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22/03/2009

Nicolas Sarkozy remercie grévistes et manifestants du 19 mars (réalisé avec trucage, hélas)

sarko_ecransTV2.JPGLe 20 mars, à la TV, c'était le prince qui ne manque pas d'air. 

 

 

 

 

Séquence séduction: "Et je veux remercier les fonctionnaires qui ont fait fonctionner l’accueil mini-mum dans les écoles."

 

Séquence fiction : "Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. "

 

Séquence dérision : " Nombreux sont les salariés qui pensent que face à une crise internationale, une grève nationale ne peut pas fournir une réponse. "

 

 

Lors de sa conférence de presse, le 20 mars, à Bruxelles pour le Conseil européen, Nicolas Sarkozy a évoqué longuement la journée de mobilisation de la veille, en France. Grèves et manifestations de quelques 3 millions de personnes. Piégé, il y a quelques mois lorsqu’il avait déclaré que la grève ne se voyait plus en France, le voilà qui en remet une couche, remerciant les fonctionnaires qui ont travaillé ce jour là et suggérant que si on voit bien les manifestations on ne voit toujours pas les grèves…

 

Pourtant, nous savons bien que tout ceci n’est que provocation, effet de communication ou effet de manche pour ne pas perdre la face. Car sinon, pourquoi Xavier Darcos est-il revenu sur sa réforme de la formation des enseignants. Rappelons que dans cette réforme la plus bête depuis longtemps, le ministre proposait de supprimer purement et simplement l’année de stage pour tout nouvel enseignant. Plonger directement le novice dans le grand bain, voilà à quoi menait cette brillante idée dont nous avions évoqué ICI les tenants et les aboutissants. Le report (et donc, on peut y croire, l'abandon) de cette réforme est un immense soulagement.

Si on ne prend que cet exemple la mobilisation du 19 mars est un franc succès qui laisse espérer que le vent est en train de tourner à notre avantage.

 

Alors voilà, puisque Nicolas Sarkozy se pose en honnête homme, je propose une légère réécriture de son allocution du 20 mars dont vous trouverez l'original ICI. Histoire de remercier qui de droit, tout de même.

 

Voici donc les remerciements présidentiels aux grévistes et manifestants du 19 mars. En rouge mes propositions de modifications que tout honnête homme ne saurait refuser, cela va de soi.

 

« Je veux dire, j’essaie d’être, comment dire, honnête, de voir les choses telles qu’elles sont. Et si je les vois telles qu’elles sont, je veux remercier les fonctionnaires et les salariés qui ont eu à cœur de faire la grève. C’était une de vos grandes questions : est-ce qu’elle fonctionnera ? Maintenant vous avez la réponse : ça a fonctionné. Et je veux tout particulièrement remercier les fonctionnaires qui ont fait grève malgré l’accueil minimum dans les écoles. Dans 214 villes il y a eu une manifestation pour dire au gouvernement qu’il y avait d’autres réponses à la crise que les baisses d’impôts des catégories les plus aisées et le démantèlement des services publics. Voilà, preuve est faite que quand on fait grève en France, ça se voit. La grève, c’est un droit constitutionnel. Quand j’avais dit que la grève ne se voit plus en France, on m’avait dit que je remettais en cause le droit de grève. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas réussi à le remettre en cause. Et pendant la grève (la grève, chacun a pu la voir, les manifestations chacun a pu les constater, elles sont importantes, il faut en tenir compte) mais le pays n’a pas été paralysé par le discours sur la crise. Ca n’a pas nuit à l’économie mais ça a protégé notre société qui n’a pas, en plus besoin d’être paralysée par les discours sur la crise. La France est regardée de tous les pays du monde. Et c’est pas si souvent qu’on voyait la France en faveur des mouvements sociaux et avec des salariés qui défilent, des fonctionnaires qui défilent, des lycéens qui défilent, des retraités qui défilent, des chômeurs qui défilent. Que les manifestants en soient remerciés. Je pense que nous arrivons à un niveau de maturité de la démocratie sociale. Personne ne peut s’en plaindre. Et puis je veux noter également (mais vous vous en êtes faits l’écho, mesdames et messieurs de la presse) que le nombre de manifestants a sensiblement augmenté. Une entreprise comme Continental : 100% de grévistes car 100% de licenciés. Dans la fonction publique de l’Etat, ce sont des moyens en moins. Et même dans l’Education nationale, 13500 postes en moins. Cela prouve que nombreux sont les salariés qui pensent que face à la crise internationale, ce gouvernement ne peut fournir aucune réponse. ll peut manifester de l’incompréhension, il peut manifester du mépris, il peut manifester de la nervosité mais il porte surtout sur de fausses réponses à la crise comme un bouclier fiscal dont on veut le retrait, une mesure particulière de justice sociale dont on veut l’adoption.»

 

Max.

