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25/03/2009

Xavier Darcos poussé dans un corner sur France Inter

Un Demorand offensif, un Darcos défensif. Pour constater que les différents reculs sont en train de se faire. Le flou domine encore. Pour reprendre la formule d’un auditeur : pourquoi attendre que des établissements soient bloqués, des enseignants en grève, que des parents occupent pour démarrer une négociation. Que de temps perdu pour constater finalement que l’essentiel (les missions de l’école) n’est pas réformé. Que de confiance perdue pour rendre toute réforme aléatoire ? Comment croire que toute cette agitation provoquée par le ministère n’a pas pour seul et unique but de faire des économies comme nous y invitent les traités et les directives européennes ? Du beau gâchis.


Xavier Darcos - France Inter - Interview de Nicolas Demorand
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Xavier Darcos - France Inter - Réponses aux auditeurs
envoyé par franceinter

22/03/2009

Nicolas Sarkozy remercie grévistes et manifestants du 19 mars (réalisé avec trucage, hélas)

sarko_ecransTV2.JPGLe 20 mars, à la TV, c'était le prince qui ne manque pas d'air. 

 

 

 

 

Séquence séduction: "Et je veux remercier les fonctionnaires qui ont fait fonctionner l’accueil mini-mum dans les écoles."

 

Séquence fiction : "Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. "

 

Séquence dérision : " Nombreux sont les salariés qui pensent que face à une crise internationale, une grève nationale ne peut pas fournir une réponse. "

 

 

Lors de sa conférence de presse, le 20 mars, à Bruxelles pour le Conseil européen, Nicolas Sarkozy a évoqué longuement la journée de mobilisation de la veille, en France. Grèves et manifestations de quelques 3 millions de personnes. Piégé, il y a quelques mois lorsqu’il avait déclaré que la grève ne se voyait plus en France, le voilà qui en remet une couche, remerciant les fonctionnaires qui ont travaillé ce jour là et suggérant que si on voit bien les manifestations on ne voit toujours pas les grèves…

 

Pourtant, nous savons bien que tout ceci n’est que provocation, effet de communication ou effet de manche pour ne pas perdre la face. Car sinon, pourquoi Xavier Darcos est-il revenu sur sa réforme de la formation des enseignants. Rappelons que dans cette réforme la plus bête depuis longtemps, le ministre proposait de supprimer purement et simplement l’année de stage pour tout nouvel enseignant. Plonger directement le novice dans le grand bain, voilà à quoi menait cette brillante idée dont nous avions évoqué ICI les tenants et les aboutissants. Le report (et donc, on peut y croire, l'abandon) de cette réforme est un immense soulagement.

Si on ne prend que cet exemple la mobilisation du 19 mars est un franc succès qui laisse espérer que le vent est en train de tourner à notre avantage.

 

Alors voilà, puisque Nicolas Sarkozy se pose en honnête homme, je propose une légère réécriture de son allocution du 20 mars dont vous trouverez l'original ICI. Histoire de remercier qui de droit, tout de même.

 

Voici donc les remerciements présidentiels aux grévistes et manifestants du 19 mars. En rouge mes propositions de modifications que tout honnête homme ne saurait refuser, cela va de soi.

 

« Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. Et si je les vois telles qu’elles sont, je veux remercier les fonctionnaires et les salariés qui ont eu à cœur de faire la grève. C’était une de vos grandes questions : est-ce qu’elle fonctionnera ? Maintenant vous avez la réponse : ça a fonctionné. Et je veux tout particulièrement remercier les fonctionnaires qui ont fait grève malgré l’accueil minimum dans les écoles. Dans 214 villes il y a eu une manifestation pour dire au gouvernement qu’il y avait d’autres réponses à la crise que les baisses d’impôts des catégories les plus aisées et le démantèlement des services publics. Voilà, preuve est faite que quand on fait grève en France, ça se voit. La grève, c’est un droit constitutionnel. Quand j’avais dit que la grève ne se voit plus en France, on m’avait dit que je remettais en cause le droit de grève. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas réussi à le remettre en cause. Et pendant la grève (la grève, chacun a pu la voir, les manifestations chacun a pu les constater, elles sont importantes, il faut en tenir compte) mais le pays n’a pas été paralysé par le discours sur la crise. Ca n’a pas nuit à l’économie mais ça a protégé notre société qui n’a pas, en plus besoin d’être paralysée par les discours sur la crise. La France est regardée de tous les pays du monde. Et c’est pas si souvent qu’on voyait la France en faveur des mouvements sociaux et avec des salariés qui défilent, des fonctionnaires qui défilent, des lycéens qui défilent, des retraités qui défilent, des chômeurs qui défilent. Que les manifestants en soient remerciés. Je pense que nous arrivons à un niveau de maturité de la démocratie sociale. Personne ne peut s’en plaindre. Et puis je veux noter également (mais vous vous en êtes faits l’écho, mesdames et messieurs de la presse) que le nombre de manifestants a sensiblement augmenté. Une entreprise comme Continental : 100% de grévistes car 100% de licenciés. Dans la fonction publique de l’Etat, ce sont des moyens en moins. Et même dans l’Education nationale, 13500 postes en moins. Cela prouve que nombreux sont les salariés qui pensent que face à la crise internationale, ce gouvernement ne peut fournir aucune réponse. ll peut manifester de l’incompréhension, il peut manifester du mépris, il peut manifester de la nervosité mais il porte surtout sur de fausses réponses à la crise comme un bouclier fiscal dont on veut le retrait, une mesure particulière de justice sociale dont on veut l’adoption.»

 

Max.

 


podcast

Arthur H, le chercheur d'or

 

L’illustration de début est librement inspirée d’une affiche publicitaire d’une châine de télévision dont la série star est « le prince de bel air ».

 

 

 

18/03/2009

Xavier Darcos a perdu l’esprit … français.

Je l’avoue, je l’avoue, le titre est racoleur. Pourtant, comment résister à cette boutade quand on lit avec tout l’intérêt que nous lui devons la prose de Xavier Darcos dans Le Monde de jeudi 19 mars. « Esprit français, es-tu là ? » s’interroge-t-il en page 20. Qu’est-il arrivé à celui qui se présente à nous d’abord comme Membre de l’Institut et ensuite comme Ministre de l’éducation nationale ? C’est que, dans ce qui ressemble à une séance de spiritisme, Xavier Darcos est venu retrouver une élite perdue, celle des intellectuels et avec eux l’esprit français qui les définissaient tant par le passé. Il a beau convoquer Voltaire et Montaigne, leur attacher la compagnie tutélaire de Nicolas Sarkozy (si, si), rien n’y fait.

 

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Je n'y peux rien, moi, si Xavier Darcos en

philosophe des Lumières ressemble davantage

à du Warhol...

 

 

Selon lui, l’indépendance de pensée, la hauteur de vue, l’enthousiasme mêlé à la courtoisie dans le débat d’idées, qui caractérisaient tant cet esprit français, semblent autant de qualités perdues aujourd’hui. La République, née de l’alliance entre intellectuels et politiques, réussissant ainsi à canaliser le désir parfois violent de démocratie, serait aujourd’hui à la dérive.

 

Jugez en vous-même :

 

« Le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l’outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s’instille jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

« Cette tendance imprécatrice blesse l’intelligence. Elle me choque (…) Elle encourage le monde du savoir dans une défiance explicite, voire obligée, à l’égard du politique »

« Personne n’a intérêt à encourager cette dérive. Personne ne peut en justifier les vrais ressorts, qui sont le dévoiement de la fonction critique de l’intellectuel au profit d’intérêts partisans ou caricaturaux. »

« L’affaire ne se clive pas entre les bons (la gauche) et les méchants (la droite). Cette supputation est inféconde. Elle donne un exemple désastreux de notre jeunesse en privilégiant la querelle ou le préjugé plutôt que la controverse argumentée. »

 

Et puis il y a ce passage amusant : «  Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem. »

 

L’intellectuel a démissionné, quitté la cité. Ou alors il s’est laissé corrompre. Ne résonnent (raisonnent ?) plus aujourd’hui que les mégaphones syndicaux dans des cortèges agressifs. Le politique est bien seul. Sans l’arbitrage certes critique, sans la hauteur de vue, sans la courtoisie de l’intellectuel, que peut l’homme politique livré à la vindicte populaire ?

 

Et cette vindicte, Xavier Darcos va encore la voir défiler depuis ses fenêtres, ce 19 mars au départ, à Paris, d’une place qui s’appelle précisément République.

 

L’intellectuel a quitté la cité, le politique est seul dans l’hémicycle et le jeune forcément ultra gauchiste a envahi la rue. Esprit français éclairé de toute sa hauteur de vue, courtois, Xavier Darcos n’a eu de cesse au cours de son ministère de dénoncer des syndicats "dont la fonction principale est la résistance au changement", répétant à l’envi « à ceux qui font grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges".

 

Plus qu’un héritier de l’esprit français, Xavier Darcos se pose en héritier de cette République des propriétaires que Boissy d’Anglas défendait à la tribune de l’Assemblée nationale en 1795 : « Nous devons être gouvernés par les meilleurs : les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois ; or, à bien peu d’exception près, vous ne trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui, possédant une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve (…). Si vous donnez à des hommes sans propriété les droits politiques sans réserve (…) ils nous précipiteront enfin sans ces convulsions violentes dont nous sortons à peine. »

 

Classes laborieuses, classes dangereuses. Certes, avec plus de courtoisie et sans doute beaucoup d’esprit, la prose de Xavier Darcos, dans Le Monde du 19 mars, ne dit pas autre chose…

 

 

Max.

