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29/01/2009

2 millions

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2 millions

 

 

Selon les sources, près ou plus de 2 millions de personnes ont manifesté aujourd’hui en France.

 

A tous ceux qui doutent ou qui font semblant de douter, voilà à quoi sert une grève ou une manifestation : établir un rapport de force pour peser sur les négociations à venir.

 

« Désormais quand il y a une grève ne France, plus personne ne s’en aperçoit » disait l’autre, celui que tout le monde appelle le président de la République.

 

 

1 Français sur 30 

 

dans la rue aujourd’hui !

 

 

De la belle ouvrage ce 29 janvier partout en France.

Au collège, Picasso et les maîtres ... en grève

En ce 29 janvier, au collège Lamartine, Picasso et les maîtres… sont en grève.

 

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28/01/2009

Le 29 janvier, deux solutions s'offrent à vous

Marre de voir les classes s’alourdir, les budgets s’alléger et votre pouvoir d’achat stagner ?

2 solutions s’offrent à vous.

Aller voir votre chef ... mais c'est difficile (1):

orga_perec.JPG
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Ou alors,

Aller vous faire entendre à la Bastille (recommandé):

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(1) Georges Perec, L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation

26/01/2009

Grève du 29 janvier: nous avons 5 bonnes raisons (plus une)….

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Nous avons 5 bonnes raisons … de faire grève le 29 janvier.

 

Grève générale. Nos éditorialistes du matin sont tout émoustillés à l’idée que « la semaine sociale s’annonce rude ». Très vite on butte sur les mots d’ordre. Qu’est-ce qui pourrait rapprocher un cheminot, un salarié (« usager »?) du privé, un professeur, un employé de banque ? Et surtout cette éternelle question qui sent la bonne vieille culture du résultat : mais le 30 janvier au matin, qu’est ce qui aura changé ? Un gréviste doit être comme un ouvrier sur sa chaîne, un professeur sur ses bulletins : productif.

 

Et bien disons le d’emblée : le résultat d’une grève est celui du rapport de force. Un moment démocratique ajouterons nous un peu pompeusement. C’est la loi du nombre qui fait la loi de la République. La démocratie, ce n’est pas une élection pour 5 ans et hop à la niche, citoyen.

 

5 bonnes raisons de prendre la France en otage le 29 (rassurons-nous, le syndrome de Stockholm existe) :

  1. Les réductions budgétaires : Pour prendre l'exemple de l'Education nationale, le budget  2009 se caractérise par des suppressions massives d’emplois (13 500 dont 5 500 dans le second degré) mais aussi par une baisse de crédits sans précédent. Pour la première fois depuis 1945, les crédits (hors coût des pensions de retraite) sont en baisse en euros constants. Ce budget manifeste clairement que l’Éducation nationale n’est pas une priorité du gouvernement. Les conséquences seront une nouvelle dégradation des conditions d’étude et de travail pour les élèves et les personnels : réduction de l’offre de formation, augmentation des effectifs, suppression de postes, multiplication des affectations sur plusieurs établissements...

     

  2. Le bouc émissaire de la crise : Chômage de masse, récession, pouvoir d’achat poussif: le gouvernement fait peser la responsabilité de cette situation sur l’Etat et l’ensemble des mécanismes de solidarité qui entraveraient la création d’emplois et de pouvoir d’achat. On peut légitimement s’interroger sur ces restrictions massives prévues depuis plusieurs mois quand dans le même temps des dizaines de milliards d’euros ont été débloqués pour venir en aide aux banques.

     

  3. La dévalorisation du travail : En exonérant de charges sociales et d’impôt sur le revenu les heures supplémentaires et les RTT converties en temps de travail, le gouvernement crée l’illusion momentanée d’un léger mieux être au dépend de l’égalité sociale. Car la suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires créera un déséquilibre financier des comptes sociaux qui est compensée en réduisant l’indemnisation des chômeurs et le montant des retraites, en augmentant la part des dépenses de santé qui restent à la charge des patients. Le gouvernement ne revalorise pas le travail. Au nom du principe du mérite sans doute, ce sont les salariés les moins payés qui assument tous les risques économiques: ce sont leur niveau de vie, leur santé qui servent de variable d’ajustement au bon vouloir des actionnaires à l’image d’un capitalisme où ce sont les salariés qui prennent les risques.