 


podcast

Arthur H, le chercheur d'or

 

L’illustration de début est librement inspirée d’une affiche publicitaire d’une châine de télévision dont la série star est « le prince de bel air ».

 

 

 

19/03/2009

François Fillon ne sert à rien.

C’est un peu l’impression que donne son intervention au 20 heures de TF1. Il comprend « l’inquiétude des Français qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité ». Il comprend  les restructurations dans les entreprises. Il suivra attentivement les conflits médiatisés tel que celui de Continental. Les autres … sait-il qu’ils existent ?

 

Comme toujours la droite agit à la marge incapable de réformer un système dont elle souhaite la pérennité. En période de crise, la droite ne sert à rien. Demander à une dinde la recette de la farce : Croyez vous qu’elle vous la donnera ?

 

Quand changera-t-on de Premier ministre ? Celui-ci est nul.

 

Max.

18/03/2009

Xavier Darcos a perdu l’esprit … français.

Je l’avoue, je l’avoue, le titre est racoleur. Pourtant, comment résister à cette boutade quand on lit avec tout l’intérêt que nous lui devons la prose de Xavier Darcos dans Le Monde de jeudi 19 mars. « Esprit français, es-tu là ? » s’interroge-t-il en page 20. Qu’est-il arrivé à celui qui se présente à nous d’abord comme Membre de l’Institut et ensuite comme Ministre de l’éducation nationale ? C’est que, dans ce qui ressemble à une séance de spiritisme, Xavier Darcos est venu retrouver une élite perdue, celle des intellectuels et avec eux l’esprit français qui les définissaient tant par le passé. Il a beau convoquer Voltaire et Montaigne, leur attacher la compagnie tutélaire de Nicolas Sarkozy (si, si), rien n’y fait.

 

darcos_warhol2.JPG

Je n'y peux rien, moi, si Xavier Darcos en

philosophe des Lumières ressemble davantage

à du Warhol...

 

 

Selon lui, l’indépendance de pensée, la hauteur de vue, l’enthousiasme mêlé à la courtoisie dans le débat d’idées, qui caractérisaient tant cet esprit français, semblent autant de qualités perdues aujourd’hui. La République, née de l’alliance entre intellectuels et politiques, réussissant ainsi à canaliser le désir parfois violent de démocratie, serait aujourd’hui à la dérive.

 

Jugez en vous-même :

 

« Le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l’outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s’instille jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

« Cette tendance imprécatrice blesse l’intelligence. Elle me choque (…) Elle encourage le monde du savoir dans une défiance explicite, voire obligée, à l’égard du politique »

« Personne n’a intérêt à encourager cette dérive. Personne ne peut en justifier les vrais ressorts, qui sont le dévoiement de la fonction critique de l’intellectuel au profit d’intérêts partisans ou caricaturaux. »

« L’affaire ne se clive pas entre les bons (la gauche) et les méchants (la droite). Cette supputation est inféconde. Elle donne un exemple désastreux de notre jeunesse en privilégiant la querelle ou le préjugé plutôt que la controverse argumentée. »

 

Et puis il y a ce passage amusant : «  Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem. »

 

L’intellectuel a démissionné, quitté la cité. Ou alors il s’est laissé corrompre. Ne résonnent (raisonnent ?) plus aujourd’hui que les mégaphones syndicaux dans des cortèges agressifs. Le politique est bien seul. Sans l’arbitrage certes critique, sans la hauteur de vue, sans la courtoisie de l’intellectuel, que peut l’homme politique livré à la vindicte populaire ?

 

Et cette vindicte, Xavier Darcos va encore la voir défiler depuis ses fenêtres, ce 19 mars au départ, à Paris, d’une place qui s’appelle précisément République.

 

L’intellectuel a quitté la cité, le politique est seul dans l’hémicycle et le jeune forcément ultra gauchiste a envahi la rue. Esprit français éclairé de toute sa hauteur de vue, courtois, Xavier Darcos n’a eu de cesse au cours de son ministère de dénoncer des syndicats "dont la fonction principale est la résistance au changement", répétant à l’envi « à ceux qui font grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges".

 

Plus qu’un héritier de l’esprit français, Xavier Darcos se pose en héritier de cette République des propriétaires que Boissy d’Anglas défendait à la tribune de l’Assemblée nationale en 1795 : « Nous devons être gouvernés par les meilleurs : les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois ; or, à bien peu d’exception près, vous ne trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui, possédant une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve (…). Si vous donnez à des hommes sans propriété les droits politiques sans réserve (…) ils nous précipiteront enfin sans ces convulsions violentes dont nous sortons à peine. »

 

Classes laborieuses, classes dangereuses. Certes, avec plus de courtoisie et sans doute beaucoup d’esprit, la prose de Xavier Darcos, dans Le Monde du 19 mars, ne dit pas autre chose…

 

 

Max.

 
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