16/03/2009

Le 19 mars, le sommet social sera dans la rue

20 novembre

 

29 janvier

 

19 mars

 

 

 

Que s’est-il passé depuis le 29 janvier qui justifie une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 19 mars ? Celui et celle qui suivent en pointillé l’actualité éducative peuvent légitimement s’interroger. Elie Domota, le leader du mouvement social guadeloupéen avait raison de railler cette méthode très métropolitaine de faire grève une fois tous les deux mois quand ce n’est pas trois. Ce qui devrait nous en convaincre, c’est l’extraordinaire n'importe quoi dans lequel le gouvernement nous a plongé depuis la magnifique mobilisation du 29 janvier.

 

Episode n°1 – le méga sommet du 18 février où le chef de l’Etat recevait en grande pompe les partenaires sociaux pour leur annoncer qu’il n’avait que des miettes à leur offrir.

 

Episode n°2 – le recul sur le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs.

 

Episode n°3 – l’étonnant pas de deux sur ce grand n’importe quoi que constitue la réforme de la formation des enseignants.

 

Depuis le 29 janvier nous avons pris conscience que nous avions deux ministres au lieu d’un (quelle chance !). Xavier Darcos et Valérie Pécresse travaillent main dans la main pour modifier de fond en comble les conditions de formation des maîtres. Pour autant, on ne peut pas dire que la gestion de nos politiques éducatives ait gagné en clarté. Que comprenez vous de la réforme du lycée : ajournée ou annulée ? Que comprenez-vous du nouveau statut des enseignants-chercheurs : évalués ou non ? Que comprenez vous de la réforme de la formation des maîtres : stage d’observation ou en responsabilité ? Plus rien n’est clair. A force de reculs, il n’existe plus de sens aux réformes engagées. Et c’est bien le pire. De quoi débattre ? Sur quelle base négocier ? On nous parle de tout remettre à plat, de réécriture des décrets, d’aménagement de dispositifs.

 

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Par exemple que comprenez vous à la logorrhée ci-dessous, extraite du dernier communiqué de presse du Ministre de l’Education nationale du 12 mars sur le recrutement et la formation des enseignants.

 

« A l’issue des consultations et rencontres des dernières semaines, Xavier DARCOS et Valérie PECRESSE ont apporté les précisions suivantes sur cette réforme, dont le processus sera lancé dès la session 2010 des concours, conformément aux principes énoncés dans la Charte signée par les deux ministres le 30 septembre dernier.

Cette réforme verra son aboutissement à l’occasion de la session des concours 2011. Les conditions définitives de la mastérisation des enseignants feront l’objet d’une discussion avec les organisations représentatives et les acteurs concernés.

Elles seront examinées par une Commission de concertation et de suivi, coprésidée par un président d’université et un recteur. Cette commission associera les associations syndicales représentatives.

Cette commission, qui réunira en nombre égal des membres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale, aura pour objectif de faire aux ministres concernés des recommandations notamment sur l’articulation entre les masters et les concours, sur la question de l’adossement à la recherche des masters, sur les éventuelles adaptations que pourront connaître les épreuves et l’organisation des concours et sur les ajustements pour certaines disciplines professionnelles de l’enseignement professionnel. » (Les passages en gras le sont sur le communiqué)  

 

Tout cela ressemble étrangement à une opération bien connue : noyez le poisson. Au cours de ces derniers mois nous en avons eu plusieurs exemples : un jour, on annonce qu’on ne touchera pas aux Sciences économiques et sociales, un autre, on ouvre les lycées à des entrepreneurs peu scrupuleux. Un jour on dit vouloir faire de l’école maternelle une école à part entière, un autre on en vide le sens même. Un jour, on dit vouloir revaloriser la fonction enseignante, un autre on lui supprime toute formation en responsabilité sur toute l’année de stage. Plus de ligne conductrice, une gestion au jour le jour, faite de déclarations péremptoires sur la soi-disant irresponsabilité des syndicats, sur le passéisme des manifestations. Les 5 bonnes raisons de faire grève que nous énoncions en janvier sont encore plus valables aujourd’hui.

 

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Depuis le 29 janvier, d'étranges docteurs sont venus se porter au chevet de notre école. Nadine Morano et son projet d'adjoindre le Ministère de l'Education à celui de la Famille (et non l'inverse!), le FMI qui invite les Etats à réduire les salaires de leurs fonctionnaires. Mais où va-t-on?

 

Une chose est certaine : le flamboyant Darcos qui promettait il y a quelques mois encore médailles, uniformes, code de la vie scolaire et quelques autres de ces beautés là a disparu corps et âme lorsqu’il s’est agi de présenter des réformes plus sérieuses. A moins que tout ceci ne soit que des contre feux servant à cacher la seule et unique politique éducative que ce gouvernement sait mener à bien : la réduction du budget des services publics. Mais qui parle encore des 13500 postes que le Ministère de l’Education s’apprête à supprimer après les 33000 des rentrées 2007 et 2008 ? 

 

Non, vraiment. Le 19 mars, il sera temps de montrer la sortie à nos chers ministres. Ils trouveront bien une ambassade ou une multinationale pour terminer gentiment leurs carrières.

 

 

Max.

 

 


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Alain Bashung, Dehors.

07/03/2009

Le diplôme d'Albert Einstein vendu aux enchères

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« Cette époque est désaxée ». (William Shakespeare, Hamlet)

 

Le diplôme d’Einstein vendu aux enchères. Tout un symbole. Car c’est un peu le sort qui attend tous les diplômes universitaires si les réformes en cours du couple Darcos-Pécresse parviennent à se frayer un passage à travers les barricades que tentent de monter nos valeureux enseignants-chercheurs. Des universités et donc des diplômes vendus aux enchères pour le plus grand bonheur des sponsors les plus offrants.

 

D’un autre côté, on n’est pas sûr qu’un jour le diplôme de Nicolas Sarkozy puisse être vendu aux enchères…

 

 « Sache que les hommes sont ce qu'est leur époque ». (William Shakespeare, Le roi Lear)

 

Max.


podcast
Tarmac, Notre époque

 

Illustration: Le magasin Merode, Prévert photographié par Doisneau en 1953. A voir dans le cadre de l’exposition Paris La Belle consacrée à Jacques Prévert.

19/02/2009

Evaluer les politiques plutôt que les personnes

Education, Hôpital, Université: A saisir ! #3

 

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De nombreuses manifestations des enseignants chercheurs ont eu lieu aujourd’hui. Ils s’élèvent notamment contre la volonté de Valérie Pécresse de monnayer l’argent de la recherche à une évaluation jugée arbitraire (nombre d’articles publiés par exemple) des chercheurs.

 

Cette volonté se double aujourd’hui du mépris que Nicolas Sarkozy témoigne à l’endroit de la recherche française accusée de « médiocre », « d’immobilisme », aux « structures obsolètes ». Comme nous le relate, entre autres Mediapart, le Président s’est mis, de manière erronée, à plaisanter au sujet des chercheurs Français qui sont incapables de voir la réalité en face, c’est-à-dire, notamment, d’admettre que leur taux de productivité, selon d'obscurs calculs élyséens, est inférieur de 30 à 50% à celui de leurs confrères britanniques.

 

Dans un article publié les 12 février sur le site Rue 89, Nestor Romero, ancien enseignant voit très justement dans la tendance à tout évaluer, le signe d'une marchandisation de l'école. Il dit notamment ceci :

 

« Tel est le maître mot: évaluation.

Tout doit être évalué, du gamin de maternelle et de cours moyen jusqu'au chercheur chenu en passant par le chômeur jeune ou moins jeune dont il convient d'évaluer sa capacité à trouver un introuvable travail, le médecin hospitalier qui aurait tendance à consacrer trop de temps à ses patients au prix de la rentabilité de l'hôpital-entreprise, et le malade qui aurait tendance à l'être un peu trop.

Car il y a des enfants de 9 ans qui ne sont pas assez "performants" et des enseignants-chercheurs qui ne cherchent pas autant qu'il le faudrait et que, comme réprimande, on enverra enseigner!

Et des chômeurs qui profitent de la situation pour se complaire dans l'oisiveté, des médecins trop attentifs et des malades imaginaires.

Il faut donc bien évaluer car la liberté, celle que ne tolère pas le "libéralisme", est source de désordres dont seule une rigoureuse évaluation peut venir à bout. »

 

Et de conclure, non sans ironie :

 

« Pourtant, ces insignifiants désordres inéluctables qui accompagnent la liberté sont bien moins redoutables que l'autoritarisme populiste et évaluateur porté par le "libéralisme".

Car ni les enfants, ni les professeurs, ni les chercheurs, ni les médecins ne sont à l'origine du désordre qui vient de saisir le monde. Qui sont donc ces fauteurs de troubles qu'il conviendrait d'évaluer avec la plus grande rigueur? »

 

La question qu’il convient de se poser est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nos gouvernants tendent à vouloir inscrire dans leurs politiques cette logique d’évaluation des personnes.

 

Prenons l’exemple de l’enseignement secondaire et commençons par poser le contexte :

 

Depuis les années 70, la massification scolaire a remis en cause la confiance des citoyens vis-à-vis du système d’enseignement. Plusieurs problèmes se sont ainsi posés : mise en doute de la possibilité d’adapter au public populaire un enseignement construit pour et en fonction d’élèves issus majoritairement des classes moyennes et supérieures (débat depuis les années 70 avec mise en place du collège unique : classes hétérogènes ou groupes de niveau ?) ; mise en doute de l’efficacité du système d’enseignement, insuffisance de la formation au monde du travail et de la socialisation. Il en est découlé une crise de légitimité : l’Etat et ses partenaires, l’opinion demandent des comptes à l’Ecole. A  cela s’est ajoutée la pression des médias et des institutions internationales (Union européenne, OCDE).

