le Point.fr : « Nadine Morano lorgne sur le Ministère de l’Education ».

 

On connaît trop le côté tapageur de celle qui ambitionnerait de prendre le délicat portefeuille de Xavier Darcos. On ne peut pas dire qu’elle soit l’emblème de la finesse. Pour s’en souvenir, regardons cette vidéo bien connue trouvée sur le site du Nouvel Obs :

 

Mais nous aurions tort de croire que cette nomination ne serait qu’une simple erreur de casting.

 

Adjoindre l'Education à la Famille

 

En effet, au-delà de la personnalité de Nadine Morano qui ne colle pas avec le ministère  qu’elle convoite, c’est le projet qu’elle porte qui dérange : adjoindre au ministère de la famille, celui de l’éducation. C’est bien dans ce sens là que le Point.fr, qui a eu vent de cette trouvaille, nous la présente. Dans ce sens et non l’inverse.

L’inverse d’ailleurs n’aurait guère de sens : qu’est-ce que le ministère de l’éducation aurait à faire d’une délégation à la famille. En quoi la réforme du lycée pourrait-elle trouver des ressources dans les caisses d’allocations familiales ? En quoi la revalorisation des carrières enseignantes trouveraient-elles refuge dans celle du mariage ?

Non. Il n’y a sans doute pas d’erreur dans la formulation : le projet de Nadine Morano serait bien d’adjoindre l’Education à la Famille et non le contraire. Mais alors qu’est-ce que la signifie et pourquoi, pour le coup, il existe bien une logique et qu’est ce qu’elle recèle ?

 

Tout d’abord, la déclaration de Nadine Morano n’est pas une déclaration tapageuse de plus. Cette « évolution » est inscrite dans le discours de Nicolas Sarkozy depuis sa campagne de 2007 (et probablement avant). C’était il y a presque 2 ans jour pour jour (bel anniversaire !), le 23 février 2007 :

 

« C’est l’autorité des parents qu’il faut réhabiliter.

Je souhaite une véritable révolution des mentalités par laquelle les parents soient reconnus comme des éducateurs à part entière.

(…) Si pour les familles qui ne s’occupent pas de leurs enfants mineurs, qui les laissent traîner dans la rue, qui les laissent commettre des délits, qui ne respectent pas l’obligation de les scolariser, je souhaite que des sanctions soient prises, que la responsabilité des parents puisse être mise en cause, que les allocations familiales soient mises sous tutelle, je m’engage aussi si je suis élu à aider les familles de bonne foi qui en ont besoin à élever leurs enfants.

Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. »

 

Ensuite, transférer le ministère de l’Education nationale à celui de la famille, c’est comme transférer l’Education nationale aux familles autrement dit faire perdre à l’Education nationale son caractère national. Alors évidemment, quand je dis cela, on se dit que j’exagère, que j’en fait des tonnes, que j’ai trouvé là un nouveau moyen de taper sur les seuls-qui-proposent-dans-ce-pays-gangréné-par-l’immobilisme-etc. La dernière phrase de la citation ci-dessus ne dit rien d’autre : « Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. » L’Etat n’est plus celui qui impulse, qui oriente, qui définit des politiques éducatives pour la nation entière, sans exclusive. Or, ramener l’école à un devoir familial, c’est lui ôter ce que près de deux siècles ont lentement forgé à savoir que l’école est avant tout un moyen de répondre à l’environnement social dans lequel elle est impliquée. Son objectif n’est-il pas d’abord globalisant : faire d’un jeune individu, accueilli dès son plus jeune âge, une personne intégrée. Passer de l’individu à la personne, en somme. Intégrée dans le lien social, à la fois pour le construire comme citoyen et pour y participer par sa profession. Le projet de Nicolas Sarkozy et de Nadine Morano, qui se vante souvent d’avoir l’oreille du Président, est tout autre : faire de l’école une simple béquille, un hôpital de campagne d’une éducation délocalisée au sein des seules familles. Bien sûr que le rôle d’une famille est d’éduquer au sens strict du terme. Mais peut on compter sur elle seule pour former un citoyen, pour émanciper. Sans doute parfois. Mais pas toujours et loin s’en faut. Se faisant, Nicolas Sarkozy et Nadine Morano sont bien dans un projet de droite dont l’objectif libéral ne consite qu’à intervenir dans la société qu’à la marge.