     

  4. La dégradation du service public : Le gouvernement veut démontrer que le marché serait plus efficace que les services publics, plus équitable pour l’usager, plus rentable pour le contribuable. Le gouvernement veut moins de fonctionnaires. Les départs à la retraite ne seraient pas remplacés. Concrètement, il y aurait moins d’enseignants, moins d’infirmières, moins de policiers, moins de postiers, etc.… Les services publics, nous dit Sarkozy, sont « incompatibles avec la recherche du profit ». Pourtant, la performance doit en devenir un des principes, leur privatisation doit permettre à la France d’affronter la compétition mondiale. Selon, l’UMP le service public n’est pas une entreprise mais il doit en adopter les codes !!! Le service public doit être un moteur de la croissance mais il ne doit pas rechercher les profits !!! Derrière d’apparentes incohérences se cache un même et unique projet destructeur: le marché doit se substituer au service public. Quant aux fonctionnaires, ils deviennent du « capital humain », malléable, corvéable et au final jetable à merci. L’UMP détricote le droit du travail pour les asservir: un service minimum pour empêcher l’expression du droit de grève, la fin des syndicats jugés non représentatifs alors qu’ils ont été capables de mobiliser des centaines de milliers de salariés contre le CPE en 2006, le recours aux retraités pour surveiller les études du soir dans les écoles faute de personnel que le même le gouvernement ne veut pas remplacer !!!!

     

  5. L’absence de dialogue social : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’immigration et de l’identité nationale désormais ministre du Travail vous y croyez ? Pensez-vous que celui qui confond droit d’asile et asile de fous quand il s’agit de raccompagner un être humain à une frontière, a été nommé pour pacifier les rapports sociaux dans le pays ?

 

5 bonnes raisons, plus une. Pour moi ce sera, l’usure d’un gouvernement et sa politique de faux semblants.

 

Et vous ?

 

 

Max.

 


podcast

Mademoiselle K, A l'ombre

24/01/2009

Quand le gouvernement redécouvre la proximité

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Rapprochez vous. Là. Rapprochez-vous encore un peu. Encore un petit peu. A droite. Oui, un chouilla à gauche maintenant. Voilà. C’est parfait. Merci beaucoup.

 

On se souvient de Nicolas Sarkozy décla-rant de manière définitive, en 2005, lorsqu’il officiait, place Beauvau comme mini-stre de la police, que « pour la mission [de prévention], il y a des éducateurs, la police est là pour arrêter les coupables ». On se souvient aussi, du candidat à son ultime élection déclarant qu’il voulait rétablir l’autorité contre l’assistanat. Car « l’assistanat c’est le contraire de la responsabilité parce qu’avec l’assistanat l’homme subit au lieu de vouloir ».

 

Or, nous assistons. Nous assistons actuellement à un retour des politiques de la proximité chères aux anciens gouvernements de gauche des années Jospin. Il suffit simplement de regarder de près deux récentes mesures pour s’en convaincre.

 

Michelle Alliot-Marie (MAM) a décidé d’essaimer, nous dit-on dans 20 minutes, les Unités territoriales de quartiers, les Uteq, partout en France. Ces unités, créées en 2008, regroupent des policiers pérennes qui, grâce à une formation spécifique auprès d’acteurs politiques et associatifs locaux, ont une meilleure connaissance du terrain et développent une proximité avec les habitants.