 

Autre élément de contexte: les lois de décentralisation éducative des années 1985-1986. Les collectivités se sont vues attribuer la responsabilité des investissements et du fonctionnement matériel des établissements, ce qui a conduit à un partage de la tutelle entre les services académiques et les collectivités territoriales. Par ailleurs, les établissements se sont autonomisés (ce sont eux qui, par exemple répartissent la dotation horaire). Du fait de ce transfert de responsabilité aux élus locaux, d’administrative, la gestion de l’école est devenue plus politique. La prise en compte des demandes du terrain s’est accrue aboutissant entre autre au desserrement de la carte scolaire. Suivant cette nouvelle logique, l’Etat a également renoncé à l’intégration dans les services publics d’Etat de l’enseignement privé. Nous l’avons vu dans la note précédente cette tendance est aujourd’hui en train de s’accélérer.

 

Depuis les années 70 et surtout 80, le système éducatif français s’est donc considérablement transformé, de nombreuses politiques éducatives se succédant jusqu’à aujourd’hui. Certains spécialistes parlent même de « révolution invisible ». C’est dire comme on y a vu que du feu. Pourtant rarement elles ont été évaluées. Seuls des procès en politique éducative ont eu lieu, la droite démontant la logique de la gauche et vis versa.

 

La logique d’évaluation du gouvernement poursuit cette tendance irresponsable : évaluer les hommes et non le système et les politiques qui l’animent. Au bout du compte, ils nous laissent en héritage un millefeuille dont on croit qu’il produit plus d’échec scolaire que de réussite ce qui est, reconnaissons le, une aberration. 

 

Avec la décentralisation, les compétences en matière de politique éducative sont devenues diverses et rarement concentrées entre les mains des mêmes acteurs (l’Etat gère les personnels, les collectivités gèrent les investissements matériels, les établissements la répartition de leur dotation horaire). L’évaluation des politiques éducatives est donc aujourd’hui indispensable. Les anglos-saxons l’ont largement développée. Elle permet à tous les acteurs, même les plus petits de continuer à exercer un pouvoir de contrôle démocratique de ces politiques.

 

Vouloir, comme le fait le gouvernement, évaluer les personnes et non les propres politiques qu’il met en œuvre est une spécialité française. Cela permet, en tout cas, à l’homme politique médiocre, d’amuser le parterre et d’intenter sans beaucoup d’efforts, d’inutiles procès en immobilisme.

 

 

Max.

 

Pour approfondir :

 

ROMERO Nestor, La tendance à tout évaluer, signe d'une marchandisation de l'école, Rue 89, 12 février 2009

LEMIEUX Cyril, Enseignants-chercheurs : Nicolas Sarkozy a-t-il commis une erreur ?, Médiapart, 15 février 2009

ROLLOT Catherine, Enseignants-chercheurs : les raisons d'une révolte, Le Monde, 18 février 2009

DUTERCQ Yves, Politiques éducatives et évaluation, querelle de territoires, PUF, 2000

 

Et puis, si vous avez loupé les épisodes précédents:

 

Education, Hôpital, Université: A saisir ! #1

Education, Hôpital, Université: A saisir ! #2

 

24/01/2009

Quand le gouvernement redécouvre la proximité

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Rapprochez vous. Là. Rapprochez-vous encore un peu. Encore un petit peu. A droite. Oui, un chouilla à gauche maintenant. Voilà. C’est parfait. Merci beaucoup.

 

On se souvient de Nicolas Sarkozy décla-rant de manière définitive, en 2005, lorsqu’il officiait, place Beauvau comme mini-stre de la police, que « pour la mission [de prévention], il y a des éducateurs, la police est là pour arrêter les coupables ». On se souvient aussi, du candidat à son ultime élection déclarant qu’il voulait rétablir l’autorité contre l’assistanat. Car « l’assistanat c’est le contraire de la responsabilité parce qu’avec l’assistanat l’homme subit au lieu de vouloir ».

 

Or, nous assistons. Nous assistons actuellement à un retour des politiques de la proximité chères aux anciens gouvernements de gauche des années Jospin. Il suffit simplement de regarder de près deux récentes mesures pour s’en convaincre.

 

Michelle Alliot-Marie (MAM) a décidé d’essaimer, nous dit-on dans 20 minutes, les Unités territoriales de quartiers, les Uteq, partout en France. Ces unités, créées en 2008, regroupent des policiers pérennes qui, grâce à une formation spécifique auprès d’acteurs politiques et associatifs locaux, ont une meilleure connaissance du terrain et développent une proximité avec les habitants.

 

Xavier Darcos, quant à lui, a inventé cette semaine sa police de proximité éducative. Il appelle cela les « médiateurs de la réussite scolaire ». Mission : ramener dans les salles de classe les élèves absentéistes plus prompts à aller faire des économies et réussir les soldes qu’à aller faire de l’Economie et solder ainsi leurs études par un bel échec scolaire. Contrairement aux policiers de MAM qui devraient être, on l’imagine de jeunes fonctionnaires sortis de l’école de police, on ne sait pas exactement qui seront ces bleus qui iront frapper aux portes des élèves absentéistes. Des contrats aidés nous dit-on. Des précaires donc et jeunes. Seront-ils bien plus âgés que ceux qu’ils auront pour tâche de ramener vers la saine éducation de nos écoles de la République ? Peut-être eux aussi auront-ils droit à une formation spécifique auprès d’acteurs politiques et associatifs locaux. Avec un peu de chance auront-ils le loisir de croiser la nouvelle police de proximité et faire des échanges de fichiers et d’expérience ?

 

Ce soudain besoin de proximité éclaire deux conséquences des politiques menées depuis plusieurs années : à ne voir dans les services publics que des guichets multi fonctions on perd le contact avec les populations que l’on est censé servir et la qualité des services rendus s’est considérablement et très rapidement dégradée (Combien d’ « usagers » des transports parisiens savent-ils que les grèves paralysant la gare Saint-Lazare ont pour origine la réduction du nombre de postes et donc de trains ?)

 

13_tuiles.jpgToujours est-il que tout ceci est bien dommage. Depuis deux ans, le ministère de l’Education natio-nale s’emploie à supprimer des dizaines de milliers de postes dans nos éta-blissements scolaires. 33000 postes en moins auxquelles s’ajouterons les 13500 de la rentrée 2009. Autant d’adultes en moins dans nos écoles, collèges et lycées pour s’apercevoir au final qu’on a perdu le contact avec nos élèves les plus en difficultés. Il suffirait pourtant de recruter davantage de conseillers principaux d’éducation (CPE) dont le rôle est justement de s’occuper de la vie scolaire de nos établissements, des fonctionnaires expérimentés indispensables interfaces entre l’intérieur et l’extérieur. Ils feraient le travail, à eux seuls de dizaines de ces jolis médiateurs.

 

Le combat que mènent de nombreux professeurs des écoles refusant de suppléer à la suppression des professeurs spécialisés dans la difficulté scolaire, les fameux RASED, est exemplaire : supprimer des postes conduit à réduire le nombre d’adultes auprès des élèves, à uniformiser les missions de ceux qui restent. La qualité de l’enseignement dispenser ne pourra qu’en être réduite à son tour.

 

Mais, il est vrai que d’ici là, on aura démarré une nouvelle campagne électorale et le candidat à sa propre réélection pourra de nouveau avoir le verbe facile et déclamer

 

« Il est temps de dire non à ce formidable mouvement d'inversion des valeurs.

D'ailleurs, on voit où cela nous a menés.

Quand tout se vaut, plus rien ne vaut rien.

Quand il n’y a plus d’interdit, quand il n’y a plus de tabou, quand il n’y a plus de hiérarchie des valeurs, quand il n’y a plus de limite, quand il n’y a plus rien de sacré, alors il n’y a plus de liberté.
Parce que trop de liberté pour tous tue la liberté de chacun.

Parce que personne n’est libre quand personne ne sait plus ce qu’il peut raisonnablement attendre des autres.
Parce que lorsque tout est permis, plus rien ne l’est.

Parce que lorsqu’il n’y a plus de règle, plus de loi commune, plus de norme, plus de valeur partagée, il n’y a plus rien pour endiguer le mal qui est dans l’homme, pour canaliser la violence, les instincts, les pulsions, la loi de la force, la loi des bandes, la loi des voyous. » (1)

 

La grève générale du 29 janvier a trouvé ces derniers jours une nouvelle raison d’être.

 

Max.

 

(1) Discours de Nicolas Sarkozy à Perpignan, 23 février 2007

 

 

 

21/01/2009

Darcos sur le départ ! Début d'inventaire.