 

Enfin, le déclassement de l’Education nationale au rang de simple auxiliaire des familles serait une manière de définitivement décrédibiliser l’instituteur et le professeur. Nicolas Sarkozy avait déjà lancé la pierre à cette profession : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance”. (Discours au Vatican, 20 décembre 2007). Il pourrait rajouter que dans la transmission des valeurs et dans la l’apprentissage de la différence entre le savoir et le savoir-faire, le professeur ne pourra jamais remplacer le père ou la mère de famille, parce qu’il lui manquera toujours l’autorité ou je ne sais quelle autre sornette. Depuis déjà plusieurs années, l’idéologie dominante consiste à dire que l’école à échouer à se démocratiser. Les partis de droite estiment d’ailleurs que la tâche est impossible autant qu’inutile. C’est la raison pour laquelle, on peut dégraisser sans vergogne. Certes, certes, la démocratisation de l’école n’est pas réussie pourtant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?

 

Morano4.JPG
Nadine Morano, une femme d'envergure, prompte à occuper les places laissées vacantes.

 

On le voit, l’arrivée de Nadine Morano à l’Education ou plus exactement (car tel est son souhait), l’arrivée du ministère de l’Education dans le ministère de Nadine Morano ne serait pas sans conséquences. Xavier Darcos en bon latiniste, voulait une école machine à dupliquer des savoirs, confite d’académisme. Nadine Morano nous vendra une école « d’éveil » dont le but est surtout d’occuper, à charge aux familles de faire l’essentiel (1).

 

Il ne nous reste plus qu’à croire que cette déclaration de Nadine Morano ne soit qu’une manière de faire parler de soi pour que le Président ne l’oublie pas le moment du remaniement venu. Juste marquer une ambition, en somme.

 

Perso, je veux encore croire que tout cela n’est qu’un mauvais rêve.

 

Et pour terminer, référence à la vidéo du début...


podcast
 Anaïs, Elle sort qu'avec des blacks

 

 

Max.

 

 

 

(1) Au Grand jury RTL, Le Figaro, LCI, le 21 décembre 2008, Nadine Morano, encore secrétaire d’Etat chargée de la Famille, avait déclaré que « l’école maternelle c’est trois ans », et indiqué avoir à « à l’étude » un dispositif de « financement croisé » pour des jardins d’éveil destinés aux enfants âgés de deux à trois ans. « Nous sommes en train de travailler sur un dispositif de financement croisé par la CAF (caisse d’allocations familiales), les communes, les communautés de communes, mais aussi les parents en fonction de leurs revenus » avait-elle précisé.

 

 

 

 

06/02/2009

Dernières démarques ... avant fermeture de la maison France

J’ai une théorie qui vaut ce qu’elle vaut : pour moi, Nicolas Sarkozy est un shadok. Il pompe beaucoup et c’est même comme ça qu’il existe. Mais bon je me suis planté : il n’a pas parlé d’Education. C’est vrai l’Education n’est plus une priorité.

 

Alors, j’hésite. C’est peut-être plus grave.

 

Hier à la TV, sa politique ressemblait parfois à ça :

 

derniere-demarque.JPG

 

… quand il annonce la suppression de la taxe professionnelle après avoir soldé l’impôt sur les grandes fortunes et l’impôt sur les successions. Car n’oublions pas que la taxe professionnelle, c’est pour les communes un outil pour mutualiser les risques de fermetures de sites, de délocalisations, un impôt qui permet de redistribuer la richesse vers les communes les moins favorisées.

