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04/02/2009

Aurait-on perdu l'étoffe des héros?

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Les temps sont durs. On nous le rabache à longueur de journée : les Français ne sont pas assez battants, pas assez entrepreneurs, pas assez aventuriers, pas assez chômeur-créant-sa-propre-entreprise.

 

Il y a quelques jours une étude du Ministère de l’Education nationale pointait la baisse du niveau scolaire depuis 20 ans. Morceaux choisis:

 

« La même dictée a été proposée aux élèves de 1987 et de 2007, à partir d’un texte d’une dizaine de lignes (85 mots et signes de ponctuation). Le nombre d’erreurs (nombre de mots mal orthographiés ou de ponctuations erronées) a augmenté en moyenne : de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de quinze erreurs était de 26 % en 1987, il est aujourd’hui de 46 %. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté : de sept en moyenne en 1987 à onze en 2007. Par exemple, 87%des élèves conjuguaient correctement le verbe "tombait" dans la phrase "Le soir tombait." ; ils ne sont plus aujourd’hui que 63%des élèves. En revanche, sur des conjugaisons difficiles pour les élèves de CM2, comme l’accord avec l’auxiliaire "avoir", le pourcentage de réussite n’évolue pas : environ 30 % des élèves, que ce soit en 1987 ou en 2007, écrivent correctement le verbe « vus » dans la phrase "Elle les a peut-être vus !".

(…)

L’évolution des performances est la même chez les garçons et chez les filles. En lecture et en calcul, les différences sont ténues aujourd’hui comme il y a vingt ans, même si les garçons ont légèrement l’avantage en calcul, et les filles l’avantage en lecture. C’est surtout en orthographe que les filles se distinguent: elles font en moyenne deux erreurs de moins que les garçons.(…) Ces résultats sont cohérents avec ceux des récentes évaluations internationales PIRLS et PISA et doivent alerter sur l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté dans le système éducatif français. Ainsi, l’enquête PISA fait ressortir une augmentation de la proportion de jeunes de quinze ans en difficulté de lecture. Si l’enquête PIRLS ne décèle pas de tendance significative en France ; les résultats des élèves de CM1 en lecture apparaissent médiocres par rapport aux résultats moyens des élèves européens.»

 

Ainsi, de la SNCF jusqu’à l’élève de CM2 face à sa dictée, plus personne n’est performant.

 

Mais quel sens donner à ces chiffres sortis de leur contexte. En 20 ans, nos élèves ont peut-être perdu en grammaire mais n’ont-ils pas gagné en langues étrangères, en informatique, en sciences ?

 

En fait, peut-être ne faisons nous que constater le non sens et donc l’échec d’une de ses mythologies occidentales après laquelle nous ne cessons de courir (c’est le cas de le dire) depuis les années 50 : celui du culte de la performance.

 

« L’un des théorèmes était : il n’y a ni accidents ni imperfections fatales dans les machines, il n’y a que des pilotes qui n’ont pas l’étoffe. (Autrement dit, le destin aveugle ne peut pas me tuer.) Lorsque Budd Jennings s’écrasa aux commandes de son avion en flammes dans les marais de Jacksonville, les autres pilotes de l’escadrille de Pete Conrad dirent : "Comment peut-on être aussi bête ?" […] Une fois qu’on avait compris le théorème et son corollaire, les statistiques de la Marine selon lesquelles un pilote sur quatre, dans l’aéronavale, mourrait, n’avaient aucun sens. Les chiffres étaient des moyennes et les moyennes s’appliquaient aux pilotes d’étoffe moyenne. »

 

T. Wolfe

L’Etoffe des héros

A méditer…

 

Max.

 
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