Difficile de dire si c’est l’annonce à peine masquée de son prochain départ de l’Education nationale qui me fait avoir cette faiblesse, mais, j’ai tout à coup envie de penser du bien de Xavier Darcos. Tenez, par exemple, cette idée de recruter 5000 agents pour lutter contre l’absentéisme scolaire dont le Parisien se fait l’écho et qu’il annoncera dans une interview au Figaro, ce jeudi. Le constat du ministre est juste : "De plus en plus d'élèves sont absents de manière régulière. Or, tout est lié. L'absentéisme mène au décrochage, qui conduit à l'échec scolaire, lequel mine l'insertion professionnelle et sociale des jeunes", "Et c'est lorsqu'un jeune n'est plus encadré, qu'il n'a plus de projet, qu'il peut être conduit à tous les échecs. L'absentéisme est un fléau, et les solutions actuelles pour y remédier ne fonctionnent pas",

 

Bien sûr on rétorquera que ces emplois sont des emplois précaires, que leur nom, probablement inventé par un de ces inutiles disciple de Jacques Séguéla, est ridicule (on les nommera les « médiateurs de la réussite scolaire »), que cette politique de la droite rappelle étrangement celle, vilipendée par le candidat Sarkozy, de la gauche (les célèbres grands frères, ces médiateurs de quartiers des années 80-90), que cette « interface entre l’école et les parents » entre en contradiction avec la haine de l’assistanat développée par le fringant self made man qu’est Nicolas Sarkozy, que ces emplois aidés ressemblent étrangement aux emplois jeunes de l’époque Jospin-Allègre.

 

Mais bon. Reconnaissons à Xavier Darcos, cette volonté de prendre de front chaque problème qui se pose et de lui apposer, en face, une solution, même fragile, même approximative. On ne peut pas dire qu’il n’essaie pas.

 

Alors pourquoi cette fracture entre le ministre et les personnels de l’Education nationale ? Ces maudites suppressions de postes bien sûr (13 500 encore pour la rentrée 2009). On ne peut pas vouloir réformer et en même temps « dégraisser ». Xavier Darcos s’est pris les pieds dans cette nasse qu’est le « terrorisme de la dette » tant exploité pendant l’élection présidentielle (souvenez-vous de ces émissions avec en image de fond le compteur de la dette qui défilait). Comment négocier de manière constructive une réforme avec des organisations syndicales auxquelles vous annoncez en même temps qu’elles vont voir les personnels qu’elles défendent se réduire de manière drastique ?

 

Et le mépris à l’égard des personnels l’emporta trop souvent sur le dialogue. En somme, il nous a manqué un « médiateur de la réussite [de la réforme] scolaire ».

 

Max.

18/01/2009

Xavier Darcos contre les syndicats : veillée d’armes en attendant le 29 janvier

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Nous le savons déjà, le gouvernement n’aime guère les syndicats qui s’opposent à sa politique. Xavier Darcos ne déclarait-il pas, en novembre dernier, quelques jours avant la grande manifestation qui allait le convaincre deux semaines plus tard de renoncer à sa « réforme » incompréhensible du lycée : les syndicats de l'Education nationale "dont la fonction principale est la résistance au changement", estimant qu'"organiser de manière systématique" des grèves comme "réponse aux problèmes de l'école" était "démodé". Il ajoutait : "J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges". Pour lui, "organiser de manière aussi systématique et si répétitive comme réponse aux problèmes de l'école des protestations, des refus (...) est une (façon) démodée d'aborder les problèmes".

 

Les syndicats, donc, ne seraient pas représentatifs : "Par définition, depuis que nous organisons le travail à l'éducation nationale, il y a une résistance des appareils qui n'est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux que d'avoir des syndicats dont la fonction principale est d'organiser la résistance au changement comme si le monde ne changeait pas autour de nous". (Source: Le Figaro)

 

 

Problème : début décembre, ces mêmes syndicats, organisateurs des grèves, remportaient près de 90% des voix aux élections professionnelles avec un taux de 64% de participation. Camouflet. Les syndicats sont bien représentatifs et même massivement représentatifs. Nous avions donc appris à ignorer le ministre sur ce point...

 

Irresponsables et coupables

 

A l’approche de la prochaine mobilisation du 29 janvier, Xavier Darcos doit changer de stratégie : les syndicats ne sont plus peu représentatifs, ils sont irresponsables (1).

 

Les « évènements » de la gare Saint Lazare lui en donnent l’occasion rêvée. Nicolas Sarkozy a lancé le premier, en milieu de semaine dernière, l’offensive :

 

"J'ai du respect (pour les syndicats), ils jouent un rôle irremplaçable et nous devons les encourager à développer leur représentativité. Mais, en tant que président de la République, je ne peux pas accepter qu'une organisation syndicale irresponsable casse le service public et bafoue l'intérêt des usagers du service public en fermant la deuxième gare de France, sans prévenir personne, en se moquant des intérêts des usagers".

 

Xavier Darcos lui a donc emboîté le pas aujourd’hui sur Europe 1 : "Evitons que les écoles soient des petites gares Saint-Lazare partout" a-t-il déclaré.

 

Le message est clair : une école fermée du fait de la grève sera le fruit de l’irresponsabilité des syndicats et des enseignants grévistes.

 

Olivier Besancenot a bien raison d’affirmer que "Nicolas Sarkozy est mal placé pour parler [du service public, ndlr]. Lui et son gouvernement passent leur temps à démanteler le service public, que cela soit les transports ferroviaires, la santé, la Poste… Partout il y a des suppressions d'emplois. Les vraies raisons du conflit à Saint-Lazare sont là." (…) "Les grévistes ne sont pas responsables de la situation ! Pendant trois semaines, la direction a refusé de négocier. Je comprends la colère des usagers. Mais ça ne retire rien à ma solidarité avec les grévistes. Les cheminots ne luttent pas pour des droits corporatistes mais pour que les services publics fonctionnent bien."

Et de conclure : "Nicolas Sarkozy a une volonté : taper fort sur tous ceux qui contestent (...) Le gouvernement veut faire des exemples car il a peur de l'extension des conflits, de la jonction entre grévistes (...) Nicolas Sarkozy essaie de criminaliser le mouvement social."

 

Tout a été dit ce week-end.

 

Max.

 

(1) Le post.fr dont sont issues les citations suivantes se fait l'écho des dernières déclarations en la matière.

 

PS: l'illustration du début est une improvisation à partir d'une affiche de la SNCF sur ses tarifs dégressifs ("difficile de passer à coté")

16/01/2009

Xavier Darcos veut sauver la filière textile

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Pauvre Xavier Darcos. Rien. Il n’a rien eu. Xavier Bertrand. Promu. Brice Hortefeux. Promu. Eric Besson. Rendez vous compte : Eric Besson. Promu.

 

Et Xavier Darcos ? Rien. Pas promu.

 

Alors, notre ministre a ressorti son petit calepin à idées géniales. Il y avait déjà puisé le code de vie scolaire et les médailles. Sur une vieille page jaunie, il vient de remettre la main sur l’uniforme. Que tout cela fleure bon l’école à papa.

 

Bon. Me voilà bien méchant. Après tout, certains s’exclameront :

 

« Enfin des Ministres dignes de ce nom (oui à l'uniforme) qui essaient de reprendre le terrain perdu par les nostalgiques et irresponsables soixante-huitards attardés qui on amenés cette jeunesse là où elle est. Il est interdit d'interdire qu’ils disaient même les couteaux arrivent en classe à quand les fusils et je ne parle pas des petits menteurs qui poussent les enseignants au suicide. Bravo messieurs les Ministres continuez à mettre de l'ordre. »

 

Ou encore :

 

« Totalement pour l'uniforme à l'école et ce jusqu'au lycée! Plus de railleries parce qu'on n'a pas les dernières Nike ou autres Lévis 501 !! Les petits caïds perdront de leur "pouvoir" dans les cours d'écoles, car on ne les remarquera plus avec leurs fringues tombées du camion flambant neuves, et les jeunes dont les parents ne peuvent pas se permettre d'acheter une paire de grole à 100 euros (!), ne se sentiront plus lésés. Je ne suis pas "copain" avec l'armée, mais je pense que le principe de l'uniforme peut être un bonne direction pour rappeler à certains ce à quoi sert l'école! Evidemment, les fabricants des marques, vont crier au scandale ! mdr je vois ça venir gros comme une maison. » (1)

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C'est les soldes. Courez achetez votre uniforme !

 

Mais au-delà de ce débat vieux comme la République, il semblerait bien que, voulant bien faire, Xavier Darcos ait commis une petite bourde.

 

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est Nicolas Sarkozy. Le 16 décembre dernier, dans son discours sur l’égalité des chances à l’Ecole polytechnique. Si si. L’Ecole polytechnique.

 

« Depuis trop longtemps nous trahissons l’idéal républicain en proclamant notre attachement à une République formelle sans nous soucier de construire la République réelle.

 

Il n’y a pas de République réelle sans volontarisme républicain.

 

Il n’y a pas de République réelle sans la volonté de corriger les inégalités, en traitant inégalement les situations inégales.

 

On ne peut progresser vers l’égalité réelle qu’en s’attaquant à la fois aux causes et aux conséquences des inégalités, des injustices, des discriminations. »

 

Ainsi (pour redevenir un peu sérieux) nous voilà face à un gouvernement qui prône tout et son contraire, qui déclame son amour de la diversité et mais invite à l’uniformité, qui discoure sur la république réelle mais court après une république formelle. Comment s’y retrouver.

 

Effectivement, la République doit avoir la volonté de corriger les inégalités, s’attaquer aux causes et conséquences des inégalités à condition … de ne pas en être la cause. Les premières études commencent à tomber : l’assouplissement de la carte scolaire aurait un « effet inverse » à l’objectif de mixité.

 

Uniforme ! Cachez ces inégalités que je ne saurai corriger…

 

 

 

Max.

01/01/2009

Xavier Darcos vous souhaite une joyeuse année 2009

Un petit mot de notre cher ministre pour cette année deuxmilleNEUF qui commence :

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Pour voir l’animation cliquez sur PLAY

 

Je souhaite une bonne et heureuse année à tous les lecteurs de ce blog.

Max.