 

Mais sa politique c’est aussi ça :

Salon-agriculture2.JPG

 

… tant il nous prend pour des bœufs. L’interview commence sur le constat que nous serions en train de vivre la plus grave crise depuis un siècle. Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy nous explique qu’il faut … partager les profits dans les entreprises. Euh. Crise et profits : ça va être le couple de l’année ? Il me semble qu’en période de crise, il faudrait plutôt partager les risques de l’existence…

 

Ah mais oui bien sûr : partager les risques, c’est instaurer une meilleure sécurité sociale, mutualiser les risques de fermetures de sites, de délocalisations. Et avec les soldes du quinquennat, ça ne va pas être possible.

 

En fait tout se tient.

   

Et puis, grand final, il y a eu ça :

  

M’sieur Pujadas

 

« Est-ce qu’il reste un doute, dans votre esprit, sur l’idée de vous représenter, en 2012, à la présidentielle ? »

 

Professeur Shadoko

 

« Oh que oui. Oh que oui. Parce que mon métier est très difficile, qu’il faut beaucoup d’énergie, beaucoup de force pour le faire. Je consacre toute mes forces à la faire le mieux possible, le mieux possible. »

 

Président, c’est un métier ? Ah bon.

 


podcast
 Benoit Dorémus, J'apprends le métier

 

 

Max.

05/02/2009

"Je pompe donc je suis" (Nicolas Sarkozy ce soir à la télé)

 

 

 

Le professeur Shadoko va parler ce soir à la télévision.

Le Professeur Shadoko, rappelons le, est l'inventeur de l'ouvre boite en conserve, du comptage par poubelles et de la passoire à dépasser. Récemment on a pu le découvrir en Président de la République. Il dit des choses tellement astucieuses et futées, que lui-même bien souvent ne comprend pas ce qu'il dit, c'est vous dire !

Extrait de ce que l'on pourrait bien entendre sur le thème de l'éducation:

M'SIEUR PUJADAS

 

D’où la question que je réitère pour la troisième fois : est-ce qu’on maintient les suppressions de postes ?

 

PROFESSEUR SHADOKO

 

Non m’sieur Pujadas, on maintient les réformes qui permettront les suppressions de postes. Mais c’est dans cet ordre, m’sieur Pujadas, c’est les réformes qui permettront les suppressions de postes. Et des réformes, y en a eu. On a supprimé la carte scolaire. Maintenant, les gens peuvent choisir l’école de leurs enfants. M’sieur Darcos a demandé la suppression du samedi matin. J’ai demandé une réforme du bac. Ecoutez. Tous les parents qui ont un enfant en Terminale savent qu’à partir du mois de mai, on ne peut plus aller en classe parce que l’organisation du bac fait … alors c’est pas la peine de faire travailler nos enfants pendant 36 heures dans la semaine si c’est pour que l’année s’arrête au début du mois de mai, entre les ponts et l’organisation du bac au mois de juin. Donc il y a des marges de productivité. Je suis parfaitement conscient du malaise enseignant. C’est d’ailleurs un très grand problème pour la société française parce que les élèves doivent apprendre à respecter leurs maîtres, à les admirer, à les considérer et la revalorisation de la fonction enseignante est pour moi une priorité mais elle ne pourra pas être menée de paire : embaucher plus, payer plus. Il faudra choisir.

 

 

Voilà ce que pourraient bien entendre quelques millions de téléspectateurs ce soir.

 

De la logique Shadok !

 

C'est pas moi qui le dit, c'est lui même qui a prévenu que de toute façon, il ne changerait rien, en dépit du bon sens, de la crise, du mouvement social qui s'est exprimer le 29 janvier.

Notre Professeur Shadoko, semble donc vouloir faire sienne une de ces devises chère à ses amis les Shadoks : « Avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu'on serait descendu avec un escalier prévu pour la descente. »

Petit moment d'antologie donc, ce soir à la télévision, et qui vaudra bien celui-ci:

 

Les Shadoks, saison 2, épisode n°6

" Une expérience simple permet de se rendre compte qu'on ne change pas notablement la qualité de l'instrument (une passoire) en réduisant de moitié le nombre de trous, puis en réduisant cette moitié de moitié, etc., etc. Et, à la limite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trous. D'où, théorême: la notion de passoire est indépendante de la notion de trou".

On vérifiera ce soir...

Max.

 

 

12/01/2009

Voeux 2009: Sur l'Education, Nicolas Sarkozy fait diversion

this_way.jpg

Nicolas Sarkozy a présenté, ce lundi 12 janvier, à 12h20, ses vœux aux personnels de l’Education nationale. Certes, certes, ce genre d’exercice ne se prête pas aux réflexions de fond. Mais tout de même, aide-t-il à deviner la philosophie et la nature des grands chantiers à venir.

 

Or, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est loin du compte.

 

Des questions, le monde enseignant, et le monde tout court d’ailleurs, en ont :

 

La marchandisation qui atteint toute les activités contournera-t-elle l’école ? Le sanctuaire scolaire peut-il espérer ignorer impunément la modification des comportements sociaux dans un monde que dominent les valeurs et les résultats de la société du « tout et libre marché » ?

Le vieillissement de la population ne promet-il qu’une agréable baisse des effectifs dans nos classes (Le ministère estime à 20 000 le nombre d’élèves en moins l’an prochain dans le secondaire) ?

La massification, tout compte fait, réussie de l’accès à l’école satisfait-elle la démocratisation que nous voulions ?

Quid du supplice du collège unique ? (Après l’école primaire, nous réformerons le lycée, dit Nicolas Sarkozy. Mais que fait-il de ce qui les relie, à savoir le collège ?) Quid des modèles pédagogiques uniques ? Quid du brise reins que constitue le premier cycle universitaire ? Quid de la misère sociale de tant de jeunes en formation ?

 

Il semble, hélas, que, pour nos gouvernants, tout cela ne soit qu’inconvénients mineurs. En témoignent les extraits de l'intervention du Président de la République repris par 20 minutes:

 

 

 

En témoignent aussi les deux nominations annoncées :

 

Richard Descoings, tout d’abord. Médiatique directeur de l'Institut d'études politiques de Paris, il sera chargé de conduire la mission de concertation ("d'analyse, de compréhension, d'écoute et de proposition") sur la réforme du lycée, sous la direction de Xavier Darcos. Il est connu pour avoir créé en 2001, pour accéder à son établissement, une filière dérogatoire au concours à l'intention d'élèves des zones d'éducation prioritaire (ZEP).

 

Martin Hirsch, ensuite. Déjà commissaire aux Solidarités actives, il prendra la tête d’un nouveau haut commissariat à la Jeunesse. Bernard Laporte se verra ainsi privé d'une partie de son secrétariat d'Etat (aux Sports et à la Jeunesse). « Le Président entend ainsi montrer qu'il accorde une importance particulière au désarroi de la jeunesse, qui a conduit selon lui à la contestation lycéenne de la fin 2008 », résume 20 minutes.

 

A eux deux, ils résument la philosophie de Nicolas Sarkozy en matière d’éducation :

D’une part (et c’est peut-être bien le sens à donner à la nomination de Richard Descoings), faire en sorte que les restrictions budgétaires n’empêchent pas le système de produire la bonne proportion des jeunes parvenant aux mêmes grandes écoles que leurs parents. Mais est-ce la seule élite dont notre société a réellement besoin ?

D’autre part, calmer la jeunesse, qui pourrait bien venir en appui à la mobilisation, parfois un peu faiblarde, des personnels de l’Education face à la « réformite » aiguë  de Xavier Darcos.

 

Voilà de quoi transformer les meilleures idées en gadgets et donner le tournis aux acteurs de terrain.

 

Voilà à quoi se résume la volonté politique essoufflée de Nicolas Sarkozy : amuser le parterre… et faire diversion.

 

Max.

 

 

 

Du vent, des pets des poums, dirait Gainsbourg.

 

02/01/2009

Mais où est donc passée la politique de civilisation ?