 

Xavier Darcos, quant à lui, a inventé cette semaine sa police de proximité éducative. Il appelle cela les « médiateurs de la réussite scolaire ». Mission : ramener dans les salles de classe les élèves absentéistes plus prompts à aller faire des économies et réussir les soldes qu’à aller faire de l’Economie et solder ainsi leurs études par un bel échec scolaire. Contrairement aux policiers de MAM qui devraient être, on l’imagine de jeunes fonctionnaires sortis de l’école de police, on ne sait pas exactement qui seront ces bleus qui iront frapper aux portes des élèves absentéistes. Des contrats aidés nous dit-on. Des précaires donc et jeunes. Seront-ils bien plus âgés que ceux qu’ils auront pour tâche de ramener vers la saine éducation de nos écoles de la République ? Peut-être eux aussi auront-ils droit à une formation spécifique auprès d’acteurs politiques et associatifs locaux. Avec un peu de chance auront-ils le loisir de croiser la nouvelle police de proximité et faire des échanges de fichiers et d’expérience ?

 

Ce soudain besoin de proximité éclaire deux conséquences des politiques menées depuis plusieurs années : à ne voir dans les services publics que des guichets multi fonctions on perd le contact avec les populations que l’on est censé servir et la qualité des services rendus s’est considérablement et très rapidement dégradée (Combien d’ « usagers » des transports parisiens savent-ils que les grèves paralysant la gare Saint-Lazare ont pour origine la réduction du nombre de postes et donc de trains ?)

 

13_tuiles.jpgToujours est-il que tout ceci est bien dommage. Depuis deux ans, le ministère de l’Education natio-nale s’emploie à supprimer des dizaines de milliers de postes dans nos éta-blissements scolaires. 33000 postes en moins auxquelles s’ajouterons les 13500 de la rentrée 2009. Autant d’adultes en moins dans nos écoles, collèges et lycées pour s’apercevoir au final qu’on a perdu le contact avec nos élèves les plus en difficultés. Il suffirait pourtant de recruter davantage de conseillers principaux d’éducation (CPE) dont le rôle est justement de s’occuper de la vie scolaire de nos établissements, des fonctionnaires expérimentés indispensables interfaces entre l’intérieur et l’extérieur. Ils feraient le travail, à eux seuls de dizaines de ces jolis médiateurs.

 

Le combat que mènent de nombreux professeurs des écoles refusant de suppléer à la suppression des professeurs spécialisés dans la difficulté scolaire, les fameux RASED, est exemplaire : supprimer des postes conduit à réduire le nombre d’adultes auprès des élèves, à uniformiser les missions de ceux qui restent. La qualité de l’enseignement dispenser ne pourra qu’en être réduite à son tour.

 

Mais, il est vrai que d’ici là, on aura démarré une nouvelle campagne électorale et le candidat à sa propre réélection pourra de nouveau avoir le verbe facile et déclamer

 

« Il est temps de dire non à ce formidable mouvement d'inversion des valeurs.

D'ailleurs, on voit où cela nous a menés.

Quand tout se vaut, plus rien ne vaut rien.

Quand il n’y a plus d’interdit, quand il n’y a plus de tabou, quand il n’y a plus de hiérarchie des valeurs, quand il n’y a plus de limite, quand il n’y a plus rien de sacré, alors il n’y a plus de liberté.
Parce que trop de liberté pour tous tue la liberté de chacun.

Parce que personne n’est libre quand personne ne sait plus ce qu’il peut raisonnablement attendre des autres.
Parce que lorsque tout est permis, plus rien ne l’est.

Parce que lorsqu’il n’y a plus de règle, plus de loi commune, plus de norme, plus de valeur partagée, il n’y a plus rien pour endiguer le mal qui est dans l’homme, pour canaliser la violence, les instincts, les pulsions, la loi de la force, la loi des bandes, la loi des voyous. » (1)

 

La grève générale du 29 janvier a trouvé ces derniers jours une nouvelle raison d’être.

 

Max.