18/12/2008

Xavier Darcos, pris en otage

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A Bogota (Colombie), la nouvelle a fait sensation. Dans un entretien donné au quotidien Le Parisien, le 16 décembre, Xavier Darcos délare que sa "réforme du lycée est devenue l'otage de rumeurs qui affolent l'opinion publique et créent l'inquiétude chez les parents à dessein". La France ne serait donc pas épargnée par ce fléau des prises d'otages. Un important quotidien colombien a dépêché sur place un de ses envoyés spéciaux.

 

Voici son reportage :

Pour Xavier Darcos, Ministre français de l’Education nationale, la journée du mercredi 17 décembre marquera le début de sa première année de détention. L'espoir d'un accord permettant la libération de l’otage enlevé cette semaine s'est amenuisé ces dernières heures.


Avec l’usager de la SNCF et celui de la RATP, le membre du gouvernement est l’otage régulier de guérillas dont « la fonction principale est la résistance au changement ».

 

Pour Rachida Dati, garde des sceaux, la guerre est bientôt terminée. La semaine dernière, sa famille politique a appris sa prochaine disparition du gouvernement, après des mois d’incertitude. Cette jeune avocate était depuis un an et huit mois détenue par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de la Magistrature. Elle faisait partie des nombreux otages qui, comme Xavier Darcos, attendent dans la jungle un accord d’échange humanitaire entre le gouvernement et les rebelles qui permettrait leur libération.

La disparition politique de la garde des sceaux, atteinte de la maladie du mépris a rappelé au pays l’urgence d’une négociation. « Si sa disparition peut inciter les deux camps à s’entendre, elle n’aura pas été vaine », affirmait, en substance, la semaine dernière son plus proche partisan, Jean-Pierre Raffarin.

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Sitôt la nouvelle connue, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait installer le portrait de l'otage sur le fronton de l'Hôtel de ville.

Malheureusement, alors que Xavier Darcos devait débuté, mercredi 17 décembre, sa première année de détention, rien n’est moins sûr. Ni le gouvernement, ni la guérilla des lycéens, qui exige toujours que soient relâchés les 13 500 postes d’enseignants prisonniers du budget 2009, ne paraissent prêts à céder sur ce dossier.

L’annonce, ces derniers jours, d’un recul sur le travail du dimanche, acceptée par l’Elysée, qui jusqu’ici rejetait tout aménagement à ses réformes, avait redonné espoir aux familles, avant que la réponse des rebelles ne tombe, tranchante. « Il est clair qu’avec Nicolas Sarkozy, il n’y aura pas d’échange humanitaire », faisait savoir le mouvement armé de sa détermination sur son site Internet à la veille du Nouvel An.

L’année 2009 est une année cruciale en France. En juin, le pays élira ses représentants au Parlement européen. Un scrutin au cours duquel l’actuel chef d’État, Nicolas Sarkozy, souhaite faire valider au près des électeurs son bilan en tant que Président de l’Union européenne, que la plupart des sondages jugent satisfaisant.

 

L’effort de guerre, appuyé par l’Elysée, coûte cher au pays

 

Dans ces conditions, la guérilla de ceux qui refusent de travailler plus dans des conditions de plus en plus dégradées refusera sans doute de donner le moindre avantage à celui qui avait juré de « l’anéantir », lors de son arrivée au pouvoir il y a bientôt deux ans. De son côté, le président veut, pour assurer sa réélection en 2012, des résultats tangibles : une réforme d’ampleur du système scolaire en serait un.

Conformément à ces consignes présidentielles, Xavier Darcos a mis les bouchées doubles : des milliers de suppressions de postes, le service minimum obligatoire en cas de grève, l’abandon progressif de la carte scolaire afin de garantir à chacun le droit à une inégalité choisie.


Une vaste opération d’éradication est en cours parmi les professeurs des écoles spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire (les RASED), au milieu de combats qui ont coûté leur poste à près de 3000 d’entre eux.

 

Autant d’éléments qui laissent penser que la confrontation est loin d’être finie, et que l’anéantissement promis par le président est une chimère. « Même si certaines réformes sont d’ores et déjà réalisées, les résultats ne sont pas proportionnels aux sacrifices fournis par le pays, explique en substance l’expert en éducation, Philippe Meirieu. Réformer l’école contre les personnels, les lycéens et leurs parents dans des proportions si vastes est quasi impossible. »

Autant dire que la libération de Xavier Darcos n’est pas pour tout de suite, coincé entre les besoins de résultats du Président Sarkozy et les revendications des guérilleros déterminés à imposer leur vision d’une réforme qu’ils voudraient source d’avenir pour les élèves et de progrès pour l’ensemble de la société plutôt que d’allègements budgétaires et de désengagements de l’Etat.

 

De notre envoyé spécial à Paris.

 

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15/12/2008

Xavier Darcos est en Israël mais le mur des Lamentations serait en France

darcos_murdeslamentations.JPGXavier Darcos est au pied du mur. Mais de quel mur s'agit-il ?

Hier, en visite à Jérusalem, Xavier Darcos s’interrogeait. Aujourd’hui à Ramallah, il a tranché : la réforme du lycée est reportée.

Sont-ce les souvenirs des intifada palestiniennes ou bien les déboires monumentaux des gouvernements qu’il visite qui l’ont inspirés ? Est-ce la crainte de voir ne rester du temple qu’est l’Education nationale en France qu’un mur des Lamentations où parents, élèves et enseignants viendraient rituellement pleurer leur école publique perdue ? On s’interroge. Mais de toute évidence un déclic s’est produit.

Le Parisien de ce matin, bien informé apparemment, semblait annoncer ce qui s’est finalement produit : « Dans l’entourage du ministre, on se demande même si cette réforme n’est pas allée trop vite et on s’interroge sur l’opportunité d’un report ». C’est donc fait depuis ce matin.

Tous nos médias se préoccupent des raisons de ce recul. Peur des lycéens dont les manifestations et blocus se sont multipliés cette dernière semaine laissant craindre des débordements à la grecque ?

Nous allons sans doute entendre et lire que la droite a toujours eu peur de l’Ecole depuis 68, Devaquet, le CPE.

Mais il existe peut-être une autre raison qui tient en Xavier Darcos lui-même : cet homme qui confiait pourtant au printemps dernier, dixit Le Parisien, « je vais tout faire pour concentrer le tir sur moi, je vais offrir mon corps à la science », ne peut plus être crucifié aujourd’hui.

Un trésor pareil, il faut le ménager.

Le Parisien fait un de ses titres là-dessus : « Xavier Darcos, le ministre sécurisant ». le portrait qui nous est dressé pourrait presque nous en convaincre. « Bon soldat » du gouvernement, « Premier ministrable », éteignant des incendies qui menaçaient de s’allumer, « jouant l’apaisement », « s’excusant » même. On lui promet un petit Matignon avec l’Education, la Culture, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle »

Michelle Alliot Marie usée, Dati bunkerisée, Rama Yade atomisée, Hortefeux ultra-droitisé, Bertrand remisé (à l’UMP pour préparer l’après Fillon et 2012), il ne reste bien que Xavier Darcos pour faire bonne figure dans ce gouvernement.

Il ne faut pas perdre de vue le contexte: la crise économique et sociale qui se profile et un Nicolas Sarkozy qui redevient simple petit président français le 1er janvier. Fini le grand leader européen au secours de la finance mondiale et des géorgiens opprimés. Retour à la case France. La leçon grecque est sans doute en train d’être tirée : à ne pas savoir arrêter les incendies quand ils démarrent, un gouvernement fini par se faire immoler.

Les coupes sombres dans le budget de l’Education nationale, le vent de colère qui monte depuis nos écoles primaires font craindre le pire. La grève massive (70% dans le primaire) du 20 novembre a non seulement rendue inapplicables la loi sur le service minimum mais reçu un écho très favorable au sein de la population et des parents d’élèves notamment. Rajoutez les lycéens à cette grogne qui monte et c’est une révolte qui pourrait poindre.

Xavier Darcos est la roue de secours du gouvernement. Son assurance-vie. En cas de malheur (une crise par exemple avec un fort taux de chômage à l’horizon 2010-1012), le travail de Xavier Darcos pourrait permettre, grâce à une bonne campagne de communication, de façonner l’image d’un président qui a su, malgré les circonstances, réformer la France.

Nous avons raison de ne pas baisser la garde : l’école est un enjeu énorme.

 

Max.

13/12/2008

Mais qu'a donc (dé)fait Xavier Darcos ?

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Il y a quelques jours, notre hôte, 20 minutes s’essayait courageusement à l’exercice complexe de décryptage des griefs qui s’accumulent en direction de Xavier Darcos, encore ministre de l’Education nationale. « Mais qu’a donc fait Xavier Darcos ? » s’interrogeait Catherine Fournier dans son article. C’est qu’effectivement, il y a péril en la demeure. Chez les profs et leurs élèves, bien sûr (nous y reviendrons) mais aussi dans les médias (les hordes grecques vont-elles déteindre sur nos jeunes têtes blondes hexagonales ?) et chez nos gouvernants qui font preuve d’une certaine nervosité ces temps-ci (l’ultra gauche française n’est-elle pas devenue notre Hezbollah ?)

 

Bref, ça bougeotte un peu partout et quand on sait que l’année 2009 sera pire que le dernier trimestre 2008 (C’est Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, qui le disait jeudi soir à Arlette Chabot), tout-ce-qui pense-et-ce-qui-décrète dans le pays à de quoi se faire quelques soucis.

