Avertir le modérateur

18/12/2008

Xavier Darcos, pris en otage

darcos_otage_2.JPG

A Bogota (Colombie), la nouvelle a fait sensation. Dans un entretien donné au quotidien Le Parisien, le 16 décembre, Xavier Darcos délare que sa "réforme du lycée est devenue l'otage de rumeurs qui affolent l'opinion publique et créent l'inquiétude chez les parents à dessein". La France ne serait donc pas épargnée par ce fléau des prises d'otages. Un important quotidien colombien a dépêché sur place un de ses envoyés spéciaux.

 

Voici son reportage :

Pour Xavier Darcos, Ministre français de l’Education nationale, la journée du mercredi 17 décembre marquera le début de sa première année de détention. L'espoir d'un accord permettant la libération de l’otage enlevé cette semaine s'est amenuisé ces dernières heures.


Avec l’usager de la SNCF et celui de la RATP, le membre du gouvernement est l’otage régulier de guérillas dont « la fonction principale est la résistance au changement ».

 

Pour Rachida Dati, garde des sceaux, la guerre est bientôt terminée. La semaine dernière, sa famille politique a appris sa prochaine disparition du gouvernement, après des mois d’incertitude. Cette jeune avocate était depuis un an et huit mois détenue par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de la Magistrature. Elle faisait partie des nombreux otages qui, comme Xavier Darcos, attendent dans la jungle un accord d’échange humanitaire entre le gouvernement et les rebelles qui permettrait leur libération.

La disparition politique de la garde des sceaux, atteinte de la maladie du mépris a rappelé au pays l’urgence d’une négociation. « Si sa disparition peut inciter les deux camps à s’entendre, elle n’aura pas été vaine », affirmait, en substance, la semaine dernière son plus proche partisan, Jean-Pierre Raffarin.

affiche_darcos_otage.JPG
Sitôt la nouvelle connue, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait installer le portrait de l'otage sur le fronton de l'Hôtel de ville.

Malheureusement, alors que Xavier Darcos devait débuté, mercredi 17 décembre, sa première année de détention, rien n’est moins sûr. Ni le gouvernement, ni la guérilla des lycéens, qui exige toujours que soient relâchés les 13 500 postes d’enseignants prisonniers du budget 2009, ne paraissent prêts à céder sur ce dossier.

L’annonce, ces derniers jours, d’un recul sur le travail du dimanche, acceptée par l’Elysée, qui jusqu’ici rejetait tout aménagement à ses réformes, avait redonné espoir aux familles, avant que la réponse des rebelles ne tombe, tranchante. « Il est clair qu’avec Nicolas Sarkozy, il n’y aura pas d’échange humanitaire », faisait savoir le mouvement armé de sa détermination sur son site Internet à la veille du Nouvel An.

L’année 2009 est une année cruciale en France. En juin, le pays élira ses représentants au Parlement européen. Un scrutin au cours duquel l’actuel chef d’État, Nicolas Sarkozy, souhaite faire valider au près des électeurs son bilan en tant que Président de l’Union européenne, que la plupart des sondages jugent satisfaisant.

 

L’effort de guerre, appuyé par l’Elysée, coûte cher au pays

 

Dans ces conditions, la guérilla de ceux qui refusent de travailler plus dans des conditions de plus en plus dégradées refusera sans doute de donner le moindre avantage à celui qui avait juré de « l’anéantir », lors de son arrivée au pouvoir il y a bientôt deux ans. De son côté, le président veut, pour assurer sa réélection en 2012, des résultats tangibles : une réforme d’ampleur du système scolaire en serait un.

Conformément à ces consignes présidentielles, Xavier Darcos a mis les bouchées doubles : des milliers de suppressions de postes, le service minimum obligatoire en cas de grève, l’abandon progressif de la carte scolaire afin de garantir à chacun le droit à une inégalité choisie.


Une vaste opération d’éradication est en cours parmi les professeurs des écoles spécialisés dans le traitement de la difficulté scolaire (les RASED), au milieu de combats qui ont coûté leur poste à près de 3000 d’entre eux.

 

Autant d’éléments qui laissent penser que la confrontation est loin d’être finie, et que l’anéantissement promis par le président est une chimère. « Même si certaines réformes sont d’ores et déjà réalisées, les résultats ne sont pas proportionnels aux sacrifices fournis par le pays, explique en substance l’expert en éducation, Philippe Meirieu. Réformer l’école contre les personnels, les lycéens et leurs parents dans des proportions si vastes est quasi impossible. »

Autant dire que la libération de Xavier Darcos n’est pas pour tout de suite, coincé entre les besoins de résultats du Président Sarkozy et les revendications des guérilleros déterminés à imposer leur vision d’une réforme qu’ils voudraient source d’avenir pour les élèves et de progrès pour l’ensemble de la société plutôt que d’allègements budgétaires et de désengagements de l’Etat.

 

De notre envoyé spécial à Paris.

 

affiche_otages_darcos.JPG
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu