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11/11/2008

Sarkozy dans la tranchée de Verdun: "Allez-y les gars, continuez à vous battre !"

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90 ans que la Première Guerre mondiale est finie.

Tout a été vu, dit, minutieusement analysé, étudié. Le dernier poilu nous a quitté au mois de mars. Nous sommes donc désormais seuls face à cette histoire sans personne pour nous y raccrocher directement. On pourrait croire que la leçon a pu en être tirée.

Hélas non. Le discours de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui, à Douaumont, là même où des centaines de milliers de soldats sont morts dans une bataille, celle de Verdun, effroyable, est un chef d’œuvre de non sens, de négation de ce que pourrait être la leçon de l’Histoire.

Et c’est grave.

Pourtant, comme pour lui indiquer le chemin à suivre, en éclaireurs, deux lettres de soldats ont été lues juste avant son discours. La première de René Pigeard à son père parle de l’abrutissement auquel conduit la guerre, « les obus, les tranchées, les lambeaux de chair et le sang qui éclabousse ». La seconde, de Georges Duhamel à son épouse évoque la paix retrouvée, « le 11 novembre 1918, journée de gaîté grave. Les cloches sonnent dans les villages. Le champagne est offert aux blessés ».

90 ans que la Première Guerre mondiale est finie et son message est pourtant clair, net et précis : la guerre est absurde car elle renvoie l’homme à la barbarie, au fond des âges dont nous avons mis des millénaires à nous extirper. L’homme civilisé ne peut être un guerrier.

Le message est clair et Nicolas Sarkozy a choisi de l’ignorer. Tout son discours évoque l’honneur du combattant. L'honneur vaut bien l'horreur. La guerre peut donc être honorable. On devine bien sûr qu’un président qui met ses pas dans celui des faucons de Washington, qui décide au nom des descendants de poilus d’envoyer davantage de troupes dans la guerre sans fin d’Afghanistan, de bombarder le Tchad ou la Côte d'Ivoire pour mieux assurer son pouvoir à quelques dictateurs sanguinaires, ne peut admettre que la guerre est inutile. Ce serait se renier.

Au-delà du fait qu’à force de renier les leçons de nos erreurs passées on s’accommodera de l’oubli davantage que de la mémoire, l’épisode doit nous mettre en éveil pour autre chose. Dans la précédente note, j’évoquais la confusion entre histoire et mémoire et l’idée de Xavier Darcos de confier l’éléboration des grandes lignes de nos programmes d’histoire aux parlementaires. Nous avons là la preuve de la dangerosité d’un tel projet qui consiste à trafiquer la mémoire collective à coup d’émotions pompeuses au dépend d’une histoire dont le but est avant tout de porter un regard critique (et la critique n’est pas forcément négative) sur notre passé et de prendre du recul par rapport aux émotions passées et présentes.

Le poète Charles Péguy partant à la guerre en 1914, la fleur au fusil, comme beaucoup d’autres ne le faisait pas dans le seul but de laver un honneur. « Je pars soldat de la République, nous dit-il, pour la dernière des dernières, la paix universelle et le désarmement général ». Hélas pour lui et pour nous, la République n’a été ensuite capable que d’élire des Nicolas Sarkozy.

Alors pour nous convaincre de la bêtise de ce dernier, écoutons les derniers témoins de cette guerre aujourd’hui tous disparus. Tous sont une leçon pour l’avenir. Attardez vous sur le second de cette vidéo. Celui de Ferdinand Gilson, 106 ans lors de l’entretien. Il nous donne la clé : « En toute chose, il faut considérer la fin : l’union franco-allemande ». Mais où était donc Angela Merkel ?

 
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