 

Alors, bien sûr, en ce moment, être ministre ce n’est pas simple. Bilan en perspective car remaniement en vue. Et s’il y en a bien un qui joue gros, c’est Xavier Darcos. Le ministre « une idée par jour », parfait sarkoziste dans le fond comme dans la forme se verrait bien Premier ministre. Mais pour y parvenir, il lui faut gagner ses galons de maréchal : ressembler au Maître. De ce point de vue, Xavier Darcos fait presque un sans faute. Reste l’opinion : tolérera-t-elle d’avoir deux Sarkozy en même temps ? Rien n’est moins sûr.

 

A notre tour, essayons nous au décryptage de la feuille de route de Xavier Darcos.

 

Postulat n°1 : en tout bon sarkoziste sommeille un réducteur de tête

 

Catherine Fournier nous le dit dans son article de 20 minutes : en deux ans, 25000 postes supprimés (11200 à la rentrée 2008, 13500 prévus à la rentrée 2009). Mais ceci n’est que la face émergée de l’iceberg. En effet, un certain nombre d’autres mesures mise en œuvre dès cette année conduiront à réduire considérablement le budget du Ministère de l’Education nationale : la fin de l’aide spécialisée dans le primaire, l’étranglement des associations d’aides aux devoirs, la fin de l’école le samedi matin, une année en moins pour le bac pro (il fallait 4 ans pour le décrocher, 3 suffiront), le relookage de la seconde qui conduira à la suppression de 2 à 3 heures de cours hebdomadaire, l’allègement de la formation des futurs professeurs des écoles (la formation en alternance est remplacée par un simple stage). A cela s’ajoute, l’idée, pour l’heure retoquée, de remplacer la petite section de maternelle par de simples jardins d’éveil.

On le voit, en 2008/2009, c’est l’école primaire qui a été l’objet de toutes les attentions du ministre. De nouveaux programmes, plus lourds, recentrés sur le français et les mathématiques sont venus parfaire ce tableau… noir. En 2009/2010, ce sera au tour du lycée. Dans quelques jours le projet définitif de réforme sera dévoilé.

 

Postulat n°2 : en tout bon sarkozyste sommeille un juge anti-terroriste.

 

C’est bien connu : le ministère de l’Education nationale est un repère de vieux crypto-trostko-marxistes. Xavier Darcos a ainsi développé une allergie aux syndicats. Pour éradiquer ces germes d’ultra-gauchistes, il est des mesures très simples que notre ministre s’est empressé de mettre en œuvre : la surveillance de l’opinion pour identifier les dangereux opposants, les projets (qui devraient finalement avorter) de faire éclater les Sciences Economiques et Sociales au lycée dont les professeurs sont suspecter d’être les propagandistes de l’antilibéralisme et de mettre sous contrôle politique les programmes d’histoire.

 

Postulat n°3 : en tout bon sarkoziste sommeille un Homme nouveau

 

Car combattre n’est pas suffisant, il faut inventer un Nouveau Professeur bien sous tout rapport. Certains l’appellent le flexiprof. Peu à peu, il nous apparaît plus nettement. En cours d’élaboration, un nouveau système de mutation des enseignants. Mais déjà il semble que quelques expérimentations aient lieu : le rectorat de Bretagne affecte des professeurs à des postes de conseillers d'orientation-psychologues. Ou dans l’académie de Lille, des profs de génie électrique en lycée professionnel qui se retrouvent à enseigner la technologie en sixième et ceux de lettres modernes contraints de « garder » les enfants dans les centres de documentation et d'information (CDI). A Marseille, on recrute les profs par… petites annonces.

 

Le flexiprof fonctionne aussi au mérite. Là aussi un avant goût avec cet accord rendu public mi octobre et prévoyant des hausses de primes pour les personnels du ministère de l'Education nationale en contrepartie de 1.700 suppressions d'emplois en trois ans.

 

Postulat n°4 : en tout bon sarkoziste sommeille un ministre … de l’Intérieur

 

L’expérimental (et pour cause) département des Hauts de Seine expérimente depuis quelques années les policiers dans les établissements scolaires. Xavier Darcos prend soin tout doucement de généraliser cette brillante invention britannique. Extérioriser la gestion de la vie scolaire. Mais pour cela, il faut changer les règles : voilà le code de la vie scolaire qui prépare si bien le travail de Rachida Dati au ministère de la Justice.

 

Voilà. Les raisons de la colère existent. Elles ne sont pas mineures. Nous sommes loin des revendications classiques sur les salaires ou sur les retraites. Difficile de dire si nous allons vers une marchandisation de l’Education comme certains l’avancent déjà. L’interrogation est en tout cas légitime : la suppression progressive de la carte scolaire semble creuser davantage les inégalités entre établissements et le projet d’évaluation des élèves de CE1 et CM2 laisse craindre une mise en concurrence des écoles, ce qui serait un facteur aggravant.

Ce qui est sûr, c’est que l’école des années 2010, si rien ne change, sera une école à bas coûts, sur contrôlée, aux personnels flexibles et à multiples vitesses.

 

Il y a de quoi manifester non ?

 

Sinon que faire ? Il y a bien une solution mais…

 

« Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à eux mains vous vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentation vous allez donc trouver votre chef disons pour simplifier car il faut toujours simplifier qu’il s’appelle monsieur xavier c’est-à-dire monsieur ou plutôt mr x donc vous allez trouver mr x là de deux choses l’une ou bien mr x est dans son bureau ou bien mr x n’est pas dans son bureau si mr x était dans son bureau il n’y aurait apparemment pas de problème mais évidemment mr x n’est pas dans son bureau vous n’avez donc guère qu’une chose à faire guetter dans le couloir son retour ou son arrivée mais supposons non pas qu’il n’arrive pas en ce cas il finirait par n’y avoir plus qu’une seule solution retourner dans votre bureau et attendre l’après-midi ou le lendemain pour recommencer votre tentative mais chose qui se voit tous les jours qu’il tarde à revenir en ce cas le mieux que vous ayez à faire plutôt que de continuer à faire les cent pas dans le couloir c’est d’aller voir votre collègue mlle y que pour donner plus d’humanité à notre sèche démonstration nous appellerons désormais mlle yolande mais de deux choses l’une ou bien mlle yolande est de bonne humeur ou bien mlle yolande n’est pas de bonne humeur supposons pour commencer que mlle yolande… » (Georges Perec, l’art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation,

 

Combien de temps allons nous reculer pour ne jamais sauter ?

 

 

Max.

 

 

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P.S.:C'est essentiellement grâce aux formidables revues de presse quotidiennes de Philippe Watrelot, sur son site Chronique Education, que j'ai pu rassembler les nombreux articles de presse en lien dans ce billet.

10/12/2008

Deux Point, deux mesures

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« A New York on se trouve atrocement dépourvu de piment vital, bien mesquin et vivant, irréfutable, sans lequel l’esprit étouffe et se condamne à ne plus médire que vaguement, et bafouiller de pâles calomnies. Rien qui morde, vulnère, incise, tracasse, obsède, sans concierge, et vienne ajouter certainement à la haine universelle, l’allume de ses milles détails. » (1)

 

Le Point (le hors-série) tente de dénicher, ce mois-ci, l’esprit français. Voltaire, Céline, Montaigne et bien d’autres sont ainsi convoqués pour notre plus grand plaisir.

 

Mais, hélas…

 

Le Point (l’hebdo) fait, cette semaine, sa Une (ou sa haine, c’est selon) sur « les profs, tout ce que l’on n’ose pas dire ». Deux pâles concierges, Emilie Lanez et Marie-Sandrine Sghierri, nous promettent chiffres qui dérangent et autre scandale de l’inégalité scolaire. L’article est une accumulation de mesquineries, de médisances et de calomnie. Mais d’enquête journalistique, rien.

 

Elles nous font traîner trois pages tout de même pour nous avouer que leur papier n’apportera rien: « la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le service statistique du ministère, dénonce dans une lettre ouverte le sort réservé à une quinzaine de notes d’information. Destinées à la publication, elles s’entassent depuis des mois sur le bureau de Xavier Darcos, en attente de son approbation. Ces chiffres dérangeraient-ils ? Une autre publication, « L’état de l’école » qui sort traditionnellement en octobre, est elle aussi coincée dans un tiroir. »

 

Que font alors nos deux Pointures ? Rien. Il semble plus facile de trahir le secret de l’instruction quand on veut percer un dossier judiciaire que de trouver un chemin d’accès vers les rapports de la direction de la statistique du Ministère de l’Education. Nous n’aurons rien.

 

C’est alors qu’un esprit français surgit : Xavier Darcos.

 

Elles nous dressent alors la chronique du combat chevaleresque que celui-ci mène contre des syndicats « arc-boutés sur leurs maigres avantages et ressemblant (du moins dans leur version militante et défilante) davantage à des cheminots ou à des postiers qu’à des intellectuels ». Un combat qui vise à « sortir les professeurs de la plainte pour leur donner goût à la productivité ».

 

Elles nous écrivent l’hagiographie d’un saint homme dont les miracles soigneront, à l’image de cet ancien instituteur reconverti en manager, des enseignants « malades de solitude, souffrant de cette indifférence terrible de leur administration ». Une situation qui « amène une réaction épidermique face à tout changement. Ils sont frappés d’immobilité. Ils ont peur », nous avertit-il.

 

Elles nous narrent l’histoire d’une « révolution culturelle » dont le nouveau Mao, promet de « tout changer : la formation [des professeurs], leur recrutement, leur rémunération, leurs affectations, leur temps de travail… Finies les gentillesses, place à la révolution culturelle », s’emportent-elle.