DSC06820.JPG

Nicolas Sarkozy, égal à lui même pour les voeux 2009: quelques 20 fois « je », 1 fois « le gouvernement » et 3 petites fois « nous ». En effet, depuis qu’il est élu « sans lui rien n’est possible ». Voilà pour la forme de l’allocution 2009 des vœux de Nicolas Sarkozy. Mais aucune fois le mot « civilisation » fer de lance de la déclaration de vœux de 2008 n’est évoqué. Les discours de Nicolas Sarkozy seraient-ils des coquilles vides, les paroles sans effets. Dans le monde du président, les causes seraient-elles sans conséquences ?

Je n’ose y croire. Petite comparaison.

Vœu 2008 : « Avec 2008, une deuxième étape s'ouvre : celle d'une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde (…) Je souhaite du fond du coeur qu'elle soit pour la France, pour chacun d'entre vous, pour tous ceux qui vous sont chers une année de bonheur et de réussite ».

Variante 2009 : « L'année 2008 s'achève. Elle a été rude. (…) Pour tous les Français, cette année a été difficile. La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et de souffrances. »

Vœu 2008 : « Nous ne résoudrons rien (…) si nous n'entreprenons pas de moraliser le capitalisme financier. Il ne s'agit pas de faire des discours - on en a tant fait - il s'agit d'agir pour obtenir des résultats. »

Variante 2009 : « Pour tous les Français, cette année a été difficile. La crise économique et financière mondiale est venue ajouter son lot de peines et de souffrances. Chacun d'entre vous en subit les conséquences. »

Vœu 2008 : « Nous ne résoudrons rien (…) si nous ne retrouvons pas le goût de l'aventure et du risque. (…)Il ne s'agit pas de faire des discours - on en a tant fait - il s'agit d'agir pour obtenir des résultats. »

Variante 2009 : « Les difficultés qui nous attendent en 2009 seront grandes. J'en suis pleinement conscient. Je suis plus décidé que jamais à y faire face, avec le souci de la justice, avec l'obsession d'obtenir des résultats. (…) Nous serons pragmatiques, attentifs, réactifs et s'il faut faire davantage, nous le ferons mais en gardant notre sang froid. »

Vœu 2008 : « Depuis trop longtemps la politique se réduit à la gestion restant à l'écart des causes réelles de nos maux qui sont souvent plus profondes. »

Variante 2009 : « Après avoir préservé les économies de chacun grâce au plan de sauvetage des banques, ce sont les emplois de tous qu'il faut désormais sauver. Le plan de relance massif de l'investissement de 26 milliards d'euros qui a été décidé y contribuera. C'est un effort considérable. Des mesures ont été arrêtées pour sauver notre industrie automobile, en contrepartie de l'engagement des constructeurs de ne plus délocaliser leur production. D'autres initiatives seront prises avec le fonds souverain dont nous nous sommes dotés pour préserver notre tissu industriel. »

Et un petit dernier pour la route et tout le monde sait, ô combien, comme le disait si bien Jean-Pierre (Raffarin), que « la pente est rude mais la route est droite » :

Vœu 2008 : « Notre vieux monde a besoin d'une nouvelle Renaissance. Eh bien, que la France soit l'âme de cette Renaissance ! Voici mon voeu le plus cher pour cette année qui vient. »

Réponse 2009 : euh….

 

Pour finir, en paraphrasant notre cher Président, mes chers compatriotes de la blogosphère :

« La crise nous oblige à changer plus vite et plus profondément. La crise est une épreuve. Elle est aussi un défi.

Ce défi là, je veux le relever avec vous. Vous pouvez compter sur moi.

Nous avons des atouts considérables. Il y a dans le peuple français quand il est rassemblé assez d'énergie, d'intelligence et de courage pour que nous ayons ensemble confiance dans l'avenir.

Nous allons sortir renforcés de cette crise.

Du fond du cœur je présente à chacun d'entre vous mes meilleurs vœux pour 2009.

Vive la République, Et vive la France. »

 

Max.

 

grease_crise2.JPG
Petite improvisation à partir de l'affiche
de la comédie musicale"Grease"
donnée actiuellement au Théatre Comédia
 
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