 

(1) Discours de Nicolas Sarkozy à Perpignan, 23 février 2007

 

 

 

18/01/2009

Xavier Darcos contre les syndicats : veillée d’armes en attendant le 29 janvier

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Nous le savons déjà, le gouvernement n’aime guère les syndicats qui s’opposent à sa politique. Xavier Darcos ne déclarait-il pas, en novembre dernier, quelques jours avant la grande manifestation qui allait le convaincre deux semaines plus tard de renoncer à sa « réforme » incompréhensible du lycée : les syndicats de l'Education nationale "dont la fonction principale est la résistance au changement", estimant qu'"organiser de manière systématique" des grèves comme "réponse aux problèmes de l'école" était "démodé". Il ajoutait : "J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges". Pour lui, "organiser de manière aussi systématique et si répétitive comme réponse aux problèmes de l'école des protestations, des refus (...) est une (façon) démodée d'aborder les problèmes".

 

Les syndicats, donc, ne seraient pas représentatifs : "Par définition, depuis que nous organisons le travail à l'éducation nationale, il y a une résistance des appareils qui n'est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux que d'avoir des syndicats dont la fonction principale est d'organiser la résistance au changement comme si le monde ne changeait pas autour de nous". (Source: Le Figaro)

 

 

Problème : début décembre, ces mêmes syndicats, organisateurs des grèves, remportaient près de 90% des voix aux élections professionnelles avec un taux de 64% de participation. Camouflet. Les syndicats sont bien représentatifs et même massivement représentatifs. Nous avions donc appris à ignorer le ministre sur ce point...

 

Irresponsables et coupables

 

A l’approche de la prochaine mobilisation du 29 janvier, Xavier Darcos doit changer de stratégie : les syndicats ne sont plus peu représentatifs, ils sont irresponsables (1).

 

Les « évènements » de la gare Saint Lazare lui en donnent l’occasion rêvée. Nicolas Sarkozy a lancé le premier, en milieu de semaine dernière, l’offensive :

 

"J'ai du respect (pour les syndicats), ils jouent un rôle irremplaçable et nous devons les encourager à développer leur représentativité. Mais, en tant que président de la République, je ne peux pas accepter qu'une organisation syndicale irresponsable casse le service public et bafoue l'intérêt des usagers du service public en fermant la deuxième gare de France, sans prévenir personne, en se moquant des intérêts des usagers".

 

Xavier Darcos lui a donc emboîté le pas aujourd’hui sur Europe 1 : "Evitons que les écoles soient des petites gares Saint-Lazare partout" a-t-il déclaré.

 

Le message est clair : une école fermée du fait de la grève sera le fruit de l’irresponsabilité des syndicats et des enseignants grévistes.

 

Olivier Besancenot a bien raison d’affirmer que "Nicolas Sarkozy est mal placé pour parler [du service public, ndlr]. Lui et son gouvernement passent leur temps à démanteler le service public, que cela soit les transports ferroviaires, la santé, la Poste… Partout il y a des suppressions d'emplois. Les vraies raisons du conflit à Saint-Lazare sont là." (…) "Les grévistes ne sont pas responsables de la situation ! Pendant trois semaines, la direction a refusé de négocier. Je comprends la colère des usagers. Mais ça ne retire rien à ma solidarité avec les grévistes. Les cheminots ne luttent pas pour des droits corporatistes mais pour que les services publics fonctionnent bien."

Et de conclure : "Nicolas Sarkozy a une volonté : taper fort sur tous ceux qui contestent (...) Le gouvernement veut faire des exemples car il a peur de l'extension des conflits, de la jonction entre grévistes (...) Nicolas Sarkozy essaie de criminaliser le mouvement social."

 

Tout a été dit ce week-end.

 

Max.

 

(1) Le post.fr dont sont issues les citations suivantes se fait l'écho des dernières déclarations en la matière.

 

PS: l'illustration du début est une improvisation à partir d'une affiche de la SNCF sur ses tarifs dégressifs ("difficile de passer à coté")

 
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