 

L’article est méprisant. Les arguments sont des poncifs déjà bien éculés. On se demande pourquoi faut-il que ces belles personnes qui se prennent sans doute pour des journalistes se sentent obliger de mépriser autant toute une profession. Elisabeth Lévy et Philippe Cohen dans un ouvrage récent (2) expliquent comment le journalisme est devenu, avec la complicité souvent involontaire de ceux qui l’exercent, une idéologie diffuse qui prend la forme « d’un conformisme pâteux constitué d’idées trop simples et d’icônes vénérées ». On est en plein dedans.

 

Mais cela ne suffit pas. Au-delà de la détestation de notre école, de ses enseignants, des syndicats, des grèves et des manifestations, on s’interroge. N’est-ce pas finalement la France que ces deux concierges détestent sans se l’avouer ?

 

Le Point (le hors-série) cherche toujours l’esprit français. Tout à la fin, Michel Serres nous éclaire : « C’est l’aspect négatif de l’esprit français, une certaine dimension que j’appellerai « collabo ». Tout se passe comme si les Français ne supportaient pas leur culture. Cela fait de la France un pays très ouvert, mais qui le paie par la détestation de ses propres productions. C’est un phénomène très ancien ! C’est une forme de soupçon, de « haine-propre » très particulière à l’esprit français. »

 

Points de suspension.

 

 

Max.

 

(1) Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Gallimard, 1932

(2) Elisabeth Lévy, Philippe Cohen, Notre métier a mal tourné, Mille et une nuits, 2008

 

08/12/2008

L'art d'apprendre à ignorer

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L’art d’apprendre à ignorer. C’est le titre d’un ouvrage, paru en 2000, de notre ministre du mépris.

 

Bien sûr le sujet portait sur cette « fabrique de crétins » que serait devenue l’école pour tous les milieux conservateurs.

 

Toutefois, on ne peut s’empêcher de sourire à l’idée qu’en matière d’ignorance, Xavier Darcos est lui aussi un bel artiste.

 

Que disait ce temple du savoir qu’est Xavier Darcos au moment où les syndicats mobilisaient contre sa politique, le 20 novembre dernier ?

Qu’ils n’étaient plus en phase avec les enseignants. Que la France et le monde avancent plus vite que les cortèges.

Ce genre de sornettes.

 

Et bien, la semaine qui vient de s’achever témoigne du contraire. Un exemple : les résultats des élections professionnelles qui se sont déroulées la semaine dernière :

 

Certes, certes. Les élections professionnelles dans le secteur privé ont nettement moins mobilisées : 25,5 % de participation, une bonne partie des abstentionnistes estimant sans doute que  Nicolas Sarkozy ou Xavier Bertrand sont de meilleurs représentants syndicaux…

 

Mais à y regarder de près, ce chiffre global n’a pas beaucoup de sens et relève donc de l’art d’apprendre à ignorer la réalité.

 

Prenons le milieu enseignant du secondaire, puisqu’il nous concerne :

 

64,4 % de participation aux élections professionnelles du 5 décembre. En hausse de plus de 3 % par rapport à 2005 (source Ministère de l’Education nationale). Autant que l’élection américaine jugée historique du point de vue de la participation précisément, émerveillant comme jamais tous nos beaux journalistes de salon.

 

Quelles leçons tirer de ces élections ?

 

  1. Même si le taux de syndicalisation est en baisse, il ne signifie pas une remise en cause de leur représentativité. Le problème qui est posé est donc davantage leur financement dont dépendent leurs moyens d’action.
  2. La volonté de tous les syndicats de s’opposer aux mesures du ministre est validée par une grande majorité des personnels. N’en déplaise à Xavier Darcos, les grèves et manifestations de ces derniers temps sont bien le signe du ras le bol enseignant face à sa politique de démontage en règle de l’Education nationale.
  3. Là où les personnels sont organisés, représentés, la mobilisation est forte.

Et pourtant il reste du travail pour faire entendre ces vérités-là.

 

Comme l’ont repéré certains observateurs aguerris (1) : « La presse de service public radio et télévision s’est comportée de façon à banaliser le vote et à encourager l’abstention. Un vrai tam-tam pro abstention ! Ce fut le cas pour France inter, qui le matin même n’informe pas sur le vote mais sur le “probable taux d’abstention”. Toute la communication des plus grands médias était orientée sur l’abstention y compris les rares spots télévisés. Sans omettre Le Figaro qui, la veille, explique que le scrutin coûte 90 millions et qu’il vaut mieux le supprimer vu qu’il n’y a pas de participants ce qui est le point de vue explicite du Medef et de la droite. »

 

La première leçon de ces élections est peut-être bien que nous apprenons peu à peu à ignorer... Xavier Darcos et ses acolytes.

 

Max.

 

(1)   Gérard Filoche, « Nette progression des syndicats combatifs en dépit de l’abstention organisée par le pouvoir », in Démocratie et socialisme, décembre 2008

 

 

 

 

Ajout du 8 janvier: Vu sur Rue89

Photo: dans la manifestation parisienne des lycéens (Jacky Naegelen/Reuters)

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04/11/2008

De la confusion entre histoire et mémoire (1)

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En cette période de crise en thème, il est des sujets qui passeraient presque inaperçus.

 

Par exemple, Brice Hortefeux. Et bien, et si c’était ce type là qui, avec d’autres de ses copains, écrivait les programmes d’histoire ? La question pourrait paraître saugrenue, mais, hélas, elle ne l’est pas.

Mardi dernier, Xavier Darcos s’était demandé devant la mission d'information sur les questions mémorielles si le Parlement ne pourrait pas prescrire «ce qui doit être enseigné» aux élèves dans des matières sensibles comme l'Histoire.».

Interrogé par 20 minutes, un conseiller du ministre de l’Education nationale confirmait que même si le ministre « considère que c'est aux historiens et eux seuls d'écrire l'Histoire qui est ensuite déclinée, traduite, dans les programmes (…)  Nonobstant, Xavier Darcos, considère que le Parlement peut être consulté sur les programmes, comme ce fut le cas pour les programmes du primaire».

Face à ce nouvel écran de fumée d’un ministre coutumier du sort, on peut se demander si, cette fois-ci, on ne joue pas avec le feu. C’est le sens du propos de Jacques Portes, représentant de l'Association des professeurs d'histoire géographie (APHG), interviewé par le JDD.fr :

"Il y a une confusion totale entre histoire et mémoire", a-t-il attaqué. La mémoire est une question d'émotions, individuelles ou collectives, l'histoire a une vocation scientifique et neutre, démarquée des revendications mémorielles. Sur les questions d'histoire, le Parlement a toujours imposé des mesures sous la pression de lobbies mémoriels. Dire qu'il définirait les sujets à traiter est totalement aberrant. Sous prétexte d'éteindre les débats politiques, on va les exacerber”. Et il alerte en s’appuyant sur les exemples étrangers “ On risque la cacophonie ou une dérive vers des dangers extrêmes, parmi lesquels les revendications communautaristes ou politiciennes. Aux Etats-Unis, les autorités fédérales décident des programmes: certains y défendent que le créationnisme est une science. C'est gravissime."

Le Monde rappelle utilement comment les programmes sont construits aujourd’hui. Ce sont des experts, à la fois universitaires et enseignants du second degré qui les réalisent en s’appuyant sur l’état des savoirs. La proposition de X. Darcos remet en cause cet équilibre.

Bon voilà pour les faits et déclarations. Pour se faire peur et voir ce que cela pourrait donner. Il suffit d’aller voir parmi les brillants collègues de Xavier Darcos au sein du gouvernement.

Il s’appelle Brice Hortefeux, ci-devant Ministre des 3I (Immigration, Intégration et Identité nationale). Il organise hier et aujourd’hui, une conférence européenne sur l’intégration à Vichy. Face aux critiques (le fait que l’organisateur des rafles d’étrangers d’aujourd’hui organise une conférence là où ont été décidées les rafles de juifs hier n’est pas un symbole des plus adroits), le collègue de Xavier Darcos avait répliqué, en juin dernier :

« La conférence, on va la faire à Vichy. (…) Il y a un avantage : c’est qu’il y a l’infrastructure, mais aussi, il y a tout le passé et honnêtement, on en a raz le bol de cette histoire du passé [de Vichy]. On ne va pas condamner une ville sous prétexte qu’il y a 60 ans, il y a eu… »

 

Voilà. Les écrans de fumée de Darcos cachent de vrais incendiaires.

 

Et ça fait peur.

 

 

Max.

 

 

PS : La suite dans le prochain billet ou comment on nous prépare le terrain depuis quelques temps déjà…

29/10/2008

Magie noire et tableaux noirs

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Une petite brève de vacances un peu légère pour se détendre, évacuer le stress, piqués au vif que nous étions depuis les dernières annonces gouvernementales (dernière en date d'hier: ce serait au Parlement de fixer les programmes d'histoire).

La fameuse affaire de la poupée vaudou de Nicolas Sarkozy que l’intéressé ne veut pas voir en vente dans tous les bons magasins de farces et attrapes. 20 minutes nous explique que le tribunal des référés de Paris à estimé, aujourd’hui, qu'il n'y avait «ni atteinte à la dignité humaine, ni attaque personnelle», et que sa mise en vente ne «caractérise pas une atteinte fautive au droit à l'image». Le «Manuel vaudou de Nicolas Sarkozy» s'inscrit donc «dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour» et restera en vente.

Au passage nous découvrons qu’il existe juridiquement parlant un « droit à l’humour ». Donc, nous n’allons pas nous gêner. Il y en a un qui va sans doute faire les frais, dans les prochaines manifestations de notre droit légitime et juridiquement défendu à l’humour.

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Amis professeurs, parents d'élèves, élèves, amis compatriotes compatissants, vous êtes déçus, sceptiques, dubitatifs, incrédules, indécis… ou vous souhaitez tout simplement vous libérer de Xavier Darcos. Décompressez ! Et jouer pour donner enfin libre cours à vos fantasmes et à vos envies jusque là refoulées…

Surtout, vous gênez pas !

Humour, quand tu nous tiens ...

Max.

 

PS: Et puis, hop, allez, un petit supplément ... d'âme.

21/10/2008

Philippe, Armelle, Pascal et les autres

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Dimanche, c’était randonnée pédestre dans les rues de Paris pour montrer une fois encore notre volonté de sauvegarder une école publique digne de ce nom. Pour dire haut et fort, une fois encore que ce qu’on habille dans le beau costume de la réforme n’est en réalité qu’un plan de rigueur budgétaire qui n’aura pour conséquence que de mettre l’école en haillon.

 

Alors, pour éviter les trop grands discours, 20 minutes, notre hôte, a donné la parole à ceux qui sont concernés : parents d’élèves et enseignants, et leurs mots suffisent à tout dire. Nous les reproduisons ici.

 

Philippe

 

Père divorcé de quatre garçons dont un en CM2 à Bel-Air de Combrée (49).

 

« Mon fils a des difficultés scolaires, notamment en français. Je suis surtout inquiet de cette réforme qui lui supprime deux heures de cours. Normalement il peut bénéficier des cours de soutien le soir, mais il est dépendant du car scolaire. La municipalité n'a rien prévu. Il faudrait un autre professeur pour prendre en charge les plus faibles. Résultat, mon fils est rejeté. J'ai moi-même été un enfant en difficulté, aujourd'hui je suis cadre : grâce à l'école, je m'en suis sorti. L'école publique, laïque, gratuite d'aujourd'hui ne propose plus ce que j'attends. Il y a une déchirure entre les parents et l'école. Je suis obligé de payer des cours particuliers à mon fils. Si je n'avais pas les moyens, il resterait sur le carreau. J'aimerais qu'il aille en classe avec plaisir, ce n'est pas le cas. Les enseignants font ce qu'ils peuvent, mais je sens leur pessimisme. Leur mal-être est terrible. »

 

Armelle

 

Prof de maths au collège à Saint-Renan (29), 2 500 euros brut par mois, en fin de carrière.

 

« L'école est à bout, il faut absolument retrouver des moyens. Le suivi éducatif par exemple, je trouve ça très bien. Mais je n'ai pas le temps de faire des heures sup, je travaille déjà 45 heures par semaine. On croule sous la pression. Les injonctions qu'on reçoit changent tout le temps, dans l'urgence. On aimerait se concentrer sur ce qui se passe dans nos classes, c'est ça qui compte. Or nous avons de plus en plus de tâches administratives, comme mettre en ligne les notes des élèves. Les familles deviennent consuméristes. Si je mets une mauvaise note, elles vont demander à me voir pour comprendre pourquoi. Elles choisissent désormais l'école de leur enfant en fonction de la classe de mer, des activités organisées. C'est nouveau ! Certains parents disent qu'ils nous admirent, mais d'autres répètent qu'on ne fout rien et qu'en plus on râle tout le temps. Oui, ça pèse. »

 

Pascal,

 

Instituteur en CM2 à Montmoreau (16) et directeur d'école, 2 300 euros brut par mois.

 

« Je suis inquiet de voir que le système évolue vers une mise en concurrence des écoles entre elles. Les évaluations des enfants se multiplient, les résultats sont mis en ligne, bientôt les parents étudieront le taux de réussite des écoles avant de faire leur choix. Pour nous, enseignants, cette obligation de résultat est nouvelle, et malsaine à mon avis. On est là pour inculquer des savoirs, pas pour mettre des bonnes notes. Les parents font peser une forte pression sociale sur nos épaules. Je comprends qu'ils soient inquiets vu les tensions sur le marché du travail. Mais parfois, ça confine au pistage : certains scrutent à la loupe les programmes qui sont désormais édités. C'est dur de rester calme. Je travaille 40 heures par semaine au total. J'aimerais sentir une revalorisation de notre métier. Au lieu de cela, on multiplie les suppressions de postes. Peut-être en faut-il, mais là, ça fait beaucoup ».

 

 

 

Max.

12/10/2008

C’est la crise à Wall Street ? Supprimons les S.E.S. au lycée !

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Sans doute Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé ou encore Rachida Dati n’auraient jamais viré vers le marxisme s’ils n’étaient pas passés, au lycée, par la filière économique et sociale.

Sans doute Arthur et Jean-Luc Delarue ne seraient pas devenus les défenseurs acharnés et exemplaires de l’audiovisuel public s’ils n’avaient pas décroché leur Bac Eco.

C’est certain, Jerôme Kerviel, ex-trader à la Société Générale venu, il y a quelques mois, en éclaireur de la crise qui nous agite, ne serait pas aujourd’hui l’archétype du gentil petit comptable que nous connaissons s’il n’avait pas été séduit par les théories gauchisantes de ses professeurs d’économie. (1)

 

Xavier Darcos le répète à l’envi : les Sciences Economiques et Sociales (SES) seraient un des derniers avatars des théories marxistes, une anomalie dans une Ecole que, il est vrai, le ministre s’attache à libéraliser.

 

Car, comme tout responsable (mais pas coupable) politique qui se respecte, Xavier Darcos a sa réponse à la crise sur laquelle nous spéculons aujourd’hui.

Accusé par de nombreux lobbies anti-SES, comme l’Institut de l’Entreprise, de dévaloriser l’entreprise, de consacrer l’essentiel de sa pédagogie à critiquer le capitalisme (les inégalités sont elles pure invention ?), de mettre à jour ses dérives (la spéculation financière est-elle pure spéculation de l’esprit humain ?), l’enseignement de l’économie dans nos lycée va faire les frais de la future réforme du lycée que Xavier Darcos devrait annoncer dans les prochains jours.

 

Libération, il y a quelques jours nous en annonçait les grandes lignes : abaissement du volume horaire consacré à l’option Eco en seconde, démantèlement des enseignements en Sciences Economiques et Sociales (SES). La réforme prévoit, en effet, que dans le «cycle terminal» regroupant la première et la terminale, il n’y aurait plus de filières mais quatre dominantes - Humanités et arts, Sciences, Technologie et Sciences de la société. A l’intérieur, chaque élève construirait son parcours, en prenant des modules en fonction de son projet professionnel. En Sciences de la société, il pourrait choisir gestion ou droit - deux nouveautés -, mais aussi «Economie de l’entreprise», «sociologie des organisations», etc. Les SES voleraient ainsi en éclats. (2)

 

Ainsi selon les pourfendeurs des SES, il faudrait se concentrer sur la micro économie, les fondements du fonctionnement d’une entreprise : qu’est-ce qu’un budget ? Un compte d’exploitation ? Un bénéfice ?

Loin de moi l’idée de nier l’entreprise mais doit-on pour ce faire oublier l’histoire économique, indispensable outil de compréhension du monde : d’où vient une entreprise comme la Société générale ? Quelles lois ont permis sa privatisation ? Comment vit-elle à la fois de la gestion pépère de comptes bancaires et de spéculation pointue sur les marchés dérivés ?

 

Il faut donc réhabiliter l’entreprise et avec elle l’esprit d’entreprise. Mais lequel ? Car le démantèlement des SES est un crime qui profite à ceux dont on ne va plus parler, ni évoquer les errances. Ceux qui passant d’une mondialisation économique à une mondialisation financière nous ont mené la où nous en sommes aujourd’hui. Dans une interview au Nouvel Observateur, il y a quelques mois, Bernard Maris avait cette réplique qui sonne aujourd’hui tellement juste : « En France, on ne voit pas les vrais entrepreneurs, ceux qui prennent des risques et innovent. Les patrons de PME sont les grands absents de la scène publique, occupée par les grands dirigeants, dont beaucoup se sont parachutés comme PDG avec leur diplôme de l’ENA, au lieu de grimper les échelons. Quand ils partent avec des dizaines de millions en golden parachutes, c’est exécrable ! L’esprit d’entreprise, ce ne sont pas ces ténors du CAC 40, ces apparatchiks qui jouent les donneurs de leçons. En fait, nous avons une manière russe d’avoir l’esprit d’entreprise ! Dassault prêchant les vertus de la concurrence et du marché alors qu’il tient sa fortune des commandes publiques, ça ne passe pas auprès des jeunes. » (3)

 

La mort des Sciences Economiques et Sociales est programmée donc. Mais à qui profite le crime ? En ces temps de crise, la question n’est sans doute pas inutile.

 


podcast
Alain Souchon, Parachute doré (4)

 

 

Max.

 

 

 

Nota Bene: L'illustration de début est librement inspirée de l'affiche du dernier film de Pascal Thomas, Le crime est notre affaire, en salle cette semaine avec Catherine Frot et André Dusselier.

 

(1) Toutes ces personnalités ont le point commun d'avoir réussi un bac B ou ES (Economique et Social). Voir sur le site de l'APSES.

(2) Pour en savoir plus, il existe le site de l'APSES (Association des Professeurs en Sciences Economiques et Sociales) sur lequel, on peut trouver entre autre cette interview du Président de l'APSES dans l'emission de France Culture "La suite dans les idées" du 30 septembre 2008.
podcast

(3) Bernard Maris à qui l'on doit un indispensable Antimanuel d'économie, aux Editions Bréal et qui officie, entre autres sur France Inter, chaque matin, vers 6h50.

(4) En téléchargement gratuit sur le site de l'artiste lui-même.

 

 

 
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